BEHAR [Mardochée, Victoria, Isidore, Albert, Léa] [NR]

Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardoché et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardochée et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Mardochée dit Marcel BEHAR est né le 18 mai 1889 à Jérusalem [Père : Nissim BEHAR et Mère : Léa ELIEZER] et est marié avec Victoria FUENTES née le 15 décembre 1897 à Constantinople (Turquie) [Père : Nissim FUENTES et Mère : Léa YANNI]. Le couple a trois enfants : Isidore né le 01 juillet 1920 à Marseille (il sera reconnu lors du mariage de Mardochée et Victoria le 03 avril 1924 à Paris (11ème arrondissement), Albert le 30 septembre 1922 à Maubeuge et Léa née le 01 juillet 1927 à Maubeuge.

Acte de naissance d'Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance d’Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
 Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]

Mardochée BEHAR et son épouse ont été naturalisés français (dossier n°34402X36) par décret du 01 octobre 1937 alors qu’ils étaient domiciliés à Maubeuge 52, rue de l’Esplanade.

[DAVCC 21 P 422 822]
[DAVCC 21 P 422 822]

La famille BEHAR est réfugiée du Nord de la France (source : « Mémorial des Victimes de la Persécution Allemande en Loire-Inférieure 1940-1945 » – Jean-Pierre SAUVAGE et Xavier TROCHU – Archives Municipales de Nantes) de Maubeuge en 1940 et se rend à Mers-les-Bains (Somme) au 13, rue Nationale.

La famille a une relation particulière avec Le Pouliguen puisqu’elle y avait déjà séjourné déjà avant-guerre pour des raisons médicales liées à Victoria . La famille n’est pas recensée en Loire-Inférieure.

Mardochée BEHAR est arrêté le 04 janvier 1944 avec son épouse Victoria et leur fille Léa. Les circonstances de l’arrestation sont racontées dans 3 témoignages recueillis en 1962 par des gendarmes auprès d’Etienne CHANTRELLE, ancien maire de Mers-les-Bains, de Suzanne POUILLY, employée de mairie et Berthe BEHAR, commerçante.

Elle est emmenée sur Abbeville puis transférée au camp de Drancy le 06 janvier 1944.

Fiches du camp de Drancy [Archives Nationales F9/]

La famille BEHAR sera déportée par le convoi numéro 66 au départ de Drancy vers Auschwitz le 20 janvier 1944 et sera déclaré décédé à Auschwitz le 25 janvier 1944.

Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Différentes feuilles de témoignage seront déposées sur le site de Yad Vashem en mémoire de la famille.

Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]
Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]

Les deux frères de Léa, Albert et Isidore ne sont pas arrêtés. Isidore est déjà marié avec Honorata OLEK née le 20 octobre 1919 à Czekowice (Pologne) mariage célébré à Maubeuge (Nord) le 24 avril 1937. Honorata est également arrêtée puis internée à Drancy à partir du 06 janvier 1944 avec sa fille Victoria Suzanne dite Tinouka née en 1937. Elles seront toutes deux libérées le 31 janvier 1944.

Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Témoignage oral d’ Y. née BEHAR

Honorata et Victoria (Tinouka) vont être arrêtées et transférées à Drancy et y rester pendant quatre mois. Honorata est d’origine polonaise et catholique. Elle est arrêtée par erreur. Elle m’a juste dit que les conditions là-bas étaient miséreuses.

Honorata (et sa fille Victoria dit Tinouka) sont enregistrés à Drancy sous le numéro 11005.

« En 1943, la Gestapo vient arrêter mon oncle Albert à Mers-les-Bains mais il est parti à la pêche. A la place, il arrête Isidore qui va partir en Allemagne faire le STO. Ils ne m’ont jamais rien raconté et ils n’ont jamais voulu en parler et je n’ai que peu de souvenirs.

« Tout ce que je sais, c’est qu’après la guerre, tout le monde arrive au Pouliguen parce que Victoria (Tinouka) est malade et on nous conseille d’aller habiter au bord de la mer au Pouliguen. Nous, on connaissait rien au Pouliguen. Isidore était tout le contraire de son frère Albert, très discret. On a habité Villa Le Lotus au Pouliguen pendant longtemps [Rue du Moulin]. On était locataires mais on a changé plusieurs fois de maisons.

Isidore exerçait la profession de marchand de tissus sur les marchés mais il ne faisait pas de linge, c’était son frère (Albert) qui faisait le linge. C’était un landier. Il vendait au baratin. Il faisait le marché du Pouliguen, de Pornichet, du Croisic… « .

Victoria dite Tinouka BEHAR se mariera au Pouliguen en 1958.

Les deux frères, Albert et Isidore viendront donc après-guerre s’installer au Pouliguen. Albert aidé de Maître ALLARD, ancien notaire, effectuera auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre les démarches sur l’état-civil de sa soeur et de ses parents et obtiendra les cartes de déportés politiques. Il résidait Villa Le Lotus, 36 rue du Moulin au Pouliguen.

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