MAZLOUM Gracia (NR)

Gracia MAZLOUM née LEVY esr réfugiée à La Baule, Villa Les Canetons, avenue des Cormorans entre au moins décembre 1939 et janvier 1940.

Dossier d'étranger de Gracia MAZLOUM [ADLA 2101W672]
Dossier d’étranger de Gracia MAZLOUM [ADLA 2101W672]

Gracia MAZLOUM née LEVY est née en 1874 à Salonique de nationalité grecque. Elle est veuve d’Isaac né le 8 novembre 1872 à Salonique qui décède jeune à l’âge de 38 ans (le 27 juillet 1911) à Paris (15ème arrondissement). Gracia est mère de 5 enfants : Daisy (née en 1899), Henry (né en 1902), Henriette (née en 1906), Rachel (sans date) et Sarah (Solange) née en 1908. En 1926, Henry exerce la profession de chauffeur, Daisy celle de secrétaire et Sarah celle de couturière. En 1931, Henry est commerçant et Daisy, employée de bureau puis en 1936, secrétaire. La famille habite depuis au moins 1911 toujours au même endroit au 27, rue Pérignon dans le 15ème arrondissement à Paris.

Henriette est mariée avec Albert NAAR, distributeur de films, et la famille fréquente La Baule depuis au moins 1935.

Arlette (née en 1929), Claudine (née en 1927) et Francis (né en 1934), avec leurs parents, Albert et Henriette NAAR La Baule 1935
source : http://www.grenierdesarah.org/index.php/fr/component/content/article?tmpl=component&id=25
Arlette (née en 1929), Claudine (née en 1927) et Francis (né en 1934), avec leurs parents, Albert et Henriette NAAR née MAZLOUM La Baule 1935
source : http://www.grenierdesarah.org/index.php/fr/component/content/article?tmpl=component&id=25

En août 1939, la famille NARR vient passer ses vacances à La Baule et réside Villa Les Canetons Allée des Cormorans vraisemblablement avec Gracia, la mère d’Henriette. Suite à l’entrée en guerre début septembre 1939, les vacanciers (ainsi que toutes les colonies de vacances) se retrouvent bloqués en bord de mer.

Gracia effectue une demande de renouvellement de carte d’identité d’étranger le 8 décembre 1939 (présence de plus de trois mois hors de son département d’origine) et rejoint son domicile parisien le 11 janvier 1940.

Gracia est arrêtée le 5 novembre 1942 puis internée à Drancy.


Archives Nationales Fiches Préfecture Familial F9/5620
Archives Nationales Fiches Préfecture Familial F9/5620

Elle est déportée de Drancy vers Auschwitz 4 jours plus tard par le convoi numéro 44 du 9 novembre 1942 et vu son âge a été gazée dès l’arrivée à Auschwitz.

Liste convoi 44 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Son beau-fils Albert NAAR et sa fille Henriette sont arrêtés puis déportés par le convoi 67 du 3 février 1944.

ANGEL Salomon, Louise, Isaak, Esther, Rachel, Joseph, Sarah, Jacques, Yvonne [16]

de gauche à droite
rangée du haut : Salomon, Lucie, Isaak, Esther
rangée du bas : Rachel, Joseph, Sarah, Yvonne (manque la photo de Jacques)

Salomon ANGEL est né à Smyrne le 15 décembre 1903 [Père : Isaac ANGEL et Mère : Sarah ADATO]. Salomon est marié depuis le 28 octobre 1924 à Paris (11ème arrondissement) avec Léa dite Louise ELNEKAVE née en avril 1904 à Constantinople [Père : Joseph ELNEKAVE et Mère : Rachel LEVY].

Certificat de mariage des parents de Salomon ANGEL Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Certificat de mariage des parents de Salomon ANGEL Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Acte de Mariage de Salomon et Léa ANGEL [Archives Municipales de la mairie de Paris]
Acte de Mariage de Salomon et Léa ANGEL [Archives Municipales de la mairie de Paris]
Extrait d'acte de mariage 1949 [DAVCC Caen, 21 P 418 410]
Extrait d’acte de mariage 1949 [DAVCC Caen, 21 P 418 410]

Le couple a 7 enfants :

  • Isaak Isakito né le 29 août 1925 à Lille
  • Esther née le 06 novembre 1926 à Paris (12ème arrondissement)
  • Rachel Ruth née le 14 janvier 1928 à Lille
  • Joseph Pierre né le 15 avril 1929 à Lille
  • Sarah Mathilde né le 03 juillet 1930 à Lille
  • Jacques Pierre né le 03 novembre 1937 à Lille
  • Yvonne née le 23 février 1940 à Saint-Nazaire

Salomon ANGEL est issu d’une famille juive sépharade de Smyrne. Son père, Isaac, sabotier, incorporé dans l’armée turque est décédé du typhus en 1919. C’est donc veuve que Sarah, sa mère, élève ses 6 autres frères et soeurs ( (Esther née en 1901, Suzanne née en 1905, Vidal né en 1908, Jacques né en 1910, Angèle Rica née en 1911, Joseph né en 1914). Salomon est arrivé le 15 mai 1920 en France, sur Paris. Il a donc 17 ans et dans un premier temps, il loge chez son oncle et sa tante Samuel et Oro AROUETE dans le 11ème arrondissement au 63, rue Sedaine.
Léa dite Louise dite Lucy ELNEKAVE est issue d’une famille également sépharade de Constantinople. La famille est arrivée en France en septembre 1919 et loge au 79, rue Saint-Maur dans le 11ème arrondissement également. Léa a quatre autre frères et soeurs (Régine née en 1898 ou 1900, Sarah née en 1902, Nelly née en 1904 et Vitali né en 1905).

Recensement 1926 11ème arrondissement Saint-Ambroise [AMParis, D2M8 256]
Recensement 1926 11ème arrondissement Saint-Ambroise [AM Paris, D2M8 256]

Le quartier du 11ème arrondissement est un quartier très cosmopolite qui accueille en grande partie les Juifs arrivant de Turquie ou de Grèce.

Salomon y trouve un emploi dans une entreprise pharmaceutique, la mutuelle S.F. au 52, rue Sedaine près de là où il habite, société qui fabrique des cachets de mai 1920 à fin 1920 mais la société ferme et le couple déménage à Dijon au 1bis rue de la Gare de fin 1920 à février 1921. Il quitte Dijon pour Lille en février 1921 jusqu’en octobre 1924. Il se marie avec Léa dite Louise ELNEKAVE à Paris dans le 11ème arrondissement le 10 octobre 1924. Il retourne à Arras du 27 décembre 1924 au 17 juin 1925. Salomon travaille à son compte comme artisan en parapluie et Léa est ménagère. Il déménage pour Lille de juin 1925 à octobre 1926. Puis la famille déménage sur Paris au 12, rue de la Butte aux Cailles le 12 ou 14 octobre 1926 jusqu’en décembre 1926 et rejoint définitivement Lille de décembre 1926 jusqu’en mai 1940. Isaak, leur premier enfant naît donc à Lille et les parents qui sont de nationalité turque le déclare comme français devant le juge de Paix du 3ème arrondissement de Lille le 14 décembre 1926 (dossier n°20670X26). A cette date, la famille réside au 242 boulevard Victor Hugo à Lille puis déménagera au 12 rue Masséna.

Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]

Il effectue une première demande de naturalisation en 1930 et une erreur se glisse dans sa demande inversant son nom et son prénom. Celle-ci est ajournée à cause d’un différent commercial avec Samuel AROUETE. Le différent sera réglé grâce à l’intervention de Joseph ELNEKAVE (père de Léa) et Salomon et son épouse seront naturalisés le 25 décembre 1936.

En 1930, Esther et Isaac fréquentent l’école maternelle Gounod à Lille.

Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]

Joseph, Rachel et Sarah fréquentent en 1933 l’école maternelle Gounod, Isaac fréquente l’école primaire Lavoisier et Esther l’école primaire Sophie Germain au 87, boulevard de la Liberté à Lille.

Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]

Salomon vend des mouchoirs et textiles sur les marchés de la région lilloise mais également des parapluies que fabrique son beau-père Joseph ELNEKAVE et Lucie, son épouse, élève ses six enfants.

Extrait Journal Officiel Naturalisation [DAVCC Caen, 21 P 418 410]
Extrait Journal Officiel Naturalisation [DAVCC Caen, 21 P 418 410]

La famille arrive en août 1939 à Pornic. La petite dernière, Yvonne, va naître à Saint-Nazaire le 23 février 1940.

A son arrivée, la famille est hébergée dans un logement de fortune, puis elle s’installe à la villa « Les Alouettes ». Lors des bombardements de la rade de Saint-Nazaire visant à couler le Lancastria et les autres navires, le 17 juin 1940, une bombe tombe sur la villa. Gros dommages à la villa, mais toute la famille est sauve. Elle déménage. La famille « Salomon », nom sous lequel elle est communément connue,  habite alors la villa « Ker Jeannette ». source :

source : http://cetaitautemps.e-monsite.com/pages/autour-d-esther-angel/la-famille-angel.html?+=

Villa Ker Jeannette
Villa Ker Jeannette source : http://cetaitautemps.e-monsite.com/pages/autour-d-esther-angel/la-famille-angel.html?+=

En juin 1940, Esther passe son certificat d’études à Pornic mais ne l’obtient pas.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Salomon ANGEL se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 16 conformément à la 1ère ordonnance allemande du 27 septembre 1940.

Ordonnances allemandes [ADLA 1694W20]

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Salomon ne peut plus exercer aucun travail et va être employé comme manoeuvre à l’usine Kuhlmann à Paimboeuf tandis qu’Isaac est apprenti chez un garagiste à Tharon.

Papier à en-tête Etablissements Kuhlmann, Paimboeuf 1940 [ADLA]
Papier à en-tête Etablissements Kuhlmann, Paimboeuf 1940 [ADLA]

Une enquête est menée en novembre 1941 au sujet de Léa ANGEL pour savoir si elle s’était bien fait recenser. Léa va se déplacer ou communiquer avec les services de la sous-préfecture pour leur préciser qu’il s’agit de sa soeur, Régine.

Courriers préfet de l’Aveyron/sous-préfet de Saint-Nazaire novembre/décembre 1941 [ADLA 1694W21]

Joseph et Rachel scolarisés à l’Ecole Publique passent leurs certificats d’études en juin 1942 dont voici les résultats, toutes les notes sont sur 10. Les instituteurs ne présentent au Certificat que les élèves qui ont une chance de réussite. A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, 1 élève sur 2 n’obtient pas le Certificat d’Etudes, soit parce qu’il ne le passe pas, soit parce qu’il échoue à l’épreuve.

JosephRachel
Rédaction2,53
Ecriture1010
Problème34
Sciences74,5
Dictée98
Questions57
?54,5
Dessin (Garçons) ou Couture (Filles)53
Lecture87
Chant78
Education Physique4,58
Ensemble (moyenne à 52,5)6667
RésultatsADMISADMISE

La famille est arrêtée entre le 15 et le 17 juillet 1942 à son domicile à Tharon.

Circonstances de l'arrestation de la famille ANGEL [DAVCC Caen, 21 P 418 410]
Circonstances de l’arrestation de la famille ANGEL [DAVCC Caen, 21 P 418 410]

Le 15 juillet ou 16 juillet 1942,  Vidal Angel, frère de Salomon et son épouse Lucie Arouete  avaient été arrêtés à Pornic. 

Des voisins parviendront à alerter Salomon. Cependant la famille, d’une part veut se croire protégée par sa nationalité française, d’autre part n’a pas d’échappatoire : on ne « disparaît » pas facilement à 9. Peu après, est-ce le même jour, est-ce le lendemain 16 juillet ?, les Allemands vont dans un 1er temps chercher Salomon et Isaac qui travaillent aux chantiers de l’atlantique à St Nazaire, puis le reste de la famille à son domicile. Le camion bâché de triste mémoire termine sa tournée de ramassage par Esther qui, ce midi-là, déjeune avec Rolande, chez la famille Delépine à Ker Gatus. -Les différents sites relatant l’arrestation indiquent des dates différentes entre 15 et 17 juillet, Rolande, ma maman a son anniversaire le 16 juillet, cela aurait pu constituer un repère, ça ne l’est pas.

source : http://cetaitautemps.e-monsite.com/pages/autour-d-esther-angel/la-famille-angel.html?+=

La famille est dirigée sur Nantes puis internée au Grand Séminaire à Angers.

Les enfants de moins de 16 ans et les personnes de plus de 55 ans sont rayés de la liste du convoi numéro 8 partant pour Auschwitz le 20 juillet 1942, le convoi n°8 n’étant constitué que d’hommes et femmes en âge de travailler mais il y a des erreurs sur cette liste.

liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah Paris]
liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah Paris]

Salomon, Isaak et Esther sont déportés par le convoi numéro 8 tandis que Léa et le reste des enfants plus jeunes sont dirigés le jour même sur le camp de La Lande à Monts près de Tours où ils arrivent par train à 15h31.

Entrées/Sorties Camp de La Lande [ADIL 120W18]
Entrées/Sorties Camp de La Lande [ADIL 120W18]
Plan Camp de la Lande [Archives Nationales, F/7 15059]
Plan Camp de la Lande [Archives Nationales, F/7 15059]

En août 1942, Sarah ANGEL, la mère de Salomon (et Vidal), apprenant les arrestations, écrit au Préfet de Loire-Inférieure pour savoir où se trouvent les familles arrêtées. [ADLA 1694W25]

Alors que la lettre de Sarah ANGEL montre une profonde détresse face aux arrestations de sa famille, la réponse du Préfet de Loire-Inférieure est brutale dans sa froideur administrative.

Léa 35 ans, Rachel 14 ans, Joseph 13 ans, Sarah 12 ans, Jacques 4 ans et Yvonne 2 ans et demi ont été transférés du Camp de La Lande fin août/début septembre 1942 vers Drancy.

Fiches d’internement du Camp de Drancy [Archives Nationales F9/5676 et F9/5742]

Ils sont ensuite déportés par le convoi numéro 34 du 18 septembre 1942 de Drancy à Auschwitz. Ils ont été gazés à leur arrivée.

Liste convoi 34 18 septembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 34 18 septembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

En l’absence d’informations, Salomon et Isaak ont été déclarés Morts en Déportation entre deux et cinq jours après l’arrivée du convoi numéro 8 qui arrive à Auschwitz le 23 juillet.

Esther a été sélectionnée le 23 juillet pour rentrer dans la partie concentrationnaire du camp. Elle est décédée le 03 septembre 1942. Elle avait 15 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem en ligne]
Death Book of Auschwitz [Musée d’Etat d’Auschwitz, Yad Vashem en ligne]

La naturalisation de Salomon et Léa va être remise en cause devant la commission de révision des naturalisations à partir de décembre 1940 et les époux ainsi que leur sept enfants perdent la nationalité française par décret en date du 13 août 1942 paru au JO du 12 août 1942 pour je cite « Manque d’intérêt national ». Faut-il rappeler que cette dénaturalisation intervient 1 mois après la déportation de Salomon et de deux de ses enfants. Le préfet Philibert DUPARD informe le bureau du Sceau au Ministère de la Justice que l’avis de dénaturalisation a été affiché en Préfecture le 23 septembre 1942, le 24 septembre 1942 dans l’auditoire du tribunal de première instance de Paimboeuf et publié dans le journal « Le Phare » du 29 septembre 1942.

Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Dossier de naturalisation de Salomon ANGEL [AN BB/11/13308 dossier n°24373X30]
Le Phare 29 septembre 1942 [ADLA, presse en ligne]
Le Phare 29 septembre 1942
[ADLA, presse en ligne]

Un article rédigé par Annie POINSOT et Thomas LEBEE, chargés d’études documentaires aux Archives Nationales évoque la débatutalisation de la famille ANGEL : https://books.openedition.org/pan/pdf/1071

Une plaque a été inaugurée en présence des descendants de la famille en avril 2018.

De nombreuses feuilles de témoignages seront déposées à Yad Vashem en mémoire de la famille. Mme DELEPINE, amie d’Esther, a rédigé un blog en mémoire des familles ANGEL à cette adresse : http://cetaitautemps.e-monsite.com/pages/autour-d-esther-angel/la-famille-angel.html?+=

Sarah dite Sarota ANGEL, 11 rue Pache dans le XIème arrondissement à Paris, la mère de Salomon, s’occupera des démarches administratives auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre, en ce qui concerne l’obtention du statut de Déporté Politique.

BROUDO Albert, Esther [6]

Albert BROUDO est né le 15 août 1901 à Salonique (Grèce) [Père : BROUDO David et mère : VEISSID Lucie]. Il est marié avec Esther BROUDO née ALLALOUF [Père : ALLALOUF Jacob et Mère : Alegra NAHOUM] née le 04 juillet 1901 à Salonique (Grèce) au Temple de la rue Buffault dans le 9ème arrondissement (comme son frère Salomon) le 20 mars 1927.

L’Univers israélite 18 mars 1927
L’Univers israélite 18 mars 1927

La famille BROUDO, d’origine grecque, vit à Salonique et toute la famille (très importante) exerce des métiers autour de la confection. En 1917, le grand incendie de Salonique réduit à néant toutes les années de travail et une partie de la famille se retrouve sur le port. Par prudence, Lucie Broudo avait caché des objets de valeur dans le puits de sa maison et était retournée dans la maison pour les récupérer.

Lucie Broudo prend la décision de s’expatrier avec une partie de la famille et choisit la France, terre d’accueil pour beaucoup d’étrangers, et arrive en France dans les années 20. Le reste de la famille suivra en 1921. La famille Broudo décide de rebondir et veut donner à ses enfants toutes les chances de réussir. Ils entament tous des études supérieures et exerceront quasiment tous une profession autour de l’odontologie : pour les uns chirurgiens-dentistes, pour les autres prothésistes dentaires… Les études terminées dans le Nord de la France (là où ils sont arrivés), les Broudo exercent leur profession de dentistes à Paris.

Albert BROUDO exerce la profession de mécanicien dentaire et habite à Montreuil-sous-Bois au 260, rue de Paris. Le couple n’a pas d’enfant. La quasi-totalité de la famille BROUDO arrive à Pornichet le 06 septembre 1939 et s’installe Villa Edouard, rue du Moulin à Pornichet le lendemain (07 septembre 1939). Salomon, un des frères, y est déjà présent exerçant la profession de marchand ambulant en attractions foraines depuis déjà quelques années et c’est sans doute la raison de leur venue en presqu’île.

Registre d’enregistrement des visas d’arrivée et de départ délivrés aux étrangers 1938-1942 [Archives Municipales de Pornichet – Police, 2I3]
Registre d’enregistrement des visas d’arrivée et de départ délivrés aux étrangers 1938-1942 [Archives Municipales de Pornichet – Police, 2I3]
Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d'identité d'étranger [Archives Municipales Pornichet 2I2]
Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d’identité d’étranger [Archives Municipales Pornichet 2I2]

Albert et Esther quittent Pornichet le 31 décembre 1939 et s’installent au Pouliguen « Villa Colette » 16, rue du commerce le 01 janvier 1940. La maison est divisée en deux dans le sens de la longueur et Albert et Esther occupent la partie droite de la maison habituellement réservée pour les locations de vacances. Ils iront rejoindre un peu plus tard Léon rue de la gare au Pouliguen. Esther effectue une demande de renouvellement de carte d’identité de non-travailleur à la mairie de Pornichet le 06 novembre 1939, carte qui lui sera délivrée le 05 juillet 1940.

Villa Collette Rue du Commerce Le Pouliguen
Villa Collette Rue du Commerce Le Pouliguen © collection particulière

Albert BROUDO se fait recenser à mairie du Pouliguen ou à la sous-préfecture de Saint-Nazaire en tant que Juif entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numréo 6.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Albert et Esther ont quitté Le Pouliguen (date inconnue) et sont arrêtés à leur domicile au 260, rue de Paris à Montreuil par la police française et allemande et internés à Drancy. Ils sont déportés tous les deux par le convoi numéro 44 au départ de Drancy vers Auschwitz le 09 novembre 1942.

Fiche BROUDO Albert et Esther [Fichiers Préfecture Police Paris Familial F9/5608]

Fiche BROUDO Esther [Fichiers Préfecture Police Paris Individuel Adulte F9/5636]

/5636]

Fichiers internement camp de Drancy [Archives Nationales]

Listes Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]


Selon le témoignage d’une descendante très proche de la famille Broudo, Albert est sélectionné à Kosel (Pendant la Seconde guerre mondiale, certains trains de la déportation des Juifs vers Auschwitz s’arrêtaient à Kosel, où une partie des hommes du convoi étaient sélectionnés pour le travail dans les camps satellites du complexe d’Auchwitz). Albert est dirigé vers le camp de Blechhammer (Blachownia, Pologne). Puis il passe deux ans à Ottmut. Puis il est transféré à Gross Rosen où il sera assassiné  (camp de concentration Ouest de Wroclaw, Pologne) pieds et jambes gelés en février 1945 à coups de manche de pioche par un garde nazi. Esther, en l’absence d’informations, est déclarée décédée 5 jours après la date de départ du convoi.

Témoignages concernant Albert et Esther BROUDO [Yad Vashem, en ligne]

Henri BROUDO, frère d’Albert, s’adressera au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de régulariser l’état civil de son frère et d’obtenir le statut de déporté politique.

Dossier d’étranger Esther BROUDO [ADLA 4M931]