AMRAM Mercado [155]

Mercado AMRAM est né le 03 septembre 1904 à Constantinople de nationalité turque et habite Saint-Nazaire. Il est rajouté de manière manuscrite sur la liste de recensement de septembre/octobre 1940 à une date inconnue sous le numéro 155 et figure sur une liste dactylographiée de recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire transmise à la Préfecture Régionale d’Angers sous le numéro 155 (date inconnue).

Liste recensement Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Liste recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]

En l’état, aucune information supplémentaire.

MAGNUSZEWSKI [Abram], Ruchla, Joseph, Charlotte (NR)

Charlotte MAGNUSZEWSKI est née à Saint-Nazaire le 09 décembre 1939 à l’Hôpital, boulevard Gambetta. C’est le directeur économe, Jean GUITTON qui effectuera la déclaration de naissance auprès des services d’Etat Civil de la Mairie. [Père : MAGNUSZEWSKI Abraham, Azriel né le 03 novembre 1911 et Mère : ROZENFELD Ruchla née le 16 avril 1905]. Elle a par ailleurs un frère Joseph né le 30 janvier 1934. Abram, Ruchla et Joseph sont nés à Brzeziny, district de Łódź, Pologne et la famille est arrivée en France après 1934. Abram est tailleur et la famille réside en 1939 11, passage du Mont-Cenis dans le 18ème arrondissement à Paris dans le quartier de Clignancourt.

Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]
Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]

La famille est arrêtée à son domicile lors de la rafle dite du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942. Les hommes et femmes célibataires ainsi que les couples sans enfant sont dirigés sur le camp de Drancy tandis que les familles sont dirigées sur les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Abram est déporté par le convoi numéro 6 du 17 juillet 1942 de Pithiviers à Auschwitz tandis que son épouse et les deux enfants sont déportés par le convoi 24 du 26 août 1942 de Pithiviers à Auschwitz.

Un document portant la mention MAGNUSZEWSKI Abram (sans date de naissance), français, existe dans le base de données d’ITS Bad Arolsen [Personal Files (male) – Concentration Camp Mauthausen]. Au 7 avril 1945, Abram est au Block 4 et serait décédé le 09 avril 1945 pour je cite « Myocardite ». [Informations à vérifier auprès de la DAVCC, Caen].

Abram MAGNUSZEWSKI [ITSBadArolsen 1603857]
JORF n°2121 du 13 septembre 2014
JORF n°2121 du 13 septembre 2014

Les mentions « Mort en déportation » seront apposés sur les actes de décès des enfants en 2014 et, en l’absence d’information, les dates de décès seront fixées 5 jours après le départ du convoi. Ruchla avait 37 ans, Joseph avait 8 ans et Charlotte avait 2 ans et demi.

NETTER Jean [156]

Né dans une famille d’origine juive le 12 décembre 1904 à Paris (10ème arrondissement), fils de Georges, docteur en médecine, et de Marguerite, née Caen, sans profession, Jean Nathan NETTER devint ingénieur au terme de ses études à l’École Centrale des Arts et Manufactures, promotion 1928. Célibataire, il travaillait aux chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire en tant qu’ingénieur.

Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]
Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]

Il effectue son service militaire en 1928 au 32ème Régiment d’Artillerie puis est affecté à l’Ecole Militaire de Poitiers. Il obtient le grade de lieutenant en 1929 est est affecté à la 188ème Division d’Artillerie puis effectue régulièrement des périodes d’Instruction.

Il est embauché aux Chantiers de Penhoët à une date inconnue en tant qu’ingénieur et profite le week-end du bord de mer. Il navigue à bord du voilier la « Melpomène » aux régates organisées par le Sport Nautique de Saint-Nazaire. Le 25 juin 1938, il vient au secours d’un régatier naufragé dont le bateau a coulé et recevra par l’Inscription Maritime un diplôme avec mention honorable pour fait de sauvetage.

Jean possède le permis de conduire et est l’heureux propriétaire d’une voiture notoirement d’occasion puisqu’il s’agit d’une Ford A (dont la production s’est arrêtée en 1931) avec laquelle il va avoir quelques déboires car victime d’un accident en sortant de chez lui en juillet 1937.

Courrier de Saint-Nazaire et Région 03 juillet 1937 p.2
Courrier de Saint-Nazaire et Région 03 juillet 1937 p.2

Il est rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale le 02 septembre 1939 et affecté au Dépôt du 318ème Régiment d’Artillerie. Il est fait prisonnier de guerre le 24 mai 1940 à Coquelles (Pas-de-Calais). Il est interné en Allemagne à l’Oflag IV D sur le territoire de la commune d’Elsterhorst (Nardt), à 50 km au nord-est de Dresde (n°matricule 3443) puis transféré le 1er octobre 1940 dans l’Oflag XVII A situé en Autriche sur la commune d’Edelbach. Il est dirigé le 17 janvier 1941 sur le Frontstalag 1941 (Châlons-sur-Marne) et sa captivité cesse le 20 janvier 1941.

Jean NETTER n’est pas recensé en tant que Juif sur l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940. En revanche il figure sur la liste dactylographiée du recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire transmise à la Préfecture Régionale d’Angers sous le numéro 156 (date inconnue).

Liste dactylographiée des Juifs de l'arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]
Liste dactylographiée des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]

Conformément à l’ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF, Commandant militaire allemand en France) du 13 août 1941, il remet son poste de TSF le 27 septembre 1941 au Commissariat Central de Saint-Nazaire.

À la fin de l’année 1940 se forma le réseau Georges-France 31. Jean Netter en fit partie avec le grade de lieutenant comme René ROSS. Il transmettait des renseignements sur les chantiers navals bretons et la base sous-marine de Lorient (Morbihan). Ces informations transitaient par la zone libre avant de gagner l’Angleterre.
La Police de sécurité et du service de renseignements de la SS (Sipo-SD) l’arrêta le 15 janvier 1942 à son domicile au 39 rue du Béarn à Saint-Nazaire. Transféré dans le quartier allemand de la prison de Fresnes, il fut interrogé, certainement torturé. Il comparut le 12 novembre devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Sur son dossier, les Allemands écrivirent « Juif ». Il fut condamné à mort pour « espionnage ». Le 27 novembre 1942 à 16 h 32, il fut passé par les armes au Mont-Valérien le même jour que René ROSS.
Son inhumation eut lieu dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son nom figure sur le Livre d’Or de l’association des Centraliens à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
Le réseau Georges-France 31 fut homologué du 1er septembre 1940 au 1er janvier 1943.
Il fut déclaré Mort pour la France le 20 février 1950.

Acte décès Jean NETTER 21 octobre 1944 [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés 25 octobre 1944 [AMSN 1W63]

https://maitron.fr/spip.php?article166363, notice NETTER Jean, Nathan par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 octobre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

SOURCES : DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 3, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, R. Laffont, 2006. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (Xe arr.) et Saint-Nazaire.

ALEXANDER Blanche (120)

Blanche ALEXANDER née HAUSER est la mère d’Yvonne ROSS. Née à Toulon le 19 mars 1867, elle suit la famille ROSS à Calais puis à Saint-Nazaire où elle réside avec toute la famille au 10 place des Halles.

Acte de Naissance de Blanche ALEXANDER [Archives Départementales de l'Hérault, 7E146]
Acte de Naissance de Blanche ALEXANDER [Archives Départementales de l’Hérault, 7E146]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 120.

Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]

Blanche ALEXANDER décède à Angers le 26 novembre 1945.

ROSENBERGER Ladislas, Klara [78]

Ladislas ROSENBERGER est né le 22 février 1905 à Gelse (Hongrie) et est marié avec Clara (ou Klara ou Claire) PALLOS née le 15 août 1905 à Budapest (Hongrie). Ils n’ont pas d’enfant. La date d’arrivée des époux Rosenberger selon la Préfecture se situerait entre février et mai 1940 arrivant de Belgique.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Ladislas ROSENBERGER se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 78. Il exerce alors la profession de mécanicien.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Au moment du recensement, le couple réside 20, rue de la Gare à Saint-Nazaire puis en novembre 1941, 124, rue Albert de Mun à Saint-Nazaire puis au 01 décembre 1941, 135 rue des Hauts-Pavés à Nantes puis le 19 janvier 1942 76, boulevard des Anglais enfin 31, rue de Rennes à Nantes le 24 février 1942.

[DAVCC 21 P  270144]
[DAVCC 21 P 270144]

Les époux sont arrêtés entre le 15 et le 17 juillet 1942 puis dirigés sur Angers au Grand Séminaire. Ils sont tous les deux déportés par le convoi numéro 8 du 20 juillet 1942 d’Angers à Auschwitz.

Listes Convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Ladislas avait 37 ans. Clara qui a été enregistré dans le camp d’Auschwitz est décédée le 01 septembre 1942, à 5 heures 15 du matin, 1 mois et demi après son arrivée, elle avait 37 ans.

Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Certificat de décès établi par le "docteur" Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]
Certificat de décès établi par le « docteur » Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]

Les certificats de décès et mentions morts en déportation seront initiés et rédigés par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en l’absence de demande de famille puis transmis au Ministère des Affaires Etrangères.

Sa soeur, Kate PALLOS effectuera une demande de recherches auprès du World Jewish Congress (WJC) à Stockholm en 1945-1946.

SOUWEINE Gilbert, Suzanne, Jean-Claude, Michel, Maryse (NR)

Gilbert SOUWEINE est réfugié avec sa famille à Saint-Nazaire à partir de septembre 1939 en provenance de Paris au 6 bis, rue Galvani dans le 17ème arrondissement après avoir quitté Saint-Etienne. La famille réside à Paris vraisemblablement chez le frère de Suzanne à Paris et rejoint la côte atlantique ayant déjà fréquenté le bord de mer dans les années 1930.

A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse 
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière
A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière

Né à Troyes le 27 mai 1903 [Père : Georges SOUWEINE, négociant et Mère : Rachel BRANDES], Gilbert est marié depuis le 02 juin 1925 à Bruxelles avec Suzanne BLOCH et le couple a trois enfants : Jean-Claude, l’aîné et les deux jumeaux Michel et Maryse nés le 29 décembre 1938 à Saint-Etienne.

Le 17 septembre 1939, pour subvenir aux besoins de sa famille, il s’inscrit au registre de commerce de Saint-Nazaire et rachète un magasin de nouveautés « Au Sans Pareil » à Monsieur Ovide NESTI et installe un commerce de confections pour dames, le magasin « Gine » [Début des lettres de son prénom et fin des lettres du prénom de son épouse] au 26, rue Villes-Martin à Saint-Nazaire.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Affiches Régionales de l'Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]

Juridiquement, le magasin fait partie d’une société, la société SOUWEINE et Cie dont le siège social est à Roubaix.

Lors du recensement des Juifs sur l’arrondissement de Saint-Nazaire du 27septembre/20 octobre 1940, il ne se déclare pas auprès de la sous-préfecture. Nous ne savons pas en l’état s’il s’agit d’un oubli, d’une erreur de l’administration préfectorale ou d’un acte volontaire de sa part.

En revanche, et conformément à la deuxième ordonnance allemande du 18 octobre 1940, il déclare son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 12 novembre 1940.

Déclaration de commerces Juifs [ADLA 1694W20]

L’affichette « Judische Gesellschaft/Entreprise Juive » est apposée sur la devanture du magasin, les scellés y sont apposés le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé le 10 du même mois et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce 44, rue de Nantes à Saint-Nazaire pour aryaniser le commerce.

Au mois d’avril 1941, les marchandises du commerce sont vendues pour moitié aux Magasins DECRE à Nantes et pour l’autre à Monsieur ARCHERITEGUY, commerçant à Pont-Aven (également acquéreur des deux commerces MENDELOVICI et du commerce d’Haïm FLORES). Au final, les magasins DECRE se désistent et c’est Monsieur ARCHERITEGUY qui achète le tout.

Dossier d'aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives   [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]
Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Un mois plus tard, le 20 juin 1941 une plainte est déposée par Maître ROBYN de Roubaix qui défend les intérêts de la famille SOUWEINE auprès du Tribunal de Commerce de Roubaix pour détournement de fonds avec saisie-arrêt des fonds détenus par Gabriel HERVOUËT. L’administrateur provisoire est condamné à rembourser les fonds de la vente du commerce auprès de l’avocat, ce qu’il fait.

Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Gilbert SOUWEINE a quitté la ville de Saint-Nazaire pour, et cela est indiqué dans le rapport de l’administrateur provisoire, la zone non-occupée en septembre 1940.

Il n’en est rien. Gilbert SOUWEINE et sa famille se déplacent sur la commune de Pornichet et ils se lient d’amitié avec les familles MENDELOVICI. Gilbert SOUWEINE va utiliser ses connaissances, à la fois pour le passage de la ligne de démarcation, la fabrication de faux-papiers et les lieux où les familles pourront se cacher. Les familles MENDELOVICI/SOUWEINE fuient vers la zone non-occupée au cours de l’année 1941 en plusieurs groupes et se retrouvent pour la famille MENDOLIVICI dans les environs de Grenoble puis dans un village de Savoie où ils se cacheront déménageant plusieurs fois afin d’échapper aux éventuelles rafles ou arrestations. La famille SOUWEINE quant à elle va être cachée par la famille Jean et Annie GRENIER aux environs proche de Saint-Etienne au lieu-dit Plantou, sur la route de Planfoy, là où Jean GRENIER avait une scierie. Vers la fin de la guerre, la famille est prévenue par une employée du magasin qu’elle était activement recherchée et qu’il fallait partir. Elle sera cachée par une autre famille à Saint-Etienne, dans le quartier de Bellevue.

Gilbert SOUWEINE décède à Saint-Etienne le 03 janvier 1992.

VAISMAN Moïse, Yvonne (NR)

Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]
Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]

Moïse VAISMAN est photographe à Saint-Nazaire dans les années 1930. Né à Gavansa (Bessarabie, Roumanie) le 06 juin 1904 [Père : Beruch VAISMAN et Mère : GOLDINSTEIN Freida], il est marié depuis le 29 septembre 1931 [Paris, 18ème arrondissement] avec Yvonne MUGNIER née à Paris le 15 novembre 1908 [Père : Jacques Edouard MUGNIER relieur et Mère : Jeanne POUSSIN]. Au moment de son mariage en 1931, son père est décédé et sa mère réside à New-York.

Il exerce la profession de photographe à son compte et habite 35, rue du Croisic à Saint-Nazaire. Le commerce fait faillite en mai 1935.

Affiches Régionales de l'Ouest 14 mai 1935 
[ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 14 mai 1935
[ADLA, presse en ligne]

Acte de naissance d’Yvonne MUGNIER et de mariage de Moïse et Yvonne VAISMAN [Archives de Paris, 7N124 et 8M267]

Moïse a rejoint la zone Sud et divorce à Alger le 27 septembre 1943. Il n’a pas été déporté.

Fiches dossier d’étranger de Moïse VAISMAN [ADLA 4M732]

ZEDERMAN Alter, Eva, Jacob (NR)

Alter ZEDERMAN [4M933]

Eva et Alter ZEDERMAN sont réfugiés à Trignac puis Saint-Nazaire à partir de 1939 et quitte l’arrondissement juste après l’obtention de leur titre d’identité en 1940.

Né le 01 août 1885 à Pilica (Pologne) [Père : Jakob ZEDERMANet Mère : Sara DANZIGER], Alter Symcha (prénom usuel Alter) est marié avec Eva HAMPEL née le 10 août 1891 à Kielce (Pologne). Le couple habite à Paris 7, rue Lapeyre dans le 18ème arrondissement depuis au moins 1936 et Alter est arrivé en France depuis le 20 avril 1933. Il exerce la profession d’horloger. Le couple a un enfant : Jacob (prénom usuel Jean) né le 25 février 1919 à Berlin qui exerce la même profession que son père : horloger.

Le couple quitte Paris pour la commune de Bains-les-Bains dans les Vosges le 29 juillet 1939 et rejoint Paris le 21 août 1939 puis rejoint Trignac le 18 septembre 1939 puis Saint-Nazaire le 26 septembre 1939 où elle réside 5, rue Jean d’Ust. Dépourvue de ressources, la famille va toucher une allocation pour réfugiés. Alter effectue un renouvellement de carte d’identité à ce moment-là auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire qu’il obtient le 25 avril 1940 et quitte l’arrondissement peu de temps après.

Alter et Chana sont arrêtés vraisemblablement lors de la rafle dite du « Vel d’Hiv » et internés à Drancy. Ils résidaient alors au 7, rue Lapeyrère dans le XVIIIème arrondissement à Paris.

Alter et son épouse Eva Chana ZEDERMAN sont déportés par le convoi numéro 09 du 22 juillet 1942 de Drancy à Auschwitz.

liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]
liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]

Jean ZEDERMAN est arrêté lors de la rafle dite du « Billet vert » du 14 mai 1941 puis transféré sur Pithiviers.

Leur fils Jacob (prénom usuel Jean) est déporté par le convoi numéro 6 de Pithiviers à Auschwitz du 17 juillet 1942.

Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Eva Chana a été exterminée à Auschwitz, elle avait 51 ans. Alter a été sélectionné pour rentrer dans la partie concentrationnaire du camp. Il est décédé le 03 septembre 1942, 1 mois et demi après son arrivée, il avait 57ans. Leur fils Jean est lui-aussi rentré dans la partie concentrationnaire du camp et est décédé le 02 octobre 1942, il avait 23 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Dossier d’étranger d’Alter ZEDERMAN [ADLA 4M933]

SARFATI Haïm, Victoria, Léon, Elio, Nisso (NR)

Haïm SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Victoria SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Elio SARFATI 1936 [ADLA 4M719]

Haïm SARFATI est marchand forain depuis le début des années 30 sur la place de Saint-Nazaire aidé par ses fils dans la zone de chalandise du département. Né le 01 décembre 1883 à Constantinople [Père : Yuda SARFATI et Mère : Clara ESKENAZI), il est marié avec Victoria SARFATI née SALTI née également à Constantinople le 01 juin 1890 [Père : Nissim SALTI et Mère : Luna PIZANTI]. Tous leurs enfants naissent également à Constantinople : Léon né le 05 avril 1914, Alio né le 03 janvier 1921 et Nisso né en 1925.

La famille est arrivée en France par l’Italie avec un passeport collectif délivré à Milan en 1929, se rend dans un premier temps à Paris puis arrive sur Saint-Nazaire au début des années 1930 vers 1932. Ils exercent la profession de marchands ambulants d’abord sur les marchés de La Baule puis sur ceux de Saint-Nazaire en particulier sur celui de la place Marceau et logent donc près de l’endroit où ils travaillent : 9, rue de la Paix de 1932 à 1935 puis 24, rue du Dolmen de 1936 à 1939.

Registre du commerce [ADLA 22U152]
Registre du commerce [ADLA 22U152]

La famille quitte Saint-Nazaire dans l’année 1939 (destination inconnue) mais vraisemblablement dans les Alpes Maritimes.

La trajectoire d’Elio SARFATI

Elio SARFATI réside chez ses parents Haïm et Salti Victoria à Cannes dans les Alpes Maritimes, 107 rue d’Antibes. Célibataire, il est alors sans profession. Au bureau de recrutement de Nice, il est décrit ainsi : yeux bleus gris, cheveux châtains, mesurant 1,72 m et pesant 64 kg. Le 9 avril 1940, il s’engage volontairement à l’Intendance Militaire de Nice. Dirigé sur le GCI d’Arles, il est affecté à la 15e Compagnie. Le 13 juillet 1940, il réintègre la vie civile et rentre chez ses parents à Cannes où il serait commerçant.Le 12 juin 1943, il est arrêté par la Gestapo, dans le train entre Perpignan et Palau-del-Vidre dans les Basses-Pyrénées en compagnie d’Anne Schlanberger, Jean Requiston, Staehling de Saint-Raphaël et le passeur Rosso, ainsi que le fils de ce dernier. Ils tentaient de passer la frontière espagnole pour rejoindre les FFL. D’abord emprisonné à Perpignan, Élyo Sarfati est transféré au camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne (Oise) où il reçoit le numéro 16081. Il s’y retrouve en même temps que Jean Requiston et ils font la connaissance de Pierre Gaty (40441). Ensemble, ils sont déportés par le convoi du 17 au 19 janvier 1944 vers le camp de concentration de Buchenwald. C’est le sixième transport entre ces deux camps avec 1 942 détenus dont 1 506 Français. Élyo Sarfati devient le matricule 39654 et se déclare étudiant pendant la période de quarantaine où il est dépouillé de tout, vacciné et fiché. Très vite, le 10 février 1944 il est affecté au tant redouté Kommando de Dora avec 250 hommes. Pierre Gaty raconte qu’il travaille au terrassement pour la construction du camp de baraques et que, atteint de dysenterie, il doit se rendre au Revier. Effectivement, logé au Block 23, il y est enregistré le 26 février 1944. De là, Élyo Sarfati est sélectionné pour le convoi de 1 000 détenus de Dora jugés « inaptes au travail » par les SS et dirigé, le 27 mars 1944, vers Bergen-Belsen. Arrivé le lendemain, il y est ré-immatriculé 770. Ses parents et son frère reçoivent deux lettres de lui : une datée du 28 juin 1944 et une du 9 août. Selon les renseignements donnés en 1947 par Roger Trochet (28044) et Michel Fliecx (28190), Élyo Sarfati est décédé dans ce camp de phtisie galopante en novembre 1944. Selon les archives, il apparaît pourtant sur une liste de déportés vivants à Bergen-Belsen datée du 29 novembre 1944. Élyo Sarfati est en fait décédé à Bergen-Belsen le 8 décembre 1944. Source Dictionnaire Dora, notice d’Elyo SARFATI rédigée par Joëlle Helleboid-Allouchery : Bu7/2-9/9 (Buchenwald) ; DAVCC ; GedenkbuchBB ; © Arolsen Archives, 2019.

Elio SARFATI [YadVashem, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolesen, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]
Fiche d’enregistrement du camp de Mittelbau-Dora d’Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]

Une feuille de témoignage sera déposée en sa mémoire par son frère en 1999.

A notre connaissance, les parents et frères d’Elio n’ont pas été déportés mais nous ignorons en l’état ce qui s’est passé entre 1939, date de leur départ de Saint-Nazaire et leur arrivée dans les alpes AMritimes et 1944.

Fiches cartonnées dossier d’étranger d’Haïm SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Victoria SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Léon SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger d »Elio SARFATI [ADLA 4M719]

DAVID Jacqueline, Jean-Claude, Riba, Samuel (NR)

Jacqueline DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jacqueline DAVID
[Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
[Yad Vashem, en ligne]

Jacqueline Marguerite (prénom usuel Jacqueline) DAVID est née le 07 octobre 1939 à Saint-Nazaire. [Père : DAVID Samuel né à Salonique le 15 avril 1907 de profession représentant de commerce et Mère : Rebecca dite Riba PALADINO née le 23 septembre 1910 à Salonique].

[DAVCC 21 P 441 058]
[DAVCC 21 P 441 058]

Jacqueline a par ailleurs un grand-frère : Jean-Claude né le 16 juillet 1936 à Paris (11ème arrondissement). Samuel et Riba s’étaient mariés le 18 octobre 1934 à Paris dans le 10ème arrondissement. La famille réside habituellement 1, rue Charles Delescluze dans le 11ème arrondissement à Paris et réside à partir de l’automne 1939 Villa Mina, allée des Tamaris à La Baule.

Actes de naissance [Archives Municipales de Saint-Nazaire et Archives Municipales de Paris]

Acte de mariage Samuel DAVID-Riba PALADINO [Archives de Paris,10M428]
Acte de mariage Samuel DAVID-Riba PALADINO [Archives de Paris,10M428]

Elle a été arrêtée avec son frère et sa mère à son domicile le 03 novembre 1943 par la Police Allemande au 20, Rue de la Fusterie, Perpignan (Pyrénées-Orientales), internée à Perpignan, transférée sur Drancy le 11 novembre 1943 puis déportée par le convoi numéro 62 du 20 novembre 1943 vers Auschwitz-Birkenau. Ils ont été assassinés à leur arrivée.

Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Des feuilles de témoignage ont été déposées sur le site Yad Vashem en leur mémoire.

A l’automne 1944, Samuel dit Sam DAVID s’enquiert auprès du Ministère des Prisonniers et Déportés du sort de sa famille.

[DAVCC 21 P 441 058]
[DAVCC 21 P 441 058]

Il s’occupera après-guerre auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de la régularisation de l’Etat Civil de sa femme et de ses enfants.

Dossier d'étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]
Dossier d’étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]