COHEN Georges, Lucie [44]

Photographies de Georges COHEN (Hyères, France) et Lucie COHEN (Paris) [Yad Vashem, en ligne]

Georges COHEN est né le 15 novembre 1903 à Paris (18ème arrondissement). [Père : Simon COHEN et Mère : Hélène LEVY]. Son épouse Lucie (dite Louise ou Louta) COHEN née AMAR [Père : Sabetaï AMAR et Mère : Malca SASSOM] est quant à elle née le 05 septembre 1912 à Salonique (Grèce). Ils se sont mariés le 17 mars 1938 à Paris (10ème arrondissement). Ils n’ont pas d’enfant. Au moment de leur mariage, les parents de Georges résident à Londres.

COHEN Georges Acte Naissance [AD75,
Acte de mariage de Georges et Lucie AMAR [AD75 10M435, en ligne]
Acte de mariage de Georges et Lucie AMAR [AD75 10M435, en ligne]

En 1939, le couple réside à Champigny-sur-Marne, Cité du Jardin puis le couple arrive à Pornichet (date d’arrivée inconnue). Salomon exerce la profession de préparateur en pharmacie à la Pharmacie Blaise située avenue de la Gare à Pornichet. Son épouse Lucie va monter un petit commerce de modiste en mars 1940 en face de la pharmacie au 37, avenue de la Gare qu’elle va appeler Lucyrene (Lucie est son prénom et Irène est le prénom de sa soeur).

Registre du Commerce [ADLA 22U153]

Elle y travaille seule et y fabrique des chapeaux qu’elle propose à la vente dans son magasin au rez-de-chaussée, les deux époux habitant à l’étage.

Dossier d'aryanisation du Commissariat Général aux Questions juives [AJ38/4597 dossier n°2519]
Dossier d’aryanisation du Commissariat Général aux Questions juives [AJ38/4597 dossier n°2519]

Conformément à la 1ère ordonnance allemande, Georges se déclare à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 44.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Lucie déclare son entreprise comme « Juive » auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire dans le cadre des procédures d’aryanisation au 11 novembre 1940. Les scellés sont apposés sur son commerce le 04 décembre 1940 et un administrateur provisoire est nommé : Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire qui se charge de la vente du commerce. Celle-ci est réalisée en moins de six mois et c’est son voisin, Monsieur Vincent PONCET au 39, avenue de la Gare qui rachète le commerce. Lucie COHEN n’a donc plus de ressources pour vivre et va toucher 2000 francs du produit de la vente comme subsides, le reste du produit de la vente étant versé sur un compte bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations. Son époux, Georges COHEN peut continuer à travailler mais ne doit plus « être en contact avec la population aryenne« , ne peut donc plus délivrer les ordonnances et se trouve reclus dans l’arrière-boutique.

L’ordonnance du 13 août 1941 obligea les Juifs à rendre leur poste de TSF et Georges COHEN ramène son poste de TSF le 26 septembre 1941 auprès de la KreisKommandantur 502 à Saint-Nazaire.

Ordonnance allemande du 13 août 1941 et remise des postes TSF [ADLA 1694W20 et 1694W24]

Georges COHEN et son épouse Lucie sont arrêtés dans la nuit du 14 au 15 juillet 1942 à leur domicile par la police allemande, dirigés sur Saint-Nazaire, Nantes puis Angers au Grand Séminaire.

Liste d’arrestations Loire-Inférieure [ADLA 1694W25]

Théophile LEVY, l’oncle de Georges, apprenant l’arrestation, envoie un courrier auprès de l’ambassade de France à Berne et apprend donc l’arrestation de ses neveu et nièce sans précisions.

Les époux sont déportés par le convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz le 20 juillet 1942. Le train de déportés arrive à Auschwitz-Birkenau le 23 juillet et les deux époux sont sélectionnés sur la Judenrampe pour rentrer dans le camp.

Liste convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Georges COHEN décède le 22 août 1942 à 20h40, un mois après son arrivée, il avait 38 ans. Pas de date pour Lucie qui a été exterminée à Auschwitz à l’âge de 30 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Pierre COHEN, le frère de Georges, sans nouvelles depuis 1942 et dans l’espoir de les retrouver vivants, envoie un télégramme en 1945 de Londres à la préfecture de Loire-Inférieure. Le rapport de gendarmerie précise les circonstances de l’arrestation.

Pierre COHEN témoignera sur le site de Yad Vashem en mémoire de son frère et de sa belle-soeur et la famille fera graver leur noms sur le caveau familial à Londres.

Irène LANGER 20, rue de Gramont Paris (2ème arrondissement), la soeur de Lucie, entreprendra les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin d’obtenir les certificats de disparitions et actes de décès.

HUTTNER dit GOUTNER Eugène, Alexandre [39]

Né à Moscou le 02 juin 1900, Eugène HUTTNER dit GOUTNER est célibataire et père d’un petit garçon prénommé Alexandre né le 07 octobre 1932. Il exerce la profession d’ingénieur et est présent en France depuis août 1914. Son père se prénomme Benjamin et sa mère Raïssa GOLOBORODKO.

Benjamin, le père d’Eugène et Nathalie sa soeur, réussissent à obtenir des certificats auprès de l’Office Russe à Paris afin de régulariser leur situation administrative, la Russie de l’époque refusant d’envoyer les actes de naissance aux ressortissants ayant quitté définitivement le pays.

Archives de l’OFPRA, en ligne

Présent dans le commune du Bouscat (Bordeaux, Gironde) en février 1939, il arrive à Pornichet le 02 mars 1940 venant de Montoir de Bretagne et il loge avec son fils d’abord dans la villa Ker Clarice puis Villa Plein Soleil, chemin du Goulot à Pornichet. Il fait, en tant qu’étranger, viser ses papiers d’identité à l’arrivée dans la commune.

Visas Pièces d'identité [Archives Municipales de Pornichet 2I3]
Visas Pièces d’identité [Archives Municipales de Pornichet 2I3]

Au mois de mai 1940, il est inscrit sur le registre du recensement des étrangers de Pornichet.

Recensement Etrangers [AMPornichet 2I1]
Recensement Etrangers [AMPornichet 2I1]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il va se déclarer en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) conformément à la 1ère ordonnance allemande sous le numéro 39.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Sommé de quitter la zone cotière interdite en tant que Juif à l’automne 1941 par le Préfet de Loire-Inférieure, les autorités allemandes vont sursoir à l’ordre d’expulsion.

ADLA 1694W25
ADLA 1694W25

Il vient chercher sa carte d’alimentation à la Mairie de Pornichet le 06 janvier 1942 pour lui et son fils mais celui-ci est déjà parti à Paris, 23 rue Chevert dans le 7ème arrondissement chez ses grands-parents.

Carte Ravitaillement Pornichet [AMPornichet 4H107]
Carte Ravitaillement Pornichet [AMPornichet 4H107]

Eugène quitte définitivement Pornichet pour Le Havre le 07 janvier 1942 (Compagnie Française des Travaux Publics). Il décède à Londres au cours du deuxième trimestre 1983.

England and Wales Death Registration

« England and Wales Death Registration Index 1837-2007, » database, FamilySearch (https://familysearch.org/ark:/61903/1:1:QVZ7-324L : accessed 4 November 2015), Eugene Huttner, 1983; from « England & Wales Deaths, 1837-2006, » database, findmypast (http://www.findmypast.com : 2012); citing Death Registration, Ealing, London, England, General Register Office, Southport, England.

Le père d’Eugène, Benjamin HUTTNER dit GOUTNER et son épouse Raïssa sont déportés par le convoi numéro 49 de Drancy à Auschwitz le 02 mars 1943. Ils ont été exterminés à Birkenau.

MISRACHI Kadon, Isaac, Yvette [21]

Kadon BENSUSSEN se marie très jeune à l’âge de seize ans avec Isaac MISRACHI le 15 juin 1929 dans le 11ème arrondissement. Née le 23 septembre 1912 à Constantinople [Père : BENSUSSEN Montèche, employé et Mère : Perla], elle se dirige vers la côte atlantique au printemps 1939 avec son mari Isaac né en 1904, le 15 septembre à Constantinople [Père : Israël MISRACHI et Mère : Victoria]. Isaac (prénom usuel Jacques) exerce lors de son mariage la profession de chauffeur et en 1940 exerce celle de marchand forain. Le couple a une enfant : Yvette Victoria née le 18 août 1934 à Paris dans le 12ème arrondissement.

Mariage MISRACHI/BENSUSEN [Archives de Paris, EC_11M544_B_0039]
Mariage MISRACHI/BENSUSEN [Archives de Paris, EC_11M544_B_0039]
Acte de mariage de Isaac MISRACHI et Kadon BENSUSEN [DAVCC Caen, 21 P 517076]
Acte de mariage de Isaac MISRACHI et Kadon BENSUSEN [DAVCC Caen, 21 P 517076]

Le couple en tant qu’étranger fait viser ses pièces d’identité auprès de la Mairie de Pornichet . Ils habitent tous les trois 5, cité Industrielle dans le 11ème arrondissement et logent à Pornichet, Maison Jeanneau, avenue de la Gare avec les époux BENSUSSEN qui habitent par ailleurs à la même adresse à Paris.

Visas pièces d'identité [Archives Municipales de Pornichet]
Visas pièces d’identité [Archives Municipales de Pornichet]
Recensement Paris 1936 Roquette [Archives de Paris, M8 589]
Recensement Paris 1936 Roquette [Archives de Paris, M8 589]

Isaac quitte Pornichet le 1 septembre 1939 et son épouse, conformément à la 1ère ordonnance allemande, se fait recenser entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) (numéro 21).

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Kadon a par ailleurs fait une demande de carte d’identité pour étrangers le 29 décembre 1939 auprès du commissariat de police de Pornichet. Elle déménage de Pornichet pour Saint-Nazaire, 43, rue des Halles le 31 août 1940 puis part pour Paris.

Demande de carte d'identité [Archives Municipales de Pornichet 2I2]
Demande de carte d’identité [Archives Municipales de Pornichet 2I2]

Il est arrêté lors de la rafle du 20 août 1941 en même temps que son beau-père Yechua BENSUSEN qui touchent 4232 hommes français ou étrangers essentiellement dans le XIème arrondissement.

Le matin du 20 août 1941, des policiers français soutenus par des allemands en uniforme ont envahi les rues du 11ème arrondissement de Paris. C’est un véritable piège qui se prépare, tous les hommes français ou étrangers sont contrôlés et les juifs envoyés vers la place Voltaire. Toutes les entrées des stations de métro entre République et Nation sont bouclées. Commence alors l’impensable, une vaste manipulation dont les acteurs n’imaginent pas l’étendue, pour certains, ce sera le début de la fin, un voyage douloureux vers l’abandon et la mort. Ceux qui étaient allé s’enregistrer au commissariat conformément à l’ordonnance du 27 septembre 1940 publiée en zone occupée (stipulant que « toute personne juive devra se présenter jusqu’au 20 octobre auprès du sous-préfet de l’arrondissement dans lequel elle a son domicile habituel pour se faire inscrire sur un registre spécial »), ont déjà été appréhendés directement chez eux. Ceux qui étaient « connus » comme des familles juives du quartier, même non répertoriée, aussi. Les femmes sont épargnées et personne ne sait où sont emmenés les juifs. Cette rafle « surprise », contrairement à celle qui l’a précédé le 14 mai, utilise comme prétexte un simple contrôle d’identité à la préfecture de Police. Les 4232 personnes arrêtées ont toutes été conduites dans des autobus parisien à plate-forme, de la place Voltaire, direction le camp de Drancy, tristement inauguré à cette occasion. Ces premières rafles avaient pour but de fournir de la main d’œuvre aux nazis et c’est ce qui explique que beaucoup des juifs qui en ont fait parti furent libérés avant que le camp de Drancy devienne un camp de transit dont « la marchandise » était tout simplement redirigée vers les camps d’Auschwitz-Birkenau, à partir de mars 1942, afin d’y être exterminée. source : http://www.crif.org/fr/actualites/La-rafle-meconnue-du-20-ao

Il est interné à Drancy puis est déporté par le convoi numéro 32 du 14 septembre 1942 de Drancy vers Auschwitz.

Liste convoi 32 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 32 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Kadon effectue une demande de recherches de déporté auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre. Le résultat de l’enquête en 1947 précise : « Déclaration de Monsieur BENGER Siegfried demeurant à Oberhausen, 73 Blucherstrasse :

Monsieur MISRACHI a été interné en 1942 au camp de Drancy où ils firent connaissance. Dirigés ensuite sur le camp de Blechhammer, ils demeurèrent en contact jusqu’en avril 1944. MISRACHI, après une maladie de six semaines, fut dirigé sur un autre camp à environ 100 kms de Blechhammer près de la frontière tchèque où il aurait été employé en qualité de monteur.

Il fut déporté ensuite sur le camp de Gross Rosen vers le 04 février 1945 puis à Buchenwald jusqu’à la libération. De nombreux déportés furent abattus par les SS pendant le transfert mais Monsieur BENGER ne peut préciser aucun nom.

Il se rappelle par contre du chef de colonne, un polonais nommé RAUSCH ayant demeuré 20 ans à Paris et qui serait rentré en France. Celui-ci serait un des exécuteurs de ce convoi. »

Par ailleurs, il aurait été également vu en janvier 1945 à l’infirmerie d’Auschwitz.

Les différentes informations recueillies ne permettent pas avec certitude et comme dans la majorité des cas des personnes déportées de déterminer ni la date, ni l’endroit exact où Isaac est décédé.

Kadon et Yvette résident en 1954 avec Perla BENSUSEN au 10, passage Josset dans le 11ème arrondissement et obtiennent dans un premier temps un acte de disparition puis obtiennent le statut de déporté politique pour Isaac.

BROUDO Albert, Esther [6]

Albert BROUDO est né le 15 août 1901 à Salonique (Grèce) [Père : BROUDO David et mère : VEISSID Lucie]. Il est marié avec Esther BROUDO née ALLALOUF [Père : ALLALOUF Jacob et Mère : Alegra NAHOUM] née le 04 juillet 1901 à Salonique (Grèce) au Temple de la rue Buffault dans le 9ème arrondissement (comme son frère Salomon) le 20 mars 1927.

L’Univers israélite 18 mars 1927
L’Univers israélite 18 mars 1927

La famille BROUDO, d’origine grecque, vit à Salonique et toute la famille (très importante) exerce des métiers autour de la confection. En 1917, le grand incendie de Salonique réduit à néant toutes les années de travail et une partie de la famille se retrouve sur le port. Par prudence, Lucie Broudo avait caché des objets de valeur dans le puits de sa maison et était retournée dans la maison pour les récupérer.

Lucie Broudo prend la décision de s’expatrier avec une partie de la famille et choisit la France, terre d’accueil pour beaucoup d’étrangers, et arrive en France dans les années 20. Le reste de la famille suivra en 1921. La famille Broudo décide de rebondir et veut donner à ses enfants toutes les chances de réussir. Ils entament tous des études supérieures et exerceront quasiment tous une profession autour de l’odontologie : pour les uns chirurgiens-dentistes, pour les autres prothésistes dentaires… Les études terminées dans le Nord de la France (là où ils sont arrivés), les Broudo exercent leur profession de dentistes à Paris.

Albert BROUDO exerce la profession de mécanicien dentaire et habite à Montreuil-sous-Bois au 260, rue de Paris. Le couple n’a pas d’enfant. La quasi-totalité de la famille BROUDO arrive à Pornichet le 06 septembre 1939 et s’installe Villa Edouard, rue du Moulin à Pornichet le lendemain (07 septembre 1939). Salomon, un des frères, y est déjà présent exerçant la profession de marchand ambulant en attractions foraines depuis déjà quelques années et c’est sans doute la raison de leur venue en presqu’île.

Registre d’enregistrement des visas d’arrivée et de départ délivrés aux étrangers 1938-1942 [Archives Municipales de Pornichet – Police, 2I3]
Registre d’enregistrement des visas d’arrivée et de départ délivrés aux étrangers 1938-1942 [Archives Municipales de Pornichet – Police, 2I3]
Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d'identité d'étranger [Archives Municipales Pornichet 2I2]
Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d’identité d’étranger [Archives Municipales Pornichet 2I2]

Albert et Esther quittent Pornichet le 31 décembre 1939 et s’installent au Pouliguen « Villa Colette » 16, rue du commerce le 01 janvier 1940. La maison est divisée en deux dans le sens de la longueur et Albert et Esther occupent la partie droite de la maison habituellement réservée pour les locations de vacances. Ils iront rejoindre un peu plus tard Léon rue de la gare au Pouliguen. Esther effectue une demande de renouvellement de carte d’identité de non-travailleur à la mairie de Pornichet le 06 novembre 1939, carte qui lui sera délivrée le 05 juillet 1940.

Villa Collette Rue du Commerce Le Pouliguen
Villa Collette Rue du Commerce Le Pouliguen © collection particulière

Albert BROUDO se fait recenser à mairie du Pouliguen ou à la sous-préfecture de Saint-Nazaire en tant que Juif entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numréo 6.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Albert et Esther ont quitté Le Pouliguen (date inconnue) et sont arrêtés à leur domicile au 260, rue de Paris à Montreuil par la police française et allemande le 04 novembre 1942 puis internés à Drancy le 05 Novembre 1942. Ils sont déportés tous les deux par le convoi numéro 44 au départ de Drancy vers Auschwitz le 09 novembre 1942.

Fichiers internement camp de Drancy [Archives Nationales]

Listes Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]


Selon le témoignage d’une descendante très proche de la famille Broudo, Albert est sélectionné à Kosel (Pendant la Seconde guerre mondiale, certains trains de la déportation des Juifs vers Auschwitz s’arrêtaient à Kosel, où une partie des hommes du convoi étaient sélectionnés pour le travail dans les camps satellites du complexe d’Auchwitz). Albert est dirigé vers le camp de Blechhammer (Blachownia, Pologne). Puis il passe deux ans à Ottmut. Puis il est transféré à Gross Rosen où il sera assassiné  (camp de concentration Ouest de Wroclaw, Pologne) pieds et jambes gelés en février 1945 à coups de manche de pioche par un garde nazi. Esther, en l’absence d’informations, est déclarée décédée 5 jours après la date de départ du convoi.

Témoignages concernant Albert et Esther BROUDO [Yad Vashem, en ligne]

Henri BROUDO, frère d’Albert, s’adressera au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de régulariser l’état civil de son frère et d’obtenir le statut de déporté politique.

Dossier d’étranger Esther BROUDO [ADLA 4M931]


LANGER Irène, [Erwin] [45]

Eléments biographiques :

Irène LANGER née AMAR est née le 12 août 1908 à Salonique (Grèce). Elle est arrivée en France le 15 octobre 1930. Son mari Erwin LANGER est né 23 décembre 1900 à Vienne (Autriche) et est arrivé en France en 1922.

Ils se marient le 11 juin 1936 à Paris (10ème arrondissement).

Acte d'état civil Mariages 10ème arrondissement
Acte d’état civil Mariages 10ème arrondissement [Archives Municipales Paris 10M431]

Erwin LANGER habite 34, rue d’Aboukir à Paris dans le 2ème arrondissement au moment de son mariage puis le couple déménage au 20 rue de Grammont à Paris (2ème arrondissement). Erwin LANGER exerçait la profession de commerçant en fourrure. Il exerce chez lui avec l’aide d’une ouvrière et fait faire une partie de son travail par des entrepreneurs au dehors. Ils n’ont pas d’enfant.

En janvier 1939, il demande une autorisation pour pouvoir se rendre en Angleterre pour acheter des fourrures. Là-bas, il s’aperçoit que sa mère est gravement malade à Londres et demande le 28 mars 1939 une extension de son titre de voyage pour plusieurs séjours dans la capitale britannique.

Persécutions :

Les passeports à la fois de Erwin (passeport autrichien) et d’Irène (passeport grec) ont été retenus au Consulat d’Allemagne.

A l’entrée en guerre, les ressortissants des nations belligérantes (allemands et autrichiens) sont internés dans des camps de rassemblement : Erwin est interné au camp de Meslay-du-Maine en Mayenne. Le cabinet du Ministre de l’Intérieur est interpellé par Mme SCHREIBER-CREMIEUX le 16 novembre 1939, députée radicale pour la libération d’Erwin LANGER.

Par ailleurs, Irène LANGER, son épouse écrit une lettre au Ministère de l’Intérieur le 23 novembre 1939 pour tenter de faire libérer son mari.

La libération des internés dans les camps de rassemblement est soumis à plusieurs conditions : des attestations prouvant le lien entre la personne détenue et son attachement à la France et un engagement dans l’armée française. Irène LANGER fournit ainsi trois attestations : celle de Philippe WEISZ, celle de Alexandre DEUTSCH et celle d’Alice AMAR. Ces trois personnes se portent garants pour Erwin LANGER.

Le 08 décembre 1939, la commission de criblage chargée de la libération des détenus décide de sa libération.

Irène LANGER se rend à Pornichet le 18 mars 1940 (la soeur d’Irène, Lucie COHEN Née AMAR est modiste dans la commune et son beau-frère Georges est préparateur en pharmacie).

Registre d’enregistrement des visas d’arrivée et de départ délivrés aux étrangers 1938-1942 [Archives Municipales de Pornichet – Police, 4H41]
Registre recensement des Etrangers [Archives Municipales Pornichet, 2I1]
Registre recensement des Etrangers [Archives Municipales Pornichet, 2I1]

Elle se déclare comme juif entre le 25 septembre et le 20 octobre 1940 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 45. Sa soeur et son beau-frère se sont déclarés juste avant. Elle habite chez sa soeur Lucie 37, avenue de la Gare à PORNICHET. Erwin n’est pas présent.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Fiche de Irène LANGER née AMAR (Fichier Préfecture) [ADLA 1694W25]
Fiche de Irène LANGER née AMAR (Fichier Préfecture) [ADLA 1694W25]

Irène LANGER et son mari Erwin n’ont à notre connaissance pas été déportés.

Dossier de Erwin LANGER [Archives Nationales, 19940459/0062]

STERN Carol [8]

Carol STERN 1940 [ADLA 4M924]
Carol STERN 1940 [ADLA 4M924]

Eléments biographiques

Carol STERN est né le 10 septembre 1912 à Craïova (Roumanie). [Père : Albert STERN et mère : Eva ZWIEBEL]. Il est présent en France depuis le 01 août 1930 et est étudiant en médecine en France à la Faculté de médecine de Paris depuis le 29 octobre 1931. En 1939, il a effectué tous les stages et il ne lui reste plus qu’à soutenir sa thèse pour pouvoir exercer. Il sera psychiatre et travaillera à l’Hôpital Sainte-Anne. Carol STERN est célibataire mais vit en concubinage en 1942 avec Mademoiselle Lise DUPLESSY et est en instance de naturalisation.

Dossier d'étranger de Carol STERN [ADLA 4M924]
Dossier d’étranger de Carol STERN [ADLA 4M924]

En 1934, il réside au 18, rue Caulaincourt puis successivement en 1936, 36, rue Caulaincourt Paris, 18ème arrondissement), 1938, 2, rue Coustou (18ème arrondissement), 11, rue de Liège (9ème arrondissement) le 23 février 1937, 192, avenue Dausmesnil dans le 12ème arrondissement au 06 janvier 1938, 7, boulevard Poniatowski dans le 12ème arrondissement le 06 juin 1939 qu’il quitte le 30 juillet 1939 pour la villa Petite Bretonne, boulevard de la petite ceinture à La Baule-les-Pins. Il se rend enfin au mois de juin 1940 Hôtel Pension « Les Charmettes » à Pornichet, avenue de Flornoy (actuelle Villa Flornoy, hôtel).

Hôtel « Les Charmettes », avenue Flornoy PORNICHET

Persécutions et déportation :

Carol STERN est recensé entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 8 et exerce alors la profession de médecin assistant

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Il quitte Pornichet pour Paris le 05 janvier 1941 au 335, rue Lecourbe dans le 15ème arrondissement.

Registre récapitulatif du recensement des étrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I1]
Registre récapitulatif du recensement des étrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I1]

Il ne rejoint pas son frère Herman en zone libre car il souhaite rester avec sa compagne qu’il doit épouser. Il est dénoncé par une ancienne compagne et est arrêté le 14 octobre 1942 au 48 bis, rue François 1er à Paris (8ème arrondissement) par la police allemande et interné un mois plus tard le 14 novembre 1942 au fort de Romainville-Les Lilas Gefangenner (N° matricule) 1215, Lager Bezeichnung 122 à 14h30 par Fw. ZIMMERMANN, du SD (Sicherheitsdienst), Abteilung IV, B. et interné à Drancy le 29/12/1942. Durant son internement, le psychiatre professeur Baruk tente d’obtenir sa libération en vain. Il est déporté le 23/03/1943 à Sobibor par le convoi n° 52.

Il est transféré le 29 décembre 1942 sur ordre de Monsieur Permilleux [Commissaire Permilleux, responsable du service des affaires juives à la Préfecture de police de Paris] et remis à l’inspecteur spécial TEYSSANDIER pour être interné au « Camp des Juifs » de Drancy (sur ordonnance du SD, section IV J)

Israélites étrangers arrêtés et internés listes nominatives classement par nationalité 1942-1943 [Archives Nationales F/7/14883]
Israélites étrangers arrêtés et internés listes nominatives classement par nationalité 1942-1943 [Archives Nationales F/7/14883]

Fichiers internement Drancy [Archives Nationales, base de données informatisée, sur place]

Il est déporté par le convoi numéro 52 du 23 mars 1943 de Drancy à Sobibor.

Liste convoi 52 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Son frère, le docteur Herman STERIAN à Boulogne déposera une feuille de témoignage auprès de Yad Vashem.

Feuille témoignage [Yad Vashem, en ligne]

Herman STERIAN s’occupera des démarches administratives concernant son frère ainsi qu’Eva, la mère de Carol, arrivée en France en 1951, auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre.

Dossier d’étranger [ADLA 4M924]