RUFF Isidore (NR)

Isidore RUFF 1931 [ADML 120W63]
Isidore RUFF 1931 [ADML 120W63]
Isidore RUFF 1935 [ADML 120W63]

Isidore RUFF est arrivé en France par Bâle (Suisse) puis par le poste de Saint-Louis (Haut-Rhin) en novembre 1931 à l’âge de 18 ans pour y poursuivre des études de médecine. Titulaire d’un baccalauréat roumain, maîtrisant le français, l’allemand, le roumain, l’ukrainien et le polonais, il s’inscrit à l’Ecole de Médecine et de Pharmacie de Tours sous la direction du Professeur Paul GUILLAUME-LOUIS, nommé directeur de la dite école depuis le 1er octobre 1928.

Isidore RUFF est né le 23 janvier 1913 à Ottynia (actuelle Ukraine) et la famille habite de 1913 à 1924 à Uhorniki (Ukraine) puis elle migre vers Cernauti en 1924 (actuelle Ukraine mais à l’époque roumaine). Son père Simon RUFF né le 02 octobre 1887 (Ottynia) et est marié avec Amalia née BLANKOPF née le 21 mars 1893 (Ottynia). Simon RUFF est fonctionnaire (sans précision). La famille réside 28 boulevard du roi Carol II à Cernauti et Isidore se rend dans sa famille en Roumanie chaque année pendant les coupures d’été universitaires de la mi-juillet à octobre.

Sa famille subvient financièrement à ses études mais les fréquents blocages de transfert de devises rendent la situation difficile et pour compléter ses revenus, il passe un concours en 1932 de Préparateur d’Histoire Naturelle et occupe un poste dans ce sens à l’ Ecole de Médecine de Tours. Il passe également son permis de conduire en 1932.

Il réside à Tours chez l’habitant successivement en 1931-1932 chez M et Mme SINET au 144 rue Boisdenier puis Mme VIMENET au 42, rue Léon Boyer (octobre 1932-juillet 1933) puis chez M et Mme RIGAUD au 35, rue du docteur Héron (octobre 1933-juillet 1935) puis en mai et juin 1935 chez Mme BOUTOU au 16 rue du Simier. Dans les années 1935-1936, il se rend à Paris toujours dans le cadre de ses études et réside chez Mme LIBERGE 6, rue Blainville dans le 5ème arrondissement (octobre 1935-avril 1936) puis entre avril et juillet 1936 revient sur Tours où il réside chez Mme THAREAU au 64, rue de l’Alma puis revient sur Paris entre Juillet et octobre 1936 chez M JEX au 54, rue Monge dans le 5ème arrondissement. Ces épisodes parisiens sont nécessités par le fait qu’Isidore passe le concours de l’internat qu’il réussit et devient Interne en Psychiatrie. Il se rend alors dans le Maine-et-Loire pour effectuer son stage d’internat à la Maison de Santé Départementale (Asile Psychiatrique) de Sainte-Gemmes-sur-Loire (à partir de novembre 1936 jusqu’en octobre 1939).

Arrêté de nomination d'Isidore RUFF comme interne en psychiatrie à l'Asile Psychiatrique de Sainte-Gemmes-sur-Loire [ADML 120W63]
Arrêté de nomination d’Isidore RUFF comme interne en psychiatrie à l’Asile Psychiatrique de Sainte-Gemmes-sur-Loire [ADML 120W63]

Il effectue une première demande de naturalisation en 1936-1937, demande validée par les autorités préfectorales qui émettent un avis favorable, mais sa demande est ajournée pour 2 ans suite à un avis défavorable du Ministère de la Santé. Il renouvellera sa demande une seconde fois en 1940.

La première étape de l’exclusion des médecins juifs a été la promulgation de la loi du 16 août 1940 qui interdisait l’exercice de la médecine aux praticiens étrangers, à ceux qui avaient acquis la nationalité française après 1927 et à ceux qui, nés en France, étaient de père étranger.

Depuis les années 1920, de nombreux jeunes Juifs étrangers, roumains pour la plupart, sont venus faire leurs études médicales en France. Empêchés d’étudier la médecine dans leur pays à cause d’un antisémitisme virulent, ces derniers profitent d’un accord datant du Second Empire qui institue l’équivalence du baccalauréat roumain et du baccalauréat français. Leurs études terminées, ils peuvent même s’installer en France car la nationalité française n’est pas, à cette époque, nécessaire à l’exercice de la médecine. Or, dans les années 1920-1930, le nombre des médecins s’accroît. Syndicats médicaux et doyens des facultés de médecine s’alarment de cette « pléthore » : alors qu’on n’attend guère de nouveaux progrès médicaux, elle dépasse de beaucoup, pense-t-on, les besoins de la population et risque de paupériser la profession médicale. Cette « pléthore » est essentiellement attribuée à l’« invasion » de ces « métèques », accusés d’incompétence, d’absence d’éthique et d’ignorance complète des traditions françaises. Campagnes de presse, manifestations et grèves favorisent l’adoption, au cours des années 1930, de nouvelles lois supprimant le « privilège roumain » et rendant obligatoire la nationalité française pour exercer la médecine en France. Il s’y ajoute des instructions ministérielles visant à refuser la naturalisation française aux jeunes médecins qui la demandent, juifs pour la plupart.

Nahum Henri, « L’éviction des médecins juifs dans la France de Vichy », Archives Juives, 2008/1 (Vol. 41), p. 41-58. DOI : 10.3917/aj.411.0041. URL : https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2008-1-page-41.htm

Isidore RUFF 1941 [ADML 120W63]
Isidore RUFF 1941 [ADML 120W63]

Engagé à l’entrée en guerre entre la France et l’Allemagne en septembre 1939, il est affecté à partir du 15 octobre 1939 comme soldat-infirmier de 2nde classe à l’Hôpital auxiliaire de l’Ecole Normale d’Instituteurs de garçons au 14, rue de la Juiverie à Angers où il est d’ailleurs lui-même hospitalisé puis en janvier 1940 à l’Hopital Mixte de Parthenay (Deux-Sèvres) puis en avril 1940 toujours dans la 9ème section d’Infirmiers à l’Hôpital de Châteauroux.

Interdit d’exercer sa profession de médecin, Isidore va travailler comme employé de bureau au Syndicat Agricole des Centres de Champignons de l’Ouest aux Tuffeaux près de Saumur (Maine-et-Loire) à partir d’avril 1941 sous la direction de M Louis JUVIN, champignogniste qui réside 171, avenue Pasteur à Angers. Isidore habite alors 3, Cloître Saint-Martin à Angers.

Isidore RUFF n’est pas recensé en tant que Juif sur l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 et nous ignorons s’il l’a été dans le département du Maine-et-Loire, le registre ayant disparu.

Le 05 juillet 1941, il refuse sa nouvelle carte d’identité car celle-ci porte la mention « Juif ».

Dossier d'étranger d'Isidore RUFF [ADML 120W63]
Dossier d’étranger d’Isidore RUFF [ADML 120W63]

Les autorités françaises informent les autorités allemandes du refus de carte d’identité d’Isidore et celui est écroué à la prison de Saint-Nazaire entre le 08 et le 30 juillet 1941 pour je cite « activité d’espionnage ». Il réside alors à Pornichet.

Il est ensuite transféré au Commissariat d’Angers après sa libération de la prison de Saint-Nazaire.

Police de Saint-Nazaire [ADLA 1803W107]
Police de Saint-Nazaire [ADLA 1803W107]

Il est libéré du commissariat d’Angers et effectue une demande de carte d’identité en mai 1942.

Récépissé de demande de carte d'identité [ADML 120W63]
Récépissé de demande de carte d’identité [ADML 120W63]

Isidore RUFF est arrêté le 15 juillet 1942 à Angers où il réside au 3, Cloître Saint-Martin à son domicile par la police allemande. Nous ignorons par quel convoi il a été déporté. Il ne figure pas dans la liste du convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz du 20 juillet 1942.

Isidore RUFF a été affecté au Block 9 comme médecin dans le camp mère d’Auschwitz. Il écrira une lettre à Marcelle BOISDRON en mars 1943. Deux médecins témoignent par écrit de sa présence au camp : le docteur MOSCOVICI habitant Vernoil-le-Fourrier (Maine-et-Loire) ainsi que le docteur Benjamin AIZENSTADT habitant Nancy.

Isidore RUFF est décédé à l’infirmerie du camp d’Auschwitz-Birkenau d’un oedeme de carence. Un document du Musée d’Auschwitz atteste de la date de son décès.

Death Book Of Auschwitz [Yad Vahem, en ligne]
Death Book Of Auschwitz [Yad Vahem, en ligne]

Mademoiselle Marcelle BOISDRON (épouse BARON en 1948), amie d’Isidore, et qui résidait à la même adresse, entreprendra les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre dans les démarches administratives de régularisation de l’état civil. Un acte de décès sera retranscris sur les registres d’état civil d’Angers en 1947

HONIKSFELD Mejlach, Dora, Jeanne [102]

Mejlach HONIKSFELD 1938 [ADML 120W61]
Mejlach HONIKSFELD 1938 [ADML 120W61]
 Meilach HONIKSFELD 1941 [ADML 120W61]
Mejlach HONIKSFELD 1941 [ADML 120W61]

Mejlach HONIKSFELD est né le 02 octobre 1894 à Wlodawa, ville située à l’est de la Pologne près de la frontière ukrainienne et biélorusse. Arrivé en France en mai (ou février) 1919, Mejlach est marié avec Dora née le 07 septembre 1909. Le couple a un enfant, Jeanne née le 08 mai 1932 et habite Saint-Sébastien à Pornichet. Mejlach exerce la profession d’artisan-horloger et est originaire de Metz.

Réfugiés de l’Est de la France et plus précisément de Metz qu’ils quittent le 18 mai 1940, Mejlach et Dora arrivent six jours plus tard le 24 mai 1940 dans un premier temps à Saint-Nazaire au 55, rue Thiers .Mejlach HONIKSFELD se signale auprès de la mairie de Pornichet le 06 juin 1940 venant de Saint-Nazaire 55, rue Thiers et loge dorénavant à Saint-Sébastien de Pornichet puis le lendemain déménage Villa Michel Huguette, avenue de la Villès Chevissens à Pornichet. Tout étranger se déplaçant d’une ville à l’autre doit se signaler auprès des autorités administratives (mairie, commissariat) au départ et à l’arrivée pour faire viser sa carte d’identité ou son récépissé. Ces nombreux changements de logement sont dus au fait que les communes doivent faire face à un afflux massif de réfugiés en mai/juin 1940 et les mairies ont toutes les peines du monde dans l’organisation de l’accueil de ceux-ci.

Visas étrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]
Visas étrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Mejlach se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) sous le numéro 102.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La Préfecture de Loire-Inférieure liste par ailleurs les ressortissants slovaques, polonais, autrichiens et allemands et une fiche (sans date) est établie à son nom.

Etat des Polonais, Slovaques, Autrichiens, Allemands, sans date [ADLA 1694W25]
Etat des Polonais, Slovaques, Autrichiens, Allemands, sans date [ADLA 1694W25]

Dans le cadre du « désenjuivement de l’économie française », toute personne d’origine juive supposée tenir un commerce doit déclarer son entreprise auprès de la Préfecture de Loire-Inférieure. C’est ce que fait Mejlach le 11 novembre 1940 mais il ne tient aucun commerce : il est ouvrier horloger au 73, avenue de la Gare à Pornichet.

Mejlach HONIKSFELD quitte l’arrondissement de Saint-Nazaire pour Nantes entre le 25 octobre et le 25 novembre 1940 puis est expulsé le 25 novembre 1940 vers le Maine-et-Loire.

Etat de changement de résidence des Juifs de l'arrondissement de Saint-Nazaire novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Etat de changement de résidence des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Recensement des Etrangers [Archives Municipales de Pornichet, 2I1]
Recensement des Etrangers [Archives Municipales de Pornichet, 2I1]

La Mairie de Pornichet tient un registre alphabétique des personnes susceptibles de recevoir une carte d’alimentation. Mejlach n’y apparaît pas. La zone côtière étant devenue zone côtière interdite, il était impossible pour Mejlach de retourner à Pornichet. En revanche, son épouse Dora ainsi que leur fille Jeanne y sont présents. Mais ce ne sont pas eux qui viennent récupérer leur carte. Thérèse NOËL vient récupérer celle de Jeanne le 18 novembre 1941 et André ou Thérèse DELACHAUME viennent récupérer celle de Dora le 20 décembre 1941. Ils habitent tous au 73 avenue de la Gare. Les cartes individuelles d’alimentation étant nominatives, il est probable que par prudence ou pour rendre sevice, une personne proche se soit déplacée pour les récupérer et les donner à Dora et Jeanne.

Registre de distribution des cartes d'alimentation [Archives Municipales de Pornichet, 4H107]
Registre de distribution des cartes d’alimentation [Archives Municipales de Pornichet, 4H107]

A Angers, Mejlach HONIKSFELD habite dans un premier temps à l’Hôtel de la Gare à Angers [29 novembre 1940] puis loge dans un garni au 14, rue Voltaire et exerce la profession d’ouvrier horloger en chambre pour le compte de Jules TARDIF [1941] qui tient un magasin d’horlogerie à La Baule au 147, avenue de Paris, personne vraisemblablement rencontrée lors de son séjour en presqu’île puisque l’avenue de Paris (actuelle avenue Ninon) est située à la limite de Pornichet dans le quartier du Guézy.

Contrat de travail rédigé par Jules TARDIF pour le compte de Meilach HONIKSFELD [ADML 120W61]
Contrat de travail rédigé par Jules TARDIF pour le compte de Mejlach HONIKSFELD [ADML 120W61]

Suite à la 8ème ordonnance allemande du 29 mai 1942 et entrée en vigueur le 07 juin 1942, les Juifs âgés de plus de 6 ans, enfants compris, doivent porter une « insigne spéciale »: l’étoile juive.

Suite à la publication de cette ordonnance largement relayée par voie de presse, Mejlach est invité à se présenter au commissariat d’Angers afin de percevoir son étoile (qu’il paiera contre deux tickets textile). Il est l’un des tout premiers à la faire dans le département.

Liste dactylographiée de distribution de l'étoile pour les Juifs [ADML 303W92]
Liste dactylographiée de distribution de l’étoile pour les Juifs [ADML 303W92]

Mejlach HONIKSFELD est arrêté et remis le 18 juin 1942 au SIPO-SD (Sicherheitspolizei [Sipo]-Sicherheitsdienst [SD] d’Angers qui l’incarcère à la prison du Pré Pigeon à Angers secteur allemand à 21h45.

Registre alphabétique d'écrou de la prison du Pré Pigeon secteur allemand [ADMA 1920W316]
Registre alphabétique d’écrou de la prison du Pré Pigeon secteur allemand [ADML 1920W316]

Le motif de la détention n’est pas précisé sur le registre. La prison du Pré Pigeon est gérée conjointement par les Autorités Allemandes et les Autorités Françaises. Lorsque ce sont les allemands qui incarcèrent, les détenus sont dirigés et gérés dans le côté allemand de la prison. Lorsque ce sont les autorités françaises qui incarcèrent, ils sont cette fois-ci gérés et incarcérés côté français. Les Autorités allemandes rendent compte plus ou moins régulièrement et de façon très succincte aux autorités françaises du sort des prisonniers incarcérés.

Mejlach HONISFELD a été arrêté pour « défaut de port de l’insigne « Juif » et s’est suicidé dans la nuit du 19 juin 1942 en se pendant dans sa cellule. Le commissaire de police précise dans son rapport au préfet du Maine-et-Loire du 20 juin 1942 que sa femme l’avait quitté et induit donc qu’il s’agit d’un décès pour raison sentimentale.

NDLR : Exerçant la profession d’horloger en chambre, juif, arrêté pour non port de l’étoile jaune, il semble peu probable que Mejlach se soit suicidé pour raison sentimentale et c’est bien une mesure antisémite qui provoque son incarcération. Les personnels du SIPO-SD, service de police et de sécurité de la SS, pratiquent couramment la torture et ont peut-être tenté d’en savoir plus sur les activités d’horlogerie de Mejlach HONIKSFELD qu’ils assimilent à tort ou à raison à des fabricants de bombes…

Fiches Individuelles des personnes arrêtées par les autorités allemandes [ADML 303W292]
Fiches Individuelles des personnes arrêtées par les autorités allemandes [ADML 303W292]

Il figure dans le relevé du Carré n°48a, monument aux victimes des Camps Nazis du Travail forcé 42-45 – Cimetière de l’Est où il est enterré en tant que fusillé comme otage juif. Ce qui est donc une erreur. Dora et Jeanne ne seront pas déportées.

Dossier d’étranger de Mejlach HONIKSFELD [ADML 120W61]

BROUDO Salomon, Anna, Lucie [101]

Salomon BROUDO circa 1941 [SHD 21 P 431 008]
Salomon BROUDO circa 1941 [SHD 21 P 431 008]

La  famille BROUDO, d’origine grecque, vit à Salonique et toute la famille (très importante) exerce des métiers autour de la confection. La famille est dirigée par Lucie BROUDO née VEISSID qui gère les affaires de la famille. En 1917, le grand incendie de Salonique réduit à néant toutes les années de travail et une partie de la famille se retrouve sur le port. Par prudence, Lucie BROUDO avait caché des objets de valeur dans le puits de sa maison et était retournée dans la maison pour les récupérer.

Lucie BROUDO (mère) prend la décision de s’expatrier avec une partie de la famille et choisit la France, terre d’accueil pour beaucoup d’étrangers, et arrive en France en 1917. Le reste de la famille suivra en 1921, Salomon arrivant quant à lui le 25 juillet 1921 et réside alors 24, rue des Trois-Frères dans le 18ème arrondissement à Paris. La famille décide de rebondir et veut donner à ses enfants toutes les chances de réussir. Ils entament tous des études supérieures et exerceront quasiment tous une profession autour de l’odontologie : pour les uns chirurgiens-dentistes, pour les autres prothésistes dentaires… Les études terminées dans le Nord de la France (là où ils sont arrivés), les BROUDO exercent leur profession de dentistes à Paris.

Salomon ne suit pas le même parcours et exerce la profession de marchand ambulant en attraction foraine au moins depuis 1934. Il change d’activité et récupère une attraction lors de l’Exposition universelle de 1937 et exerce sa profession sur les différentes foires de la région dont celle du Cours Saint-Pierre à Nantes . Il s’agit d’une attraction avec de petits avions et Salomon BROUDO est très ami avec Fernand HIKIM qui lui aussi tient une attraction foraine au même endroit.

Echo de la Loire 25 août 1935 p.3 [ADLA, en ligne]
Echo de la Loire 25 août 1935 p.3 [ADLA, en ligne]
Echo de la Loire 23 avril 1939 p.5 [ADLA, presse en ligne]

Salomon dit Sylvère BROUDO est né le 07 avril 1907 à Salonique (Grèce) et est marié avec Annette prénom d’usage : Anna BAYEWSKI née le 05 juin 1908 à Paris (18ème arrondissement) depuis le 05 avril 1930 [18ème arrondissement). Il se sont mariés le dimanche 06 avril 1930 au Temple de la rue Buffault dans le 9ème arrondissement.

Le couple a un enfant : Lucie née le 17 septembre 1933 à Paris (18ème arrondissement). Au moment de son mariage, Salomon exerce la profession de cordonnier.

Actes de naissance d’Anna BAYEWSKI et mariage de Salomon BROUDO et Anna BAYEWSKI [Archives de Paris, 18N348]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Salomon se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) sous le numéro 101.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Originiaire de Paris où il habite 24, rue des 3 Petits Frères dans le 18ème arrondissement, Salomon, Anna et Lucie habitent dans un premier temps Avenue du Vélodrome à Pornichet (octobre 1940) puis déménage Villa Val d’Or avenue Charlotte à Pornichet également.

Villa Val d'Or, Avenue Monnier Pornichet © collection particulière
Villa Val d’Or, Avenue Monnier Pornichet © collection particulière

Salomon BROUDO qui tient son stand d’attraction foraine au Parc des Attractions à Pornichet Stand numéro 10 (Fernand HIKIM recensé juste avant lui également) va subir les différentes lois et décrets dans le cadre du « désenjuivement de l’économie française ».

Les scellés sont apposés sur son commerce le 04 décembre 1940. Un administrateur provisoire est nommé le 28 janvier 1941 en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire.

Dossier d'aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]
Dossier d’aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]

Salomon tente de sursoir à la liquidation et demande au Vice-Consulat de Grèce à Saint-Nazaire une dérogation eu égard à sa nationalité. Cette demande est envoyée à la Préfecture de Loire-Inférieure puis transmise aux Autorités allemandes.

Le docteur RHEINFELS de la Feldkommandantur de Nantes donne une réponse sans appel : « le fait que le demandeur est Grec ne justifie aucun traitement particulier« .

Dossier d’aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]

La liquidation de l’entreprise ne tarde pas et trouve un acquéreur : Monsieur Victor GERMAIN, 2 quai Duquesne à Nantes achète comptant le stock de bibelots pour 4200 francs alors que l’inventaire de début décembre 1940 l’estimait à 5300 francs. Salomon BROUDO est radié du registre du commerce et du rôle de la patente et sa licence de marchand forain est annulée.

Désormais sans ressources, Salomon BROUDO va demander à bénéficier d’un secours et le Préfet de Loire-Inférieure autorise à ce qu’on lui verse la somme de 3500 francs. Gabriel HERVOUET prélèvera quant à lui 450 francs sur la vente du commerce soit plus de 10% du prix de la vente.

Courrier de Saint-Nazaire et de la Région du 02 octobre 1941 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et de la Région du 02 octobre 1941 [ADLA, presse en ligne]

L’ordonnance du 13 août 1941 interdit aux Juifs de posséder un poste de TSF. Il ramène le sien le 26 septembre 1941 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (en même temps que Fernand HIKIM).

Confiscation des postes de TSF [1694W24]

Salomon BROUDO vient récupérer pour toute la famille les cartes d’alimentation auprès de la mairie de Pornichet le 11 novembre 1941.

registre de distribution des cartes d'alimentation [AM Pornichet, 4H107]
registre de distribution des cartes d’alimentation [AM Pornichet, 4H107]

La zone de Saint-Nazaire étant située en zone côtière interdite depuis l’automne 1941, Salomon en est refoulé et demande l’autorisation à la sous-préfecture en novembre 1941 de la quitter pour se rendre en région parisienne avec son camion-roulotte.

ADLA 1694W25
ADLA 1694W25

Salomon BROUDO se rend au Maincy (Seine-et-Marne) au 43, rue Alfred Sommier le 09 décembre 1941. Il est arrêté le 08 novembre 1942, interné à Drancy le 09 novembre 1942 et déporté par le convoi numéro 45 du 11 novembre 1942. Son épouse et sa fille ne sont pas arrêtées. Ils se réfugieront à partir de 1943 à Saint-Marcel (Saône -et-Loire).

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales F9/F9/5683]

Liste convoi 45 du 11 novembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 45 du 11 novembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Annette en juin 1945 à la Croix Rouge Française puis en août 1945 au centre d’accueil à l’Hôtel Lutetia rédige un certain nombre de courriers car elle croit dans le retour de son mari : « La Radio Suisse a émis une liste de déportés se trouvant à Odessa en voie de rapatriement dans laquelle était annoncée BROUDO Salomon de Paris« . Cette information lui a été communiquée par sa voisine qui l’a entendu le mardi 19 juin 1945 vers 14h30.

[DAVCC Caen 21 P 431008]
[DAVCC Caen 21 P 431008]

Malheureusement, les différentes recherches effectuées dans la documentation disponible (très incomplète) ne permet pas de retrouver trace de Salomon.

[DAVCC Caen 21 P 431008]

Salomon BROUDO est décédé en déportation, il avait 35 ans.

Lucie se marie à Paris (19ème arrondissement) le 05 février 1955 avec Serge RIEGER (né à Strasbourg le 05 juillet 1927) et obtiendra pour son père un certificat de décès.

Annette elle, se remarie après guerre avec Rachmiel SIROTA.

HIKIM David, Yvette, Line [100]

Line et David dit Fernand HIKIM juste après-guerre © collection particulière
Line et David dit Fernand HIKIM juste après-guerre © collection particulière
David dit Fernand et Yvette HIKIM (années 30) © collection particulière
David dit Fernand et Yvette HIKIM (années 30) © collection particulière

David dit Fernand HIKIM est né le 18 juillet 1910 à Constantinople et migre en France en octobre 1923 à l’âge de 13 ans avec sa mère et sa soeur sur un bateau et arrive à Marseille (ils voyagent en 3ème classe). Son père était déjà décédé et ses 9 autres frères et soeurs avaient déjà migré dans le monde entier (Amérique du Sud, du Nord…). Fernand est le cadet de la famille. Ils rejoignent alors Paris en train, occupent une chambre meublée et Fernand va alors exercer dans la capitale les petits métiers de l’époque : livreur de marchandises sur charrettes, livreur de médicaments pour une pharmacie, livreur au Carreau du Temple et va également travailler à Luna Park, le parc d’attractions situé Porte Maillot (17ème arrondissement).

Luna Park 1926 [British Pathé]

Son séjour à Luna Park lui donne l’idée d’acheter une attraction foraine : il s’agissait d’envoyer une petite voiture sur des rails, le gagnant étant celui qui arrivait, à la force de ses muscles, à faire que la voiture franchisse la ligne d’arrivée. Il mettait son attraction dans le train et voyageait pour faire foires, marchés et bien sûr parc d’attractions. Il arrive à Chalon-sur-Saône et lors d’une fête de village, grand danseur de tango devant l’éternel, il invite celle qui deviendra sa future épouse Yvette et ils se marient tous les deux un an après. Yvette travaillait comme vendeuse en parfumerie/cosmétiques aux Nouvelles Galeries.

Il s’est donc marié le 13 août 1931 à Chalon-sur-Saône avec Yvette Zoé JACQUOT née le 15 février 1914 à Cuisery (Saône-et-Loire).

Fernand et Yvette achètent un camion-roulotte et voyagent tous les deux dans toute la France. Victoria, leur nièce, née le 19 août 1930, les accompagnera à partir de l’âge de ses 3 ans jusqu’à 17 ans. Puis ils viennent se fixer sur la côte atlantique et louent une villa : la villa Bagatelle avenue Monnier à Pornichet.

Villa Bagatelle Pornichet © collection particulière
Villa Bagatelle Pornichet © collection particulière

Line Claire (prénom usuel Line), leur fille, naît le 03 juin 1941 à Pornichet dans la Villa Bagatelle avenue Monnier.

Courrier de Saint-Nazaire et de la Région des 13 et 20 juin 1941 et La Mouette du 08 juin 1941 [ADLA, presse en ligne]

Ils tiennent à partir de 1938 une attraction foraine situé sur le Parc d’attractions de Pornichet alvéole 15 (anciennement situé sur la place Boulevard des Océanides/Avenue Poincaré). Il s’agit d’un jeu d’adresse : « Le Tour de France » et le vainqueur peut remporter suivant son habileté un lot allant d’un petit objet en porcelaine jusqu’au fume cigarettes.

Dossier d'aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]
Dossier d’aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]

La famille HIKIM de Pornichet avait été rejoint le 07 juin 1940 par une autre partie de la famille, la soeur de Fernand.

Enregistrement des étrangers départs/arrivées [AM Pornichet 2I3]

Chimion HIKIM né en 1895 à Constantinople, son épouse Mercada (dite Suzanne) née HIKIM née en 1900 à Constantinople, leur fille ainée Clara née le 18 mars 1922 à Constantinople, leur deuxième fille Victoria née le 19 septembre 1923 (Kusguncuk [prononcé Kousgoudjouk], en face de Constantinople sur la rive droite du Bosphore) et leur fils Avram (dit Bébert) né le 01 mars 1927 à (Kusguncuk [prononcé Kousgoudjouk], en face de Constantinople sur la rive droite du Bosphore) quittent Pornichet 3 mois après leur arrivée le 01 août 1940. Ils seront déportés par le convoi 71 du 27 mars 1944 de Drancy à Auschwitz (sauf Victoria).

Suite à la 1ère ordonnance allemande, Fernand se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 100.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

De la même manière, il déclare son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 09 novembre 1940.

Les scellés sont apposés sur son commerce le 04 décembre 1940, un administrateur provisoire, Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire, est nommé pour liquider le commerce le 28 janvier 1941.

 Dossier d'aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]
Dossier d’aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]

Le commerce est vendu un mois après à Monsieur Paul THUAULT Villa Jano avenue des Parcs à Pornichet et l’administrateur provisoire va toucher une commission de 300 francs pris sur l’actif du commerce.

Dépourvu de ressources, Fernand HIKIM demande à bénéficier d’un secours et un subside de 4000 francs lui est versé.

 Dossier d'aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]
Dossier d’aryanisation de David dit Fernand HIKIM [AN AJ38/4598 dossier n°2533]

L’ordonnance du 13 août 1941 du MBF interdisant aux Juifs de posséder un poste de TSF, Fernand HIKIM le rend à la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 26 septembre 1941.

Toujours présente en novembre 1941, la famille vient récupérer ses cartes d’alimentation auprès de la mairie de Pornichet le 08 novembre 1941.

Registre des cartes de ravitaillement [AM Pornichet, 078H]
Registre des cartes de ravitaillement [AM Pornichet, 078H]

David fait une demande de renouvellement de carte d’identité le 13 décembre 1941 auprès de la mairie de Pornichet.

Enregistrement des demandes de cartes d'identité [AM Pornichet]
Enregistrement des demandes de cartes d’identité [AM Pornichet]

La famille quitte l’arrondissement de Saint-Nazaire et se rend à Chalon-sur-Saône avant les rafles de l’été 1942 puis de rend à Saint-Marcel (Saône-et-Loire).

Fernand fait viser sa carte d’identité comme tout étranger et cette fois-ci en tant que juif se retrouve sur la liste des juifs étrangers du département de Saône-et-Loire.

Contrôle des Juifs Etrangers [Archives Départementales de Saône-et-Loire W109287]
Contrôle des Juifs Etrangers [Archives Départementales de Saône-et-Loire W109287]

Yvette, catholique, n’est pas inquiétée et s’occupe de Line et Victoria tout en continuant l’attraction foraine « Le Tour de France ». Fernand lui va vivre caché dans une ferme aux environs de Chalon et de temps en temps, la nuit, rend visite à son épouse et à sa fille.

Yvette reprend son métier de marchand forain après-guerre mais cette fois-ci en bonneterie, lingerie, confection sur les marchés de la région.

Registre du commerce de Saint-Nazaire [ADLA22U153]
Registre du commerce de Saint-Nazaire [ADLA22U153]

Fernand ré-exploite son commerce d’attraction foraine après guerre et effectue une demande de carte d’identité en 1948.

Récépissé de demande de carte d'identité [Archives Municipales de Pornichet, 2J6]
Récépissé de demande de carte d’identité [Archives Municipales de Pornichet, 2J6]

Dossier d’étranger de David HIKIM [Archives Départementales des Côtes d’Armor, 4M198]

FRIEDMANN Maurice [91]

Maurice FRIEDMANN est né en septembre 1870 en Roumanie à Piatri (Piatra Neamt). Il est marié et a trois enfants dont Raymonde FRIEDMANN épouse KANTER. Il exerce la profession d’artisan-tailleur. La famille habite à Pornichet au 50, avenue de la Gare comme la famille MENDELOVICI. En France depuis 1895, il est naturalisé français par décret.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Maurice FRIEDMANN se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 91.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Les autorités préfectorales ont considéré à tort que Maurice FRIEDMANN tenait un commerce sur Pornichet au 50, avenue de la Gare. Hors ce commerce est tenu par Adèle /Rose MENDELOVICI et Maurice y est juste employé en tant qu’artisan tailleur. Un administrateur provisoire est nommé en la personne d’André PORCHER villa Les Sirènes avenue de la plage à Pornichet le 27 décembre 1940 qui rend compte au Préfet.

Dossier d’aryanisation Maurice FRIEDMANN [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n° 2563]

Maurice FRIEDMANN n’est pas déporté. En revanche, Raymonde, un de ses enfants, sera déportée par le convoi 80 à Bergen Belsen et en reviendra.

SAILIC Henri [90]

Henri SAILIC est né dans le 20ème arrondissement à Paris le 28 janvier 1916. Il est l’un des enfants de Rose MENDELOVICI et est avec son frère né à Paris également les seuls à avoir pris le nom de leur père (alors que les 5 autres nés en Roumanie ont pris le nom de leur mère).

Acte de naissance de Henri SAILIC (Archives Etat Civil de Paris, 20N303]
Acte de naissance de Henri SAILIC (Archives Etat Civil de Paris, 20N303]

Henri suit tous les autres membres de la famille sur Pornichet ou sur La Baule sans date précise d’arrivée. Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Henri SAILIC se fait recenser comme chef de famille (comme beaucoup d’autres membres de cette large famille) auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 90.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1684W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1684W25]

Henri est donc présent sur la commune de Pornichet à l’automne 1940 mais ne vient pas récupérer sa carte d’alimentation qui lui est envoyée au 137 Rue Casimir Péret à BEZIERS.

Registre distribution carte d'alimentation [Archives Municipales de Pornichet 4H107]
Registre distribution carte d’alimentation [Archives Municipales de Pornichet 4H107]

Henri n’est pas déporté, se marie juste après guerre en 1947 avec Mauricette DESMARQUETTE et décède en 2001 à Paris dans le 20ème arrondissement.

MENDELOVICI Rose, Samuel, David, Marcel, Léa, Joseph, Raymond, Maurice, Henri [89]

Rose MENDELOVICI [ADLA 4M946]

Rose MENDELOVICI née le 01 avril 1883 à Jassy, Iasi (Roumanie) mariée religieusement avec Samuel SAILIC né le 14 avril 1876 à Husi (Roumanie). Rose et Samuel vont avoir sept enfants :

  • David né le 07 février 1903 à Jassy (Roumanie)
  • Marcel, Marius né le 05 janvier 1906 à Jassy (Roumanie)
  • Léa née en 1907 à Jassy (Roumanie)
  • Joseph né le 28 juillet 1908 à Jassy (Roumanie)
  • Raymond né le 05 septembre 1909 à Jassy (Roumanie)
  • Maurice né en France
  • Henri né le 28 janvier 1916 à Paris (14ème arrondissement)

Les 5 premiers portent le nom de leur mère : MENDELOVICI alors que les 2 derniers portent le nom de leur père : SAILIC.

1910 : arrivée en France

1910-1928 : 34, rue des Cendriers PARIS

1928-1934 : 220, rue de Charenton PARIS

1934-1935 : 28, rue de Paris SAINT-GRATIEN (Seine-et-Oise, actuellement Essonne)

1935-1937 : 19, avenue de la Gare LOZERE (Seine-et-Oise aujourd’hui Essonne)

1937 : arrivée à Pornichet : « Villa Babiole » 49, avenue Collet PORNICHET (la villa n’existe plus depuis 1985)

Rose se déclare en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 89.

Extrait liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

La trajectoire complète de la famille est publiée avec l’histoire de Joseph et Adèle MENDELOVICI.

Dossier d’étranger de Rose MENDELOVICI [ADLA 4M946]

Dossier de déclaration d’entreprise juive [ADLA 1694W23]

Demande de naturalisation de Rose MENDELOVICI [Archives Municipales de Pornichet]

MENDELOVICI Joseph, Adèle, Monique, Jacques [87]

Jacques, Monique et Joseph MENDELOVICI © collection particulière
Jacques, Monique et Joseph MENDELOVICI © collection particulière
Monique MENDELOVICI dans les bras de sa mère Adèle et Jacques à droite © collection particulière
Monique MENDELOVICI dans les bras de sa mère Adèle et Jacques à droite © collection particulière

La famille MENDELOVICI ou plutôt les familles MENDELOVICI sont quasiment toutes présente sur la presqu’île dans les années 30 avec l’arrivée de Rose MENDELOVICI et de ses enfants :

Rose MENDELOVICI née le 01 avril 1883 à Jassy, Iasi (Roumanie) mariée religieusement avec Samuel SAILIC né le 14 avril 1876 à Husi (Roumanie). Rose et Samuel vont avoir sept enfants :

  • David né le 07 février 1903 à Jassy (Roumanie)
  • Marcel, Marius né le 05 janvier 1906 à Jassy (Roumanie)
  • Léa née en 1907 à Jassy (Roumanie)
  • Joseph né le 28 juillet 1908 à Jassy (Roumanie)
  • Raymond né le 05 septembre 1909 à Jassy (Roumanie)
  • Maurice né en France
  • Henri né le 28 janvier 1916 à Paris (14ème arrondissement) etMonique née le

Les 5 premiers portent le nom de leur mère : MENDELOVICI alors que les 2 derniers portent le nom de leur père : SAILIC.

Jacques est un enfant issu d’une famille roumaine. En effet, ses grand-parents sont immigrés de Roumanie, ils habitaient la ville de Jassy, ville située à l’est près de la frontière moldave. Ce petit pays est alors le point de rencontre de trois vastes empires: la Russie, la Turquie et l’Empire austro-hongrois. Ces trois états partagent une haine violente contre les populations juives qui se manifestent notamment par des vagues de pogroms et d’assassinats. Fuyant cette haine, les grands-parents paternels de Jacques, Samuel et Rose voient en la France, la patrie des droits de l’homme, un pays plein de promesses, de lumière et d’espoir.

«Pour les familles qui immigraient, la France, c’était l’idéal »

La famille part avec très peu de moyens, sans connaître la langue française. Ils arrivent à Paris en 1910, et parviennent à s’en sortir comme ils le peuvent, du moins, jusqu’à la Première Guerre mondiale. Samuel s’engage dans la légion étrangère et mourra peu de temps après, Rose reste alors seule avec ses sept enfants, sans métier. Les enfants l’aident au maximum, ils exercent le métier de maroquinier et vendent des petits sacs, des ceintures.

Joseph MENDELOVICI et sa famille arrive de Paris du 108, rue de Rivoli (4ème arrondissement) à Pornichet le 23 novembre 1938 où ils font viser leur cartes d’identité pour étrangers auprès de la mairie de Pornichet comme l’y oblige la loi. Joseph est marié depuis le 21 juillet 1932 (Paris) avec Adèle FRIEDMANN née le 13 septembre 1913 à Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise). Le couple a deux enfants : Jacques né le 25 mai 1933 à Paris (14ème arrondissement) et Monique née le 12 septembre 1939.

Enregistrement départs arrivées étrangers [Archives Municipales de Pornichet, 2I3]

Issu du milieu forain, l’arrivée à Pornichet est l’aboutissement pour la famille d’un travail depuis plus de 30 ans sur les marchés vers la perspective d’enfin monter une affaire dans un commerce en dur. Ils continuent à exercer leur commerce de forain un temps puis s’installent dans deux commerces : le premier « Aux Armes de Bretagne », 50, avenue de la Gare à Pornichet puis un deuxième peu de temps après (1939) « A la Rose d’Or », place du marché à La Baule. Le bail de ces deux commerces est au nom de Rose MENDELOVICI qui est présente dans l’année 1939 à Pornichet mais sont exploités par la femme de Joseph, Adèle. Rose quittera rapidement Pornichet après 1940 pour rester sur la région parisienne.

Registre du commerce Tribunal de commerce de Saint-Nazaire [ADLA 22U153]

Il s’agit de deux commerces de confection, celui de la Baule proposant plutôt des articles destinée à une clientèle balnéaire tandis que celui de Pornichet proposant des articles de confection pour hommes et femmes.

Inventaires magasins « A la Rose d’Or » et « Aux Armes de Bretagne » [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2521 et AJ38/4599 dossier n°2720

La famille se tient parfaitement au courant de l’actualité internationale, de la montée du fascisme en Allemagne, des persécutions antisémites qui ont déjà eu lieu en Autriche, eux-mêmes étant originaires de Iassy (Roumanie), lieu connu pour ses violentes persécutions antisémites et ses pogroms. Ce n’est donc pas un hasard si, présent depuis plus de trente ans sur le sol français, Joseph (et Rose) font une demande de naturalisation en juin 1939, dossier déposé dans un premier temps à la mairie de Pornichet. Faut-il rappeler qu’Adèle, l’épouse de Joseph née en Seine-et-Oise a perdu sa qualité de française par mariage, que Jacques possède la nationalité française puisqu’une déclaration a été effectuée et que Monique née en septembre 1939 n’acquerra la nationalité française qu’au bout de trois ans de présence sur le sol français (si les parents en font la déclaration).

Demande de naturalisation de Joseph MENDELOVICI [Archives Municipales de Pornichet]

La famille réside Villa Babiole, avenue Collet à Pornichet. L’avenue Collet est une avenue parallèle au remblai de Pornichet/La Baule. La villa a été rasée mais subsiste une photographie de la dite villa dont la famille MENDELOVICI est locataire.

© collection particulière

Les différentes mesures antisémites du gouvernement de Vichy vont s’abattre sur la famille. Joseph (et toutes les autres familles) se font recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Saint-Nazaire) entre le 27 septembre 1940 et le 20 octobre 1940. Joseph en tant que chef de famille se fait enregistrer sous le numéro 87.

Extrait liste dactylographiée du recensement 1940 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 1940 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La même ordonnance allemande oblige les Juifs à déclarer leur commerce auprès de la Préfecture de Loire-Inférieure.

Déclarations commerce 11 novembre 1940 [ADLA 1694W23]

Les deux commerces sont aryanisés. Les scellés sont apposés sur les magasins entre le 03 et le 05 décembre 1940, une affichette « Judische Gesellschaft » est apposée sur la devanture, des inventaires sont dressés pour lister les marchandises à vendre et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire pour vendre les commerces.

Ils sont rapidement vendus à Mme ARCHERITEGUY de Pont-Aven (Finistère) qui paient comptant lors de la vente officialisée devant le notaire Maitre Edmond LUNAUD, notaire à Saint-Nazaire. Mme ARCHERITEGUY en profitera pour racheter un troisième commerce, celui de Haïm FLORES, marchand forain à Saint-Nazaire.

Courrier de Saint-Nazaire 23 mai 1941 [ADLA, presse en ligne]

Les fonds sont versés sur un compte bloqué ouvert au nom de la famille mais géré par l’administrateur provisoire. Celui-ci a prélevé en amont sur le reliquat des sommes en caisse (8282 francs) ses émoluments pour un montant de 4500 francs, soit plus de la moitié. La famille qui n’a fait aucune demande de subsides n’a elle rien touchée.

La reprise des commerces par Mme ARCHERITEGUY ne va pas sans créer de forts remous dans les milieux commerciaux de la région puisqu’une plainte est déposée auprès du Commissariat de police de la Baule et auprès de la Chambre de Commerce de Saint-Nazaire.

Archives Départementales de Loire-Atlantique [ADLA 1803W98]

Faut-il y voir une maigre tentative de sursoir aux mesures discriminantes envers les Juifs de la part du sous-préfet ou tout simplement une manière de protéger l’exercice des commerces implantés depuis fort longtemps sur le secteur ? Toujours est-il que le sous-préfet de Saint-Nazaire somme la toute nouvelle propriétaire de fermer son commerce de la Baule.

 Archives Départementales de Loire-Atlantique [ADLA 1803W98]
Archives Départementales de Loire-Atlantique [ADLA 1803W98]

Par ailleurs, la TSF de la famille est confisquée et et ramenée vers le mois de décembre 1941 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire.

Confiscation des postes de TSF [ADLA 1694W94]

La mention juive est apposée sur les cartes d’identité (ou leurs récépissés) en octobre/novembre 1940. Rose MENDELOVICI (la mère de Joseph) y verra cette mention apposée sur son récépissé, et la préfecture (ou sous-préfecture), faute de tampon, le fera de manière manuscrite.

Dossier d'étranger de Rose MENDELOVICI ADLA 4M946
Dossier d’étranger de Rose MENDELOVICI [ADLA 4M946]

Plus tard, une affiche sur le remblai interpelle l’oncle de Jacques, Henri. Celle-ci indique «Interdit aux chiens et aux juifs». Ce même oncle sera plus tard humilié par un allemand en se prenant un «coup de pied au cul».

Les familles décident donc de quitter Pornichet et de trouver un endroit sûr pour se cacher. Joseph et son frère partent, passent la ligne de démarcation pour trouver contact afin de fabriquer des fausses pièces d’identité, des points de passage de la ligne de démarcation et de l’argent. A l’automne 1941, ils ne sont toujours pas rentrés, Joseph ne récupérant pas sa carte d’alimentation. Rose a quitté Pornichet pour le Pré-Saint-Gervais.

Registre de distribution des cartes d'alimentation [Archives Municipales de Pornichet]
Registre de distribution des cartes d’alimentation [Archives Municipales de Pornichet]

L’objectif est atteint, ils trouvent un lieu propice situé dans les Alpes, en zone italienne. Les deux frères remontent jusqu’à la côte afin d’avertir les membres de la famille restants puis redescendent afin de préparer leur arrivée. Ils prennent le train, de nuit, jusqu’à la ligne de démarcation qu’un passeur doit leur faire passer de nuit. Jacques ne comprenait pas tout mais savait qu’il y avait quelque chose d’anormal. Ils marchent quelques temps avant que le passeur ne les laisse, leur disant de continuer tout droit afin de gagner la zone libre. Peut-être les avait-il trahis? Ou n’était-ce qu’une simple coïncidence? On ne le saura pas, mais l’idée de la trahison est probable puisque quelques mètres plus tard, ils sont arrêtés par un officier allemand. Celui-ci les conduit, à pied, jusqu’à une ferme afin d’aller chercher la troupe. Jacques se souvient d’un paysan qui les pointait de son fusil, il était là pour les surveiller mais selon lui, ils auraient pu s’enfuir. La patrouille allemande arrive et les amène, à pied, vers une prison. Ils sont alors expulsés en zone libre. Cette période reste pour Jacques, âgé alors de sept-huit ans, une «période épouvantable» où il subit une entrée brutale dans la pré-adolescence. La famille arrive au Sappey, petit village savoyard sensé les cacher, retrouve Joseph et prend une nouvelle identité. Ils logent dans un hôtel « Le Bon Abri ». Jacques, ses parents et sa sœur Monique vivront le reste de la guerre sous le nom de «LECLERC». Toute la famille Mendelovici avait fini par les rejoindre et avaient également changé d’identité. Ainsi, aucun lien de parenté n’était détectable. Dans ce petit village se trouvait des personnes dotées d’une gentillesse incomparable, Jacques retient notamment le couple, les Vogel, tenant un hôtel mais surtout son instituteur, Monsieur Luyat, qui l’a accepté dans sa classe avec sa sœur. Cet homme a d’ailleurs reçu le titre de «Juste entre les nations».

«Il y avait cet instituteur, formidable et protecteur, auquel je dois une reconnaissance infinie. Une personne qui a beaucoup compté pour moi»

Gaston LUYAT [Yad Vshem France, en ligne]

Néanmoins, ils ne faisaient confiance à personne et vivaient sans cesse dans la méfiance, ils avaient peur de tout le monde.Cette période de leur vie a été sans relâche, se sentant constamment traqué. Ses parents vivent dans la peur et se préparent toujours des issues de secours ainsi que des vêtements et de l’argent avant d’aller se coucher afin de pouvoir s’échapper le plus vite possible si les allemands arrivent. Jacques et son cousin ont pris l’habitude d’aller jouer avec des enfants récupérés par l’organisation de sauvetage d’enfants, organisation juive. Ils vivaient tous ensemble, leurs parents ayant été déportés. Malheureusement, ceux-ci ont également été déportés. Tous ces événements les empêchaient de se détacher de la peur. Néanmoins, ils gardaient espoir, puisque la guerre évoluait, il y avait un tournant dans celle-ci, la guerre à l’Est ne se passait pas comme les Allemands l’avaient prévue.

A la fin du mois de mars 1943, la milice fait irruption dans le village mais heureusement pour eux, le cousin de Jacques parvient à les prévenir à temps. La mère de celui-ci a prétexté un pique-nique, il est alors parti de la maison mais a, en réalité, couru avertir les parents «Leclerc ».

Ils sont ensuite partis vers Grenoble, où il y a un attentat commis quelques temps plus tard dans la caserne allemande se trouvant à proximité de leur logement. Tous les hommes de l’immeuble où habitaient les Mendelovici ont été pris en otage à l’intérieur de celui-ci mais le père de Jacques a réussi à sortir avec une patrouille de la Gestapo. Il connaissait le risque, il savait que s’il était pris, il risquait sa vie. Mais il l’a fait, et a réussi. Ils attendaient avec impatience le débarquement des alliés, mais en temps de guerre, la notion de temps n’est pas la même: les secondes paraissent des minutes, les minutes des heures. Durant cette période d’attente, les dégradations vis-à-vis des juifs ne cessaient de se multiplier, c’était une période affreuse. Selon les nazis, les juifs et les francs maçons étaient coupables. Coupable? Mais « coupable» qu’est ce que cela signifie pour un enfant? Celle-ci s’est terminée quand, enfin, les alliés sont arrivés. Jacques se souvient de la réaction de l’instituteur, celui-ci s’est écrié: «Ils sont là! Ils sont là, avec des petites voitures ! Ils mâchent du chewing-gum!»

Quand les parents sont revenus, ils ne possédaient plus rien. De plus, les allemands occupaient toujours une petite partie de «la poche». Sa mère est arrivée dans son magasin à la Baule en hurlant, demandant à l’homme qui avait racheté le commerce pour une bouchée de pain de partir. L’homme est parti sans procédures ni accord tant il avait eu peur. Comme les parents avaient la rage de réussir, ils se sont vite remis dans la vie sans reparler de ce qui s’était passer, sans revenir en arrière. Ils occupent une maison à la Baule, la villa Sainte-Anne avenue des Opales. Jacques à repris ses études et a fait science po’ , et a beaucoup voyagé pour le travail. Depuis, Jacques se bat contre le racisme dans toutes ses formes et est un militant contre les guerres.

« On a tous des pulsions de rejet de l’autre, irraisonnées pour telle ou telle raison, c’est difficile de lutter contre cela mais il le faut à tout prix»

PINTUS Henri, Jeanne [79]

Henri PINTUS est né le 23 janvier 1867 à Sedan (Ardennes) [Père : Joseph PINTUS, fabricant de draps et Mère : Laure MOMENHEIM]. Il est marié avec Jeanne Andrée BLUM née le 01 août 1878 à Faverney (Haute-Saône) [Père : Jules Henry BLUM, marchand de draps et Mère : Rosalie BLUM, drapière].

Ils se marient le 05 avril 1899 à Paris (8ème arrondissement). Henri est alors lieutenant au 13ème régiment d’artillerie. Le couple n’a pas d’enfant.

Actes d’état civil [Archives Départementales des Ardennes, de Haute-Saône et de Paris]

Henri PINTUS a embrassé une carrière dans l’armée : incorporé le 15 septembre 1888, il va suivre les cours pendant un an de l’Ecole Militaire de l’Artillerie du Génie en 1892 et en sortir sous-lieutenant : il est affecté dans différents régiments d’artillerie pendant la guerre de 1914-18 et quitte l’armée au grade de capitaine le 01 décembre 1918 à l’âge de 51 ans. Il sera cité deux fois, obtiendra la Croix de Guerre le 12 juillet 1917 et sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 28 octobre 1925.

Registre Matricule Henri PINTUS [AD Ardennes, 1R073]
Registre Matricule Henri PINTUS [AD Ardennes, 1R073]

Nous ignorons la date d’arrivée du couple en presqu’île qui arrivent de Paris. Ils se font recensés en tant que Juif entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 79. Ils logent alors Villa Les Cormorans à Pornichet.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Le couple n’a pas, à notre connaissance, été déporté.

REBSTOCK Moïse [46]

Moïse REBSTOCK est né à Strasbourg le 25 septembre 1861. Il est marié avec deux enfants. Aucune information concernant son arrivée en presqu’île.

Acte de naissance de Moyse REBSTOCK [Archives Départementales du Bas-Rhin, en ligne]
Acte de naissance de Moyse REBSTOCK [Archives Départementales du Bas-Rhin, en ligne]

Il se trouve à Pornichet au 136, avenue de Mazy au moment du recensement du 27 septembre/20 octobre 1940 où il se déclare sous le numéro 46. Il est alors âgé de 79 ans.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Il n’a à priori pas été déporté.