ROSENBERGER Ladislas, Klara [78]

Ladislas ROSENBERGER est né le 22 février 1905 à Gelse (Hongrie) et est marié avec Klara (ou Clara ou Claire) PALLOS née le 15 août 1906 à Budapest (Hongrie) (Père Zygmund PALLOS et Mère : Malvina SCHWARZENBERG]. De nationalité hongroise, ils n’ont pas d’enfant. Les époux Rosenberger sont entrés en France le 20 mai 1940 par Dunkerque arrivant de Belgique se dirigent sur Angers où ils arrivent le 22 mai 1940 puis arrivent sur Saint-Nazaire le 24 mai 1940. Ils s’étaient mariés peu de temps auparavant le 03 février 1940 à Ixelles.

Ladislas trouve un emploi de mécanicien dans le garage Renault de Saint-Nazaire u 21, rue de la Gare le 26 août 1940, emploi qui lui est exceptionnellement autorisé en raison de la pénurie de main d’oeuvre dans la région.

Papier à en-tête Garage RENAULT Saint-Nazaire
Papier à en-tête Garage RENAULT Saint-Nazaire

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Ladislas ROSENBERGER se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 78. les tampons Juif et Juive sont apposés à l’automne 1940 sur leur nouvelle carte d’identité d’étranger.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Au moment du recensement, le couple réside 20, rue de la Gare à Saint-Nazaire puis en novembre 1941, 124, rue Albert de Mun à Saint-Nazaire puis se dirige sur Nantes au 01 décembre 1941, 135 rue des Hauts-Pavés puis le 19 janvier 1942 76, boulevard des Anglais et enfin 31, rue de Rennes à Nantes le 24 février 1942.

[DAVCC 21 P  270144]
[DAVCC 21 P 270144]

Les époux sont arrêtés 17 juillet 1942 à leur domicile puis dirigés sur Angers au Grand Séminaire.

ADLA 2101W712
ADLA 2101W712

Ils sont tous les deux déportés par le convoi numéro 8 du 20 juillet 1942 d’Angers à Auschwitz.

Listes Convoi numéro 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Ladislas décède à Auschwitz, il avait 37 ans. Clara qui a été enregistré dans le camp d’Auschwitz est décédée le 01 septembre 1942, à 5 heures 15 du matin, 1 mois et demi après son arrivée, elle avait 36 ans.

Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz, [Yad Vashem, en ligne]
Certificat de décès établi par le "docteur" Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]
Certificat de décès établi par le « docteur » Kremer Auschwitz [DAVCC 21 P 270144]

Les certificats de décès et mentions morts en déportation seront initiés et rédigés par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en l’absence de demande de famille puis transmis au Ministère des Affaires Etrangères.

Sa soeur, Kate PALLOS effectuera une demande de recherches auprès du World Jewish Congress (WJC) à Stockholm en 1945-1946.

SOUWEINE Gilbert, Suzanne, Jean-Claude, Michel, Maryse (NR)

Gilbert SOUWEINE est réfugié avec sa famille à Saint-Nazaire à partir de septembre 1939 en provenance de Paris au 6 bis, rue Galvani dans le 17ème arrondissement après avoir quitté Saint-Etienne. La famille réside à Paris vraisemblablement chez le frère de Suzanne à Paris et rejoint la côte atlantique ayant déjà fréquenté le bord de mer dans les années 1930.

A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse 
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière
A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière

Né à Troyes le 27 mai 1903 [Père : Georges SOUWEINE, négociant et Mère : Rachel BRANDES], Gilbert est marié depuis le 02 juin 1925 à Bruxelles avec Suzanne BLOCH et le couple a trois enfants : Jean-Claude, l’aîné et les deux jumeaux Michel et Maryse nés le 29 décembre 1938 à Saint-Etienne.

Le 17 septembre 1939, pour subvenir aux besoins de sa famille, il s’inscrit au registre de commerce de Saint-Nazaire et rachète un magasin de nouveautés « Au Sans Pareil » à Monsieur Ovide NESTI et installe un commerce de confections pour dames, le magasin « Gine » [Début des lettres de son prénom et fin des lettres du prénom de son épouse] au 26, rue Villes-Martin à Saint-Nazaire.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Affiches Régionales de l'Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]

Juridiquement, le magasin fait partie d’une société, la société SOUWEINE et Cie dont le siège social est à Roubaix.

Lors du recensement des Juifs sur l’arrondissement de Saint-Nazaire du 27septembre/20 octobre 1940, il ne se déclare pas auprès de la sous-préfecture. Nous ne savons pas en l’état s’il s’agit d’un oubli, d’une erreur de l’administration préfectorale ou d’un acte volontaire de sa part.

En revanche, et conformément à la deuxième ordonnance allemande du 18 octobre 1940, il déclare son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 12 novembre 1940.

Déclaration de commerces Juifs [ADLA 1694W20]

L’affichette « Judische Gesellschaft/Entreprise Juive » est apposée sur la devanture du magasin, les scellés y sont apposés le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé le 10 du même mois et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce 44, rue de Nantes à Saint-Nazaire pour aryaniser le commerce.

Au mois d’avril 1941, les marchandises du commerce sont vendues pour moitié aux Magasins DECRE à Nantes et pour l’autre à Monsieur ARCHERITEGUY, commerçant à Pont-Aven (également acquéreur des deux commerces MENDELOVICI et du commerce d’Haïm FLORES). Au final, les magasins DECRE se désistent et c’est Monsieur ARCHERITEGUY qui achète le tout.

Dossier d'aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives   [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]
Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Un mois plus tard, le 20 juin 1941 une plainte est déposée par Maître ROBYN de Roubaix qui défend les intérêts de la famille SOUWEINE auprès du Tribunal de Commerce de Roubaix pour détournement de fonds avec saisie-arrêt des fonds détenus par Gabriel HERVOUËT. L’administrateur provisoire est condamné à rembourser les fonds de la vente du commerce auprès de l’avocat, ce qu’il fait.

Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Gilbert SOUWEINE a quitté la ville de Saint-Nazaire pour, et cela est indiqué dans le rapport de l’administrateur provisoire, la zone non-occupée en septembre 1940.

Il n’en est rien. Gilbert SOUWEINE et sa famille se déplacent sur la commune de Pornichet et ils se lient d’amitié avec les familles MENDELOVICI. Gilbert SOUWEINE va utiliser ses connaissances, à la fois pour le passage de la ligne de démarcation, la fabrication de faux-papiers et les lieux où les familles pourront se cacher. Les familles MENDELOVICI/SOUWEINE fuient vers la zone non-occupée au cours de l’année 1941 en plusieurs groupes et se retrouvent pour la famille MENDOLIVICI dans les environs de Grenoble puis dans un village de Savoie où ils se cacheront déménageant plusieurs fois afin d’échapper aux éventuelles rafles ou arrestations. La famille SOUWEINE quant à elle va être cachée par la famille Jean et Annie GRENIER aux environs proche de Saint-Etienne au lieu-dit Plantou, sur la route de Planfoy, là où Jean GRENIER avait une scierie. Vers la fin de la guerre, la famille est prévenue par une employée du magasin qu’elle était activement recherchée et qu’il fallait partir. Elle sera cachée par une autre famille à Saint-Etienne, dans le quartier de Bellevue.

Gilbert SOUWEINE décède à Saint-Etienne le 03 janvier 1992.

VAISMAN Moïse, Yvonne (NR)

Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]
Moïse VAISMAN 1933 [ADLA 4M732]

Moïse VAISMAN est photographe à Saint-Nazaire dans les années 1930. Né à Gavansa (Bessarabie, Roumanie) le 06 juin 1904 [Père : Beruch VAISMAN et Mère : GOLDINSTEIN Freida], il est marié depuis le 29 septembre 1931 [Paris, 18ème arrondissement] avec Yvonne MUGNIER née à Paris le 15 novembre 1908 [Père : Jacques Edouard MUGNIER relieur et Mère : Jeanne POUSSIN]. Au moment de son mariage en 1931, son père est décédé et sa mère réside à New-York.

Il exerce la profession de photographe à son compte et habite 35, rue du Croisic à Saint-Nazaire. Le commerce fait faillite en mai 1935.

Affiches Régionales de l'Ouest 14 mai 1935 
[ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 14 mai 1935
[ADLA, presse en ligne]

Acte de naissance d’Yvonne MUGNIER et de mariage de Moïse et Yvonne VAISMAN [Archives de Paris, 7N124 et 8M267]

Moïse a rejoint la zone Sud et divorce à Alger le 27 septembre 1943. Il n’a pas été déporté.

Fiches dossier d’étranger de Moïse VAISMAN [ADLA 4M732]

ZEDERMAN Alter, Eva, Jacob (NR)

Alter ZEDERMAN [4M933]

Eva et Alter ZEDERMAN sont réfugiés à Trignac puis Saint-Nazaire à partir de 1939 et quitte l’arrondissement juste après l’obtention de leur titre d’identité en 1940.

Né le 01 août 1885 à Pilica (Pologne) [Père : Jakob ZEDERMANet Mère : Sara DANZIGER], Alter Symcha (prénom usuel Alter) est marié avec Eva Chana HAMPEL née le 10 août 1891 à Kielce (Pologne). Le couple habite à Paris 7, rue Lapeyrère dans le 18ème arrondissement en novembre1936 et Alter est arrivé en France depuis le 20 avril 1933. Il exerce la profession d’horloger. Le couple a un enfant : Jacob (prénom usuel Jean) né le 25 février 1919 à Berlin qui exerce la même profession que son père : horloger.

Le couple quitte Paris pour la commune de Bains-les-Bains dans les Vosges le 29 juillet 1939 et rejoint Paris le 21 août 1939 puis rejoint Trignac le 18 septembre 1939 puis Saint-Nazaire le 26 septembre 1939 où elle réside 5, rue Jean d’Ust. Dépourvue de ressources, la famille va toucher une allocation pour réfugiés. Alter effectue un renouvellement de carte d’identité à ce moment-là auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire qu’il obtient le 25 avril 1940 et quitte l’arrondissement peu de temps après.

Alter et Chana sont arrêtés vraisemblablement lors de la rafle dite du « Vel d’Hiv » et internés à Drancy. Ils résidaient alors au 7, rue Lapeyrère dans le XVIIIème arrondissement à Paris.

Alter et son épouse Eva Chana ZEDERMAN sont déportés par le convoi numéro 09 du 22 juillet 1942 de Drancy à Auschwitz.

liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]
liste convoi 9 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]

Jean ZEDERMAN est arrêté lors de la rafle dite du « Billet vert » du 14 mai 1941 puis transféré sur Pithiviers.

Leur fils Jacob (prénom usuel Jean) est déporté par le convoi numéro 6 de Pithiviers à Auschwitz du 17 juillet 1942.

Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 6 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Eva Chana a été exterminée à Auschwitz, elle avait 51 ans. Alter a été sélectionné pour rentrer dans la partie concentrationnaire du camp. Il est décédé le 03 septembre 1942, 1 mois et demi après son arrivée, il avait 57ans. Leur fils Jean est lui-aussi rentré dans la partie concentrationnaire du camp et est décédé le 02 octobre 1942, il avait 23 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Dossier d’étranger d’Alter ZEDERMAN [ADLA 4M933]

SARFATI Haïm, Victoria, Léon, Elio, Nino (NR)

Haïm SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Victoria SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Elio SARFATI 1936 [ADLA 4M719]

Haïm SARFATI est marchand forain depuis le début des années 30 sur la place de Saint-Nazaire aidé par ses fils dans la zone de chalandise du département. Né le 01 décembre 1883 à Constantinople [Père : Yuda SARFATI et Mère : Clara ESKENAZI), il est marié avec Victoria SARFATI née SALTI née également à Constantinople le 01 juin 1890 [Père : Nissim SALTI et Mère : Luna PIZANTI]. Tous leurs enfants naissent également à Constantinople : Léon né le 05 avril 1914, Alio né le 03 janvier 1921 et Nino né le 18 février 1925 à Istamboul.

La famille est arrivée en France par l’Italie avec un passeport collectif délivré à Milan en 1929, se rend dans un premier temps à Paris puis arrive sur Saint-Nazaire au début des années 1930 vers 1932. Ils exercent la profession de marchands ambulants d’abord sur les marchés de La Baule puis sur ceux de Saint-Nazaire en particulier sur celui de la place Marceau et logent donc près de l’endroit où ils travaillent : 9, rue de la Paix de 1932 à 1935 puis 24, rue du Dolmen de 1936 à 1939.

Registre du commerce [ADLA 22U152]
Registre du commerce [ADLA 22U152]

Nino passe son certificat d’études à Saint-Nazaire en 1937 où il obtient la mention bien. il est scolarisé à l’école publique de La Baule.

La famille quitte Saint-Nazaire dans l’année 1939 (destination inconnue) mais vraisemblablement dans les Alpes Maritimes.

La trajectoire d’Elio SARFATI

Elio SARFATI réside chez ses parents Haïm et Salti Victoria à Cannes dans les Alpes Maritimes, 107 rue d’Antibes. Célibataire, il est alors sans profession. Au bureau de recrutement de Nice, il est décrit ainsi : yeux bleus gris, cheveux châtains, mesurant 1,72 m et pesant 64 kg. Le 9 avril 1940, il s’engage volontairement à l’Intendance Militaire de Nice. Dirigé sur le GCI d’Arles, il est affecté à la 15e Compagnie. Le 13 juillet 1940, il réintègre la vie civile et rentre chez ses parents à Cannes où il serait commerçant.Le 12 juin 1943, il est arrêté par la Gestapo, dans le train entre Perpignan et Palau-del-Vidre dans les Basses-Pyrénées en compagnie d’Anne Schlanberger, Jean Requiston, Staehling de Saint-Raphaël et le passeur Rosso, ainsi que le fils de ce dernier. Ils tentaient de passer la frontière espagnole pour rejoindre les FFL. D’abord emprisonné à Perpignan, Élyo Sarfati est transféré au camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne (Oise) où il reçoit le numéro 16081. Il s’y retrouve en même temps que Jean Requiston et ils font la connaissance de Pierre Gaty (40441). Ensemble, ils sont déportés par le convoi du 17 au 19 janvier 1944 vers le camp de concentration de Buchenwald. C’est le sixième transport entre ces deux camps avec 1 942 détenus dont 1 506 Français. Élyo Sarfati devient le matricule 39654 et se déclare étudiant pendant la période de quarantaine où il est dépouillé de tout, vacciné et fiché. Très vite, le 10 février 1944 il est affecté au tant redouté Kommando de Dora avec 250 hommes. Pierre Gaty raconte qu’il travaille au terrassement pour la construction du camp de baraques et que, atteint de dysenterie, il doit se rendre au Revier. Effectivement, logé au Block 23, il y est enregistré le 26 février 1944. De là, Élyo Sarfati est sélectionné pour le convoi de 1 000 détenus de Dora jugés « inaptes au travail » par les SS et dirigé, le 27 mars 1944, vers Bergen-Belsen. Arrivé le lendemain, il y est ré-immatriculé 770. Ses parents et son frère reçoivent deux lettres de lui : une datée du 28 juin 1944 et une du 9 août. Selon les renseignements donnés en 1947 par Roger Trochet (28044) et Michel Fliecx (28190), Élyo Sarfati est décédé dans ce camp de phtisie galopante en novembre 1944. Selon les archives, il apparaît pourtant sur une liste de déportés vivants à Bergen-Belsen datée du 29 novembre 1944. Élyo Sarfati est en fait décédé à Bergen-Belsen le 8 décembre 1944. Source Dictionnaire Dora, notice d’Elyo SARFATI rédigée par Joëlle Helleboid-Allouchery : Bu7/2-9/9 (Buchenwald) ; DAVCC ; GedenkbuchBB ; © Arolsen Archives, 2019.

Elio SARFATI [YadVashem, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolesen, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]
Fiche d’enregistrement du camp de Mittelbau-Dora d’Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]

Une feuille de témoignage sera déposée en sa mémoire par son frère en 1999.

A notre connaissance, les parents et frères d’Elio n’ont pas été déportés mais nous ignorons en l’état ce qui s’est passé entre 1939, date de leur départ de Saint-Nazaire et leur arrivée dans les alpes AMritimes et 1944.

Fiches cartonnées dossier d’étranger d’Haïm SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Victoria SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Léon SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger d »Elio SARFATI [ADLA 4M719]

DAVID Jacqueline, Jean-Claude, Riba, Samuel (NR)

Jacqueline DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jacqueline DAVID
[Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
 [Yad Vashem, en ligne]
Jean-Claude DAVID
[Yad Vashem, en ligne]

Jacqueline Marguerite (prénom usuel Jacqueline) DAVID est née le 07 octobre 1939 à Saint-Nazaire. [Père : DAVID Samuel né à Salonique le 15 avril 1907 de profession représentant de commerce et Mère : Rebecca dite Riba PALADINO née le 23 septembre 1910 à Salonique].

[DAVCC 21 P 441 058]
[DAVCC 21 P 441 058]

Jacqueline a par ailleurs un grand-frère : Jean-Claude né le 16 juillet 1936 à Paris (11ème arrondissement). Samuel et Riba s’étaient mariés le 18 octobre 1934 à Paris dans le 10ème arrondissement. La famille réside habituellement 1, rue Charles Delescluze dans le 11ème arrondissement à Paris et réside à partir de l’automne 1939 Villa Mina, allée des Tamaris à La Baule.

Actes de naissance [Archives Municipales de Saint-Nazaire et Archives Municipales de Paris]

Acte de mariage Samuel DAVID-Riba PALADINO [Archives de Paris,10M428]
Acte de mariage Samuel DAVID-Riba PALADINO [Archives de Paris,10M428]

Elle a été arrêtée avec son frère et sa mère à son domicile le 03 novembre 1943 par la Police Allemande au 20, Rue de la Fusterie, Perpignan (Pyrénées-Orientales), internée à Perpignan, transférée sur Drancy le 11 novembre 1943 puis déportée par le convoi numéro 62 du 20 novembre 1943 vers Auschwitz-Birkenau. Ils ont été assassinés à leur arrivée.

Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Des feuilles de témoignage ont été déposées sur le site Yad Vashem en leur mémoire.

A l’automne 1944, Samuel dit Sam DAVID s’enquiert auprès du Ministère des Prisonniers et Déportés du sort de sa famille.

[DAVCC 21 P 441 058]
[DAVCC 21 P 441 058]

Il s’occupera après-guerre auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de la régularisation de l’Etat Civil de sa femme et de ses enfants.

Dossier d'étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]
Dossier d’étranger Rebecca dite Riba DAVID [ADLA 4M938]

BARDACH Salomon, [Hudi], Nelly (NR)

Salomon BARDACH est né le 07 janvier 1895 à Hambourg (Allemagne) [Père : Abraham BARDACH et mère : GELLER Sarah]. Il est arrivé en France avant le début de la Première Guerre Mondiale en 1914 et exerce la profession de boyaudier (préparation des intestins pour la fabrication de saucisses, boudins…). Son père est décédé en 1914 à Berlin tandis que sa mère Sarah tandis qque sa mère Sarah née JACOBESKU décède en avril 1938. Venant de Bayonne d’où il réside au moins depuis 1936, il arrive à Saint-Nazaire le 08 février 1938 pour y travailler en qualité de boyaudier aux Abattoirs de Saint-Nazaire pour le compte de la Maison « La Boyauderie Nantaise ». Salomon BARDACH est célibataire.

Tampon de Salomon BARDACH [Archives Nationales, dossiers de la Police de Sûreté, 19940434/0086]
Tampon de Salomon BARDACH [Archives Nationales, dossiers de la Police de Sûreté, 19940434/0086]

En février 1938, il loge dans un meublé au 39, rue de la Paix à Saint-Nazaire puis déménage pour habiter au 11, rue d’Anjou (mai 1939). C’est à c’est endroit que Paul et Clara SCHABLIN déclare également leur logement. Greta BARDACH épouse SCHABLIN, leur belle-fille, est la nièce de Salomon BARDACH. Egalement présente à Saint-Nazaire, la soeur de Greta, Nelly BARDACH.

Hudi BARDACH, la soeur de Salomon, est née le 26 octobre 1890 à Hambourg (Allemagne). Elle est de nationalité polonaise (?) et habite à Vienne Hadersdorf-Weidlingau, Mauerbachstrasse 22 (juin 1938) puis déménage (mai 1939) au n°13 Rueppgasse, II Stiege, 1 Stock à Vienne. Elle exerce la profession de femme de chambre et est comme son frère Salomon célibataire.

Hudi BARDACH juin 1938 [AN  19940434/0086 ]
Hudi BARDACH juin 1938 [AN 19940434/0086 ]

En mars 1938, Salomon BARDACH fait une demande de visa pour sa soeur Hudi auprès de la légation française à Vienne (sans doute pour des raisons de maitrise de la langue française) et elle-même fait une demande écrite le 25 mars 1938. Le 02 juin 1938, elle remplit son dossier administratif de demande de visa. Une enquête est menée en France pour renseignements et avis sur l’éventuelle venue en France de Hudi. Cette enquête menée par la Préfecture de Loire-Inférieure reçoit un avis favorable à la venue en France de Hudi qui « logerait chez son frère et qui n’occuperait aucun emploi« . Malheureusement, le Consul de France à Vienne appose le tampon « L’intéressé est soupçonné vouloir s’établir en France« , tampon rédhibitoire à l’obtention d’un visa. Faut-il rappeler que Hudi BARDACH est juive, que l’Autriche a été annexée au Reich allemand en mars 1938 et que les premières mesures de persécutions antisémites ont déjà commencé.

 [Archives Nationales, dossiers de la Police de Sûreté, 19940434/0086]
[Archives Nationales, dossiers de la Police de Sûreté, 19940434/0086]

En novembre 1938, Salomon BARDACH écrit une lettre au Préfet de Loire-Inférieure, s’inquiétant de ne pas avoir de nouvelles au sujet de l’obtention du visa de sa soeur mais comme dit plus haut, les réserves du Consulat de Vienne interdisent formellement à Hudi d’obtenir un visa.

Il réécrit en mai 1939 une seconde lettre toujours dans le même esprit et Hudi en juin 1939, écrit elle-même au Ministre de l’Intérieur au sujet de sa demande de visa qu’elle n’obtiendra jamais.

Hudi BARDACH est déportée de Vienne par le transport n°10 vers le ghetto de Lodz (Pologne) le 02 novembre 1941. Le transport n°10 a quitté l’Aspangbahnhof à Vienne à 16h15 (au lieu de 11 heures prévues) le 2 novembre 1941 à destination de la gare de Radegast à Lodz. C’était le cinquième et dernier des transports de déportés juifs de Vienne à Lodz et faisait partie d’une vaste campagne de déportation imposée aux habitants juifs de villes d’Allemagne, du Protectorat et d’Autriche, qui a débuté à l’automne 1941.

Hudi BARDACH est décédée suite à sa déportation. [Database of Austrian victims of the Holocaust, Documentation Centre for Austrian Resistance, Vienna].


Nelly BARDACH soeur de Greta SCHABLIN qui est arrivée en France le 14 août 1938 par le poste de Forbach, est née le 12 mai 1915 à Vienne, exerçait la profession de modiste et résidait à Vienne IX Art. Latschkagasse 853.

 Nelly BARDACH 1938 Dossier de la Police de Sûreté [Archives Nationales, 199404340/086]
Nelly BARDACH 1938 Dossier de la Police de Sûreté [Archives Nationales, 199404340/086]

A son arrivée en France, elle réside 22, rue du Grand Prieuré à Paris (11ème arrondissement). Elle avait été aidé dans sa migration par le Comité d’Aide aux Réfugiés. Le 01 septembre 1938, elle déclare se rendre à Nice (peut-être pour y rejoindre son petit ami Kurt GOLDENBERG). Elle se rend par ailleurs chez son oncle Salomon BARDACH puisqu’elle obtiendra finalement son visa le 14 avril 1939 pour les Etats-Unis au Consulat à Nantes et déclare résider à Saint-Nazaire. Elle émigre de France vers les Etats-Unis à bord du paquebot De Grasse du Havre le 23 décembre 1939 qui arrive à New-York le 08 janvier 1940 dans lequel se trouve également Kurt GOLDENBERG. Elle se marie à New-York le 28 février 1940 avec KURT GOLDENBERG, artiste peintre, né le 01 novembre 1914 à Vienne. En mars 1941, elle demande la naturalisation américaine et change son nom en Nellie KURTIS, son mari s’appelant désormais Kurt KURTIS.

Nelly BARDACH [Naturalisation New York, Southern District, U.S District Court Naturalization Records, 1824-1946]
Nelly BARDACH [Naturalisation New York, Southern District, U.S District Court Naturalization Records, 1824-1946]

Salomon a quitté Saint-Nazaire avant le recensement des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire (27 septembre/28 octobre 1940). Il émigre de France vers les Etats-Unis au départ du Havre à bord du paquebot Marine Flasher le 24 mai 1947. Il avait été aidé dans sa migration par une Société d’aide aux immigrants juifs, la HIAS, organisation juive fondée en 1881 et dont une antenne se trouve à Paris. Il avait obtenu son visa à Bordeaux et résidait alors à Toulouse. Le paquebot arrive le 02 juin 1947 à New-York et Salomon cite comme référence aux Etats-Unis Nelly Kurtis, sa nièce, qui habite à New York 63 West 56 Street.

Salomon BARDACH [Passenger and Crew Lists of Vessels Arriving at New York, NY, 1897-1957]

Demande de visa de Hudi BARDACH [Archives Nationales, 19940434/0086 ]


Dossier de la Police de Sûreté [Archives Nationales, 199404340/086]
Dossier de la Police de Sûreté [Archives Nationales, 199404340/086]

Nelly BARDACH [Passenger and Crew Lists of Vessels Arriving at New York, NY, 1897-1957]

SCHABLIN Paul, Klara, [Ernest], Pierre [150]

Paul SCHABLIN [Père : Ludwig SCHABLIN et Mère : Anna HECHT] est né le 11 février 1884 à Prague (Slovaquie) et est marié avec Klara VOGL née à Schlakenburg (Slovaquie) le 24 décembre 1884. Les deux époux sont de nationalité autrichienne ainsi que leurs deux fils, la Tchécoslovaquie n’étant créée qu’en 1918. Le couple a deux enfants : Ernest Ernst Percy SCHABLIN et Peter Hans dit Pierre SCHABLIN né le 18 février 1913 à Prague marié depuis le 05 avril 1936 à Vienne avec Gerda SCHABLIN née BARDACH née le 30 mai 1912 à Vienne [Père : Hermann BARDACH et Mère : Mélanie LÖWY] . La famille est présente depuis le 11 novembre 1938 en France et a donc quitté l’Autriche juste après les pogroms de la nuit du 09 au 10 novembre 1938. Paul exerçait la profession d’employé de banque à la Banque des Pays de l’Europe Centrale à Vienne depuis 35 ans. Paul et Clara résident au 11, rue d’Anjou à Saint-Nazaire chez Salomon BARDACH, l’oncle de Gerda. Peter réside au 43, rue de la Trinité à Saint-Nazaire. Peter et Gerda travaillent à la « Boyauderie Nantaise » aux Abattoirs de Saint-Nazaire angle de la Rue de la Paix et du boulevard Victor Hugo, Salomon BARDACH y étant boyaudier.

Suite à l’entrée en guerre le 03 septembre 1939, les ressortissants des pays ennemis à la France (allemands, autrichiens…) sont internés dans un centre de rassemblement pour d’étrangers. Paul Schablin, qui souffre d’angine de poitrine, est interné au centre de rassemblement pour étrangers aux Sables d’Olonne, le camp de La Chaume avec au moins un de ses fils Peter. Pour en sortir, il faut présenter des attestations de « bonne moralité » au nombre de deux. Klara SCHABLIN son épouse écrit une lettre le 18 novembre 1939 au Président de la Commission de criblage chargée d’étudier les différents cas susceptibles d’être libérés. A l’appui, deux soutiens : celui du directeur de la Banque des Pays d’Europe, Monsieur Henri Reuteur et celui du bibliothécaire de la ville de Saint-Nazaire, Monsieur Fleury habitant 57, rue de Pornichet. Paul en sera libéré le 14 janvier 1940 et retourne à Saint-Nazaire.

Dossier de Paul SCHABLIN Police de Sûreté Paris [Archives Nationales, 19940474/0114]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 150. Ernest et Peter ne sont pas recensés. Peter et son épouse Gerda ont quitté l’arrondissement de Saint-Nazaire et partent vers le Sud de la France en zone non-occupée, vers la Haute-Garonne.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Puis le couple est refoulé de l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 26 novembre et le 25 décembre 1940 pour Nantes [entre le 26 et le 28 novembre 1940] puis le Maine-et-Loire.

Contrôle de déplacement des Israëlites [ADLA 1694W25]
Contrôle de déplacement des Israëlites [ADLA 1694W25]
Contrôle de déplacement des Etrangers [ADLA 1803W106]
Contrôle de déplacement des Etrangers [ADLA 1803W106]

Paul et Klara SCHABLIN arrive dans la commune des Rosiers-sur-Loire dans le Maine-et-Loire le 29 novembre 1940.

Contrôle de présence des Juifs [ADML 97W39]
Contrôle de présence des Juifs [ADML 97W39]

Lors du deuxième recensement des Juifs de juin 1941, il (ou plutôt son épouse car c’est elle qui signe) se présente à la mairie des Rosiers-sur-Loire pour effectuer la déclaration.

Paul est arrêté (date inconnue) et est interné au Camp de Beaune-la-Rolande (Baraque 5) le 24 septembre 1941 pour je cite : « Motif d’internement : Indésirable ». Il est l’un des tout premier à être arrêté dans le Maine-et-Loire et il s’agit d’une arrestation individuelle. A Beaune-la-Rolande, toujours très malade comme l’avait écrit son épouse, il est hospitalisé deux fois : fin 1941 et rentre au camp le 02 janvier 1942 puis du 20 janvier 1942 au 13 mars 1942.
Il quitte le camp de Beaune-la-Rolande pour être interné au camp de Pithiviers le 04 juillet 1942 (Baraque 6). Il quitte le camp de Pithiviers pour être interné sur le camp de Drancy (date d’arrivée inconnue).

Fiches d’internement des camps de Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Drancy [Archives Nationales, F9]

Il est déporté par le convoi numéro 25 du 28 août 1942 de Drancy à Auschwitz. Paul SCHABLIN a été exterminé à Auschwitz-Birkenau et en l’absence d’information a été déclaré Mort en déportation 5 jours après l’arrivée du convoi. Il avait 58 ans.

Liste du convoi numéro 25 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste du convoi numéro 25 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Klara SCHABLIN a été arrêtée (date d’arrestation non-connue) puis transférée sur Angers puis transférée sur Drancy le 17 octobre 1942.

Fiches d’internement des camps de Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Drancy [Archives Nationales, F9]

Klara SCHABLIN a été déportée par le convoi numéro 40 du 04 novembre 1942. Elle a été exterminée à Auschwitz-Birkenau. Elle avait 57 ans.

Liste convoi 40 [CDJC, Mémorial d la Shoah, en ligne]
Liste convoi 40 [CDJC, Mémorial d la Shoah, en ligne]
Plaque commémorative sur le monument aux morts derrière la mairie des Rosiers-sur-loire
Plaque commémorative sur le monument aux morts derrière la mairie des Rosiers-sur-loire

Ernest Ersnt Percy SCHABLIN, le fils de Klara et Paul, était marié avec la fille de l’actrice Frida Richard, Frieda dite Fritzy SCHABLIN née le 23 octobre 1900 à Augsburg. Le 29 décembre 1935, elle épouse donc Ernst Schablin en Autriche mais le couple se sépare cinq ans plus tard. Ernest réussit à gagner l’Angleterre où il décède en 1980. Le 03 septembre 1942, Frieda SCHABLIN est internée au camp de Drancy (bloc 4, escalier 16, deuxième étage) pour être ensuite déportée à Auschwitz le 04 novembre 1942 par le convoi numéro 40, le même convoi que sa belle-mère.

 Fiches d'internement des camps de Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Drancy [Archives Nationales, F9]
Fiches d’internement des camps de Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Drancy [Archives Nationales, F9]
Liste convoi 40 [CDJC, Mémorial d la Shoah, en ligne]
Liste convoi 40 [CDJC, Mémorial d la Shoah, en ligne]

Une Stolpersteine (pierre d’achoppement) a été posée devant le domicile de Frieda SCHABLIN.

Plus d’informations sur la famille à cette adresse : http://www.stolpersteine-salzburg.at/en/places_and_biographies?victim=Schablin,Frieda

Peter Hans dit Pierre SCHABLIN et son épouse Gerda SCHABLIN sont déchus de leur nationalité autrichienne et sont assignés à résidence au Temple-sur-Lot. Arrêtés parce que Juifs, ils sont internés en août 1942 au camp de Sauvaud à Casseneuil puis transférés sur Drancy et déportés tous les deux par le même convoi, le convoi numéro 30 de Drancy à Auschwitz-Birkenau du 09 Septembre 1942. Ils ont été exterminés à Auschwitz. Pierre avait 29 ans et son épouse 30 ans.

Fiche d'internement du camp de Drancy [Archives Nationales F9]
Fiche d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales F9]

CARON Léon, Marie [136]

Léon CARON est né à Ernée (Mayenne) le 08 juin 1863 [Père : David CARON et Mère : Charlotte FEUNETTE] et marié à Saint-Nazaire le 07 décembre 1898 avec Marie Joséphine Marguerite CLOU né le 08 mai 1876 à Saint-Aubin de Luigné (Maine-et-Loire). Le couple n’a pas d’enfant. Léon exerce la profession de musicien (son père l’était également et ses deux frères Adolphe et Théodore le sont également) tandis que son épouse est tailleuse pour hommes au moment de son mariage. Elle était orpheline de père et mère au moment de son mariage, tous les deux décédés à Escoublac.

Acte de mariage CARON/CLOU [ADLA, en ligne]
Acte de mariage CARON/CLOU [ADLA, en ligne]

Léon CARON est passé dans les services auxiliaires lors de son service militaire pour faiblesse.

Registre Matricule Léon CARON [ADLA, en ligne]
Registre Matricule Léon CARON [ADLA, en ligne]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Léon se déclare en tant que juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 136.

Extrait liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

A notre connaissance, Léon n’a pas été déporté. Son épouse décède le 24 mai 1958 à Saint-Nazaire.

FRANCO Mordehaï, Perla, Denise (129)

Photographies de Mordehaï FRANCO 1933, 1935, 1937 [ADLA 4M665]

Photographies de Perla FRANCO 1934, 1936, 1938 [ADLA 4M665]

Mordehaï FRANCO est né à Constinople en 1905 [Père : Nissim FRANCO et Mère : BROUDO Doudou]. Perla FRANCO est née FRESCO née le 01 juillet 1906 à Constantinople. [Père : Haïm FRESCO et Mère : BAROUCH Rose]. Le couple a une enfant : Denise née le 22 avril 1927 à Paris (12ème arrondissement).

Mordehaï FRANCO arrive de Constantinople en 1925 avec son épouse Perla. Ils s’étaient mariés à Constantinople auparavant et à Paris naît leur seule et unique enfant en 1927 : Denise. Puis ils et se dirigent vers Saint-Nazaire dans un premier temps pour tenter de rejoindre le Vénézuela, la majorité des Franco ayant émigré vers ce pays. La ligne de la Compagnie Générale Transatlantique permettait de se diriger vers les pays d’Amérique du Sud, le frère de Mordehaï était déjà présent à Caracas. Mordehaï ne s’entend pas avec son frère du Vénézuela mais tente de renouer le contact pour émigrer. Il laisse Perla à Saint-Nazaire, se rend à Caracas. Là-bas, les relations familiales sont difficiles et Mordehaï rentre à Saint-Nazaire.

La famille s’installe en tant que marchand forain à partir de 1933 où elle vend sur les marchés des articles de bonneterie/lainages. La famille réside dans un premier temps au 44, rue d’Anjou puis déménage au 15, rue du Prieuré à Saint-Nazaire.

Registre commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]

Denise, scolarisée à l’école Michelet à Saint-Nazaire, passe son certificat d’études en juin 1939 qu’elle obtient brillamment avec notamment un 20 en dictée. (Ligne 5 sur registre)

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Perla FRANCO se déplace à la sous-préfecture de Saint-Nazaire pour se déclarer en temps que Juif sous le numéro 129.

Extrait liste dactylographiée du recensement Saint-Nazaire 08 novembre 1940 [ADLA 1604W25]

Mordehaï ne se déclare pas en tant que chef de famille. L’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 prévoit qu’est considéré comme Juif toute personne qui a au moins trois grands-parents juifs ou si l’épouse est juive, deux grands-parents.

Ordonnance allemande du 27 septembre 1940 [ADLA 1694W20]

Mordehaï va effectuer des démarches pour prouver qu’il a moins de deux grand-parents juifs et va se présenter à la Kreiskommandantur à Saint-Nazaire avec les documents nécessaires. Il obtiendra satisfaction ce qui explique que son nom n’apparaisse pas sur la liste de recensement mais uniquement celui de son épouse.

Dossier d’aryanisation Mordehaï FRANCO [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n°2532]

Dans le même temps il déclare son entreprise auprès des services de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 11 novembre 1940.

Les scellés ont été apposés le 03 décembre 1940 sur la pièce servant au stockage des marchandises mais eu égard à la déclaration de Mordehaï à la sous préfecture, ceux-ci sont levés trois semaines plus tard le 23 décembre 1940. Il sera rayé de la liste des commerçants israëlites.

La famille décide de quitter Saint-Nazaire, sommée de quitter de la zone cotière interdite quitte Saint-Nazaaire au début de l’année 1942.

Courrier du sous-préfet de Saint-Nazaire au Préfet de Loire-Inférieure du 25 novembre 1941 concernant le refoulement des israélites étrangers [ADLA 1694W25]

Mordehaï et Perla FRANCO avaient un ami qui était leur fournisseur en bonneterie à Paris, grossiste, Jacques SOLOMONOFF, originaire de Bulgarie, de la ville de Roussé (ou Ruse) sur le Danube à la frontière de la Roumanie.

Jacques SOLOMONOFF est marié avec Amy (ou Emmy) une fille de l’Assistance Publique de confession protestante. Ils n’ont pas d’enfants et habitaient Levallois-Perret, villa Chaptal et ils décident d’héberger le couple Franco et leur fille Denise de 1941/1942 à 1944. La famille Franco va donc rester plus de deux ans à Paris cachée dans une cave, la cave de la villa. Par prudence, ils ne sortent que la nuit. Il semble que la famille FRANCO sur Saint-Nazaire ait été prévenue d’éventuelles arrestations par une personne d’où leur départ de Saint-Nazaire avant les arrestations de juillet 1942.

En 1948, Jacques SOLOMONOFF dont la situation financière s’est nettement améliorée à la fois en tant que grossiste et propriétaire d’une boutique dans le Sentier reçoit son neveu, Jacques (Isaac) MELAMED [Melamed veut dire professeur, maître d’école en hébreu]. Celui-ci, qui ne connaît pas la langue française et qui parle le ladino communique aisément avec la famille Franco, elle-même parlant le ladino Il deviendra le futur mari de Denise.

Peu de temps auparavant, une partie de la famille MELAMED était partie faire la guerre aux Anglais en Israël, passant par Chypre puis la Palestine. Jacques MELAMAED quant à lui part vers l’Italie avec 15 dollars den poche. Il va y rester six mois avant de pouvoir émigrer vers la France. Jacques SOLOMONOFF réussit à lui faire obtenir un visa comme réfugié politique et l’avait inscrit comme étudiant à HEC à Paris où il va rester une année.

A la fin de la guerre, la famille (Franco et Perla) est relogée à Pornichet en attendant que la ville de Saint-Nazaire se reconstruise et s’occupe d’un magasins de vêtements professionnels « Chez Marcel », magasin au départ situé en face des Halles de Saint-Nazaire puis avenue de la République à Saint-Nazaire et qui continue aujourd’hui à vendre le même type de vêtements.

Denise et Jacques s’installe également à Pornichet et Jacques va tenir un commerce sur Saint-Nazaire : « France-Mailles », 88, avenue de la République. Mordehai et Perla habite avenue Edouard Vaillant et Jean-Jacques et Denise habitent Villa « Kromn Na » avenue Louise à Pornichet. Le commerce « France-Mailles » sera tenu de 1953 à 1984. La vendeuse s’appelle Yvette Samzun (mariée à Yvon Samzun) et le fils d’Yvette, David, n’est autre que le maire de Saint-Nazaire.

Denise, Perla et Mordehaï FRANC0 devant le magasin « France Mailles » à Saint-Nazaire (1954/1955)
Collection particulière

Mordehai et Perla ainsi que Denise et Jacques continuent à faire les marchés, l’installation de deux boutiques étant pour eux l’aboutissement d’une vie professionnelle.

Mordehaï et Perla FRANCO sont naturalisés français le 15 avril 1949 (dossier de naturalisation 2862X49) et notifiés de leur nouvelle nationalité le 19 mai 1950.

Les deux époux décèdent d’un accident domestique dans leur appartement en 1958 au retour d’une compétition de billard, grande passion de Mordehaï FRANCO. Ils sont enterrés au cimetière juif de Pantin (division 58).

Mordehaï FRANCO et son petit fils Jean-Jacques
[La photo de 1,50 m par 0,80 cm trônait dans le Grand Café à Saint-Nazaire. Lors de la réhabilitation du lieu, la photo a été récupérée par la famille]
Collection particulière