BESSO Linda, Jacqueline, Jeannine, Marc [139]

Linda BESSO [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Linda BESSO [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Linda BESSO née BENTATA est née à Alexandrie (Egypte) le 10 février 1903. Elle était mariée avec Robert BESSO né le 26 mars 1890 à Corfou (Grèce) mais qui est décédé à Vittel le 09 août 1937. Le couple a trois enfants : Jacqueline Rina, l’aînée, née le 11 juillet 1924 à Bruxelles, Jeannine la cadette née le 05 juillet 1927 à Bruxelles et Marc Alfred dit Freddy né le 18 février 1929 à Bruxelles.

Acte de naissance de Marc BESSO [Etat Civil, Bruxelles]
Acte de naissance de Marc BESSO [Etat Civil, Bruxelles]

Linda BESSO a grandi à Manchester puis est partie vivre à Milan avec son mari» racontent Jacqueline et Jack, deux des neveux. «Veuve en 1937, elle revint en Angleterre. Les propos rassurant de Chamberlain, le Premier ministre Britannique, après son entrevue avec Hitler l’incitèrent à rejoindre Bruxelles où sa fille aînée préparait le bac». Quelques mois plus tard la Belgique tombe. Fuyant devant l’occupant, Linda et ses trois enfants âgés de 18, 15 et 13 ans, se retrouvent à La Baule. En terre inconnue. En juin 1941 ils y louent la villa «Martine», avenue de Lorraine.

Robert BESSO est le frère de Maurice et les deux familles quittent Bruxelles peu de temps avant l’entrée en guerre pour se réfugier à La Baule où les deux familles arrivent le 18 juillet 1939. Linda et ses trois enfants logent alors Villa Martine, avenue d’Alsace à La Baule.

Villa Martine Avenue d'Alsace la Baule
Villa Martine Avenue d’Alsace la Baule
Villa Martine Avenue d'Alsace la Baule
Villa Martine Avenue d’Alsace la Baule

Jacqueline, l’aînée, va passer son baccalauréat à La Baule qu’elle va obtenir. Elle était inscrite au cours « Le Cid » dans une villa portant le même nom située en front de mer. Au moment de l’arrivée des Allemands en presqu’île, la villa est réquisitionnée et le cours « Le Cid » se déplace dans une autre villa à l’angle de l’avenue de la Pierre Percée au numéro 12 et l’angle de l’allée des Platanes. Jean de NEYMAN qui était professeur de physique-chimie a enseigné au cours Le Cid et a donc enseigné auprès de Jacqueline et Freddy.

Plaque Jean de Neyman 12, avenue de la Pierre Percée La Baule

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22247, notice DE NEYMAN Jean, Casimir par Guy Haudebourg, Guy Krivopissko, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 juillet 2019.

https://resistance-44.fr/?Jean-de-Neyman,227

La Mouette du 20 juillet 1941 et 04 octobre 1941 [ADLA, presse en ligne]

Villa Le Cid occupée par la sous-préfecture de Saint-Nazaire date inconnue

Une troupe de théâtre composée d’élèves du cours va y être créée en mai 1941. « Les Compagnons du Cid » montent pour la première fois sur les planches. Jacqueline y joue le rôle d’Armande dans le 3ème acte des Femmes Savantes de Molière.

La Mouette 04 mai 1941 [ADLA, presse en ligne]
La Mouette 04 mai 1941 [ADLA, presse en ligne]
Jacqueline BESSO [ADML 120W58]
Jacqueline BESSO [ADML 120W58]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Linda BESSO s’enregistre en tant que Juifs auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de La Baule) sous le numéro 139.

Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]

En juin 1942, les Autorités allemandes (SD) demande des renseignements auprès des autorités françaises au sujet entre autres des familles BESSO.

Contrôle des étrangers [ADLA 1803W106]
Contrôle des étrangers [ADLA 1803W106]

La famille BESSO est arrêtée le 16 juillet 1942 à son domicile puis transférée vers Saint-Nazaire, Nantes puis Angers au Grand Séminaire.

Liste approximative des arrestations [ADLA 1694W25]
Liste approximative des arrestations [ADLA 1694W25]

Le lendemain de l’arrestation, la villa est visitée et « les armoires et buffets sont presque vides » (comme la villa La Pinada à La Baule où logeait la famille FISCHER, la villa Ma Miniou à Saint-Marie-sur-Mer où logeaient les familles CERF/SEIDENGART…).

Rapport de Gendarmerie 04 septembre 1942 [Archives Municipales de La Baule]
Rapport de Gendarmerie 04 septembre 1942 [Archives Municipales de La Baule]

Les quatre membres de la famille sont inscrits sur la liste du convoi numéro 8 mais néanmoins ne montent pas dans le train.

Liste convoi numéro 8 Angers-Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shoah]

Nous n’avons aucune information sur la raison pour laquelle la famille échappe à ce moment-là à la déportation dans ce convoi. La famille est assignée à résidence à l’Hôtel de France, place de la Gare à Angers. Il semble bien par ailleurs que quelqu’un soit intervenu pour ne pas faire déporter la famille. Au moment de la réception de la nouvelle carte d’identité de Jacqueline, il est demandé à ce que la mention Juif n’y soit pas apposée.

Dossier d'étranger de Jacqueline BESSO [ADML 120W58]
Dossier d’étranger de Jacqueline BESSO [ADML 120W58]

La famille est arrêtée le 10 août 1942 puis transférée au camp de la Lande à Monts près de Tours où « elle est logée sur de la paille dans la partie gauche du bâtiment numéro 10 servant pour l’épluchage des légumes, seul local encore disponible dans le camp« .

Registre Entrées/Sorties Camp de La Lande [ADIL 120W17]
Registre Entrées/Sorties Camp de La Lande [ADIL 120W17]
Plan Camp de La Lande [Archives Nationales, F7/15059]
Plan Camp de La Lande [Archives Nationales, F7/15059]

Fiches d’internement du Camp de La Lande [Archives Départementales d’Indre-et-Loire 120W17]

Au camp de La Lande, Marc dit Freddy BESSO écrit une lettre à son meilleur ami, Paul [CLAYESSENS] à La Baule par l’intermédiaire de Madame NEVEUX habitant Villa La Petite Dune, avenue de la mer :

La Lande, le 20 septembre 1942

Cher Paul

Tu ne peux savoir à quel point ta lettre m’a fait plaisir. Tu ne peux savoir ce que c’est que de savoir que quelqu’un pense à vous. Ici, je m’ennuie terriblement et c’est pourquoi je te demanderai de m’envoyer si tu as un jeu de cartes à toi, je te serai très reconnaissant. Que fais-tu de beau . Vas-tu à la pêche avec Georges ? René est-il de retour ? En tous cas, n’oublie pas de dire à Georges qu’il m’écrive car cela est un réconfort.
J’espère que ta maman et tes frères vont bien. Meilleurs amitiés et mes respectueux hommages à ta mère

Freddy

La famille est transférée du Camp de La Lande vers Drancy le 17 octobre 1942.

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5680]

Puis la famille est déportée par le convoi numéro 45 en même temps que les 5 autres membres de la famille de Maurice BESSO le 11 novembre 1942 de Drancy vers Auschwitz.

Liste convoi 45 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 45 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Linda 39 ans, Jacqueline 18 ans, Jeannine 15 ans et Freddy 13 ans ont été exterminés à Auschwitz-Birkenau. En l’absence d’informations, ils ont été déclarés morts pour la France 5 jours après l’arrivée du convoi.

Le frère de Linda, Robert Victor BENTATA [https://farhi.org/wc172/wc172_066.html] qui réside à Manchester, cherche à savoir ce que sont devenus sa soeur et neveu et nièces à la fin de la guerre. Une information lui sera transmise via les fiches de Drancy (verso).

Jacqueline et Jack BENTATA, les enfants de Robert, tenteront en juin 2010 de retrouver une famille bauloise afin de les remercier d’un geste particulièrement attentionné et se déplaceront à La Baule afin de la retrouver.

Robert DESPRETZ témoignera au sujet de la famille BESSO en octobre 2010.

BESSO Maurice, Fortunée, Sonia, Nelly, Suzanne [138]

Maurice BESSO est né le 10 décembre 1893 à Corfou (Grèce) et est marié avec Fortunée BESSO née le 20 juin 1897 à Corfou (Grèce). Le couple a trois enfants : Nelly née le 11 septembre 1922, Suzanne née le 12 février 1924 et Nelly née le 20 janvier 1929. Les trois enfants sont nés à Bruxelles.

La famille se réfugie à La Baule le 18 juillet 1939 et va s’installer Villa « Les Petites Buttes », avenue d’Alsace.

Certificat de résidence de la famille BESSO [ADML 120W58]
Certificat de résidence de la famille BESSO [ADML 120W58]

La famille fréquentait déjà la station avant-guerre. Le journal L’hebdomadaire « La Mouette » publie régulièrement avant-guerre la liste des personnes présentes sur la commune pendant les vacances scolaires et Maurice BESSO et sa famille résident à la « Villa la Brasardière » avenue Massenet. C’est d’ailleurs dans cette villa que la famille réside à son arrivée à La Baule en juillet 1939 avant de s’installer Villa « Les Petites Buttes » à partir du 15 juillet 1940.

Villa Les Petites Buttes avenue d'Alsace La Baule
Villa Les Petites Buttes avenue d’Alsace La Baule

Maurice BESSO participe à l’entraide des habitants de La Baule envers les réfugiés en participant au fonds de souscription organisé par la mairie qui publie régulièrement dans la presse la liste des donateurs (1939).

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Maurice BESSO se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 138. Juste après, sa belle-soeur Linda et ses trois enfants se font recenser et habitent tout près Villa Martine, Avenue d’Alsace/Avenue de Lorraine à La Baule.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

A l’automne 1941, la zone côtière devient « interdite » aux Israëlites étrangers. Maurice BESSO demande alors à bénéficier d’un sursis d’expulsion qui lui est accordé.

courrier de la sous-préfecture de Saint-Nazaire au Préfet de Loire-Inférieure du 25 novembre 1941 et 02 décembre 1941 sur le refoulement des israëlites étrangers [ADLA1694W21]

La famille BESSO Maurice quitte La Baule le 08 ou 10 juillet 1942 pour Cholet.

Contrôle de présence des Israélites [ADML 7W1]

Peut-être a-t-il été prévenu des arrestations à venir. Une enquête est demandée par le SicherheitPolizei (SD) sur un certain nombre de personnes dont les deux familles BESSO fin juillet 1942.

Commissariat de Police de La Baule [ADLA 1803W107]
Commissariat de Police de La Baule [ADLA 1803W107]

Contrôle de déplacement des Juifs [ADLA 1694W25]

Ils arrivent le 10 juillet 1942 à l’Hôtel de la Poste 30, boulevard Gustave Richard à Cholet. La famille est arrêtée le jeudi 03 septembre 1942 puis transférée sur Angers.

Le 05 septembre 1942, elle est transférée sur Drancy puis la famille entière sera déportée par le convoi numéro 45 de Drancy à Auschwitz du 11 novembre 1942.

Liste convoi 45 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 45 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Fiches d’internement Camp de Drancy [Archives Nationales F9/5680]

La famille entière (5 personnes) a été exterminée à Auschwitz-Birkenau et en l’absence d’informations a été déclarée décédée 3 jours après l’arrivée du convoi.

Dossier d’étranger de BESSO Maurice [ADML 120W58]

Dossier d’étranger de BESSO Nelly [ADML 120W58]

Dossier d’étranger de BESSO Suzanne [ADML 120W58]

BROUDO Salomon, Anna, Lucie [101]

Salomon BROUDO circa 1941 [SHD 21 P 431 008]
Salomon BROUDO circa 1941 [SHD 21 P 431 008]

La  famille BROUDO, d’origine grecque, vit à Salonique et toute la famille (très importante) exerce des métiers autour de la confection. La famille est dirigée par Lucie BROUDO née VEISSID qui gère les affaires de la famille. En 1917, le grand incendie de Salonique réduit à néant toutes les années de travail et une partie de la famille se retrouve sur le port. Par prudence, Lucie BROUDO avait caché des objets de valeur dans le puits de sa maison et était retournée dans la maison pour les récupérer.

Lucie BROUDO (mère) prend la décision de s’expatrier avec une partie de la famille et choisit la France, terre d’accueil pour beaucoup d’étrangers, et arrive en France en 1917. Le reste de la famille suivra en 1921, Salomon arrivant quant à lui le 25 juillet 1921 et réside alors 24, rue des Trois-Frères dans le 18ème arrondissement à Paris. La famille décide de rebondir et veut donner à ses enfants toutes les chances de réussir. Ils entament tous des études supérieures et exerceront quasiment tous une profession autour de l’odontologie : pour les uns chirurgiens-dentistes, pour les autres prothésistes dentaires… Les études terminées dans le Nord de la France (là où ils sont arrivés), les BROUDO exercent leur profession de dentistes à Paris.

Salomon ne suit pas le même parcours et exerce la profession de marchand ambulant en attraction foraine au moins depuis 1934. Il change d’activité et récupère une attraction lors de l’Exposition universelle de 1937 et exerce sa profession sur les différentes foires de la région dont celle du Cours Saint-Pierre à Nantes . Il s’agit d’une attraction avec de petits avions et Salomon BROUDO est très ami avec Fernand HIKIM qui lui aussi tient une attraction foraine au même endroit.

Echo de la Loire 25 août 1935 p.3 [ADLA, en ligne]
Echo de la Loire 25 août 1935 p.3 [ADLA, en ligne]
Echo de la Loire 23 avril 1939 p.5 [ADLA, presse en ligne]

Salomon dit Sylvère BROUDO est né le 07 avril 1907 à Salonique (Grèce) et est marié avec Annette prénom d’usage : Anna BAYEWSKI née le 05 juin 1908 à Paris (18ème arrondissement) depuis le 05 avril 1930 [18ème arrondissement). Il se sont mariés le dimanche 06 avril 1930 au Temple de la rue Buffault dans le 9ème arrondissement.

Le couple a un enfant : Lucie née le 17 septembre 1933 à Paris (18ème arrondissement). Au moment de son mariage, Salomon exerce la profession de cordonnier.

Actes de naissance d’Anna BAYEWSKI et mariage de Salomon BROUDO et Anna BAYEWSKI [Archives de Paris, 18N348]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Salomon se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) sous le numéro 101.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Originiaire de Paris où il habite 24, rue des 3 Petits Frères dans le 18ème arrondissement, Salomon, Anna et Lucie habitent dans un premier temps Avenue du Vélodrome à Pornichet (octobre 1940) puis déménage Villa Val d’Or avenue Charlotte à Pornichet également.

Villa Val d'Or, Avenue Monnier Pornichet © collection particulière
Villa Val d’Or, Avenue Monnier Pornichet © collection particulière

Salomon BROUDO qui tient son stand d’attraction foraine au Parc des Attractions à Pornichet Stand numéro 10 (Fernand HIKIM recensé juste avant lui également) va subir les différentes lois et décrets dans le cadre du « désenjuivement de l’économie française ».

Les scellés sont apposés sur son commerce le 04 décembre 1940. Un administrateur provisoire est nommé le 28 janvier 1941 en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire.

Dossier d'aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]
Dossier d’aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]

Salomon tente de sursoir à la liquidation et demande au Vice-Consulat de Grèce à Saint-Nazaire une dérogation eu égard à sa nationalité. Cette demande est envoyée à la Préfecture de Loire-Inférieure puis transmise aux Autorités allemandes.

Le docteur RHEINFELS de la Feldkommandantur de Nantes donne une réponse sans appel : « le fait que le demandeur est Grec ne justifie aucun traitement particulier« .

Dossier d’aryanisation Salomon BROUDO [AN AJ38/4598 dossier n°2529]

La liquidation de l’entreprise ne tarde pas et trouve un acquéreur : Monsieur Victor GERMAIN, 2 quai Duquesne à Nantes achète comptant le stock de bibelots pour 4200 francs alors que l’inventaire de début décembre 1940 l’estimait à 5300 francs. Salomon BROUDO est radié du registre du commerce et du rôle de la patente et sa licence de marchand forain est annulée.

Désormais sans ressources, Salomon BROUDO va demander à bénéficier d’un secours et le Préfet de Loire-Inférieure autorise à ce qu’on lui verse la somme de 3500 francs. Gabriel HERVOUET prélèvera quant à lui 450 francs sur la vente du commerce soit plus de 10% du prix de la vente.

Courrier de Saint-Nazaire et de la Région du 02 octobre 1941 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et de la Région du 02 octobre 1941 [ADLA, presse en ligne]

L’ordonnance du 13 août 1941 interdit aux Juifs de posséder un poste de TSF. Il ramène le sien le 26 septembre 1941 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (en même temps que Fernand HIKIM).

Confiscation des postes de TSF [1694W24]

Salomon BROUDO vient récupérer pour toute la famille les cartes d’alimentation auprès de la mairie de Pornichet le 11 novembre 1941.

registre de distribution des cartes d'alimentation [AM Pornichet, 4H107]
registre de distribution des cartes d’alimentation [AM Pornichet, 4H107]

La zone de Saint-Nazaire étant située en zone côtière interdite depuis l’automne 1941, Salomon en est refoulé et demande l’autorisation à la sous-préfecture en novembre 1941 de la quitter pour se rendre en région parisienne avec son camion-roulotte.

ADLA 1694W25
ADLA 1694W25

Salomon BROUDO se rend au Maincy (Seine-et-Marne) au 43, rue Alfred Sommier le 09 décembre 1941. Il est arrêté le 08 novembre 1942, interné à Drancy le 09 novembre 1942 et déporté par le convoi numéro 45 du 11 novembre 1942. Son épouse et sa fille ne sont pas arrêtées. Ils se réfugieront à partir de 1943 à Saint-Marcel (Saône -et-Loire).

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales F9/F9/5683]

Liste convoi 45 du 11 novembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 45 du 11 novembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Annette en juin 1945 à la Croix Rouge Française puis en août 1945 au centre d’accueil à l’Hôtel Lutetia rédige un certain nombre de courriers car elle croit dans le retour de son mari : « La Radio Suisse a émis une liste de déportés se trouvant à Odessa en voie de rapatriement dans laquelle était annoncée BROUDO Salomon de Paris« . Cette information lui a été communiquée par sa voisine qui l’a entendu le mardi 19 juin 1945 vers 14h30.

[DAVCC Caen 21 P 431008]
[DAVCC Caen 21 P 431008]

Malheureusement, les différentes recherches effectuées dans la documentation disponible (très incomplète) ne permet pas de retrouver trace de Salomon.

[DAVCC Caen 21 P 431008]

Salomon BROUDO est décédé en déportation, il avait 35 ans.

Lucie se marie à Paris (19ème arrondissement) le 05 février 1955 avec Serge RIEGER (né à Strasbourg le 05 juillet 1927) et obtiendra pour son père un certificat de décès.

Annette elle, se remarie après guerre avec Rachmiel SIROTA.