FAINSTEIN Samuel, Anna, [Fanny, Denise], Maurice (NR)

Présent en France depuis 1906, Samuel Meyer dit Marcel FAINSTEIN est né le 05 septembre 1894 à Navahroudak [Nouvogroudok] (Biélorussie) [Père : Daniel FAINSTEIN et Mère : Basia VOLFOVITSCH]. La ville de Navahroudak est intégrée à l’empire russe à la fin du XVIIIème siècle et Samuel se retrouve donc réfugié russe lorsqu’il arrive en France. Il est détenteur d’un passeport NANSEN. Il est marié avec Anna Gabrielle [prénom usuel Anna] ZLOTOYABKA née à Paris (1er arrondissement) le 11 février 1889 [Père : Elias ZLOTOYABKA, casquettier et Mère : Fanny KANIGSBERG, fleuriste]. Ils se marient à Paris (3ème arrondissement) le 28 décembre 1911. Les parents de Samuel sont absents ainsi que la mère d’Anna, décédée au moment de leur mariage et ils résident respectivement dans le 3ème et le 12ème arrondissement mais vont s’établir dans un premier temps rue des Tournelles dans le quartier du Marais à Paris [1914] puis au 50, rue du Rendez-Vous à Paris dans le 11ème arrondissement près de la Place de la Nation [1939]. Le couple a trois enfants : Fanny née le 02 novembre 1912 [Paris, 11ème arrondissement], Denise née le 10 septembre 1914 [Paris, 3ème arrondissement] et Maurice né le 18 mai 1920 [Paris, 12ème arrondissement].

Bulletin de mariage de Marcel FAINSTEIN et Anna ZLOTOYABKA [DAVCC 21 P 448 365]
Bulletin de mariage de Marcel FAINSTEIN et Anna ZLOTOYABKA [DAVCC 21 P 448 365]

Acte de naissance de Anna ZLOTOYABKA, Denise FAINSTEIN, Fanny FAINSTEIN et Acte de mariage des époux FAINSTEIN [Archives Municipales de Paris, en ligne]

Samuel FAINSTEIN exerce la profession d’horloger et son activité réside essentiellement dans la réparation des montres et horloges et également dans la vente d’articles de fantaisie en bijouterie/horlogerie.

Dossier d'Aryanisation [Archives Nationales AJ38/4597 dossier n°2524]
Dossier d’Aryanisation [Archives Nationales AJ38/4597 dossier n°2524]

La famille arrive le 14 mai 1940 à Pornichet en provenance de Paris (50, rue du Rendez-Vous, 12ème arrondissement) et Samuel va ouvrir un atelier d’horlogerie le 27 juin 1940 au 139, avenue de Mazy dans le centre qu’il loue en meublé à Monsieur ROUX.

139, avenue de Mazy PORNICHET
139, avenue de Mazy PORNICHET

Tout étranger se déplaçant dans une commune doit signaler sa présence et faire viser sa carte d’identité. C’est ce qu’il fait en mai 1940.

Visas étrangers [Archives Municipales de Pornichet 4H45]
Visas étrangers [Archives Municipales de Pornichet 4H45]

Alors que les Juifs sont dans l’obligation de se déclarer auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou mairies du lieu où ils habitent entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 suite à la 1ère ordonnance allemande, il ne le fait pas mais va déclarer son commerce le 11 novembre 1940.

Un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT (28 janvier 1941), arbitre de commerce à Saint-Nazaire, les scellés sont apposés sur le magasin le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé le 10 du même mois et une affiche « Entreprise Juive, Judische Gesellschaft » est apposée sur la devanture. Alors qu’il ne peut plus en tant que Juif être en contact avec la clientèle, il va malgré tout continuer à expédier les affaires courantes et finir les réparations engagées.

Samuel FAINSTEIN est arrêté le 21 juin 1941, incarcéré et passe en jugement devant le tribunal de guerre. Les autorités allemandes somment les autorités françaises de divulguer les noms des personnes qui peuvent témoigner devant le tribunal allemand que son commerce était encore ouvert alors qu’il aurait dû cesser toute activité, les autorités françaises s’exécutant deux jours plus tard. Samuel FAINSTEIN a été dénoncé par Mélanie TARTOUE, employée de commerce à Pornichet qui réside La Ville Heriou et par Narcisse NIVELEAU, commerçant, avenue de Mazy, la même rue où est établit le commerce de Samuel et qui tient le Bazar de l’Océan.

[La famille ignore après-guerre que Samuel FAINSTEIN a été arrêté sur dénonciation pensant que celui-ci l’a été suite à la déclaration de guerre entre la Russie et l’Allemagne. En effet les ressortissants russes (juifs ou non) sont effectivement arrêtés mais à compter du 30 juin 1941].

Courrier du Préfet de Loire-Inférieure au Conseiller Supérieur d’Administration Militaire (Docteur Schuster, Nantes) du 30 juillet 1941 [ADLA 1694W26]

Les marchandises du magasin sont vendues à Monsieur THUREAU en juin 1941, son voisin d’en face, commerçant au 136, avenue de Mazy au prix de 300 francs alors que le stock était évalué à plus de 1800 francs. Le commerce sera par la suite loué directement auprès du propriétaire  par Monsieur BREDELOUX, artisan-horloger qui habite « Châlet la Colline », avenue Thiriat à la Baule.

Cette dénonciation va avoir des conséquences catastrophiques puisque Samuel FAINSTEIN, arrêté le 21 juin 1941 est transféré au camp de Compiègne. Il est le premier à être arrêté sur l’arrondissement de Saint-Nazaire.

Au mois de juillet 1941, son père ayant été arrêté, Maurice FAINSTEIN, son fils, qui exerce également la profession d’horloger, est sommé d’arrêter toute activité et sollicite auprès de la préfecture l’autorisation de terminer les travaux d’horlogerie en cours ce qui lui est accordé.

Il  se rend à Arcachon vers le début du mois de juillet 1941 avec sa mère et sa soeur Denise, Villa « Jean-Marie » avenue des Abatilles (Basses-Pyrénées) [Archives Nationales, dossier aryanisation du commerce, lettre du commissaire spécial de Saint-Nazaire du 20 août 1941].

Son nom est inscrit sur le registre des cartes de ravitaillement de la mairie de Pornichet mais il  ne vient pas la récupérer.

Maurice FAINSTEIN rejoint Paris au 8, rue Fernand Foureau dans le 12ème arrondissement puis passe la ligne de démarcation et se rend dans le sud de la France à Nice et habite au 9, rue Rouget de l’Isle. Il intégre de le mouvement de Résistance « Libération à compter de novembre 1942. Il participe à l’attentat contre un garage occupé par les troupes italiennes, à un attentat contre le siège du journal du PPF de Jacques DORIOT, ‘lEmancipation Nationale » à Nice et à un attentat contre le mess des officiers italiens. Il est arrêté le 22 mai 1943 par l’OVRA (Organizzazione par la Vigilanza e la Repressione dell’Antifascismo) sous le faux-nom de Michel LEMERCIER, incarcéré à la prison de Nice puis envoyé en Italie.

[DAVCC 21 P 448 364]
[DAVCC 21 P 448 364]
[DAVCC 21 P 448 364]
[DAVCC 21 P 448 364]

Il est interné à Drancy le 01 décembre 1943 sous le matricule 9652 .

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5690]

Il y rencontre Serge SMULEVIC qui devient son ami qui raconte les circonstances du départ du convoi :

« 

LE PETIT COUTEAU

17 décembre 1943,  vers midi.

Nous venons de quitter Drancy et nous sommes alignés sur le quai de la gare de Bobigny. Je suis au premier rang, entre mes deux meilleurs amis. A ma gauche, Maurice Fainstein, dit Momo, de Montreuil-sous-Bois, et à ma droite François Sandler de Lyon. Devant nous, un train de marchandises, et tout le long des soldats S.S. armés de mitraillettes. Puis, nous voyons arriver, marchant lentement, Aloïs Brunner, suivi de deux officiers S.S.
Je l’avais déjà vu à Drancy où j’ai passé environ quinze jours. La nuit précédente, dans l’immense salle dans laquelle nous dormions pour la dernière fois à Drancy, pêle-mêle hommes, femmes et enfants, une jolie
jeune femme blonde, vêtue d’un manteau de fourrure qui était installée à proximité de notre groupe, se leva vers minuit. Elle nous dit que Brunner l’attendait dans son bureau, et lui avait promis de ne  pas faire partie de ce convoi, elle et sa mère. Elle est revenue, deux heures plus tard, en sanglotant. Le lendemain, elle était sur le quai avec sa mère.
Donc, Brunner nous tient un discours, traduit instantanément par un civil, pour nous avertir que si quelqu’un tentait de s’évader, tous les autres occupants du wagon seraient exécutés. De même il nous avertissait qu’il était interdit d’emporter dans ses bagages tout couteau ou autre objet pointu en métal, permettant éventuellement d’attaquer le plancher du wagon, et qu’il était encore temps de les remettre spontanément. Et il se mit à ouvrir au hasard, des bagages et sacs à provisions. Il s’arrêta devant mon ami Français Sandler, se pencha et ouvrit son sac et se mit à le fouiller. En. sortit un petit couteau à éplucher des pommes de terre. Se releva, un sourire sarcastique aux lèvres et approcha le petit couteau des yeux de mon ami François, allant à toute vitesse d’un oeil à l’autre, comme s’il allait les lui crever. Et tout à coup, d’un geste précis et rapide lui trancha plus de la moitié de l’oreille gauche, et remit le couteau à l’un des deux sbires qui l’accompagnait. Le sang dégoulinait abondamment sur le côté gauche de François, mais personne n’osait bouger, et quelques instants plus tard nous sommes montés dans le wagon. Bien sûr dès que le train partit, on enmaillotta l’oreille de François dans un morceau de chemise. L’image de cette oreille qui pendait, je n’ai jamais réussi à l’oublier.

François n’a pas tenu très longtemps à Monovitz, où il est mort après son admission au KB. Mon ami Maurice Fainstein, qui avait fait sauter le local de Jacques Doriot à Nice, et avait pratiquement été arrêté par la foule, avait été emprisonné avec moi à la prison de Nice, où nous avons passé trois mois ensemble. Il est mort de faiblesse, dans mes bras, totalement épuisé, au courant du mois de mai 1944. Sa soeur m’a écrit plusieurs fois, après mon retour à Thionville, ainsi que la femme de François. Je possède toutes leurs lettres, mais rien n’était aussi pénible que d’annoncer à quelqu’un la mort d’un proche dans un camp. D’autant plus pénible que ces personnes voulaient des détails sur cette mort, espérant toujours que je pouvais peut-être me tromper, et cet espoir qui ne les quittait pas, me mettait dans un état lamentable.
Déjà le leur dire était difficile, mais presque exiger de moi des détails était au-dessus de mes forces, car les images que j’ai conservées des derniers moments de Momo étaient douloureuses. Il avait tellement maigri, et ses yeux, à travers ses lunettes rafistolées avec du fil de fer, étaient si remplis de tristesse que c’était difficilement supportable.

Voilà comment sont partis, pour ne plus revenir, par le convoi n° 63, mes deux derniers amis, venus avec moi sur ce quai de la gare de Bobigny, pour assister à cet acte de sauvagerie barbare d’Alois Brunner.
Ils sont toujours présents dans ma mémoire.
« 
Serge SMULEVIC

source : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/serge_petit_couteau.htm

Il sera déporté par le convoi numéro 63 au départ de Drancy le 17 décembre 1943 à destination d’Auschwitz.

Liste convoi n°63 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi n°63 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Il est enregistré dans la partie concentrationnaire du camp sous le matricule 169786 et est affecté au camp de Monowitz (Buna) le 01 février 1944. Il fait des séjours à l’infirmerie de Monowitz du 1er février au 1er avril 1944, du 03 avril 1944 au 08 avril 1944 et du 14 avril au 30 avril 1944. A cette date, il est renvoyé sur Birkenau. Maurice FAINSTEIN est décédé en mai 1944, à 24 ans,  mort d’épuisement dans les bras de son ami Serge SMULEVIC (parution Journal Officiel de la République Française n°242 du 17/10/1989 page 12972).

Le père de Maurice, Samuel, arrêté le 21 juin 1941 est interné dans une prison à Nantes puis transféré et interné au camp de Compiègne en juillet 1941 sous le matricule 1243. Il est transféré sur Drancy puis déporté par le convoi numéro 32 du 14 septembre 1942. Il a été exterminé à Auschwitz-Birkenau, il avait 50 ans.

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5690]
Liste convoi n°32
 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi n°32
[CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Anna, Fanny et Denise FAINSTEIN ne seront pas déportées. Anna récupère à Paris un certificat d’internement et de déportation, Fanny est mariée avec Monsieur Jean Roger BUSSAT depuis le 29 octobre 1938 (Paris, 12ème arrondissement) résidant à Montrouge 3, rue Arthur Auger et décède à Gardanne (Bouches-du-Rhone) en 1996 et Denise se marie juste après-guerre avec Harry A. WASSERMAN le 06 octobre 1945 à la mairie du 16ème arrondissement à Paris et migre aux Etats-Unis.

Anna effectue les démarches après-guerre auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de régulariser les situations administratives de son mari et de son fils.

Denise WASSERMAN déposera en 1974 une feuille de témoignage sur le site du Yad Vashem en mémoire de son père et de son frère.

Correspondance avec la Kommandantur de Nantes [ADLA 1694W26]

MISRACHI Kadon, Isaac, Yvette [21]

Kadon BENSUSSEN se marie très jeune à l’âge de seize ans avec Isaac MISRACHI le 15 juin 1929 dans le 11ème arrondissement. Née le 23 septembre 1912 à Constantinople [Père : BENSUSSEN Montèche, employé et Mère : Perla], elle se dirige vers la côte atlantique au printemps 1939 avec son mari Isaac né en 1904, le 15 septembre à Constantinople [Père : Israël MISRACHI et Mère : Victoria]. Isaac (prénom usuel Jacques) exerce lors de son mariage la profession de chauffeur et en 1940 exerce celle de marchand forain. Le couple a une enfant : Yvette Victoria née le 18 août 1934 à Paris dans le 12ème arrondissement.

Mariage MISRACHI/BENSUSEN [Archives de Paris, EC_11M544_B_0039]
Mariage MISRACHI/BENSUSEN [Archives de Paris, EC_11M544_B_0039]
Acte de mariage de Isaac MISRACHI et Kadon BENSUSEN [DAVCC Caen, 21 P 517076]
Acte de mariage de Isaac MISRACHI et Kadon BENSUSEN [DAVCC Caen, 21 P 517076]

Le couple en tant qu’étranger fait viser ses pièces d’identité auprès de la Mairie de Pornichet . Ils habitent tous les trois 5, cité Industrielle dans le 11ème arrondissement et logent à Pornichet, Maison Jeanneau, avenue de la Gare avec les époux BENSUSSEN qui habitent par ailleurs à la même adresse à Paris.

Visas pièces d'identité [Archives Municipales de Pornichet]
Visas pièces d’identité [Archives Municipales de Pornichet]
Recensement Paris 1936 Roquette [Archives de Paris, M8 589]
Recensement Paris 1936 Roquette [Archives de Paris, M8 589]

Isaac quitte Pornichet le 1 septembre 1939 et son épouse, conformément à la 1ère ordonnance allemande, se fait recenser entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) (numéro 21).

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Kadon a par ailleurs fait une demande de carte d’identité pour étrangers le 29 décembre 1939 auprès du commissariat de police de Pornichet. Elle déménage de Pornichet pour Saint-Nazaire, 43, rue des Halles le 31 août 1940 puis part pour Paris.

Demande de carte d'identité [Archives Municipales de Pornichet 2I2]
Demande de carte d’identité [Archives Municipales de Pornichet 2I2]

Il est arrêté lors de la rafle du 20 août 1941 en même temps que son beau-père Yechua BENSUSEN qui touchent 4232 hommes français ou étrangers essentiellement dans le XIème arrondissement.

Le matin du 20 août 1941, des policiers français soutenus par des allemands en uniforme ont envahi les rues du 11ème arrondissement de Paris. C’est un véritable piège qui se prépare, tous les hommes français ou étrangers sont contrôlés et les juifs envoyés vers la place Voltaire. Toutes les entrées des stations de métro entre République et Nation sont bouclées. Commence alors l’impensable, une vaste manipulation dont les acteurs n’imaginent pas l’étendue, pour certains, ce sera le début de la fin, un voyage douloureux vers l’abandon et la mort. Ceux qui étaient allé s’enregistrer au commissariat conformément à l’ordonnance du 27 septembre 1940 publiée en zone occupée (stipulant que « toute personne juive devra se présenter jusqu’au 20 octobre auprès du sous-préfet de l’arrondissement dans lequel elle a son domicile habituel pour se faire inscrire sur un registre spécial »), ont déjà été appréhendés directement chez eux. Ceux qui étaient « connus » comme des familles juives du quartier, même non répertoriée, aussi. Les femmes sont épargnées et personne ne sait où sont emmenés les juifs. Cette rafle « surprise », contrairement à celle qui l’a précédé le 14 mai, utilise comme prétexte un simple contrôle d’identité à la préfecture de Police. Les 4232 personnes arrêtées ont toutes été conduites dans des autobus parisien à plate-forme, de la place Voltaire, direction le camp de Drancy, tristement inauguré à cette occasion. Ces premières rafles avaient pour but de fournir de la main d’œuvre aux nazis et c’est ce qui explique que beaucoup des juifs qui en ont fait parti furent libérés avant que le camp de Drancy devienne un camp de transit dont « la marchandise » était tout simplement redirigée vers les camps d’Auschwitz-Birkenau, à partir de mars 1942, afin d’y être exterminée. source : http://www.crif.org/fr/actualites/La-rafle-meconnue-du-20-ao

Il est interné à Drancy puis est déporté par le convoi numéro 32 du 14 septembre 1942 de Drancy vers Auschwitz.

Liste convoi 32 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 32 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Kadon effectue une demande de recherches de déporté auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre. Le résultat de l’enquête en 1947 précise : « Déclaration de Monsieur BENGER Siegfried demeurant à Oberhausen, 73 Blucherstrasse :

Monsieur MISRACHI a été interné en 1942 au camp de Drancy où ils firent connaissance. Dirigés ensuite sur le camp de Blechhammer, ils demeurèrent en contact jusqu’en avril 1944. MISRACHI, après une maladie de six semaines, fut dirigé sur un autre camp à environ 100 kms de Blechhammer près de la frontière tchèque où il aurait été employé en qualité de monteur.

Il fut déporté ensuite sur le camp de Gross Rosen vers le 04 février 1945 puis à Buchenwald jusqu’à la libération. De nombreux déportés furent abattus par les SS pendant le transfert mais Monsieur BENGER ne peut préciser aucun nom.

Il se rappelle par contre du chef de colonne, un polonais nommé RAUSCH ayant demeuré 20 ans à Paris et qui serait rentré en France. Celui-ci serait un des exécuteurs de ce convoi. »

Par ailleurs, il aurait été également vu en janvier 1945 à l’infirmerie d’Auschwitz.

Les différentes informations recueillies ne permettent pas avec certitude et comme dans la majorité des cas des personnes déportées de déterminer ni la date, ni l’endroit exact où Isaac est décédé.

Kadon et Yvette résident en 1954 avec Perla BENSUSEN au 10, passage Josset dans le 11ème arrondissement et obtiennent dans un premier temps un acte de disparition puis obtiennent le statut de déporté politique pour Isaac.