SOUWEINE Gilbert, Suzanne, Jean-Claude, Michel, Maryse (NR)

Gilbert SOUWEINE est réfugié avec sa famille à Saint-Nazaire à partir de septembre 1939 en provenance de Paris au 6 bis, rue Galvani dans le 17ème arrondissement après avoir quitté Saint-Etienne. La famille réside à Paris vraisemblablement chez le frère de Suzanne à Paris et rejoint la côte atlantique ayant déjà fréquenté le bord de mer dans les années 1930.

A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse 
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière
A gauche : Gilbert SOUWEINE portant sur ses genoux Michel
A droite : Jean-Claude portant sur ses genoux Maryse
circa 1940, Saint-Etienne
© collection particulière

Né à Troyes le 27 mai 1903 [Père : Georges SOUWEINE, négociant et Mère : Rachel BRANDES], Gilbert est marié depuis le 02 juin 1925 à Bruxelles avec Suzanne BLOCH et le couple a trois enfants : Jean-Claude, l’aîné et les deux jumeaux Michel et Maryse nés le 29 décembre 1938 à Saint-Etienne.

Le 17 septembre 1939, pour subvenir aux besoins de sa famille, il s’inscrit au registre de commerce de Saint-Nazaire et rachète un magasin de nouveautés « Au Sans Pareil » à Monsieur Ovide NESTI et installe un commerce de confections pour dames, le magasin « Gine » [Début des lettres de son prénom et fin des lettres du prénom de son épouse] au 26, rue Villes-Martin à Saint-Nazaire.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Affiches Régionales de l'Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Affiches Régionales de l’Ouest 26 décembre 1939 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région 06 janvier 1940 [ADLA, presse en ligne]

Juridiquement, le magasin fait partie d’une société, la société SOUWEINE et Cie dont le siège social est à Roubaix.

Lors du recensement des Juifs sur l’arrondissement de Saint-Nazaire du 27septembre/20 octobre 1940, il ne se déclare pas auprès de la sous-préfecture. Nous ne savons pas en l’état s’il s’agit d’un oubli, d’une erreur de l’administration préfectorale ou d’un acte volontaire de sa part.

En revanche, et conformément à la deuxième ordonnance allemande du 18 octobre 1940, il déclare son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 12 novembre 1940.

Déclaration de commerces Juifs [ADLA 1694W20]

L’affichette « Judische Gesellschaft/Entreprise Juive » est apposée sur la devanture du magasin, les scellés y sont apposés le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé le 10 du même mois et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce 44, rue de Nantes à Saint-Nazaire pour aryaniser le commerce.

Au mois d’avril 1941, les marchandises du commerce sont vendues pour moitié aux Magasins DECRE à Nantes et pour l’autre à Monsieur ARCHERITEGUY, commerçant à Pont-Aven (également acquéreur des deux commerces MENDELOVICI et du commerce d’Haïm FLORES). Au final, les magasins DECRE se désistent et c’est Monsieur ARCHERITEGUY qui achète le tout.

Dossier d'aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives   [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]
Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Un mois plus tard, le 20 juin 1941 une plainte est déposée par Maître ROBYN de Roubaix qui défend les intérêts de la famille SOUWEINE auprès du Tribunal de Commerce de Roubaix pour détournement de fonds avec saisie-arrêt des fonds détenus par Gabriel HERVOUËT. L’administrateur provisoire est condamné à rembourser les fonds de la vente du commerce auprès de l’avocat, ce qu’il fait.

Dossier d’aryanisation du magasin GINE du Commissariat Général aux Questions Juives [Archives Nationales, AJ38/4597 dossier n°2516]

Gilbert SOUWEINE a quitté la ville de Saint-Nazaire pour, et cela est indiqué dans le rapport de l’administrateur provisoire, la zone non-occupée en septembre 1940.

Il n’en est rien. Gilbert SOUWEINE et sa famille se déplacent sur la commune de Pornichet et ils se lient d’amitié avec les familles MENDELOVICI. Gilbert SOUWEINE va utiliser ses connaissances, à la fois pour le passage de la ligne de démarcation, la fabrication de faux-papiers et les lieux où les familles pourront se cacher. Les familles MENDELOVICI/SOUWEINE fuient vers la zone non-occupée au cours de l’année 1941 en plusieurs groupes et se retrouvent pour la famille MENDOLIVICI dans les environs de Grenoble puis dans un village de Savoie où ils se cacheront déménageant plusieurs fois afin d’échapper aux éventuelles rafles ou arrestations. La famille SOUWEINE quant à elle va être cachée par la famille Jean et Annie GRENIER aux environs proche de Saint-Etienne au lieu-dit Plantou, sur la route de Planfoy, là où Jean GRENIER avait une scierie. Vers la fin de la guerre, la famille est prévenue par une employée du magasin qu’elle était activement recherchée et qu’il fallait partir. Elle sera cachée par une autre famille à Saint-Etienne, dans le quartier de Bellevue.

Gilbert SOUWEINE décède à Saint-Etienne le 03 janvier 1992.

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