ALEXANDER Blanche (120)

Blanche ALEXANDER née HAUSER est la mère d’Yvonne ROSS. Née à Toulon le 19 mars 1867, elle suit la famille ROSS à Calais puis à Saint-Nazaire où elle réside avec toute la famille au 10 place des Halles.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 120.

Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]

A notre connaissance, Blanche ALEXANDER n’a pas été déportée.

ROSENBERGER Ladislas, Klara [78]

Ladislas ROSENBERGER est né le 22 février 1905 à Gelse (Hongrie) et est marié avec Clara (ou Klara ou Claire) PALLOS née le 15 août 1905 à Budapest (Hongrie). Ils n’ont pas d’enfant.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Ladislas ROSENBERGER se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 78. Il exerce alors la profession de mécanicien.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Au moment du recensement, le couple réside 20, rue de la Gare à Saint-Nazaire puis en novembre 1941, 124, rue Albert de Mun à Saint-Nazaire puis 31, rue de Rennes à Nantes en 1942 et 135, rue des Hauts Pavés à Nantes en juillet 1942.

Les époux sont arrêtés entre le 15 et le 17 juillet 1942 puis dirigés sur Angers au Grand Séminaire. Ils sont tous les deux déportés par le convoi numéro 8 du 20 juillet 1942 d’Angers à Auschwitz.

Listes Convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Ladislas avait 37 ans. Clara qui a été enregistré dans le camp d’Auschwitz est décédée le 01 septembre 1942, 1 mois et demi après son arrivée, elle avait 37 ans.

Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]

SOUWEINE Gilbert, Suzanne, Michel (NR)

Gilbert SOUWEINE est réfugié à Saint-Nazaire à partir de septembre 1939 en provenance de Saint-Etienne.

Né à Troyes le 27 mai 1903 [Père : Georges SOUWEINE, négociant et Mère : Rachel BRANDES], Gilbert est marié depuis le 02 juin 1925 à Bruxelles avec Suzanne BLOCH et le couple a au moins un enfant : Michel né le 29 décembre 1938 à Saint-Etienne.

Le 17 septembre 1939, pour subvenir aux besoins de sa famille, il s’inscrit au registre de commerce de Saint-Nazaire et installe un commerce de confections pour dames, le magasin « Gine » [Début des lettres de son prénom et fin des lettres du prénom de son épouse] au 26, rue Villes-Martin à Saint-Nazaire.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]

Juridiquement, le magasin fait partie d’une société, la société SOUWEINE et Cie dont le siège social est à Roubaix.

Lors du recensement des Juifs sur l’arrondissement de Saint-Nazaire du 27septembre/20 octobre 1940, il ne se déclare pas auprès de la sous-préfecture. Nous ne savons pas en l’état s’il s’agit d’un oubli, d’une erreur de l’administration préfectorale ou d’un acte volontaire de sa part.

En revanche, et conformément à la deuxième ordonnance allemande du 18 octobre 1940, il déclare son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 12 novembre 1940.

Déclaration de commerces Juifs [ADLA 1694W20]

L’affichette « Judische Gesellschaft/Entreprise Juive » est apposée sur la devanture du magasin, les scellés y sont apposés le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé le 10 du même mois et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce 44, rue de Nantes à Saint-Nazaire pour aryaniser le commerce.

Au mois d’avril 1941, les marchandises du commerce sont vendues pour moitié aux Magasins DECRE à Nantes et pour l’autre à Monsieur ARCHERITEGUY, commerçant à Pont-Aven (également acquéreur des deux commerces MENDELOVICI et du commerce d’Haïm FLORES). Au final, les magasins DECRE se désistent et c’est Monsieur ARCHERITEGUY qui achète le tout.

Dossier d'aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives   [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]
Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Un mois plus tard, le 20 juin 1941 une plainte est déposée par Maître ROBYN de Roubaix qui défend les intérêts de la famille SOUWEINE auprès du Tribunal de Commerce de Roubaix pour détournement de fonds avec saisie-arrêt des fonds détenus par Gabriel HERVOUËT. L’administrateur provisoire est condamné à rembourser les fonds de la vente du commerce auprès de l’avocat, ce qu’il fait.

Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Gilbert SOUWEINE a quitté la ville de Saint-Nazaire pour, et cela est indiqué dans le rapport de l’administrateur provisoire, la zone non-occupée en septembre 1940.

Il n’en est rien. Gilbert SOUWEINE et sa famille se déplacent sur la commune de Pornichet et se lient d’amitié avec les familles MENDELOVICI. Gilbert SOUWEINE va utiliser ses connaissances, à la fois pour le passage de la ligne de démarcation, la fabrication de faux-papiers et les lieux où les familles pourront se cacher. Les familles MENDELOVICI/SOUWEINE fuient vers la zone non-occupée au cours de l’année 1941 en plusieurs groupes et se retrouvent dans les environs de Grenoble puis dans un village de Savoie où ils se cacheront déménageant plusieurs fois afin d’échapper aux éventuelles rafles ou arrestations.

Gilbert SOUWEINE décède à Saint-Etienne le 03 janvier 1992.

VAISMAN Moïse, Yvonne (NR)

Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]
Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]

Moïse VAISMAN est photographe à Saint-Nazaire dans les années 1930. Né à Gavansa (Bessarabie, Roumanie) le 06 juin 1904 [Père : Beruch VAISMAN et Mère : GOLDINSTEIN Freida], il est marié depuis le 29 septembre 1931 [Paris, 18ème arrondissement] avec Yvonne MUGNIER née à Paris le 15 novembre 1908 [Père : Jacques Edouard MUGNIER relieur et Mère : Jeanne POUSSIN]. Au moment de son mariage en 1931, son père est décédé et sa mère réside à New-York.

Il exerce la profession de photographe à son compte et habite 35, rue du Croisic à Saint-Nazaire. Le commerce fait faillite en mai 1935.

Affiches Régionales de l'Ouest 14 mai 1935 
[ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 14 mai 1935
[ADLA, presse en ligne]

Acte de naissance d’Yvonne MUGNIER et de mariage de Moïse et Yvonne VAISMAN [Archives de Paris, 7N124 et 8M267]

Moïse a rejoint la zone Sud et divorce à Alger le 27 septembre 1943. Il n’a pas été déporté.

Fiches dossier d’étranger de Moïse VAISMAN [ADLA 4M732]

ZEDERMAN Alter, Eva, Jacob (NR)

Alter ZEDERMAN [4M933]

Eva et Alter ZEDERMAN sont réfugiés à Trignac puis Saint-Nazaire à partir de 1939 et quitte l’arrondissement juste après l’obtention de leur titre d’identité en 1940.

Né le 01 août 1885 à Pilica (Pologne) [Père : Jakob ZEDERMANet Mère : Sara DANZIGER], Alter Symcha (prénom usuel Alter) est marié avec Eva HAMPEL née le 10 août 1891 à Kielce (Pologne). Le couple habite à Paris 7, rue Lapeyre dans le 18ème arrondissement depuis au moins 1936 et Alter est arrivé en France depuis le 20 avril 1933. Il exerce la profession d’horloger. Le couple a un enfant : Jacob (prénom usuel Jean) né le 25 février 1919 à Berlin qui exerce la même profession que son père : horloger.

Le couple quitte Paris pour la commune de Bains-les-Bains dans les Vosges le 29 juillet 1939 et rejoint Paris le 21 août 1939 puis rejoint Trignac le 18 septembre 1939 puis Saint-Nazaire le 26 septembre 1939 où elle réside 5, rue Jean d’Ust. Dépourvue de ressources, la famille va toucher une allocation pour réfugiés. Alter effectue un renouvellement de carte d’identité à ce moment-là auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire qu’il obtient le 25 avril 1940 et quitte l’arrondissement peu de temps après.

Alter et son épouse Eva Chana ZEDERMAN sont déportés par le convoi numéro 09 du 22 juillet 1942 de Drancy à Auschwitz.

liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]
liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]

Leur fils Jacob (prénom usuel Jean) est déporté par le convoi numéro 6 de Pithiviers à Auschwitz du 17 juillet 1942.

Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Eva Chana a été exterminée à Auschwitz, elle avait 51 ans. Alter a été sélectionné pour rentrer dans la partie concentrationnaire du camp. Il est décédé le 03 septembre 1942, 1 mois et demi après son arrivée, il avait 57ans. Leur fils Jean est lui-aussi rentré dans la partie concentrationnaire du camp et est décédé le 02 octobre 1942, il avait 23 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Dossier d’étranger d’Alter ZEDERMAN [ADLA 4M933]

SARFATI Haïm, Victoria, Léon, Elio, Nisso (NR)

Haïm SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Victoria SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Elio SARFATI 1936 [ADLA 4M719]

Haïm SARFATI est marchand forain depuis le début des années 30 sur la place de Saint-Nazaire aidé par ses fils dans la zone de chalandise du département. Né le 01 décembre 1883 à Constantinople [Père : Yuda SARFATI et Mère : Clara ESKENAZI), il est marié avec Victoria SARFATI née SALTI née également à Constantinople le 01 juin 1890 [Père : Nissim SALTI et Mère : Luna PIZANTI]. Tous leurs enfants naissent également à Constantinople : Léon né le 05 avril 1914, Alio né le 03 janvier 1921 et Nisso né en 1925.

La famille est arrivée en France par l’Italie avec un passeport collectif délivré à Milan en 1929, se rend dans un premier temps à Paris puis arrive sur Saint-Nazaire au début des années 1930 vers 1932. Ils exercent la profession de marchands ambulants d’abord sur les marchés de La Baule puis sur ceux de Saint-Nazaire en particulier sur celui de la place Marceau et logent donc près de l’endroit où ils travaillent : 9, rue de la Paix de 1932 à 1935 puis 24, rue du Dolmen de 1936 à 1939.

Registre du commerce [ADLA 22U152]
Registre du commerce [ADLA 22U152]

La famille quitte Saint-Nazaire dans l’année 1939 (destination inconnue) mais vraisemblablement dans les Alpes Maritimes.

La trajectoire d’Elio SARFATI

Elio SARFATI réside chez ses parents Haïm et Salti Victoria à Cannes dans les Alpes Maritimes, 107 rue d’Antibes. Célibataire, il est alors sans profession. Au bureau de recrutement de Nice, il est décrit ainsi : yeux bleus gris, cheveux châtains, mesurant 1,72 m et pesant 64 kg. Le 9 avril 1940, il s’engage volontairement à l’Intendance Militaire de Nice. Dirigé sur le GCI d’Arles, il est affecté à la 15e Compagnie. Le 13 juillet 1940, il réintègre la vie civile et rentre chez ses parents à Cannes où il serait commerçant.Le 12 juin 1943, il est arrêté par la Gestapo, dans le train entre Perpignan et Palau-del-Vidre dans les Basses-Pyrénées en compagnie d’Anne Schlanberger, Jean Requiston, Staehling de Saint-Raphaël et le passeur Rosso, ainsi que le fils de ce dernier. Ils tentaient de passer la frontière espagnole pour rejoindre les FFL. D’abord emprisonné à Perpignan, Élyo Sarfati est transféré au camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne (Oise) où il reçoit le numéro 16081. Il s’y retrouve en même temps que Jean Requiston et ils font la connaissance de Pierre Gaty (40441). Ensemble, ils sont déportés par le convoi du 17 au 19 janvier 1944 vers le camp de concentration de Buchenwald. C’est le sixième transport entre ces deux camps avec 1 942 détenus dont 1 506 Français. Élyo Sarfati devient le matricule 39654 et se déclare étudiant pendant la période de quarantaine où il est dépouillé de tout, vacciné et fiché. Très vite, le 10 février 1944 il est affecté au tant redouté Kommando de Dora avec 250 hommes. Pierre Gaty raconte qu’il travaille au terrassement pour la construction du camp de baraques et que, atteint de dysenterie, il doit se rendre au Revier. Effectivement, logé au Block 23, il y est enregistré le 26 février 1944. De là, Élyo Sarfati est sélectionné pour le convoi de 1 000 détenus de Dora jugés « inaptes au travail » par les SS et dirigé, le 27 mars 1944, vers Bergen-Belsen. Arrivé le lendemain, il y est ré-immatriculé 770. Ses parents et son frère reçoivent deux lettres de lui : une datée du 28 juin 1944 et une du 9 août. Selon les renseignements donnés en 1947 par Roger Trochet (28044) et Michel Fliecx (28190), Élyo Sarfati est décédé dans ce camp de phtisie galopante en novembre 1944. Selon les archives, il apparaît pourtant sur une liste de déportés vivants à Bergen-Belsen datée du 29 novembre 1944. Élyo Sarfati est en fait décédé à Bergen-Belsen le 8 décembre 1944. Source Dictionnaire Dora, notice d’Elyo SARFATI rédigée par Joëlle Helleboid-Allouchery : Bu7/2-9/9 (Buchenwald) ; DAVCC ; GedenkbuchBB ; © Arolsen Archives, 2019.

Elio SARFATI [YadVashem, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolesen, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]
Fiche d’enregistrement du camp de Mittelbau-Dora d’Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]

Une feuille de témoignage sera déposée en sa mémoire par son frère en 1999.

A notre connaissance, les parents et frères d’Elio n’ont pas été déportés mais nous ignorons en l’état ce qui s’est passé entre 1939, date de leur départ de Saint-Nazaire et leur arrivée dans les alpes AMritimes et 1944.

Fiches cartonnées dossier d’étranger d’Haïm SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Victoria SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Léon SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger d »Elio SARFATI [ADLA 4M719]

DAVID Jacqueline, Jean-Claude, Riba, Samuel (NR)

Jacqueline DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jacqueline DAVID
[Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
[Yad Vashem, en ligne]

Jacqueline DAVID est née le 07 octobre 1939 à Saint-Nazaire. [Père : DAVID Samuel né à Salonique le 15 avril 1907 de profession représentant de commerce et Mère : Rebecca dite Riba PALADINO née le 23 septembre 1910 à Salonique]. Jacqueline a par ailleurs un grand-frère : Jean-Claude né le 16 juillet 1936 à Paris (16ème arrondissement). La famille réside Villa Mina, allée des Tamaris à La Baule.

Actes de naissance [Archives Municipales de Saint-Nazaire et Archives Municipales de Paris]

Elle a été déportée avec son frère et sa mère de Perpignan [ 20, Rue de la Fusterie, Perpignan (Pyrénées-Orientales)] puis Drancy par le convoi numéro 62 du 20 novembre 1942 vers Auschwitz-Birkenau et ont été assassinés à leur arrivée.

Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Des feuilles de témoignage ont été déposées sur le site Yad Vashem en leur mémoire.

Dossier d'étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]
Dossier d’étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]