INOWROCLAWSKI Salomon, Eva, Ginette (NR)

Salomon Sylvain INOWROCLAWSKI est présent à La Baule au moins à partir de 1931 et exerce la profession de coiffeur en 1934-1935 où il tient un salon de coiffure/parfumerie au 40, avenue de la gare. Le salon ferme en 1935 et est repris par Joseph JOZEFOVITCH, renommé « Sylvain » en septembre 1935. [L’épouse de Salomon a comme nom de jeune fille JOSEPHOVITCH].

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]

Né le 17 septembre 1902 à Kielce (Pologne) [Père : Isaac INOWROCLAWSKI et Mère : Marie BYWALSKI], il se marie le 27 janvier 1927 à Paris (11ème arrondissement) avec Chawa Eva (prénom usuel Eva) IOUSEFOVITCH née à Kalisz (Pologne) le 14 janvier 1911. Le couple a un enfant (recherche en cours) : Mariem Ginette née le 09 juillet 1929 à Paris (10ème arrondissement). Au moment de leur mariage, le couple habite au même endroit au 181, rue Saint-Maur (Paris, 10ème arrondissement). La mère de Salomon est décédée et Salomon exerce la profession de tapissier au moment de son mariage. Eva signe son acte de mariage au nom de JOSEPHOVITCH.

Acte de mariage de Salomon INOWROCLAWSKI et Chawa Eva IOUSEFOVITCH [Archives de Paris, 10M408]

En 1931, il est naturalisé français par décret du 24 novembre 1931 et publié au Journal officiel le 06 décembre 1931.

Journal Officiel de la République Française Lois et Décrets du 06 décembre 1931 p.12474
Journal Officiel de la République Française Lois et Décrets du 06 décembre 1931 p.12474

Salomon est arrêté le 29 août 1941 à Paris (source : USHMM) (Le 20 août 1941 et dans les jours qui suivirent, une partie du XIème arrondissement est bouclée et la police allemande et française procèdent à 4232 arrestations de Juifs étrangers et français (1500) , Salomon résidant au moment de son arrestation dans cet arrondissement au 71, avenue de la République).

Il est déporté de Pithiviers vers Auschwitz le 21 septembre 1942.

Liste convoi 35 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 35 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Il est présent sur une liste de 4500 prisonniers du camp d’Auschwitz au 01 avril 1944. [https://www.ushmm.org/online/hsv/person_view.php?PersonId=4888297]

Prisoner registration forms from Auschwitz : https://www.ushmm.org/online/hsv/source_view.php?SourceId=21303]
Prisoner registration forms from Auschwitz : https://www.ushmm.org/online/hsv/source_view.php?SourceId=21303]

Face à l’avance des armées soviétiques, un certain nombre de prisonniers sont évacués/déplacés d’un camp à l’autre. Salomon a été évacué du Camp d’Auschwitz vers au moins deux camps successifs : le KL (Konzentration Läger) Gross-Rosen puis le KL Buchenwald (numéro de prisonnier 125452) où il arrive le 10 février 1945. Salomon est décédé au KL Buchenwald le 10 février 1945, déclaré « Mort pour la France », il avait 42 ans.

Acte de décès de Salomon INOWROCLAWSKI [Archives de Paris, 11D353]
Acte de décès de Salomon INOWROCLAWSKI [Archives de Paris, 11D353]

Fiches d’internement du KL Buchenwald [ITS Bad Arolsen]

FILIBA Nathan, Esther, Eugénie

Nathan FILIBA est né le 19 mai 1880 à Constantinople et est arrivé en France à l’âge de 19 ans en 1899. En 1907, il réside 42 Faubourg Montmartre dans le 9ème arrondissement à Paris. Il a un frère et trois soeurs. Son frère exerce la profession de métallurgiste et habite en 1926 au 64, faubourg Montmartre dans le 9ème arrondissement à Paris. Il sera engagé volontaire en 1914. Ses trois soeurs habitent avec lui au 137 avenue d’Italie dans le 13ème arrondissement à Paris : Fanny née en 1885 et mariée à un français, Suzanne RICHARD et Rachel ARAMIANTZ.

Il est marié depuis le 04 juillet 1907 (Paris, 9ème arrondissement) avec FILIBA née FILIBA Esther née le 26 juillet 1882 à Constantinople également. Il semble que le mariage ait été annulé puisque l’acte de mariage d’origine est rayé puis retranscrit cette fois-ci le 25 juillet 1907. Lors de ce mariage, le couple légitime l’enfant qu’ils avaient eu quelque temps auparavant. : Eugénie née le 09 février 1907 à Paris (9ème arrondissement). Il exerce successivement les professions de négociant en bijouterie, parfumeurs au début du siècle.

Acte de mariage de Nathan et Esther FILIBA et acte de naissance d’Eugénie FILIBA [Archives de Paris, actes d’état civil, en ligne]

En 1926, Nathan FILIBA exerce la profession d’antiquaire en association avec un compatriote naturalisé américain : Monsieur DARSA au 137, avenue d’Italie (Paris, 9ème arrondissement) et habite au 45, rue de Sèvres (Paris, 6ème arrondissement).

Il effectue une demande de naturalisation en 1925.

Dossier de naturalisation de Nathan FILIBA [Archives Nationales, 18989X25]
Dossier de naturalisation de Nathan FILIBA [Archives Nationales, 18989X25]

Les époux FILIBA obtiennent leur naturalisation en 1926 [Paru au JO du 27 juillet 1926]. [Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65172988/f91.item.r=FILIBA%20Nathan]

JORF 27 juillet 1926
JORF 27 juillet 1926

Leur fille Eugénie se marie avec Marks STOCK le 12 mars 1935 (Paris, 10ème arrondissement). Nathan et Esther résident alors 79, avenue de Ségur à Paris (15ème arrondissement).

Acte de mariage d'Eugénie et Marks STOCK [Archives de Paris, en ligne]
Acte de mariage d’Eugénie et Marks STOCK [Archives de Paris, en ligne]

Peu de temps après le mariage de leur fille, les époux FILIBA se dirigent sur La Baule et Nathan va exercer la profession d’antiquaire dans un des commerces du casino tandis que son épouse Esther tient un magasin de bijouterie, tapis également dans les commerces situés tout autour du casino de La Baule.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Nathan FILIBA se déclare en temps que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de La Baule) sous le numéro 105.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La Préfecture de Loire-Inférieure liste les ressortissants slovaques, polonais, autrichiens et allemands. Nathan apparaît dans ce fichier mais une erreur a été commise car il n’est pas de nationalité polonaise.

Fiches Polonais, Slovaques, Autrichiens, Allemands sans date [ADLA 1694W24]
Fiches Polonais, Slovaques, Autrichiens, Allemands sans date [ADLA 1694W24]

En octobre 1940, les Autorités Allemandes confisquent tous les postes de TSF appartenant à des Juifs. Cette décision sera officialisée par l’ordonnance du 13 août 1941. Nathan ramène le sien le 29 septembre 1941 à la sous-préfecture de Saint-Nazaire.

Confiscation des postes de TSF [ADLA 1694W24]

Nathan et Esther FILIBA sont arrêtés à la Baule entre le 15 et le 16 juillet 1942 puis transférés sur Saint-Nazaire, Nantes et Angers au Grand Séminaire.

Listes d’arrestations provisoire et définitive [ADLA 1694W25]

Prévus pour être embarqués dans le convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz, Nathan fait partie des 14 hommes qui durant le trajet du train descendent à Drancy (raison inconnue).

Liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Esther est quant à elle rayée de la liste du convoi numéro 8 et est dirigée vers le Camp de la Lande à Monts près de Tours où elle arrive le 20 juillet 1942 par le train d’Angers à 15h31.

ADIL 120W18]
ADIL 120W18]

Esther est transférée à Drancy fin août 1942 tandis que Nathan est transféré de Drancy à Pithiviers.

 Fiche d'internement camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5691]
Fiche d’internement camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5691]

Nathan est déporté par le convoi numéro 35 de Pithiviers à Auschwitz le 21 septembre 1942 tandis qu’Esther est déportée de Drancy à Auschwitz le 23 septembre 1942.

Les commerces juifs étant devenus vacants, le magasin de Nathan FILIBA sera réquisitionné par les Autorités Allemandes en 1943.

Déclaration de réquisition du 20 septembre 1943 (magasins occupés dès le 01 février 1943) des magasins Lina et Filiba dans la galerie du casino [Archives Municipales de La Baule 4H42]

Eugénie FILIBA épouse STOCK domiciliée 2, rue Jean-François GERBILLON dans le 6ème arrondissement à Paris, la fille de Nathan et Esther n’a pas été déportée. Elle écrira à la Mairie de La Baule en 1946 pour percevoir une indemnisation.

WEISBACH Jules, Germaine, Jean-Claude

Jules WEISBACH est né le 15 mai 1883 à Verdun (Meuse) [Père : Sigismond WEISBACH, négociant et mère : Jeannette LOEW] et est marié avec Germaine FRANCK née le 25 novembre 1891 à Paris (16ème arrondissement) [Père : Ernest FRANCK, quincailler et Mère : Berthe MOYS]

Actes d’état civil [Archives Départementales de la Meuse 2E558 et Archives de Paris 16V4E 7278]

Ils se sont mariés à Paris (16ème arrondissement) le 26 août 1910 et de cette union va naître un enfant, Jean-Claude né à Lille le 09 avril 1922.

Acte de mariage [Archives de Paris 16M215]

Ils résident à La Baule, Villa La Fanchette, avenue de la Voie Lactée et Jean-Claude poursuit ses études de médecine à la Faculté de Médecine de Nantes. Jules exerce la profession de négociant. Nous n’avons pas d’informations concernant leur date d’arrivée à la Baule mais ils arrivent du Nord de la France, Lille et vont dans un premier temps loger Villa Ker Magdeleine, avenue des Erables.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre, Jules WEISBACH se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de la Baule) conformément à la 1ère ordonnance allemande sous le numéro 65.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La famille est arrêtée entre le 15 et le 17 juillet 1942, dirigée sur Saint-Nazaire puis Nantes et enfin Angers au Grand Séminaire.

Liste récapitulative des arrestations 1944 [ADLA 1694W25]
Liste récapitulative des arrestations 1944 [ADLA 1694W25]

Apprenant l’arrestation, Maurice FRANCK, le frère de Germaine, écrit un premier courrier au Préfet de Loire-Inférieure pour faire libérer la famille en insistant sur le fait que toute la famille est française, que Jules WEISBACH est ancien combattant (de la guerre de 1914-1918) et qu’il est lui-même « ancien membre militant du PPF ».

Lettre manuscrite de Maurice FRANCK au Préfet de Loire-Inférieure septembre 1942 [ADLA 1694W25]

Puis un deuxième courrier le 13 octobre 1942 qui lui, reçoit une réponse de la sous-préfecture de Saint-Nazaire.

Lettre manuscrite de Maurice FRANCK au Préfet de Loire-Inférieure 13 octobre 1942 et réponse de la sous-préfecture [ADLA 1694W25]

Germaine et Jean-Claude sont déportés par le convoi numéro 8 d’Angers vers Auschwitz le 20 juillet 1942 tandis que Jules est rayé de la liste du convoi et fait partie des 14 hommes descendus à Drancy.

Listes convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Germaine WEISBACH avait 50 ans lors de son décès à Auschwitz. Jean-Claude a été enregistré dans le camp et est décédé à l’âge de 20 ans le 11 octobre 1942, soit trois mois après son arrivée dans le camp.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Jules WEISBACH quitte le camp de Drancy le 04 septembre 1942 pour le camp de Pithiviers pour être déporté à Auschwitz le 21 septembre 1942 par le convoi numéro 35. Il est décédé à l’âge de 59 ans. C’est Maurice FRANCK son beau-frère qui recherchant la famille à la fin de la guerre obtiendra un certificat attestant de la déportation de celle-ci.

Fiches d’internement camp de Pithiviers [AN, F/9]

Des feuilles de témoignage seront déposées en mémoire de la famille sur le site de Yad Vashem.


SIMON Lucien, Jeanne, Yvonne

Lucien SIMON est né le 16 mai 1869 à Paris (4ème arrondissement) [Père : Félix SIMON, doreur et Mère : Rachel BLOCH. Il se marie le 03 janvier 1901 à Paris (9ème arrondissement) avec Jeanne LEFI née le 22 avril 1875 à Nantes (6ème canton) [Père : Moïse LEFI, négociant et mère : Frédérique Lucie MARX].

Les témoins lors de la naissance de Jeanne LEFI sont Cerf MARX, propriétaire et Edouard SILZ, négociant et les témoins lors du mariage de Lucien et Jeanne sont Auguste KOLP et Bernard MARX.

De cette union vont naître Yvonne née le 17 octobre 1901 à Dunkerque, Eliane née le 20 août 1907 et Frédéric né le 03 novembre 1909.

Actes d’Etat Civil [Archives Départementales du Nord et Archives de la Mairie de Paris, en ligne]

Lucien SIMON a été professeur au Collège Jean Bart à Dunkerque et habitait à l’époque place de la petite Chapelle. Il est par ailleurs Officier d’Académie. Au moment de sa retraite, il quitte Dunkerque pour Paris où il habite 117, boulevard Jourdan dans le 14ème arrondissement au moment du mariage de sa deuxième fille en 1936.

La famille SIMON est étroitement liée aux familles MARX/KOLP qui possède quelques biens immobiliers sur Pornic et c’est sans doute la raison pour laquelle la famille (Lucien, Jeanne et l’aînée des filles, Yvonne, célibataire) vient s’y réfugier, plus précisément sur le quai Leray.

Lucien SIMON n’est pas recensé sur l’arrondissement de Saint-Nazaire mais toute la famille est arrêtée entre le 15 et le 17 juillet 1942.

Lucien, son épouse Jeanne et sa fille Yvonne sont arrêtés à Pornic entre le 15 et le 17 juillet 1942 puis transférés sur Nantes puis Angers.

Listes d’arrestations [ADLA 1694W25]

Yvonne est déportée par le convoi numéro 8 d’Angers vers Auschwitz le 20 juillet 1942. Elle avait 40 ans.

Liste Convoi 8 20 juillet 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste Convoi 8 20 juillet 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Jeanne et Lucien sont rayés de la liste du convoi et font partie des 29 personnes descendues à Drancy.

Jeanne est déportée par le convoi numéro 35 de Pithiviers vers Auschwitz le 21 septembre 1942. Elle périt à Auschwitz, elle avait 67 ans.

Liste Convoi Pithiviers-Auschwitz 21 septembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste Convoi Pithiviers-Auschwitz 21 septembre 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Son mari échappe à la déportation et décède à Paris (12ème arrondissement) le 25 août 1954.

AARON Emile, Lucie, Edmée, Suzette

Emile AARON est né le 15 novembre 1893 à Bouxviller (Bas-Rhin) [Père : AARON Israël et Mère : ?]. Il s’est marié le 11 janvier 1921 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin) avec Lucie DREYFUS née le 04 juin 1897 à Niderbronn-les-Bains [Père : Moses DREYFUS et Mère : Anna FLEXNER]. Deux enfants vont naître de cette union : Edmée, l’aînée née le 30 octobre 1921 à Niederbronn-les-Bains et Suzette, la cadette, née le 14 avril 1924 à Niederbronn-les-Bains.

Acte mariage AARON/DREYFUS [Mairie Niederbronn-les-Bains]
Acte mariage AARON/DREYFUS [Mairie Niederbronn-les-Bains]

Evacuée d’Alsace Lorraine à l’entrée en guerre au tout début de septembre 1939, la famille est réfugiée à Pornic.

Conformément à la 1ère ordonnance allemande, la famille AARON effectue le recensement auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou la mairie de Pornic où elle figure en numéro 31.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Au cours de l’automne 1941, Emile AARON signe le registre pour récupérer les cartes d’alimentation de la famille.

Registre des cartes d’alimentation [Archives Municipales de Pornic, H15]

La famille est arrêtée à Pornic entre le 15 et 17 juillet 1942 puis transférée sur Nantes puis Angers.

Listes d’arrestation du 15 au 17 juillet 1942 [ADLA 1694W25]

Lucie, Edmée et Suzette sont déportées par le convoi numéro 8 d’Angers à Auschwitz le 20 juillet 1942.

Liste Convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste Convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Emile est rayé de la liste du convoi numéro 8 et fait partie des 14 hommes descendus à Drancy. Nous ignorons la raison de ce débarquement et sur cette liste, il est précisé qu’il habite rue Jeanne d’Arc à Pornichet. (?)

Emile AARON est déporté par le convoi 35 de Pithiviers à Auschwitz le 21 septembre 1942.

Extrait liste convoi 35 Pithiviers Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shaoh, en ligne]
Extrait liste convoi 35 Pithiviers Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Toute la famille a été exterminée à Auschwitz. Emile avait 48 ans, Lucie son épouse, 45 ans, Edmée 20 ans et Suzette 18 ans. De nombreuses feuilles de témoignage ont été déposées à Yad Vashem.

CERF Léon, Aimée

Betty SEIDENGART (17 mois) et Léon CERF, son grand-père 59, ans, septembre 1941
© collection particulière
[la photographie a été prise dans le jardin de la villa Ma Miniou]
Au centre Léon CERF, à droite sa fille Simone SEIDENGART et à gauche, le mari de Simone, André SEIDENGART
© collection particulière

Léon CERF est né le 03 janvier 1882 à Paris (4ème arrondissement) [Père : CERF Wollf, horloger et Mère : ALVITZKI, Augustine, casquetière]. Il est marié avec Aimée née HERSE née le 16 décembre 1883 à Paris (4ème arrondissement) [Père ; HERSE Adolphe, fabricant de casquettes et Mère : WEINDENBACH Laure]. Ils se sont mariés le 04 novembre 1909 à la mairie du 3ème arrondissement à Paris et ont eu fille Simone née le 19 janvier 1911 à Paris (3ème arrondissement).

La famille possède une petite maison située à Sainte-Marie sur Mer acquise en 1924 située entre la place de l’église et la mer, la villa Ma Miniou. La famille habite alors 52, rue d’Hauteville dans le 10ème arrondissement à Paris au moment de l’achat de la villa où Léon exerce la profession d’attaché de laboratoire. C’est la profession qu’il déclare au moment du recensement à croiser avec celle déclarée au moment de son internement à Pithiviers : Directeur de la maison CIBA [Chemische Industrie BAsel] . La maison CIBA est un laboratoire pharmaceutique créé en Suisse au milieu du XIXème siècle avec de multiples succursales à l’étranger spécialisé dans les colorants qui diversifie ses activités autour des produits chimiques et parachimiques. Comme beaucoup de laboratoires à l’époque, elle est également maison d’édition et éditera de nombreux ouvrages en particulier sur les hôpitaux parisiens.

Villa "Ma Miniou" Sainte-Marie-sur-Mer © collection particulière
Villa « Ma Miniou » Sainte-Marie-sur-Mer © collection particulière

Nous n’avons pas la date d’arrivée à Saint-Marie sur Mer. Néanmoins, toute la famille s’y retrouve au moins à partir de septembre 1940 et dans la région de Nantes au moins à partir d’avril 1940 puisque la petite-fille de Léon, Elisabeth y naît le 22 avril 1940.

Aimée CERF est enregistrée en tant que réfugiée auprès de la mairie de Sainte-Marie-sur-Mer. Elle est dans le même temps accompagnée par la mère d’André SEIDENGART, Adèle ZADENGART dit SEIDENGART et par la soeur d’Aimée, Annette TEIFEL (née HERSE).

Les mairies gèrent au mieux l’arrivée massive des réfugiés de septembre 1939 et de mai/juin 1940. A Sainte-Marie, ces « registres » prennent la forme de cahiers d’écolier (et il en existe plusieurs) mais aucune date sur aucun d’entre eux. On supposera qu’Adèle SEIDENGART et Annette TEIFEL sont arrivées dans le même temps que le reste de la famille, certainement pour être présentes lors de l’accouchement de Simone. Jules TEIFEL, l’un des enfants d’Annette sera déporté par le convoi 73 du 17 mai 1944 de Drancy à Kaunas/Rival (Lithuanie/Estonie) et n’en reviendra pas (Se trouvent également dans le train, le père de Simone VEIL, André JACOB ainsi que son frère Jean JACOB).

Registres sur cahiers d’écolier des réfugiés [Archives Municipales de Sainte-Marie-sur-Mer 4H5]

Léon CERF se fait recenser en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 14.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Suite à l’ordonnance allemande du 13 août 1941, tous les postes de TSF appartenant aux juifs sont confisqués. Cette ordonnance avait été largement anticipée par les Autorités Allemandes fin octobre 1940 puisque celles-ci font paraître un avis dans « Le Phare » et l’ « Ouest-Eclair » demandant à ce que tous les postes soient remis à la Kreiskommandantur à Saint-Nazaire pour ce qui concerne l’arrondissement.

En octobre et novembre 1941, les Autorités Allemandes demandent aux Autorités Françaises d’effectuer des perquisitions domiciliaires afin de vérifier que tous les postes ont bien été rendus, ce qui sera fait par tous les commissariats de l’arrondissement de Nantes ainsi que dans les autres arrondissements, chaque commissariat rendant compte auprès de la Préfceture des perquisitions effectuées. Léon CERF avait remis son poste de TSF le 03 décembre 1940 aux Autorités Allemandes.

Confiscation des postes de TSF [ADLA 1694W24]

La villa Ma Miniou est mise sous séquestre dans un premier temps par Maître THUILLIER le 25 novembre 1942, avoué, docteur en droit, immeuble « Les Brisants » au Pouliguen puis par Gabriel HERVOUËT le 02 août 1943, arbitre de commerce à Saint-Nazaire suite à la démission de Maître THUILLIER. Après inventaire en présence du maire de Sainte-Marie, un état de la propriété est dressé par André Montagne, architecte à Pornic, la maison est proposée à la vente 198000 francs en juin 1943.

Cet inventaire extrêmement précis ne laisse aucun doute : la villa a été « visitée » entre le 16 juillet 1942 et le mois de juin 1943 : toute la vaisselle de cuisine est manquante, pas de table, ni chaises et il n’y a plus ni boiseries de lits, ni sommiers, ni matelas dans les trois chambres…

Lettre du CGQJ au Préfet de Loire-Inférieure 30 juin 1943 [AN AJ38/4599 dossier n°8057]
Lettre du CGQJ au Préfet de Loire-Inférieure 30 juin 1943 [AN AJ38/4599 dossier n°8057]

Le 11 décembre 1943, un architecte de la famille, Monsieur BIRON va défendre les intérêts de la famille et insiste à ce que la maison ne soit ni vendue, ni louée.

Lettre de Monsieur BIRON à Gabriel HERVOUËT 11 décembre 1943 [AN, CGQJ, AJ38/4599 dossier n°8057]

Fort de cette information, l’administrateur provisoire voyant que l’éventuelle commission résultant de la vente ne pourra lui être versée, écrit au Préfet pour connaître la position qu’il doit adopter.

[AN, AJ38/4599 dossier n°8057]
[AN, AJ38/4599 dossier n°8057]

Et trouve une « solution » en proposant la villa à la location, contre l’avis de l’architecte défendant les intérêts de la famille, sans accord des autorités allemandes…

La villa à priori ne sera jamais vendue.

Les époux CERF sont arrêtés le 17 juillet 1942 à Saint-Marie avec leur fille et petite fille et dirigés sur Angers au Grand Séminaire.

Liste arrestations du 15, 16 et 17 juillet 1942 arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Liste arrestations du 15, 16 et 17 juillet 1942 arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]

Retranscription message téléphonique du commissariat spécial de Saint-Nazaire à la Préfecture de Loire-Inférieure 27 juillet 1942 [ADLA 1694W25]

Retranscription message téléphonique du commissariat spécial de Saint-Nazaire à la Préfecture de Nantes 28 juillet 1942 [ADLA 1694W25]

Les Juifs en zone occupée sont soumis à un contrôle draconien lors de leurs déplacements. A partir d’octobre 1940, ils doivent se signaler auprès des commissariats ou des mairies au départ et à l’arrivée. Les autorités françaises reportent tous ces déplacements dans un état mensuel qu’ils transmettent par ailleurs aux Autorités Allemandes. Celui de juillet 1942 mentionne donc dans une glaciale froideur toute administrative les arrestations qui ont eu lieu dans l’arrondissement.

ADLA 1694W25

L’arrestation qui a eu lieu dans le bourg de Sainte-Marie en plein mois de juillet a été gravée dans les mémoires :

Témoignage de Mme R., Sainte-Marie-sur-Mer

En juillet 1942, vivaient dans la maison appelée « Ma Miniou » à Sainte-Marie-sur-Mer, Mr et Mme CERF avec leur fille unique, Mme SEIDENGART Simone (le mari de celui-ci étant à l’époque déplacé comme médecin de stalag et d’oflag en Pologne) ainsi que sa fille Elisabeth qui avait deux ans.

Le 15 juillet 1942, le bruit court à Sainte-Marie qu’une famille juive (les MARX) vient d’être arrêtée au Porteau et que deux camions sont garés dans le bourg près de la boulangerie pour emmener la famille CERF.

Mme T., la meilleure amie de Mme SEIDENGART décide d’aller voir ce qu’il se passe. C’est l’heure du déjeuner et le hasard veut qu’un seul garde armé se trouve à la porte du jardin de « Ma Miniou », les autres (des gradés) étant à déjeuner dans une pension de famille pas loin.

Après un moment d’hésitation, Mme T. passe devant le garde qui la laisse entrer et va voir son amie Simone qui lui raconte qu’au moment de l’arrestation, sa petite fille Elisabeth se trouvait chez les voisins et qu’il avait fallu qu’elle aille la chercher. Puis elle donne sur un morceau de papier l’adresse de son mari qui a réussi à lui écrire peu de temps auparavant afin qu’elle puisse le prévenir de son arrestation. Elle lui dit aussi que dans sa lettre son mari lui a raconté avoir rencontré des catholiques et qu’il réfléchissait à se convertir dans cette religion. Elle demande alors à son amie une faveur : faire en sorte que sa fille soit baptisée. Simone part alors détourner l’attention de ses parents (Léon et Aimée) qu’elle sait profondément religieux. Pendant ce temps-là, Mme T. baptise la petite avec l’eau du robinet de la cuisine. Elle les quitte par le même chemin sans un regard pour le garde et regagne sa maison.

En début d’après-midi, la famille est séparée dans les deux camions qui attendaient : le grand-père Léon et sa fille Simone dans l’un, la grand-mère Aimée et sa petite-fille Elisabeth dans l’autre. Personne n’est revenu.

Cette famille était connue comme étant juive et avait une vie simple dans le bourg de Sainte-Marie. On m’a raconté que Monsieur Léon CERF avait été souvent vu en promenade près du château de Pornic et sur le port. Sa femme tricotait beaucoup mais n’aimait pas coudre, elle donnait donc cette tâche à faire à une dame du bourg.

NDLR : pour les MARX, il sagit de Lajeunesse MARX, de sa soeur Sarah KOLP née MARX et d’une nièce Emma KOLP.

Léon CERF n’est pas rayé de la liste du convoi numéro 8 mais n’a pas été déporté par ce convoi. Il fait partie des personnes descendues à Paris lors du trajet du convoi.

Liste Convoi 8 des 14 hommes descendus à Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste Convoi 8 des 14 hommes descendus à Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Il est interné à Drancy (20 Juillet-août 1942) puis envoyé au Camp de Pithiviers le 04 septembre 1942 et « remis aux Autorités d’Occupation » le 20 septembre 1942. Il sera déporté par le convoi numéro 35 le 21 septembre 1942 de Pithiviers à Auschwitz.

Fichier Camp de Pithiviers CERF Léon recto/verso [AN F9/5753]

Aimée CERF et sa petite-fille Elisabeth SEIDENGART sont rayées de la liste du convoi numéro 8 et envoyées au Camp de La Lande à Monts près de Tours où elles arrivent le 20 juillet 1942 dans l’après-midi.

Registre Entrées/Sorties Camp de la Lande [ADIL 120W18]
Registre Entrées/Sorties Camp de la Lande [ADIL 120W18]

Elles sont envoyées sur Drancy le 04 septembre 1942 puis envoyées au camp de Beaune-la-Rolande le 09 mars 1943 puis renvoyées sur le camp de Drancy le 12 juillet 1943. Aimée CERF et sa petite-fille sont protégées un temps de la déportation puisque André, le père d’Elisabeth est prisonnier de guerre. Elles seront déportées par le convoi numéro 60 le 07 octobre 1943 de Drancy vers Auschwitz et gazées à l’arrivée du convoi. Aimée CERF avait 59 ans et Elisabeth 3 ans et demi.

Fichier Camp de Drancy CERF Aimée recto/verso [AN F9/5685]

Liste convois numéro 35, 60 et 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

A l’arrivée du convoi à Auschwitz, Léon CERF, 60 ans est sélectionné pour rentrer dans le camp et figure sur les registres d’enregistrement du camp. Il est décédé le 10 octobre 1942, à l’âge de 60 ans, 15 jours après son arrivée.

Registre des personnes décédées à Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Registre des personnes décédées à Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

BRAHIA Jacob

Jacob (ou Jacques) BRAHIA est né le 06 juin 1908 à Constantinople (Turquie). Il est arrivé en France en 1926 et exerce la profession de marchand ambulant en tissus depuis au moins 1933 à Saint-Nazaire où il réside 11, place Marceau. Il vit en concubinage et est père d’une petite fille.

Cette activité commerçante n’est pas sans risque pour l’intéressé qui a subi trois accidents de voiture au cours de ses déplacements.

Ouest-Eclair du 19 avril 1933, 20 octobre 1933 et 18 juin 1938

Jacob BRAHIA se fait recenser à la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 25 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 11.

Extrait liste recensement Juifs 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement Juifs 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Conformément à la 2ème ordonnance allemande, Jacques BRAHIA déclare son commerce auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 11 novembre 1940.

Dans le cadre de la procédure d’aryanisation des commerces, la liste des commerce israëlites est transmise au Commissariat Général aux Questions Juives. Il est mis en demeure de cesser toute activité commerciale. Le sous-préfet constate que Jacob BRAHIA ne possède ni commerce, ni stock de marchandises. Il est rayé du registre du commerce et du rôle de la patente. Aucun administrateur provisoire ne sera nommé.

Courrier Sous-préfet/Préfet 28 avril 1942 [CGQJ, AJ38/4600 dossierr n° 9550]
Courrier Sous-préfet/Préfet 28 avril 1942 [CGQJ, AJ38/4600 dossierr n° 9550]

Jacob BRAHIA et sa famille quitte Saint-Nazaire pour Nantes dans un premier temps puis Bourges le 26 novembre 1940 au 25 avenue d’Orléans où la famille réside.

Contrôle des Etrangers novembre 1940 [ADLA 1804W106]
Contrôle des Etrangers novembre 1940 [ADLA 1804W106]

Jacob BRAHIA est déporté par le convoi numéro 35 du 21 septembre 1942 de Pithiviers à Auschwitz.

Liste convoi [CDJC, Mémorial d ela Shoah, en ligne]
Liste convoi [CDJC, Mémorial d ela Shoah, en ligne]