ABRAMOWICZ Jacques, Hélène, Adjel ; MARCHEWSKI Israël [NR]

Ajdel ABRAMOWICZ vivait maritalement avec Israël MARCHEWSKI. Adjel était née le 01 septembre 1913 à Kutno, district de Lodz, Pologne et son conjoint le 03 mai 1897 à Pińczów (Pologne). Ils habitaient 15 rue des Vignerons à Vincennes. Leurs enfants, Hélène, 4 ans, était née à Paris (4ème arrondissement) le 09 avril 1938 tandis que Jacques, le cadet, 2 ans, est né à Saint-Nazaire le 04 octobre 1939 à l’Hôpital et c’est Henri ALLANET, directeur économe, qui effectue la déclaration de naissance auprès des services de l’Etat Civil de la Mairie de Saint-Nazaire. Adjel déclare reconnaître Jacques à la mairie de Vincennes un peu plus tard le 17 décembre 1940, commune où ils sont arrivés après 1936.

Ils ont été arrêtés lors de la rafle dite du Vel’d’Hiv’ du 16 et 17 juillet 1942 puis transférés sur le camp de Pithiviers le 21 juillet 1942. Israël, le père transféré de Pithiviers à Drancy le 25 août 1942 a été déporté une semaine plus tard par le convoi n° 13 de Pithiviers à Auschwitz le 31 juillet 1942 ; Adjel, la mère est transférée de Pithiviers vers Drancy le 02 août 1942 et déportée le lendemain par le convoi n° 14 de Pithiviers vers Auschwitz le 03 août 1942. Quant aux enfants Hélène et Jacques, ils ont été déportés à priori et selon Serge Klarsfeld dans le Mémorial des Enfants par le convoi n° 20 du 17 août 1942 de Pithiviers vers Auschwitz. Il manque une page dans la liste de déportation. Mais Il semble, d’après les informations dont nous disposons, qu’ils aient tous les deux rejoints Drancy le 25 août 1942 pour être déportés par la suite.

Aucune demande de rectification de statut n’a été effectuée auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre. Il faut attendre 2013 pour que les actes de décès soient établis pour transcription à l’état civil.

LEVY Eugène, Rosalie (NR)

Eugène LEVY est né le 31 mars 1860 à Imling (Moselle) [Père : Léopold et Mère LEVY Henriette] et est mariée avec Rosalie BLOCH [Père : Lazare BLOCH, marchand de bestiaux et Mère : Scheinel KAHN] née le 24 juillet 1862 à Mittelbronn (Moselle) et décédée le 29 janvier 1944 à Villefranche-de-Rouergue. Léopold, le père d’Eugène, son frère Salomon ainsi que le père de Rosalie exercent tous trois la profession de marchands de bestiaux .

Acte de naissance d'Eugène LEVY [Archives Municipales d'Imling]
Acte de naissance d’Eugène LEVY [Archives Municipales d’Imling]
Acte de décès de Rosalie BLOCH [Archives Municipales de Villefranche-de-Rouergue]
Acte de décès de Rosalie BLOCH [Archives Municipales de Villefranche-de-Rouergue]

Eugène et Rosalie sont au moins présents depuis 1880 à Saint-Nazaire. Au moment de sa conscription, Eugène est affecté dans les les services auxiliaires.

En 1919, à l’âge de 59 ans, Eugène LEVY fait l’acquisition d’une voiture, une Léon Bollée type G qu’il remplace en 1920 par une Dodge.

Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes ADLA 1902S305
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S305]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S306]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S306]

Eugène arrivé à Saint-Nazaire créé un magasin de confection « Maison Modèle » à Saint-Nazaire au 13, rue Villès-Martin. Le commerce sera repris en 1925 par un de ses fils : Armand.

Eugène LEVY devant la devanture Maison Modèle (les 4 personnes autour de lui ne sont pas identifiées) in Albert Morinière ; Saint-Nazaire Images d’Autrefois ; Mémoire d’une ville]

Eugène et Rosalie ont eu quatre enfants, tous né à Saint-Nazaire : Armand né le 20 février 1888, Lucien né le 12 mai 1893, Henriette née le 30 mai 1895 et Maurice né le 30 septembre 1896 (décédé à l’âge de quatre mois le 10 février 1897).

Ils ne sont pas recensés sur l’arrondissement de Saint-Nazaire en tant que Juif et ont fui pour passer la ligne démarcation pour résider au moins à partir de 1942 à Toulouse. Eugène et Rosalie n’ont pas été déportés et Rosalie décède le 29 janvier 1944 à Villefranche-de-Rouergue.

LEVY Emile, Henriette, Colette, Claude [NR]

Henriette LEVY est la soeur d’ Armand LEVY et de Léopold, Lucien LEVY, tous nés à Saint-Nazaire.

Henriette LEVY 1936 [ADLA 4M397]
Henriette LEVY 1936 [ADLA 4M397]
Colette LEVY 1936 [ADLA 4M397]
Colette LEVY 1936 [ADLA 4M397]

Henriette LEVY est née le 30 mai 1895 à Saint-Nazaire [Père : Eugène LEVY et Mère : Rosalie BLOCH] et est mariée avec Emile LEVY depuis le 16 mars 1920 à Saint-Nazaire avec Emile LEVY né le 21 décembre 1884 à Rougemont-le-Château (Haut-Rhin).

Acte de naissance d'Henriette LEVY [ADLA, Etat Civil en ligne]
Acte de naissance d’Henriette LEVY [ADLA, Etat Civil en ligne]
Acte de mariage Emile et Henriette LEVY [Archives Municipales de Saint-Nazaire]
Acte de naissance d’Emile LEVY [Archives départementales du Territoire de Belfort, 1E9]

Emile LEVY effectue son service militaire en 1905 et est rappelé à l’activité lors de la mobilisation générale au déclenchement de la guerre de 1914-1918 et affecté dans un régiment d’Infanterie en tant que soldat de 2nde classe. Il sera cité à l’ordre du régiment en 1915 pour « S’est acquitté de ses fonctions d’agent de liaison avec intelligence, zèle et courage des plus soutenus pendant l’attaque des lignes allemandes ». Il obtiendra la Croix de Guerre.

Registre matricule Emile LEVY [Archives Départementales Territoire de Belfort, 1R260]
Registre matricule Emile LEVY [Archives Départementales Territoire de Belfort, 1R260]

En 1920, peu de temps après son mariage, Emile LEVY fait l’acquisition d’une voiture, une Dodge Type 16HP qu’il revend au profit d’un autre véhicule de même marque en 1921.

Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S306]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S306]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S307]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S307]

Emile et Henriette résident en 1936 au 20, rue Contrescarpe à Nantes où Emile exerce la profession de marchand de tissus et ont deux enfants : Colette née le 12 novembre 1920 à Belfort et Claude né le 10 août 1926 à Nantes.

Recensement 1936 Nantes, 5ème canton 26, rue Contrescarpe [Archives Municipales de Nantes, 1F227]

Le 22 juillet 1940 et bien avant le recensement de septembre/octobre 1940, le Commissariat Central de Police de Nantes dresse une liste des commerçants Juifs présents dans la ville de Nantes. Emile LEVY y apparaît et est donc présent au milieu de l’été. En revanche la famille LEVY n’apparaît pas dans le recensement de septembre/octobre 1940.

[Archives Départementales de Loire-Atlantique, 1694W23]

Aucun membre de la famille n’est déportée. Henriette s’occupera après-guerre des actes de disparition puis des actes de disparition, de décès et des mentions Déporté Politique et Mort pour la France pour au moins son frère Armand, sa belle-soeur Marthe et sa nièce Yvonne. Emile décède à la Baule le 21 août 1969 et Henriette décède le 15 décembre 1997.

Registre Délivrance Carte d’Identité, Archives Départementales de Loire-Atlantique, 4M397

Registre Délivrance Carte d'Identité, Archives Départementales de Loire-Atlantique, 4M397

Registre Délivrance Carte d’Identité, Archives Départementales de Loire-Atlantique, 4M397

GRADWOHL Robert, Andrée (NR)

Robert GRADWOHL est né à Saint-Nazaire le 12 juin 1894 [Père : GRADWOHL Meyer Cerf né en 1859 et Mère : VORMS Rosine née en 1859]. Il est issu d’une très vieille famille juive alsacienne installée depuis au moins le milieu du XVIIIème siècle dans le Bas-Rhin. Meyer Cerf, qui a par ailleurs 11 frères et soeurs, exerce la profession d’employé de commerce au moment de la naissance de son fils et réside 3, rue du Dolmen à Saint-Nazaire. Robert a au moins un frère : Marcel né le 13 avril 1892 à Saint-Nazaire. La famille se déplace en Ille-et-Vilaine à Saint-Sevran-sur-Mer au moins peu avant la première guerre mondiale.

Robert, comme son frère Marcel, sont deux anciens combattants de la guerre de 1914-18. Incorporé dès l’entrée en guerre, il combattra dans différents régiments d’infanterie jusqu’en 1919. Son frère, Marcel, sera tué à l’ennemi le 16 juin 1915 dans le Pas-de-Calais.

Il terminera la guerre au grade de caporal et recevra pour ses faits de guerre, la croix de guerre avec étoile de bronze ainsi qu’une citation à l’ordre du régiment.

DAVCC 21 P 458039
DAVCC 21 P 458039

Après la première guerre mondiale, Robert s’établit dans différents arrondissements parisiens et en région parisienne pour finalement élire domicile au moment de son mariage 131, avenue Parmentier à Paris dans le quartier de la Folie-Méricourt dans le 11ème arrondissement. Le couple n’aura pas d’enfant.

Recensement 1936 [Archives de Paris, D2M8]
Recensement 1936 [Archives de Paris, D2M8]

Robert se marie le 02 avril 1935 à Paris (10ème arrondissement) avec Andrée DANHEISSER née le 08 novembre 1904 à Paris (11ème arrondissement). [Père : Félix DANHEISSER et Mère : Rosalie MEYER] Robert exerce la profession de représentant de commerce et Andrée celle de secrétaire au moment de leur mariage.

Robert sera remobilisé en mars 1940 et sera affecté dans un Bataillon d’ouvriers Artillerie puis démobilisé à Toulouse en septembre 1940.

Robert GRADWOHL est arrêté le 20 août 1941 lors de la rafle dite du XIème arrondissement à Paris organisée du 20 août au 24 août 1941 et qui touchera d’autres arrondissements. Elle concerne uniquement les hommes de 18 à 50 ans et provoquera l’arrestation de 4232 personnes dont Robert qui se retrouve interné à compter du 20 ou 21 août 1941 au camp de Drancy jusqu’au 22 juin 1942. Cette rafle marque le changement de destination du camp de Drancy, au départ réquisitionné par les allemands comme Fronstalag (prisonniers de guerre) et qui devient le camp d’internement des Juifs en zone occupée. Il y loge Bloc I, escalier 1, chambre 1 et au Bloc 2, escalier 9.

Robert est déporté de la gare de Drancy-Le Bourget par le convoi n°3 du 22 juin 1942 vers Auschwitz-Birkenau et qui arrive en Pologne occupée le 24 juin 1942.

Liste convoi 3 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi 3 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Robert est rentré dans la partie concentrationnaire de Birkenau et décède 5 jours après l’arrivée du convoi soit le 29 juin 1942.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Son épouse Andrée n’est pas déportée. Elle s’occupera après-guerre des différentes formalités administratives et obtiendra la mention Mort pour la France pour son mari.

LEVY Lucien, Andrée, Georges [NR]

Lucien et Andrée LEVY (sans date) [DAVCC 21 P 477882]
Lucien et Andrée LEVY (sans date) [DAVCC 21 P 477882]

Léopold est le frère de d’Armand LEVY et d’Henriette LEVY.

Léopold, Lucien LEVY (prénom usuel Lucien) est né à Saint-Nazaire le 12 mai 1893 [Père : Eugène LEVY et Mère : Rosalie BLOCH]. Il est marié depuis le 21 octobre 1932 (Paris, 3ème arrondissement) avec Andrée Elisa HIRTZ née le 13 décembre 1906 à Paris (3ème arrondissement). Le couple a un enfant : Georges né le 02 novembre 1933 à Rennes.

En 1922, à l’âge de 29 ans, Lucien LEVY fait l’acquisition d’une voiture, une Citroën 5 chevaux, type C pour pouvoir exercer son métier, vraisemblablement représentant de commerce.

Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S307]
Registre enregistrement Véhicules Préfecture Nantes [ADLA 1902S307]

Léopold LEVY exerce la profession de négociant au moment de son mariage et habite au moment de son mariage à Rennes, 2 rue comté de Lanjuinais en 1932 puis 12, place du Palais.

En 1913, Léopold LEVY est appelé à faire son service militaire pour une durée de deux ans mais est ajourné pour « faiblesse ». A l’entrée dans la guerre de 1914-1918, il est incorporé le 16 décembre 1914 au 135ème Régiment d’Infanterie en tant que soldat de 2ème classe puis passe au 13ème Régiment d’Artillerie en 1915 puis au 89ème Régiment d’Artillerie Lourde comme son frère Armand le 16 juin 1917 (les deux frères seront dans le même régiment entre juin 1917 et janvier 1918) puis au 90ème Régiment d’Artillerie Lourde en septembre 1918. Il passe dans les services auxilliaires à l’automne 1918 pour raisons de santé : mauvais état général et bronchite bilatérale puis est réformé définitivement en 1922 pour bronchite chronique généralisée et emphysème pulmonaire.

Registre matricule de Lépold LEVY n°2829 [ADLA 1R1296, en ligne]

Léopold et son épouse Andrée se réfugient à Toulouse au 4, rue Pujol. Ils sont arrêtés par la « Gestapo » à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) le 07 juillet 1943 à la suite d’une perquisition à leur domicile et tentaient de sa sauver puis dirigés sur à Toulouse le 08 juillet 1943 et incarcérés à la prison Saint-Michel. Un rapport, daté du 10 juillet 1943, du SS-Unterscharführer Schiffner de la Sipo-SD de Toulouse, concernant l’arrestation et l’emprisonnement de 14 personnes juives le 08 juillet 1943 à Toulouse fait apparaître les noms de Léopold et Andrée LEVY : « le SS-Unterscharführer Schiffner rapporte pour chacune des 14 personnes des informations personnelles et la raison pour laquelle elle a été arrêtée. La raison principale est « une activité contre le Reich ». Un indicateur fiable lui a communiqué des informations qui ont mené aux arrestations. Les personnes arrêtées ont été emprisonnées à Toulouse.  » http://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=id:617344

Il sont transférés sur Drancy le 16 juillet 1943.

Ils déportés par le convoi numéro 58 du 31 juillet 1943 (n° 514 et et n° 542 sur la liste du convoi).

Un arrêté au Journal Officiel numéro 98 du 26 avril 1995, page 6484 a fixé la date du décès d’Andrée à janvier 1944.

Un arrêté au Journal Officiel du 06 septembre 1995, page 13227 a fixé la date du décès de Lucien à1943.

Jean HIRTZ, frère d’Andrée déposera les demandes pour obtenir le statut de déporté politique et de Mort pour la France pour sa soeur et son beau-frère. Il sera par ailleurs suite à un conseil de famille le tuteur de Georges LEVY devenu orphelin.

AMRAM Mercado [155]

Mercado AMRAM est né le 03 septembre 1904 à Constantinople de nationalité turque et habite Saint-Nazaire. Il est rajouté de manière manuscrite sur la liste de recensement de septembre/octobre 1940 à une date inconnue vraisemblablement suite au deuxième recensement de juin 1941 sous le numéro 155 et figure sur une liste dactylographiée de recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire transmise à la Préfecture Régionale d’Angers sous le numéro 155 (date inconnue).

Liste recensement Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Liste recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]

Il quitte l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 26 octobre et le 25 novembre 1941 à destination de Paris.

Contrôle de déplacement des étrangers [ADLA 1803W106]
Contrôle de déplacement des étrangers [ADLA 1803W106]

En l’état, aucune information supplémentaire.

MAGNUSZEWSKI [Abram], Ruchla, Joseph, Charlotte (NR)

Charlotte MAGNUSZEWSKI est née à Saint-Nazaire le 09 décembre 1939 à l’Hôpital, boulevard Gambetta. C’est le directeur économe, Jean GUITTON qui effectuera la déclaration de naissance auprès des services d’Etat Civil de la Mairie. [Père : MAGNUSZEWSKI Abraham, Azriel né le 03 novembre 1911 et Mère : ROZENFELD Ruchla née le 16 avril 1905]. Elle a par ailleurs un frère Joseph né le 30 janvier 1934. Abram, Ruchla et Joseph sont nés à Brzeziny, district de Łódź, Pologne et la famille est arrivée en France après 1934. Abram est tailleur et la famille réside en 1939 11, passage du Mont-Cenis dans le 18ème arrondissement à Paris dans le quartier de Clignancourt.

Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]
Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]

La famille est arrêtée à son domicile lors de la rafle dite du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942. Les hommes et femmes célibataires ainsi que les couples sans enfant sont dirigés sur le camp de Drancy tandis que les familles sont dirigées sur les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Abram est déporté par le convoi numéro 6 du 17 juillet 1942 de Pithiviers à Auschwitz tandis que son épouse et les deux enfants sont déportés par le convoi 24 du 26 août 1942 de Pithiviers à Auschwitz.

Un document portant la mention MAGNUSZEWSKI Abram (sans date de naissance), français, existe dans le base de données d’ITS Bad Arolsen [Personal Files (male) – Concentration Camp Mauthausen]. Au 7 avril 1945, Abram est transféré sur le camp de Mathausen sous le matricule 121680 puis le 07 avril 1945 au Block 4 du camp d’Ebensee et est décédé le 09 avril 1945 pour je cite « Myocardite ». .

Abram MAGNUSZEWSKI [ITSBadArolsen 1603857]
JORF n°2121 du 13 septembre 2014
JORF n°2121 du 13 septembre 2014

Les mentions « Mort en déportation » seront apposés sur les actes de décès des enfants en 2014 et, en l’absence d’information, les dates de décès seront fixées 5 jours après le départ du convoi. Ruchla avait 37 ans, Joseph avait 8 ans et Charlotte avait 2 ans et demi.

NETTER Jean [156]

Né dans une famille d’origine juive le 12 décembre 1904 à Paris (10ème arrondissement), fils de Georges, docteur en médecine, et de Marguerite, née Caen, sans profession, Jean Nathan NETTER devint ingénieur au terme de ses études à l’École Centrale des Arts et Manufactures, promotion 1928. Il est également licencié ès sciences.

Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]
Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]

Il effectue son service militaire en 1928 au 32ème Régiment d’Artillerie puis est affecté à l’Ecole Militaire de Poitiers. Il obtient le grade de lieutenant en 1929 est est affecté à la 188ème Division d’Artillerie puis effectue régulièrement des périodes d’Instruction.

Il est embauché aux Chantiers de Penhoët après son service militaire comme Ingénieur stagiaire le 01 décembre 1930 et est affecté au Bureau d’Etudes dans les départements Chaudières terrestres et Chaudières marines. Nommé ingénieur le 01 janvier 1932, il est affecté plus spécialement au Service des Appareils moteurs et évaporatoires marins et est plus spécialement chargé des questions de chaudières. Il profite le week-end du bord de mer. Il navigue à bord du voilier la « Melpomène » aux régates organisées par le Sport Nautique de Saint-Nazaire. Le 25 juin 1938, il vient au secours d’un régatier naufragé dont le bateau a coulé et recevra par l’Inscription Maritime un diplôme avec mention honorable pour fait de sauvetage.

[DAVCC 20 P 352]
[DAVCC 20 P 352]

Jean possède le permis de conduire et est l’heureux propriétaire d’une voiture notoirement d’occasion puisqu’il s’agit d’une Ford A (dont la production s’est arrêtée en 1931) avec laquelle il va avoir quelques déboires car victime d’un accident en sortant de chez lui en juillet 1937.

Courrier de Saint-Nazaire et Région 03 juillet 1937 p.2
Courrier de Saint-Nazaire et Région 03 juillet 1937 p.2

Il est rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale le 02 septembre 1939 et affecté au Dépôt du 318ème Régiment d’Artillerie en tant que lieutenant sous les ordres de René ROSS. Il est fait prisonnier de guerre le 24 mai 1940 à Coquelles (Pas-de-Calais). Il est interné en Allemagne à l’Oflag IV D sur le territoire de la commune d’Elsterhorst (Nardt), à 50 km au nord-est de Dresde (n°matricule 3443) puis transféré le 1er octobre 1940 dans l’Oflag XVII A situé en Autriche sur la commune d’Edelbach. Il est dirigé le 17 janvier 1941 sur le Frontstalag 1941 (Châlons-sur-Marne) et sa captivité cesse le 20 janvier 1941. Il reprend son service aux Chantiers de Penhoët en janvier 1941.

Jean NETTER n’est pas recensé en tant que Juif sur l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940. En revanche il figure sur la liste dactylographiée du recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire transmise à la Préfecture Régionale d’Angers sous le numéro 156 (date inconnue).

Liste dactylographiée des Juifs de l'arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]
Liste dactylographiée des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire [ADML 37W10]

Conformément à l’ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF, Commandant militaire allemand en France) du 13 août 1941, il remet son poste de TSF le 27 septembre 1941 au Commissariat Central de Saint-Nazaire.

À la fin de l’année 1940 se forma le réseau Georges-France 31. Jean Netter en fit partie avec le grade de lieutenant comme René ROSS. Il transmettait des renseignements sur les chantiers navals bretons et la base sous-marine de Lorient (Morbihan). Ces informations transitaient par la zone libre avant de gagner l’Angleterre.
La Police de sécurité et du service de renseignements de la SS (Sipo-SD) l’arrêta le 15 janvier 1942 à son domicile au 39 rue du Béarn à Saint-Nazaire. Transféré dans le quartier allemand de la prison de Fresnes, il fut interrogé, certainement torturé. Il comparut le 12 novembre devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Sur son dossier, les Allemands écrivirent « Juif ». Il fut condamné à mort pour « espionnage ». Sur l’une des chemises de son dossier, il est indiqué : « Affaire d’espionnage avec courriers venant de la zone libre, plans sur la base sous-marine de Saint-Nazaire, Lorient ». Les Chantiers de Penhoët sous la houlette de son président vont tenter d’intervenir pour commuter sa peine ou obtenir une grâce, sans résultat.

Le 27 novembre 1942 à 16 h 32, il fut passé par les armes au Mont-Valérien le même jour que René ROSS.
Son inhumation eut lieu dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son nom figure sur le Livre d’Or de l’association des Centraliens à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
Le réseau Georges-France 31 fut homologué du 1er septembre 1940 au 1er janvier 1943.
Il fut déclaré Mort pour la France le 20 février 1950.

Acte décès Jean NETTER 21 octobre 1944 [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés 25 octobre 1944 [AMSN 1W63]

https://maitron.fr/spip.php?article166363, notice NETTER Jean, Nathan par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 octobre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

SOURCES : DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 3, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, R. Laffont, 2006. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (Xe arr.) et Saint-Nazaire.

ALEXANDER Blanche (120)

Blanche ALEXANDER née HAUSER est la mère d’Yvonne ROSS. Née à Toulon le 19 mars 1867, elle suit la famille ROSS à Calais puis à Saint-Nazaire où elle réside avec toute la famille au 10 place des Halles.

Acte de Naissance de Blanche ALEXANDER [Archives Départementales de l'Hérault, 7E146]
Acte de Naissance de Blanche ALEXANDER [Archives Départementales de l’Hérault, 7E146]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 120.

Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]

Blanche ALEXANDER décède à Angers le 26 novembre 1945.

ROSENBERGER Ladislas, Klara [78]

Ladislas ROSENBERGER est né le 22 février 1905 à Gelse (Hongrie) et est marié avec Clara (ou Klara ou Claire) PALLOS née le 15 août 1905 à Budapest (Hongrie). Ils n’ont pas d’enfant. La date d’arrivée des époux Rosenberger selon la Préfecture se situerait entre février et mai 1940 arrivant de Belgique où ils s’étaient mariés le 03 février 1940 à Ixelles.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Ladislas ROSENBERGER se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 78. Il exerce alors la profession de mécanicien.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Au moment du recensement, le couple réside 20, rue de la Gare à Saint-Nazaire puis en novembre 1941, 124, rue Albert de Mun à Saint-Nazaire puis au 01 décembre 1941, 135 rue des Hauts-Pavés à Nantes puis le 19 janvier 1942 76, boulevard des Anglais enfin 31, rue de Rennes à Nantes le 24 février 1942.

[DAVCC 21 P  270144]
[DAVCC 21 P 270144]

Les époux sont arrêtés entre le 15 et le 17 juillet 1942 puis dirigés sur Angers au Grand Séminaire. Ils sont tous les deux déportés par le convoi numéro 8 du 20 juillet 1942 d’Angers à Auschwitz.

Listes Convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Ladislas avait 37 ans. Clara qui a été enregistré dans le camp d’Auschwitz est décédée le 01 septembre 1942, à 5 heures 15 du matin, 1 mois et demi après son arrivée, elle avait 37 ans.

Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Certificat de décès établi par le "docteur" Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]
Certificat de décès établi par le « docteur » Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]

Les certificats de décès et mentions morts en déportation seront initiés et rédigés par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en l’absence de demande de famille puis transmis au Ministère des Affaires Etrangères.

Sa soeur, Kate PALLOS effectuera une demande de recherches auprès du World Jewish Congress (WJC) à Stockholm en 1945-1946.