LÖWENSTAMM Edith, [Alfred, Elsa, Hugo] (NR)

Edith LÖWENSTAMM 1940 [ADLA 2101W663]

Edith LÖWENSTAMM est réfugiée à La Baule entre le 28 février 1940 et le 20 juin 1940, date à laquelle elle rejoint son domicile en Seine-et-Oise, au Pecq au 101, route de Croisy.

Recensement 1936 LE PECQ
Recensement 1936 LE PECQ

Elle séjourne à La Baule Villa les Bourgeons avenue de l’Hallali et retournera au Pecq entre le 16 et le31 mars 1940.

Le tampon « Juive » est apposé sur son récépissé de demande de carte d’identité à l’automne 1940.

Dossier d'étranger d'Edith LOWENSTAMM [ADLA 2101W663]
Dossier d’Etranger d’Edith LOWENSTAMM [ADLA 2101W663]

Edith LÖWENSTAMM est la fille d’Alfred LÖWENSTAMM né le 15 janvier 1880 à Třebíč (en allemand Trebitsch) (République Tchèque) et d’Elsa NICHTENHAUSER née le 18 septembre 1891 à Břeclav (en allemand Lundenbourg) (République Tchèque) mariés le 18 novembre 1913 à Vienne. Edith est née le 11 décembre 1914 à Vienne (Autriche) et a par ailleurs un frère Hugo né le 22 avril 1919 à Vienne (Autriche). Alfred exerce la profession dessinateur de mode comme son père et ils habitent au Pecq (Seine-et-Oise) depuis Octobre 1935.

Certificat de naissance d'Alfred LÖWENSTAMM 
[DAVCC 21 P 480151}
Certificat de naissance d’Alfred LÖWENSTAMM
[DAVCC 21 P 480151}

Alfred est arrêté le 20 février 1943 à son domicile au 101, route de Croissy au Pecq (Seine-et-Oise) par la police française puis transféré le jour même sur le camp de Drancy. André CHADELAT, teinturier-blanchisseur au 105 route de Croissy et Samuel DORES au 101 route de Croissy seront témoins de l’arrestation.

Alfred, son père, est déporté par le convoi numéro 49 du 02 mars 1943 de Drancy vers Auschwitz. En l’absence d’informations, il sera déclaré décédé 5 jours après l’arrivée du convoi soit le 7 février 1943.

Edith n’est pas déportée et décède en France, son frère au Chesnay le 20 mars 2013 et leur mère à Paris en 1981. Elsa fera les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants dans les années 50 pour l’obtention du statut de déporté politique.

BEILIN-LEWKOW David, Berthe, Lydia, Eugénie (NR)

Lydia BEILIN-LEWKOW 1929 [ADLA 4M 637]
Lydia BEILIN-LEWKOW 1935 [ADLA 2101W575]
Lydia BEILIN-LEWKOW 1938 [ADLA 2101W575]
Lydia BEILIN-LEWKOW (sans date, après 1938) [ADLA 2101W575]

La famille BEILIN-LEWKOW a un lien de parenté avec la famille de Nathan BEILIN du Pouliguen mais nous ignorons lequel. Lydia BEILIN-LEWKOW et sa soeur Eugénie rendent visite à Nathan BEILIN dans sa villa (la villa La Clarté sur la Grande Côte) en 1929 et est réfugiée par ailleurs au Pouliguen en septembre 1939.

Lydia BEILIN-LEWKOW est née le 10 décembre 1906 à Saint-Pétersbourg (Russie) [Père : David BEILIN-LEWKOW né le 6 février 1879 à Balta (Russie) [Père : Abraham et Mère : Sarah LIBERMAN] et Mère : Berthe HALPERINE née le 20 novembre 1887 à Balta (Russie) [Père : Cholom HALPERINE et Mère : Ethel MARGULES]. Lydia a une soeur, Eugénie, née le 1er août 1910 à Saint-Pétersbourg (Russie). La famille a pour nationalité réfugiée d’origine russe.

Eugénie BEILIN-LEWKOW 1929 [ADLA 4M637]

La famille réside au moins depuis 1929 toujours à la même adresse au 49, rue Chardon-Lagache dans le 16ème arrondissement à Paris, quartier d’Auteuil.

Recensement 1936 [Archives Municipales de Paris D2M8642]

En 1935, Eugénie n’habite plus avec ses parents mais réside dans le 16ème arrondissement à Paris, 25, rue de Rémusat.

En 1936, David exerce la profession de négociant.

Lydia (et peut-être le reste de la famille) est réfugiée à compter du 7 septembre 1939 au moins jusqu’au 8 juillet 1940 au Pouliguen, rue de la Gare, Villa Les Iris. Elle y fait une demande de renouvellement de carte d’identité pour étranger.

Dossier d’étranger de Lydia BEILIN-LEWKOW [ADLA 2101W575]
Villa Les Iris, rue de la Gare, Le Pouliguen

Suite aux persécutions à partir de l’été 1940, David, Berthe et Lydia quittent leur domicile pour habiter 31-33 rue Le Marois dans le 16ème arrondissement à Paris. En mars 1941, vraisemblablement pour migrer aux Etats-Unis, ils effectuent une demande de justificatif de naissance auprès de L’Office des Réfugiés Russes à fournir auprès du Consulat des Etats-Unis.

Lydia est arrêtée au domicile de ses parents du 33 rue Le Marois (16ème arrondissement, Paris) lors de la rafle dite du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 mais en est libérée le 17 juillet 1942 (raison inconnue).

David, Berthe et Lydia passent la ligne démarcation et se réfugient dans le Tarn-et-Garonne dans le village de Saint-Antonin rue de l’hôpital où ils logent chez les MAGENUS dans un appartement.

Berthe et Lydia sont arrêtées par la « Gestapo » à leur domicile le 14 juin 1943, David étant momentanément absent. Le maire de la commune, le docteur Bennet, en novembre 1944 décrit les circonstances de l’arrestation. Il précise : « Le même jour, l’appartement a été complètement pillé par la Gestapo, qui a emporté argent, valeurs, bijoux, fourrures, vêtements et linge, literie ainsi que tous les papiers de famille et de commerce. Ce qui a pu rester a fait l’objet d’un dernier prélèvement du Commissaire aux Affaires Juives, (en conséquence Monsieur BEILIN est resté sans ressources avec seulement la petite somme qu’il avait sur lui et dénué de tout vêtement. Il a échappé à la Gestapo par une absence momentanée et ensuite par le soin qu’ont pris de l’avertir [Manque des mots dans la phrase].« 

Dossier de Lydia BEILIN-LEWKOW [DAVCC 21 P 422872]

Le même jour, 8 autres personnes d’origine étrangère et de confession israélite sont arrêtées dans la commune.

Dossier de Lydia BEILIN-LEWKOW [DAVCC 21 P 422872]

Berthe et Lydia restent à Saint-Antonin du 14 au 16 juin 1943 puis sont transférées à Toulouse où elles restent jusqu’au 24 juin 1943, date de leur transfert puis internement à Drancy.

Elles sont toutes les deux déportées par le même convoi, le numéro 57 du 18 juillet 1943 vers Auschwitz-Birkenau. En l’absence d’information, elles ont été déclarées décédées 5 jours après l’arrivée du convoi soit le 23 juillet 1943, les actes de décès ayant été établis en 2011.

Un certificat d’internement sera remis à l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) de Montauban le 26 janvier 1945.

Dans les années 50, David entreprend les démarches pour l’obtention du statut de déporté politique pour sa femme et sa fille.

Eugénie décède à Vincennes le 6 août 1996.

MENIOUK Hersch (NR)

Hersch MENIOUK 1940 [ADLA 2101W673]

Hersch MENIOUK est réfugié à Saint-Brévin-les-Pins au moins à partir de janvier 1940 jusqu’au 19 avril 1940, date à laquelle il rejoint son domicile parisien au 4, rue de Thorigny dans le 3ème arrondissement à Paris.

Hersch MENIOUK est né en mai 1870 à Loutzk, capitale de l’oblast de Volhynie à l’Ouest de l’Ukraine [Père : Haïm MENIOUK et Mère : Zelda PREMATT] et est marié avec Nesca (ou Nechka ou Neska) ABELMAN. Marié en 1892 à Odessa, le couple a 11 enfants : Jeanne née à Odessa en 1893, Chaïm (Raymond) MENIOUK née à Odessa en 1895 (qui effectuera une demande auprès de l’Office des réfugiés russes pour justifier de sa nationalité), Charles né à Odessa en 1897, Maurice né à Odessa en 1899, Benjamin en 1901 à Odessa, Judas en 1904 à Odessa, Marcel MENIAC né le 13 août 1906 à Varsovie, Jacob MENIOCK né le 10 juillet 1908 à Saint-Denis, Samuel MENIACK né le 27 août 1910 à Saint-Denis (marié depuis le 23 octobre 1941 avec Sara MANCHEL née le 10 janvier 1901 à Żelechów, Paris 17ème), Henriette MENIOCK né le 18 octobre 1911 à Saint-Denis (décédée à 1 an), Anna MENIAC épouse MANCHEL née le 10 mars 1914 à Saint-Denis (mariée depuis le 23 octobre 1941 avec Abram MANCHEL né le 15 novembre 1921 à Żelechów, Paris 17ème). Samuel s’est marié le même jour que sa soeur Anna, Samuel se mariant avec la soeur de l’époux d’Anna et Anna avec le frère de l’épouse de Samuel.

Hersh exerce la profession de marchand ambulant en 1940 mais il a exercé différentes autres professions : journalier, cordonnier… et effectue une demande de renouvellement de carte d’identité auprès de la Mairie de Saint-Brévin-les-Pins en janvier 1940.

Hersch MENIOUK est arrêté lors d’une rafle par les services de police de la Préfecture de Police de Paris le 11 février 1943, interné au camp de Drancy [le 15 février 1943 selon le Ministère des Anciens Combattants] puis envoyé sur l’Hôpital Rotschild. Il est « réintégré » sur Drancy le 29 juillet 1943 et déporté deux jours plus tard le 31 juillet 1943 vers Auschwitz par le convoi numéro 58.

Anna MANCHEL et Marcel MENIAC s’occuperont des démarches d’obtention de statut de déporté politique dans les années 1950, l’acte de décès établi en 2009 précisant qu’il est décédé cinq jours après l’arrivée du convoi soit le 5 août 1943.

NAIGARTEN Faiga (NR)

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Faiga NAIGARTEN [ADLA 2101W682]

Faiga NAIGARTEN née SZEER est réfugiée au Pouliguen en avril 1940 jusqu’à l’hiver 1940, date à laquelle elle rejoint son domicile parisien.

Faiga est née le 15 juin 1905 à Włocławek (Pologne) et arrive aux alentours du mois d’avril 1940 où elle effectue une demande de renouvellement de carte d’identité pour étranger. Dans l’attente de sa carte, on lui délivre un récépisssé sur le lequel la mention Juive sera apposée. Elle réside au Pouliguen, avenue de Bel-Air, Villa Siroma.

Elle quitte Le Pouliguen le 21 août 1940 pour rejoindre Paris au 3, place Gambetta dans le 20ème arrondissement pour rejoindre (ou avec) son mari David né le 02 mars 1903 à Kalisz de profession tailleur et qui travaille dans la maison Misrahi dans le 2ème arrondissement.

Le couple qui n’a pas d’enfant ne sera pas déporté et sera naturalisé en 1948.

BESSO Joseph, Victoria, ?, ? (NR)

Joseph BESSO est né le 21 décembre 1901 à Corfou (Grèce) et est marié avec Victoria BESSO née BESSO née le 16 octobre 1910 à Corfou. Ils ont deux enfants. De nationalité grecque, ils arrivent en France le 1er août 1939 par Marseille provenant d’Egypte avec un visa obtenu auprès du Consulat Général de France au Caire valable six mois jusqu’au 31 décembre 1939.

Joseph BESSO après avoir terminé ses études en Belgique est attaché au siège central de la firme BESSO Frères à Bruxelles [Sabino BESSO né en 1888, Albert BESSO né en 1890, Maurice BESSO né en 1894 et Joseph BESSO né en 1901] d’où elle exporte ses produits manufacturés textiles. A la fondation de la filiale égyptienne en 1928 (ASATRA), il en est l’administrateur-délégué et la filiale se ramifie dans tout le Proche-Orient avec des succursales à Haïfa, Tel-Aviv, Beyrouth et Bagdad. Devant l’activité croissante de cette filiale, la firme BESSO frères fonde au Caire une fabrique de tissage pour manufacturer sur place les articles demandés par le marché local. En 1937 sont construites des usines, les Usines AL KAHIRA employant 240 ouvriers : elles fabriquent des tissus en soie naturelle et artificielle.

Prévenus par Maurice en villégiature à La Baule inquiet de la tournure des évènements en Europe, les trois familles BESSO (Linda et ses trois enfants ; Maurice, son épouse et leurs quatre enfants, Michel, Victoria et leurs deux enfants) vont loger Villa La Brasardière avenue Massenet à compter du 7 septembre 1939. La maison comporte quatre chambres en rez-de-jardin et deux chambres à l’étage.

Villa La Brasardière 1, avenue Massenet La Baule

La famille quitte La Baule à une date inconnue et d’après les indications de Linda dans un de ces courriers rejoint Marseille pour quitter la France. La famille n’a pas été déportée.

Dossier d’étranger de Joseph Michel BESSO [ADLA 4M919]

Dossier d’étranger de Victoria BESSO [ADLA 4M919]

RAVITSKY Jacob (NR)

Jacob RAVITSKY (sans date) [AFMD44]
Jacob RAVITSKY (sans date) [AFMD44/©collection particulière famille Ravitsky]

Jacob RAVITSKY est arrêté le 15 juillet 1942 à Guenrouët alors âgé de 53 ans et déporté le 20 juillet 1942 par le convoi numéro 8 d’Angers vers Auschwitz.

Jankel Jacob Moïse RAVITSKY (prénom usuel Jacob) est arrivé en France en mai 1912 à l’âge de 24 ans. Jacob est né à Bytyn (actuelle Bielorussie) le 15 novembre 1888 et s’était marié peu de temps avant son arrivée en France le 18 mars 1912 à Slonim avec Bassé (prénom usuel Berthe) GOUROVSKY de laquelle il divorce le 30 avril 1925 [Père : Lazare GOUROVSKY et Mère : Malka SCHWONIM]. Deux enfants vont naître de cette union : Lazare né le 5 avril 1913 à Paris (14ème arrondissement) et Emilie Léa née le 27 février 1919 également à Paris (12ème arrondissement) déclarés français le 3 février 1926.

Acte Naissance Lazare RAVITSKY [AN Dossier3179X26 BB/11/9202]
Acte Naissance Emilie RAVITSKY [AN Dossier3179X26 BB/11/9202]

Dans l’incapacité de fournir un acte de mariage lors de la déclaration des enfants en tant que français en 1926, les époux rédigent devant un juge paix un acte de notoriété.

En 1913, Jacob réside au 35 rue Fontaine dans le 14ème arrondissement à Paris, exerce la profession de bijoutier (comme son frère Gerson) tandis que son épouse Berthe exerce celle de corsetière. En 1919, la famille réside à Montmorency (actuel Val d’Oise), rue des Berceaux, Jacob exerce la profession de caoutchoutier (il est propriétaire d’une usine de caoutchouc) tandis que Berthe n’exerce plus de profession.

Au moins à partir de 1926, Jacob réside avec sa nouvelle épouse au 76 rue Notre-Dame de Nazareth dans le 3ème arrondissement à Paris.

Recensement Population 1926 ArtsEtMetiers 3emeArrondissemen [Archives de Paris D2M8_225_0477]
Recensement Population 1926 Arts et Metiers 3ème arrondissement [Archives de Paris D2M8_225_0477]

Jacob exerce la profession de chemisier. Il est propriétaire d’une usine à Sotteville-lès-Rouen qui emploie 250 ouvriers et ouvrières et est également propriétaire d’au moins un magasin de onfection à Paris.

Papier à en_tête de l'entreprise RAVITSKY [Archives Nationales Dossier 23351X25 B/11/9062]
Papier à en_tête de l’entreprise RAVITSKY [Archives Nationales Dossier 23351X25 BB/11/9062]

Jacob effectue une demande naturalisation en 1925 et obtient la nationalité française en 1926 [Dossier 23351X25, BB/11/9062].

Divorcée de son époux le 30 avril 1925, Berthe, sa première épouse effectue une demande de naturalisation en 1928 qu’elle obtient. On y apprend que Berthe à une soeur vivant à Paris au 26 rue Blanche (3ème arrondissement), Véra, marié avec Vladimir PECKER et qu’elle a par ailleurs un frère adoptif Naoum qui lui vit à Moscou. Elle réside depuis octobre 1925 au 45, rue Claude Bernard à Paris (5ème arrondissement). La garde de Emilie-Léa lui a été confiée tandis que Lazare est à la charge de Jacob. Par trois fois, en 1944, des tentatives de dénaturalisation vont avoir lieu à son encontre sans succès. Emile-Léa qui exerçait la profession de dentiste et qui habite avec sa mère au 5, square Albin Cachot à Paris (13ème arrondissement) est interdite d’exercer par arrêté du 2 juillet 1942 mais est relevée de cette interdiction en janvier 1943 (raison inconnue). Berthe a fui à partir de l’été 1942 (vraisemblablement en zone sud).

La nouvelle épouse avec qui jacob vit se nomme Yvonne BOSSARD, employée de commerce, avec qui il se marie le 17 décembre 1927 à la mairie du 3ème arrondissement. L’un des témoins du mariage est son frère Gerson RAVITSKY, horloger-bijoutier au 64 rue de Pigalle dans le 9ème arrondissement à Paris.

Acte de mariage RAVITSKY/BOSSARD [Archives de Paris, en ligne]

Le père d’Yvonne, son épouse, avait acheté une ferme à Guenrouët et c’est dans cet endroit que le couple vient se réfugier. (Date d’arrivée dans la commune inconnue). L’entreprise RAVITSKY est mise sous séquestre au tout début de l’année 1941 et un administrateur provisoire est nommé afin de liquider l’entreprise.

Jacob est arrêté le 15 juillet 1942 parce que Juif aux environs de Guenrouët. Jacob n’était pas recensé sur l’arrondissement de Saint-Nazaire et était de fait inconnu des services administratifs et/ou de police tant français qu’allemands.


Témoignage de Joseph Ruaud à propos de l’arrestation de Jacob :
La ferme de la Justice, en Guenrouët, fut achetée par Jacob Moïse Ravitsky. Étant juif, il se cachait sous le nom de Jacques Bossard, Bossard étant le nom de sa compagne. Je crois qu’il avait une usine de textile dans la région de Rouen. Le jour où les Allemands sont venus le chercher, ma sœur Titine et Paulette ont entendu des « Au secours ». C’était Madame Bossard, femme de Jacob Moïse Ravitsky, qui appelait au secours, car les Allemands voulaient l’amener à la place de son mari. Elle demanda donc à Titine et Paulette de dire à son mari qui se cachait au Bois de Bougard de se rendre. Elles allèrent donc au Bois de Bougard trouver M. Ravitsky, qui avisé de la situation mis pour la première fois une étoile jaune et dit cette phrase : « Adieu, mes demoiselles, vous ne me reverrez jamais !« 
Source AJPN

Jacob RAVITSKY est transféré sur le Grand Séminaire à Angers le 18 juillet 1942 puis déporté par le convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz le 20 juillet 1942.

Liste convoi 8 Angers-Auschwitz juillet 1942 [ITS Bad Arolsen, en ligne]

Jacob RAVITSKY a été sélectionné à l’arrivée du train pour rentrer dans la partie concentrationnaire d’Auschwitz. Il enverra au moins un courrier à sa femme Yvonne RAVITSKY (Chez Monsieur Joseph CHATELIER à Guenrouët) au 08 mars 1943 qui lui enverra 14 courriers jusqu’au 5 octobre 1943.

CDJC 22 P 3074_0139
CDJC 22 P 3074_0139

Ce document est issu des archives du Service 36 de l’UGIF. Les courriers envoyés par des détenus des camps de concentration (majoritairement Auschwitz et ses satellites), ont été envoyés à l’UGIF qui avait à charge de les enregistrer avant de les faire suivre à leurs destinataires. Dans ce fonds se trouve le fichier de suivi des courriers ainsi que les courriers qui n’ont pu être remis. (CDJC, en ligne)

Par ailleurs, le Ministère de la Justice à Paris qui avait instruit le dossier de naturalisation en 1926/1927 est également informé par la belle-soeur de Jacob, Mme SALMON ou SALOMON née BOSSARD demeurant à Aubervilliers 144, rue du Bateau de la demande de celle-ci d’un certificat de nationalité en mai 1943 pour je cite « son beau-frère interné (Haute-Silésie)« 

Note sur jacob RAVITSKY [Archives Nationales Dossier de naturalisation n° 23351X25 BB/11/9062]

Jacob RAVITSKY est décédé à Auschwitz (date inconnue).

Lazaze RAVITSKY, le fils de Jacob, entrera dans un réseau de Résistance sous le pseudonyme de Fontaines et sera décoré par décret publié au Journal Officiel de la République le 13 juillet 1947 de la médaille de la Résistance Française.

L’épouse de Jacob, Jeanne, se rendra au Ministère des Anciens Combattants. Un certificat lui sera remis le 25 avril 1945 attestant de la déportation de son mari.

SCHOULZ Elda (NR)

Elda SCHOULZ [ADLA 2101W720]

François ACHILLE-DELMAS transfère la moitié de ses malades de la maison de santé d’Ivry à la pension Les Charmettes avenue Flornoy à Pornichet peu après l’entrée en guerre de la France avec l’Allemagne soit le 10 septembre 1939. Parmi eux se trouve Elda SCHOULZ née MODIANO née le 23 mai 1884 à Salonique, de nationalité italienne, déjà hospitalisée depuis 12 ans dans la clinique. Elda est la fille de Vittoria (ou Victoria) MODIANO, présente également à Pornichet puis à La Baule, déportée par le convoi 8 , faisant partie des 15 femmes descendues à Drancy le 20 juillet 1942 et décédée à l’hôpital Rotschild en 1944.

Elda SCHOULZ n’est pas recensée en tant que Juif sur l’arrondissement de Saint-Nazaire comme sa mère bien qu’elle soit présente à la Pension Les Charmettes devenue clinique au moins jusqu’en janvier 1942. L’intensité des persécutions antisémites dans la logique de « purification de la race aryenne » pousse les Autorités allemandes et de facto françaises à rechercher tous les Juifs y compris les malades mentaux qu’il faut également déporter. Le maire de Pornichet renvoie ainsi un courrier au Préfet de Loire-Inférieure fin novembre 1941 répondant à sa demande de savoir si Elda SCHOULZ est de confession israélite. Son dossier d’étranger sera marqué de la lettre J (Pour Juif).

Dossier d’étranger d’Elda SCHOULZ [ADLA 2101W720]

Elda SCHOULZ n’a, à notre connaissance, pas été déportée.

MAJEROWICZ Dawid, Anna, Kéhat, Michel, Charles (NR)

Dawid et toute la famille résident à Fégréac un court moment entre 1939 et 1940.

Dawid, Lejzor MAJEROWICZ né le 13 janvier 1900 à Parczew (Pologne), son épouse Anna née NISENKIERN née le 20 août 1906 à Wołomin (Pologne) ainsi que deux de leurs enfants Kéhat né le 10 mai 1930 à Wołomin et Michel né le 3 avril 1934 à Wołomin sont arrivés en France le 1er avril 1937. Charles, le petit dernier, naît le 3 septembre 1938 à Paris (12ème arrondissement).

Dawid possède un passeport polonais délivré à Lodz le 18 mars 1937 valable six mois mais entre en France sans visa. Les durcissements du séjour des étrangers après les décrets-lois d’avril et novembre 1938 du gouvernement Daladier provoquent dès mars 1938 une enquête des autorités françaises qui rend la famille « Indésirable ».

Dossier Police de Sûreté de David Majerowicz [AN 19940462/46]
Dossier Police de Sûreté de Dawid MAJEROWICZ [AN 19940462/46]

Deux lettres vont être écrites, l’une émanant de Dawid Lejzor à Léon Blum en mars 1938 et la seconde émanant de son fils Kéhat à Albert Lebrun, président de la République un an plus tard en mars 1939. la première n’a pas été rédigée par Dawid qui ne parle ni écrit le Français. il peut s’agir d’une traduction d’un texte en yiddish ou en polonais. La qualité de l’écriture témoigne d’une personne lettrée (malgré quelques fautes d’orthographe). Cette lettre poignante est retranscrite telle quelle :

Son excellence Monsieur Léon Blum
ancien Président du Conseil
ancien Vice-Président du Conseil
Président du Parti Socialiste SFIO
Député de l’Aude


Palais Bourbon à Paris

Camerade !

A un moment de loisirs, ouvrez ces quelques pages et lisez les attentivement. Si vous êtes un homme de bonne coeur, si vous comprenez les souffrances des gens qui voyent en vous leur dernier espoir. Si les larmes d’une famille entière peuvent vous toucher, faites un geste humain et donnez une suite favorable à leur humble demande. Merci, merci infiniment et de tout coeur d’avance.

Paris, le 09 mars 1938

Cher Monsieur Léon Blum.

ce n’est pas une histoire banale que vous allez apprendre. Ce n’est pas non plus un bavardage quelconque, mais un appel déchirant et tragique d’une famille de presque cinq personnes en détresse, et à l’extrémité de ses soufrances et qui vous appellent AU SECOURS !!!

J’ai longuement réfléchis et profondément étudié ma situation avant de vous écrire et j’ai risqué ma dernière chance je joue ma dernière carte, et… mon dernier espoir.

Camerade Blum !

Cette demande n’est pas écrit avec de l’encre, mais avec du sang de mon coeur en douleur, et de notre vie à moitié brisé ! Les larmes aux yeux, cinq personnes vous apellent, aidez nous, comprenez nous, et ne refusez pas notre humble demande.

Nous sommes Quatre juifs, de nationalité polonaise, moi, ma femme et deux enfants dont un de 8 ans et un de 4 ans, avec le 3ème enfant ma femme est enceinte du 5ème mois.

Nées, élevées et habitées en pologne, nous n’avons pas pu continuer notre résidence dans ce pays meurtrière des juifs ! L’Antisémitisme, le racisme et autres semblables nous ont fait amère nos jours déjà tristes !

J’ai fondu en larmes, quand mon fils aîné, en arrivant de l’école me demandait : « pourquoi papa m’appelle t’on Youpin ? pourquoi me traite-t-on de sale juif ? suis-je pareil que les autres ? ». Que répondre à cet enfant qui n’a pas compris encore ce que c’est que d’être un juif !

Nous avons tous soufferts, nous comme les enfants, physiquement, matériellement et surtout moralement, cela dépassait toutes les limites, car sans nous flater, nous sommes plutôt des intellectuels.

Quand nos souffrances ont déjà atteintes l’extrémité, nous avons décidées de partir, quitter la pologne, mais où aller ? puisque nulle part nous n’avons pu obtenir de visa d’entrée.

Avec un passeport à mon nom seulement, nous avons tous les quatre commencé une ballade autour d’Europe. Comme des vagabonds nous nous sommes trainés à travers des frontières, quand un matin nous avons aperçu le drapeau tricolore.

SAUVEES !!!

Nous nous trouvions en France dans le pays de l’humanité, de la liberté? Sur le sol de la plus grande et profonde démocratie, et nous avons pensé qu’ici nous pourrons peut-être trouver un asile pour nos corps déjà si fatiguées !

Depuis?… voila onze mois déjà que nous sommes à Paris. Nous y sommes presque installées. La vie ici nous plait énormément, et nous sommes certains de pouvoir refaire ici notre vie si… si nous avions l’autorisation de résider en France.

Malheureusement nous n’avons rien encore, c’est à dire que nous vivons illégalement en France, et le plus malheureux, c’est que nous avons peur de nous adresser à la Préfecture de Police, car supposons que nous soyons frappées d’un arrêt d’expulsion, je ne le supporterai pas, car, où pourrons-nous aller, ailleurs ? en Pologne ? J’aurais préféré plutôt la mort. Mais continuer la vie comme ça il n’est pas possible non plus ! Chaque fois qu’on frappe à la porte, on croit qu’on vient nous arrêter. Sauf le dimanche nous ne sortons jamais de la maison ayant peur qu’on ne nous arrête dans la rue. Et pourtant nous ne sommes pas des misérables, ni des bandits ! Notre seul crime est de ne pas avoir dans la poche la carte d’Identité d’étranger. Mais comment l’obtenir ? Puisque partout on vous réponds, il faudra retourner en Pologne et il n’existe pour moi de plus terrible que d’entendre cela.

Nous nous sommes décidées alors de nous adresser à vous, cher Président, avec le plus pressant appel de nous aider.

Nous ne sommes pas des mendiants ni vagabonds, nous ne sommes pas non plus des gens qui se sont introduits en France pour y commettre des vols, meurtres ou crimes, nous ne sommes que des pauvres gens, qui ne demandons que le droit de résider en France et d’y travailler honnêtement pour gagner le modeste bout de pain, de continuer avec toutes nos forces et capacités pour le bien-être et prospérité du bon pays de la France.

Depuis les premiers jours que nous sommes à Paris, nous sommes installés en logement, notre loyer est toujours régulièrement payé, ainsi que notre gaz, électricité, etc.

En ce qui concerne nos 2 garçons, ils fréquentent ici l’école communale où ils apprennent très bien et se placent parmi les meilleurs élèves (3ème sur 58 élèves). Chose curieuse, en leur demandant s’ils veulent retourner en Pologne, ils vous répondront sans hésitation et malgré leur bas âge,  » nous aimons la France et ne veulent plus de la Pologne ». Voyez-vous que même les gosses ont déjà apprécié ce qu’est la France, ce que c’est la liberté et surtout l’humanité. Là-bas, à l’école on leur avait dit qu’ils sont des Youpins pendant qu’ici, on leur apprends de s’aimer les uns et les autres sans distinction des races, religions ou nationalités. N’est-ce pas humain ? N’est-ce pas logique ? N’est-ce pas la vraie liberté démocratique, n’est-ce pas tout ce qu’il y a d’élémentaire ?

Camerade Blum !

A genoux nous sommes devant vous et vous supplions, ayez pitié de nous et de nos enfants. A votre noble et bon coeur plein d’humanité et de compréhensions nous adressons les plus tragiques des appels, SAUVEZ-NOUS ! AIDEZ-NOUS ! et ne refusez pas notre humble demande au nom de vos nobles et respectueux sentiments que nous éprouvons pour votre grande et honorable personnalité nous vous supplions de nous aider à élever nos enfants comme il faut, de pouvoir leur donner l’instruction qui leur permette de devenir des Hommes sains et nécessaires pour la société, des Hommes dans l’atmosphère de la démocratie et de la liberté.

Donnez-nous également la possibilité que notre enfant qui doit naître d’ici 3 mois puisse porter le nom de citoyen Français ! Et peut-être nous aussi pourrons un jour être incorporés dans la grande famille des Français et assimilés au peuple de la Liberté-Egalité-Fraternité !

Nous ne demandons aucun secours de quelque nature qu’il soit car nous ne l’avons heureusement pas besoin, la seule chose dont nous vous prions c’est de nous aider en l’obtention de nos cartes d’identités d’étrangers !

Vous êtes notre seul et dernier espoir c’est dans vos mains que nous mettons tout notre destin et nous ne doutons pas que votre bon coeur, votre conscience et vos idées d’un véritable socialiste vous guideront vers la réponse favorable.

Sans cette attente et en vous assurant que nous vous serons toujours reconnaissants de nous avoir aidé, avec nos remerciements anticipés, à nos sentiments respectueusement dévoués, ainsi qu’à notre très haute considération.

Majerowicz Dawid Lejzor
Majerowicz Anna
Majerowicz Kehat
Majerowicz Michel

La deuxième lettre, tout aussi poignante, rédigée par son fils Kéhat, est retranscrite telle quelle :

Paris, le 28+3+1939

Monsieur le Président
de la République
Paris

Monsieur le Président,

Papa et Maman viennent de recevoir aujourd’hui un refus de sejour nous n’avons plus le droit de resté en France que jusqu’au 5 avril, nous devont tous partir en Pologne. Papa, Maman mois mon frère Michel et mon petit frère Charles qui est né ici à Paris. Moi je ne veut pas partir en Pologne, je n’aime pas la Pologne, je mieu la France je suis ici le 1er élève dans ma classe à l’école et l’ané dernière j’avais le prix d’excelence. Et pui mon frère Michel ne peu pas partir n’en plus par ce que il est dans un préventoriome à Céton dans le département de l’Orne. mois et mon frère Michel nous avont pensé quand nous serons grand nous seront des soldats français et notre petit frère Charles aussi.

Pourquoi veu ton donc nous renvoyé ? Mon Papa se nais pas un voleur mais un pauvre tailleur et il ne fait de mal à perssonne. Mon Papa dit que nous somme des indésirable. Que se que savedir ? mon Papa voulait écrire à Monsieur le Président mes il ne conait pas le Français alors je lui ai dit tenfepas mois je veux écrire et tu vera que Monsieur le Président nous fera resté en France je sais que monsieur le Président est un gentil Monsieur est que vous avai un bon coeur. le maître nous lavais dit à l’école alors je sai que vous ete gentil et je pense que vous alai dire a la prefecture de police qu’on nous donne des cartes d’identité est qu’on nous laisse ici à Paris.

Quand je suis arivais ici à Paris j’avais presque 7 ans et maintenant je presque 9 ans alors je ne veux plus chez les sales polaques qui m’ont toujours apelai sale juif et puis ils m’ont batus écrié que je doit alai en Palestigne mes ici à l’école on ne me bat pas et on ne me dis pas sales juif alors je veux resté ici. Il y a tant des étranger en France il n’y a donc pas des places pour nous aussie ? Alors je pleure Monsieur le Président et je vous prie de fer quelque chose pour nous que nous pouvont resté en France.

Jusqu’à présent j’ai si bien apri le Françaic et si je doit retrourné en Pologne je vais tous oublié et sa je ne veux pas je vous promai donc d’apprendre encore mieux si vous nous donne la possibilité de resté en France.

Je vous merci beaucoup Monsieur le Président et repondai moi bien vite par se que Papa a dit que la police peut venir nous metre en prisont et j’ai honte de resté en prisont avec des bandis et des voleurs. J’embrasse votre main bien tandrement.

Kéhat Majerowicz
10 rue Emile duployée Paris 18ème

La famille est sommée de quitter le territoire le 5 avril 1939.

Nous ne savons que peu de choses de la famille. En juin 1938, Kéhat est scolarisé à l’école communale 4, rue Erckmann-Chatrian dans le 18ème arrondissement à Paris. La directrice de l’école qui délivre le certificat de scolarité précise : « Très bon écolier, classé 1er de sa division (48 élèves). A toujours été inscrit au tableau d’honneur. Candidat sûr pour le Prix d’Excellence. »

Son frère Michel est quant à lui inscrit en juin 1938 à l’école maternelle 3, rue Saint-Luc dans le 18ème arrondissement à Paris.

Charles, le petit dernier, obtient la nationalité française par déclaration de son père devant le Juge de Paix de la place Jules Joffrin dans le 18ème arrondissement à Paris le 30 septembre 1938, trois semaines après sa naissance.

Michel, atteint de tuberculose, va séjourner du 16 au 31 mars 1939 au Préventorium dans le château de Glaye à Ceton dans l’Orne.

Léon Blum réagit au courrier de Dawid et en informe le directeur de cabinet du Ministère de l’Intérieur (mai 1938). En avril 1939, Le directeur de la Police du Territoire et des Etrangers surseoit à l’expulsion de la famille.

La famille fait partie des évacués de Paris à l’entrée en guerre. Outre les populations d’Alsace-Moselle évacuées vers un certain nombre de départements en province (365000 personnes évacuées dans 304 trains vers le Lot-et-Garonne, Gers et Landes pour le département du Haut-Rhin, Haute-Vienne, Dordogne et Indre pour le département du Bas-Rhin, Vienne et Charente pour le département de la Moselle), il est décidé l’évacuation des enfants de Paris. Le 31 août 1939 à 8h18, un train démarre de la gare Montparnasse avec à son bord 843 garçons de plus de 6 ans en provenance du 18ème arrondissement direction Nantes accompagnés de leurs instituteurs. Il est probable qu’Anna et Charles suivent dans la foulée et arrivent dans le nord du département à Fégréac à la limite de l’arrondissement de Saint-Nazaire.

Dawid est engagé volontaire au recrutement polonais dans la Légion Etrangère (Recrutement Seine) sous le numéro 2316 comme numéro matricule au recrutement à l’entrée en guerre en septembre 1939 mais n’a vraisemblablement pas été appelé.

[Mémoire des Hommes, en ligne]
[Mémoire des Hommes, en ligne]

Le 22 décembre 1939, Dawid effectue sa première demande carte d’identité pour étrangers auprès de la Préfecture de Loire-Inférieure. Il travaille alors comme tailleur chez les frères De Viter à Nantes au moins jusqu’au 11 mars 1940. La famille rejoint son domicile à Paris avant le recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire (1er au 21 octobre 1940).

Dawid MAJEROWICZ est le premier à être arrêté le 14 mai 1941 lors de la « rafle » dite du Billet Vert et interné à Pithiviers. Il est remis le 17 juillet 1942 aux Autorités Allemandes selon l’expression consacrée, c’est à dire déporté vers Auschwitz par le convoi numéro 6 le 17 juillet 1942. 3 jours après, le 20 juillet 1942, arrivent son épouse et ses trois enfants victimes de la rafle dite du « Vélodrome d’Hiver »

Anna est déportée par le convoi numéro 16, sans les enfants, de Pithiviers à Auschwitz le 7 août 1942. Kéhat 12 ans, Michel 8 ans et Charles 3 ans et demi restent seuls au camp de Pithiviers pendant 15 jours avant d’être transférés sur le camp de Drancy le 22 août 1942. Ils sont déportés tous les trois le 26 août 1942 par le convoi n°24 de Drancy à Auschwitz. Ils ont été gazés à l’arrivée du convoi.

FLEISZMAN Maurice, [Paul] (NR)

La Villa Bel’Aurore située Avenue des Pins a accueilli à un moment Maurice FLEISZMAN. Maurice est né le 16 avril 1921 à Paris (12ème arrondissement) et a par ailleurs un frère prénommé Paul né dans le même arrondissement que lui le 24 octobre 1924. [Père : FLEISZMAN Rachmill, ferblantier né à Jacobstadt (Jēkabpils actuelle Lettonie) en 1878 (Pologne) et Mère : Chana NOWIZKY née le30 janvier 1891 à Dworek (Pologne)]. Paul exerce la profession de fraiseur. Les deux frères résident habituellement à Fontenay-sous-Bois au 1 rue Emile Boutrais et sont naturalisés français sur déclaration de leurs parents [66281X28] depuis le 22 mai 1928.

Maurice n’est ni recensé en tant que Juif dans l’arrondissement de Saint-Nazaire en octobre 1940 ou en juin 1941.

Sa dernière adresse de résidence est à la Villa Belle Aurore, Allée des Pins à La Baule (Loire-Inférieure). Il est interné au camp de Pithiviers le 01 septembre 1942 en provenance du camp de Drancy.

Les deux frères sont arrêtés à Dax au passage de la ligne de démarcation en juillet 1942. Maurice est interné à Drancy à partir du 04 août 1942 puis à Pithiviers du 01 septembre au 20 septembre 1942.

Il est déporté le 21 septembre 1942 par le convoi 35 parti du camp de Pithiviers à destination du camp d’Auschwitz où il est déclaré décédé le 25 septembre 1942.

Listes de déportation par ordre alphabétique [ITS Bad Arolsen, en ligne]
Liste convoi 35 Pithiviers-Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Son frère Paul, est interné à Drancy comme son frère Maurice puis est transféré sur Pithiviers. Il s’évade du train le menant à Pithiviers le 01 septembre 1942 et est rattrapé par la Gendarmerie de Juvisy, est ré-interné à Drancy le 09 septembre 1942 et déporté de Drancy vers Auschwitz par le convoi 34 parti de France le 18 septembre 1942. D’après Rachmill son père : « Nous avons su que mon fils avait tenté de s’évader et que blessé dans sa tentative, il aurait été hospitalisé à l’Hôtel Dieu.« 

Deux Storpersteine (pierre d’achoppement) seront posées et inaugurées devant leur domicile de Fontenay-sous-Bois en leur mémoire.

Aucun d’eux n’est revenu. Rachmill fera les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de régulariser la situation administrative de ses deux fils.

ABRAMOWICZ Jacques, Hélène, Adjel ; MARCHEWSKI Israël [NR]

Ajdel ABRAMOWICZ vivait maritalement avec Israël MARCHEWSKI (ou MARCHEVSKA) depuis octobre 1938. Adjel est née le 01 septembre 1913 à Kutno, district de Lodz, Pologne et son conjoint le 03 mai 1897 à Pińczów (Pologne). Ils habitent 15 rue des Vignerons à Vincennes. Leur premier enfant, Hélène, 4 ans, est née à Paris (4ème arrondissement) le 09 avril 1938 tandis que Jacques, le cadet, 2 ans, est né à Saint-Nazaire le 04 octobre 1939 à l’Hôpital et c’est Henri ALLANET, directeur économe, qui effectue la déclaration de naissance auprès des services de l’Etat Civil de la Mairie de Saint-Nazaire. Adjel déclare reconnaître Jacques à la mairie de Vincennes un peu plus tard le 17 décembre 1940, commune où ils sont arrivés après 1936.

Adjel est arrivée en France en France le 10 août 1934. Israël est représentant de commerce pour la maison de confection Edelman, 30 rue du Caire à Paris (2ème arrondissement).

Ils ont été arrêtés lors de la rafle dite du Vel’d’Hiv’ du 16 et 17 juillet 1942 puis transférés sur le camp de Pithiviers le 21 juillet 1942. Israël, le père, transféré de Pithiviers à Drancy le 31 juillet 1942 est déporté le jour même de son arrivée à Drancy par le convoi n° 13 de Drancy à Auschwitz du 31 juillet 1942 ; Adjel, la mère est transférée de Pithiviers vers Drancy le 02 août 1942 et déportée le lendemain par le convoi n° 14 de Pithiviers vers Auschwitz le 03 août 1942. Quant aux enfants Hélène et Jacques, ils ont été déportés à priori et selon Serge Klarsfeld dans le Mémorial des Enfants par le convoi n° 20 du 17 août 1942 de Pithiviers vers Auschwitz. Il manque une page dans la liste de déportation. Mais Il semble, d’après les informations dont nous disposons, qu’ils aient tous les deux rejoints Drancy le 25 août 1942 pour être déportés par la suite.

Aucune demande de rectification de statut n’a été effectuée auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre. Il faut attendre 2013 pour que les actes de décès soient établis pour transcription à l’état civil.