BEHAR Mardochée, Victoria, Léa [NR]

Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardoché et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardochée et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Mardochée dit Marcel BEHAR est né le 18 mai 1889 à Jérusalem [Père : Nissim BEHAR et Mère : Léa ELIEZER] et est marié avec Victoria FUENTES née le 15 décembre 1897 à Constantinople (Turquie) [Père : Nissim FUENTES et Mère : Léa YANNI]. Le couple a trois enfants : Isidore né le 01 juillet 1920 à Marseille (il sera reconnu lors du mariage de Mardochée et Victoria le 03 avril 1924 à Paris (11ème arrondissement), Albert né en 1925 à Maubeuge et Léa née le 01 juillet 1927 à Maubeuge.

Acte de naissance d'Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance d’Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
 Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]

La famille BEHAR est réfugiée du Nord de la France (source : « Mémorial des Victimes de la Persécution Allemande en Loire-Inférieure 1940-1945 » – Jean-Pierre SAUVAGE et Xavier TROCHU – Archives Municipales de Nantes) et arrive au Pouliguen (date d’arrivée inconnue). Elle y avait déjà séjourné déjà avant-guerre pour des raisons médicales. La famille n’est pas recensée en Loire-Inférieure et est retournée quelque temps après à Mers-les-Bains au 13, rue Nationale.

Mardochée BEHAR est arrêté le 04 janvier 1944 avec son épouse Victoria et leur fille Léa puis la famille est transférée au camp de Drancy le 06 janvier 1944 venant d’Abbeville.

Fiches du camp de Drancy [Archives Nationales F9/]

La famille BEHAR sera déportée par le convoi numéro 66 au départ de Drancy vers Auschwitz le 20 janvier 1944 et sera déclaré décédé à Auschwitz le 25 janvier 1944.

Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Différentes feuilles de témoignage seront déposées sur le site de Yad Vashem en mémoire de la famille.

Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]
Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]

Les deux frères de Léa, Albert et Isidore ne sont pas arrêtés. Isidore est déjà marié avec Honorata OLEK née le 20 octobre 1919 à Czekowice (Pologne) mariage célébré à Maubeuge (Nord) le 24 avril 1937. Elle est également arrêtée puis internée à Drancy à partir du 06 janvier 1944 avec sa fille Victoria Suzanne dite Tinouka née en 1937. Elles seront toutes deux libérées le 31 janvier 1944.

Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Témoignage oral d’ Y. née BEHAR

Honorata et Victoria (Tinouka) vont être arrêtées et transférées à Drancy et y rester pendant quatre mois. Honorata est d’origine polonaise et catholique. Elle est arrêtée par erreur. Elle m’a juste dit que les conditions là-bas étaient miséreuses.

Honorata (et sa fille Victoria dit Tinouka) sont enregistrés à Drancy sous le numéro 11005.

« En 1943, la Gestapo vient arrêter mon oncle Albert à Mers-les-Bains mais il est parti à la pêche. A la place, il arrête Isidore qui va partir en Allemagne faire le STO. Ils ne m’ont jamais rien raconté et ils n’ont jamais voulu en parler et je n’ai que peu de souvenirs.

« Tout ce que je sais, c’est qu’après la guerre, tout le monde arrive au Pouliguen parce que Victoria (Tinouka) est malade et on nous conseille d’aller habiter au bord de la mer au Pouliguen. Nous, on connaissait rien au Pouliguen. Isidore était tout le contraire de son frère Albert, très discret. On a habité Villa Le Lotus au Pouliguen pendant longtemps [Rue du Moulin]. On était locataires mais on a changé plusieurs fois de maisons.

Isidore exerçait la profession de marchand de tissus sur les marchés mais il ne faisait pas de linge, c’était son frère (Albert) qui faisait le linge. C’était un landier. Il vendait au baratin. Il faisait le marché du Pouliguen, de Pornichet, du Croisic… « .

Victoria dite Tinouka BEHAR se mariera au Pouliguen en 1958.

LEVY Joseph [95]

Joseph LEVY s’est fait recenser entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 en tant que Juif sous le numéro 095 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire. Il exerçait la profession de marchand forain en bonneterie sur les marchés du Pouliguen et de La Turballe depuis mars 1939, profession qu’il lui sera interdite d’exercer (à compter du 1er juillet 1941, interdiction à un juif d’être voyageur de commerce, marchand ambulant, vendeur de billets de la Loterie Nationale, etc..)

Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

Ses deux frères résidant à Libourne ne sont pas déclarés comme juifs et de ce fait une demande d’enquête est demandée pour savoir si Joseph LEVY, lui, s’est bien déclaré.

S’il est vrai qu’il s’est bien déclaré comme tel, il ne l’est pas eu égard aux statuts des juifs des 03 octobre 1940 et du 02 juin 1941.

Joseph LEVY est né à Ixelles (Belgique) le 06 octobre 1910 [Père : David LEVY, négociant née à Constantinople et Mère : Marie-Jeanne COLLEYER]. Les grands-parents paternels de Joseph sont Juifs mais ses grands parents-maternels ne le sont pas. Il a donc moins de trois grands-parents juifs et il sera rayé de la liste de recensement le 15 avril 1942 et échappera à la déportation.

source : https://search.arch.be/fr/rechercher-des-archives/resultats/inventaris/rabscan/eadid/BE-A0541_006757_006696_DUT/inventarisnr/IRS-13-029886436/level/file/scan-index/6/foto/541_9999_999_2359031_000_0_0006

Ses deux frères résidant à Libourne ne sont pas déclarés comme juifs et de ce fait une demande d’enquête est demandée pour savoir si Joseph LEVY, lui, s’est bien déclaré.
S’il est vrai qu’il s’est bien déclaré comme tel, il ne l’est pas eu égard au statut des juifs du 03 octobre 1940 et du 02 juin 1941.

ADLA 1694W23

Un courrier de la sous-préfecture au préfet de Nantes du 11 janvier 1941 précise la situation de Joseph LEVY. Il sera rayé de la liste de recensement le 15 avril 1942 et échappera à la déportation.

Il continuera d’exercer sa profession jusqu’en 1958 en presqu’île.

reguitre du commerce

Contrôle de statut des Juifs [ADLA 1694W21]

WOLFF Roger [24]

Roger WOLFF est né le 26 février 1922 à Strasbourg. Célibataire, il est arrivé au Pouliguen en mai 1940.

En mai 1940, il trouve un logement rue Jean-Jacques dans la villa Ty-Men au rez-de-chaussée droit de la maison et va y rester deux mois et demi. Par la suite, il va habiter avec la famille CARON dans la villa Paulette rue de Verdun.

Logements vacants pour réfugiés [Archives Municipales du Pouliguen, H6]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il est recensé en tant que Juif sous le numéro 24 (juste après la famille CARON) auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou de la mairie du Pouliguen. Roger est célibataire et exerce la profession de charcutier.

Le 24 juin 1941, la préfecture demande un rapport aux Administrateurs Provisoires pour connaître l’état d’avancement de l’aryanisation des biens. Monsieur WOLFF s’étant déclaré comme charcutier, les autorités françaises supposent qu’il tient un commerce et demande une enquête à ce sujet.

Il n’a en fait jamais tenu de commerce et le courrier de la sous-préfecture prouve l’extrême vigilance apportée par l’administration dans le processus d’aryanisation des commerces.

Roger WOLFF quitte Le Pouliguen au début du moi de mai 1941 pour se rendre à Gérardmer, 107, Grande-Rue. Il n’a à priori pas été déporté.

Un descendant de la famille WOLFF (Pierre WOLFF 1925-2013) témoignera via Yad Vashem sur le sort de la famille CARON (déportée et exterminée en juillet 1942).

Témoignage du Ministère des Affaires Etrangères du San Salvador à Pierre WOLFF

LEVY Henri (NR)

Henri (ou Henry) LEVY est né en mai 1885 à Minsk (Russie) et exerce la profession de cordonnier. Il est présent (date d’arrivée ou de présence inconnue) sur la commune du Pouliguen et habite sur la Grande Côte près de la Tour Rochereau . Dressée initialement à Angers par un industriel Louis-René ROCHEREAU lors d’une grande exposition en 1895, elle réapparaît dans une version moins haute le 31 juillet 1897 et est inaugurée le 05 septembre de la même année. Autour de la structure métallique se trouvent, un café-restaurant-dancing tenu par Monsieur BOUET jusqu’en 1939 mais également quelques villas. C’est probablement dans une de ces villas (ou éventuelle pension de famille) que loge Henri LEVY.

 La tour Rochereau au Pouliguen. Carte postale, vers 1920. Coll. part.
La tour Rochereau au Pouliguen. Carte postale, vers 1920. Coll. part.

Alors que les Juifs sont soumis à l’obligation de se faire recenser entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou commissariats environnants, il n’apparaît sur aucune liste et ne s’est donc pas déplacé. En revanche et conformément à l’ordonnance allemande du 13 août 1941, il va rendre son poste de TSF le 17 septembre 1941.

Confiscation des poste de TSF [ADLA 1694W24]

Il effectue une demande de renouvellement de carte d’identité d’étranger le 08 mai 1942 aurpès de la mairie du Pouliguen.

Carnet à souches des demandes de cartes d'identité [Archives Municipales du Pouliguen J7]
Carnet à souches des demandes de cartes d’identité [Archives Municipales du Pouliguen J7]

Il est arrêté entre le 15 et le 17 juillet 1942 puis transféré sur Nantes puis Angers au Grand Séminaire. Il est déporté par le convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz du 20 juillet 1942 et est décédé à l’âge de 57 ans.

Liste des arrestations [ADLA 1694W25]
Liste des arrestations [ADLA 1694W25]
Liste convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

SPRINGER Isaac, Simone, Charlotte (NR)

Isaac SPRINGER 1939 [ADLA 4M922]
Isaac SPRINGER 1939 [ADLA 4M922]
Charlotte SPRINGER [ADLA 4M922]
Charlotte SPRINGER [ADLA 4M922]

Issac et son épouse Simone sont réfugiés au Pouliguen accompagnés de la mère d’Isaac Charlotte.

Isaac est né à Cracovie le 28 octobre 1893 et est marié avec Simone (date et lieu de naissance actuellement inconnus). La mère d’Isaac, Charlotte née POSS est née le 24 avril 1856 à Cracovie. Le couple habite au 3, rue du Général Grossetti à Paris dans le 16ème arrondissement tandis que Charlotte habite au 4, rue Fléchier dans le 4ème arrondissement. Certainement au décès de son mari Abraham, Charlotte déménage chez son fils Isaac qui exerce la profession de brocanteur en bijoux.

Recensement 1936 Auteuil [Archives de Paris D2M8_643]
Recensement 1936 Auteuil [Archives de Paris D2M8_643]
Recensement 1936 [Archives de Paris D2M8_578]
Recensement 1936 [Archives de Paris D2M8_578]

Isaac, Simone et Charlotte arrivent au Pouliguen à l’automne 1939 pour repartir sur Paris pour Isaac et Simone deux mois après en décembre 1939 et pour Charlotte le 10 décembre 1940. Ils résident alors au Pouliguen Rue Jean-Jacques Villa « Mad Léa » puis avenue de l’Océan Villa Pi-Do.

Isaac SPRINGER est interné à Drancy le 04 février 1944.

Carnet de fouilles Isaac SPRINGER [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles Isaac SPRINGER [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Il est déporté par le convoi numéro 70 de Drancy à Auschwitz le 27 mars 1944 et a été exterminé à Auschwitz à l’âge de 50 ans. A notre connaissance, ni son épouse, ni sa mère n’ont été dépotées.

liste convoi 70 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
liste convoi 70 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Dossier d’étranger d’Isaac SPRINGER [ADLA 4M922]

Dossier d’étranger de Charlotte SPRINGER [ADLA 4M922]

ENRIQUEZ SARANO Jacob, Léa (NR)

Jacob ENRIQUEZ SARANO 1939 [ADLA 4M935]
Jacob ENRIQUEZ SARANO 1939 [ADLA 4M935]
 Léa ENRIQUEZ-SARANO 1939 [ADLA 4M935]
Léa ENRIQUEZ SARANO 1939 [ADLA 4M935]

Léa, célibataire, et son père Jacob ENRIQUEZ SARANO sont réfugiés au Pouliguen arrivant de Paris où ils résident au 20, rue des Envierges dans le 20ème arrondissement. Léa s’occupe de son père âgé et exerce la profession de vendeuse au 7, place de la République (Paris, 3ème arrondissement).

Recensement 1936 Belleville [Archives de Paris, 2M8_695]
Recensement 1936 Belleville [Archives de Paris, 2M8_695]

Ils résident au Pouliguen Villa Petit Courlis près du bois du Pouliguen depuis au moins octobre 1939 jusqu’au 20 août 1940, date à laquelle ils rejoignent leur domicile parisien. A priori, ni Jacob né le 14 juin 1859 à Smyrne, veuf, ni Léa, sa fille, née le 28 avril 1897 à Smyrne, célibataire n’ont été déportés.

Dossier d’étranger de Jacob ENRIQUEZ-SARANO [ADLA 4M935]

Dossier d’étranger de Léa ENRIQUEZ-SARANO [ADLA 4M935]

LISSIANSKY Abraham, Sarah (NR)

Abraham et Sarah LISSIANSKY sont réfugiés au Pouliguen à l’automne 1939 qu’ils quittent peu de temps après. Ils sont accompagnés au moins par l’un de leurs enfants : Broucha KAUFMANN. Ils résident Rue Jean-Jacques Villa Ker Marie-Alice au Pouliguen. Ils ne sont à priori pas déportés.

Dossier d’étranger d’Abraham LISSIANSKY [ADLA 4M941]

Dossier d’étranger de Sarah LISSANSKY [ADLA 4M941]