WAJNBERG Chaïm, Hana, Jacques [111]

Chaïm WAJNBERG est né le 15 février 1893 à Latowicz (Pologne). Il est marié avec Hana née BESSERGLIK née en 1902 et a deux enfants : Jacques né en 1933 et ?. Présent en France depuis 1924, il exerce la profession d’ouvrier tailleur et réside dans le 10ème arrondissement au 196, rue Saint-Maur.

Recensement 1936, Hôpital Saint-Louis 1936 [AD75, en ligne]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Chaïm se déclare auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 111. Il réside alors 70, rue de Paris à Saint-Nazaire. Sa date d’arrivée en presqu’île est inconnu.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

En tant que ressortissant polonais, il est listé par les services de la préfecture de Loire-Inférieure.

Recensement Polonais/Slovaques/Allemands/Autrichiens [ADLA 1694W25]
Recensement Polonais/Slovaques/Allemands/Autrichiens [ADLA 1694W25]

Entre le 26 novembre et le 25 décembre 1940, la famille quitte Saint-Nazaire pour Paris.

Contrôle de résidence des étrangers [ADLA 1803W106]

 Contrôle de résidence des israëlites [ADLA 1694W25]
Contrôle de résidence des israëlites [ADLA 1694W25]

La famille n’a pas été déportée. Chaïm est naturalisé français en 1950 (JO du 25 juin 1950) et son épouse également (JO du 05 mars 1950). En 1952, Chaïm qui réside toujours 196, rue Saint-Maur vend un commerce de confection pour en racheter un autre en 1953.

ROSS René, Yvonne, André, Claude [107]

René Bernard (prénom usuel René) ROSS est né le 27 novembre 1891 à Béziers (Hérault) [Père : Léon ROSS né en 1861 à Nancy et Mère : Louise WEILL née en 1861 à Raon-l’Etape (Vosges)]. Il obtient son baccalauréat Latin Sciences et Mathématiques puis deux licences : l’une en Mathématiques et l’autre en Sciences Physiques. Il est par ailleurs diplômé en tant qu’ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Electricité. Dès les années 20, il enrichit la recherche scientifique dans les domaines de la physique et de l’électricité : courants alternatifs, condensateurs sphériques, disjoncteurs, interrupteurs à huile, études sur l’équilibre électrique et également rédigent et synthétisent des travaux scientifiques appliqués à l’Artillerie : étude sur le réglage de tir, étude sur un canon anti-char…

Il s’engage dans l’Armée française du 12 août 1914 au 11 novembre 1918. Blessé deux fois (par les gaz et éclats d’obus dans le genou), il reçoit la la Croix de guerre au titre du Régiment [Chargé de faire enlever le matériel de batterie d’une position abandonnée, a assuré sous un bombardement intense de plusieurs jours, et malgré une sérieuse indisposition causée par les gaz asphyxiants, l’évacuation des munitions. N’est rentré que sur l’ordre formel qui lui en a été donné] et la Légion d’Honneur à titre militaire.

Il se marie le 07 octobre 1920 à Paris dans le 10ème arrondissement avec Yvonne Esther née ALEXANDER née le 19 février 1891 à Paris (18ème arrondissement).

De cette union vont naître deux enfants : André né le 13 mars 1922 à Calais et Claude né
le 03 juillet 1927 à Calais.
Disciple de Jaurès, patriote avant tout, il suit les cours d’Officiers de Réserve et est
nommé lieutenant le 27 janvier 1921 et capitaine le 25 décembre 1933.
René ROSS rentre dans l’enseignement le 01 octobre 1933 et exerce d’abord à Calais
avant de venir s’installer à Saint-Nazaire et d’enseigner à l’Ecole Pratique et d’Industrie de Saint-Nazaire. Il y est chargé de l’enseignement de la Technologie et de l’Electricité et du Cours de Mécanique et de Trigonométrie au Cours de Perfectionnement. Il habite alors aux 10, rue des Halles.

Équipe enseignante de l’Ecole Pratique et d’Industrie Saint-Nazaire 1939
René ROSS : 4ème à partir de la gauche
Ecole Pratique et d'Industrie Saint-Nazaire
Ecole Pratique et d’Industrie Saint-Nazaire
Elèves et professeurs Ecole Pratique et d'Industrie Saint-Nazaire (date inconnue) [A gauche de la seule femme sur la photo, Laurent Vibrant, le directeur] © Archives Lycée Aristide Briand Saint-Nazaire
Elèves et professeurs Ecole Pratique et d’Industrie Saint-Nazaire (date inconnue) [A gauche de la seule femme sur la photo, Laurent Vibrant, le directeur] © Archives Lycée Aristide Briand Saint-Nazaire

René ROSS est doté d’un tempérament assez fort [Ross, plein d’un courage fougueux, se
ruant, s’obstinant sur l’obstacle de toute ses énergies, lesquelles étaient sans limite
] et
doté d’une grande éloquence. Lors d’un débat, il avait démontré à l’assistance qu’on
pouvait être membre de l’Enseignement laïque, socialiste et Juif en même temps que
patriote.
René Ross fut candidat du Parti socialiste SFIO au conseil général dans le canton de
Guérande en octobre 1937. Mais il ne tarda pas à avoir des difficultés avec son parti. Il fut blâmé pour avoir attaqué en public Léon Blum et Vincent Auriol le 23 octobre 1937. En novembre, il fut exclu pour cinq ans de la section socialiste de Saint-Nazaire.
Début 1938, la section locale du cartel confédéré des Services publics lui retira toutes ses délégations syndicales jusqu’au 1er janvier 1939, lui interdit tout droit à la parole dans les réunions publiques des syndicats et lui ordonna de s’abstenir de toute critique contre les militants responsables.
Finalement, il démissionna du Parti socialiste SFIO [Léon BLUM] le 5 février 1938 et adhéra au Parti radical. [Edouard Daladier] (le Travailleur de l’Ouest 1937 1938).

Courrier de Saint-Nazaire et Région du 30 octobre 1937 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et Région du 30 octobre 1937 [ADLA, presse en ligne]

Lieutenant puis capitaine de réserve, René ROSS refuse une affectation spéciale en tant qu’enseignant et demande à partir de 1938 de partir s’il y a lieu à la tête d’une unité combattante. Il est mobilisé le 03 septembre 1939 comme capitaine, commandant une batterie de 75 aux devants de la ligne Maginot jusqu’au début janvier 1940 puis est affecté aux travaux de fortification de la région de Longuyon-Montmedy puis passe capitaine-adjoint d’une batterie de 75 et prend part en cette qualité aux combats de Belgique et de Flandre du 10 au 30 mai 1940. Lors de la débâcle, il est évacué de Dunkerque le 30 mai 1940 embarque le dernier sur le contre-torpilleur « Foudroyant » puis débarque à Cherbourg pour être démobilisé le 06 août. Il est cité à l’ordre de la 1ère division marocaine et reçoit la Croix de Guerre 1939-1940 avec Etoile d’Argent.

Courrier de Saint-Nazaire et de la Région 18 mars 1939 {ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et de la Région 18 mars 1939 {ADLA, presse en ligne]

En zone occupée, les autorités allemandes appliquent une législation antisémite, inspirée par les lois du Reich. L’ordonnance du 27 septembre 1940 énonce les critères d’appartenance à la religion juive et ordonne le recensement des personnes considérées
comme telles. René Ross se déplace donc à la sous-préfecture de Saint-Nazaire et se
déclare en tant que tel sous le numéro 107.

Extrait liste dactylographiée du recensement des Juifs 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement des Juifs 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Par ailleurs, l’article premier de la loi du 03 octobre 1940 définit qui « est regardé comme juif » et l’article 2 de cette même loi « interdit aux Juifs l’accès et l’exercice dans les fonctions publiques », l’alinéa 4 précisant que les juifs ne peuvent plus faire partie des corps enseignants.

René ROSS, professeur à l’Ecole Pratique et d’Industrie de Saint-Nazaire se retrouve donc exclu de son métier.
En revanche, l’article 3 de la loi précise que les professions de la fonction publique
sont ouvertes aux juifs s’ils sont titulaires de la carte d’ancien combattant de la guerre de 1914-1918, s’ils ont été cités lors de la campagne de 1939-1940 et s’ils ont été décorés de la Légion d’Honneur
.
René ROSS remplit les trois conditions de cet article 3 et soutenu par Laurent VIBRANT, le directeur de l’école et trouvant la mesure particulièrement injuste, René ROSS va écrire de très nombreux courriers : tout d’abord au sous-préfet, préfet, Conseil d’État et au Maréchal Pétain.
La préfecture de Loire-Inférieure, très embarrassée, va le recevoir le 08 mars 1941, écoutant ces doléances parfaitement justifiées mais finalement, il ne retrouvera jamais son poste, démis de ses fonctions le 19 décembre 1940.
La Municipalité de Saint-Nazaire le nomme alors chef de Travaux dans les Services techniques de la Défense Passive , (protection des populations en tant de guerre et en particulier mesures à prendre en cas de bombardements…).
Indigné par sa situation, René ROSS continuera à écrire des courriers à l’administration
au moins jusqu’en décembre 1941, soit plus d’un an après sa révocation.

Lettre de René ROSS au maréchal Pétain 21 octobre 1940 [ADLA 1694W22]

Lettre manuscrite de René ROSS au Préfet de Loire-Inférieure [ADLA 1694W22]

Les membres du Comité Départemental de l’Enseignement Technique vont recevoir un courrier leur demandant leur « origine raciale » puisque l’exercice de tout mandat dans des assemblées d’ordre professionnel est désormais interdit aux Juifs.

Comités Locaux Professionels [ADLA 1694W21]
Statut du Juif Comités Locaux Professionels [ADLA 1694W21]

Tous les membres de ce comité vont renvoyer le document administratif prouvant leur ascendance « aryenne » mais cas unique, ils vont tous renvoyer leurs démissions.

Les « services de contre-espionnage allemands travaillent dans l’ombre « , le 18 janvier 1942, ils effectuent une perquisition au domicile de René ROSS, perquisition qui ne donne rien . Il est tout de même arrêté le jour même et interné pendant deux jours à la prison de Saint-Nazaire puis transféré (lieu inconnu).

 Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
 Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]

Il est finalement réincarcéré le 04 février 1942 à la prison de Saint-Nazaire pendant une journée avant d’être transféré et emprisonné à la prison de Fresnes.

Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]
Registre Ecrou Prison Saint-Nazaire [ADLA 1804W1]

Pendant plusieurs semaines, il ne recevra aucune nouvelle de sa famille. Le procès commence le 19 octobre 1942, connu sous le nom de « Procès des 111 ». On refuse aux avocats français d’assurer la défense des inculpés. Le 10 novembre, les familles sont autorisées à leur rendre visite. Le recours en grâce est rejeté et René ROSS est fusillé au Mont Valérien le jour de son anniversaire le 27 novembre 1942 à 16h19 avec quarante autres personnes dont Albert Vinçon, instituteur à Saint-Nazaire qui faisait partie du même réseau que lui, il avait 51 ans.
René Ross écrit une dernière lettre avant d’être fusillé:
« Je vais mourir pour la France avec le courage et le sang-froid d’un vieux soldat qui a fait Verdun et Dunkerque. J’ai servi la France avec le plus grand désintéressement et le plus ardent patriotisme. Je regrette de vous laisser dans la vie, seuls et sans défense.
Aimez la France et pensez à mon sacrifice. Pour moi, je vais mourir, « la Marseillaise » sur les lèvres et votre image adorée dans mon coeur.

Soyez calmes et fermes. Ne haïssez personne. Aimez-vous les uns les autres.
Vive la France. Vive la République. Vive la Liberté !
Que notre sang soit versé pour la France, pour la Paix et pour ceux qui viendront après nous puissent vivre tranquilles et heureux.
Excusez ma plume, elle est bien mauvaise, mais ma main ne tremble pas. ».

Liste des nazairiens fusillés 25 octobre 1944 [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés 25 octobre 1944 [AMSN 1W63]

Sans ressources, avec deux enfants à charge (l’aîné est scolarisé au Lycée Louis-le-Grand à Paris et le cadet dans un collège à Saint-Nazaire) mais également sa mère, Yvonne ROSS écrit une lettre au Préfet de Loire-Inférieure.

Yvonne ROSS vient s’établir à Angers au 18, rue de la Brisepétière. Elle y résidera jusqu’à la fin de la guerre.
Une demande de réhabilitation à titre moral est prise en compte par le Comité Départemental de Libération le 24 août 1944 et transmise à l’Inspecteur d’Académie pour réintégrer dans le corps des enseignants à titre posthume René ROSS.

Acte de décès de René ROSS [AMSN 1W63]
Acte de décès de René ROSS [AMSN 1W63]

Sources :
• Archives Départementales de Loire-Atlantique : 1694W22, 1694W25, 1694W26,
1804W1
• Archives Municipales de Saint-Nazaire 1W63
• Archives du Courrier de Saint-Nazaire et de la Région, [En ligne]
• Service Historique de Défense, Vincennes : 16P 520679
• Henri FOUSSARD : « TEMOIGNAGES – LA VIE ET MORT HEROIQUE de
Alexandre FOURNY – Albert VINCON – René ROSS – Marcel HATET – Fernand
LAFAYE – Anne-Marie MENUT-LAFAYE – André BONNAMY – André RAVARIT .
Nantes, Aux Portes du Large, 1947
• Notice bibliographique concernant René ROSS via le Maitron des Fusillés et
exécutés [ http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article165702, notice ROSS René, Bernard par Julien Lucchini, version mise en ligne le 22 octobre 2014, dernière modification le 17 avril 2018. ]

WOLIKOW Mordechaj [104]

Mordechaj (ou Mordchaï) WOLIKOW est né en Pologne dans la ville de Grodno actuelle Hrodna en Biélorussie le 05 janvier 1907. En France depuis 1930, il est marié et exerce la profession de mécanicien dentiste. Il habite à Paris 6, rue des Favorites dans le 15ème arrondissement, se réfugie à Saint-Nazaire (date d’arrivée inconnue) et habite en 1940 14, rue de l’Océan à Saint-Nazaire.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Mordchay se fait recenser à la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 104.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La Préfecture de Loire-Inférieure liste par ailleurs les ressortissants étrangers (Polonais, Slovaques, Autrichiens, Allemands) [sans date] :

recensement Polonais/Slovaques/Autrichiens/Allemands [ADLA 1694W25]
recensement Polonais/Slovaques/Autrichiens/Allemands [ADLA 1694W25]

Mordchay WOLIKOW quitte Saint-Nazaire pour Paris entre le 25 octobre et le 25 novembre 1940.

Contrôle de déplacement des Israélites novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Contrôle de déplacement des Israélites novembre 1940 [ADLA 1694W25]

A son arrivée à Paris, en tant qu’étranger, il se présente au commissariat de son arrondissement pour pointer sa pièce d’identité, ce qui est une obligation. Et la Préfecture s’enquiert de savoir si Mordchaï s’est bien fait recenser. Hors, on remarquera que sur le papier à en-tête de la Préfecture de Police, celui-ci porte la mention Affaires Juives Etrangers. Il s’agit bien de faire l’amalgame de la part du régime de Vichy entre étranger et Juif (le Juif étant donc considéré comme étranger et par conséquent étranger à la France) et sous couvert d' »étrangeté », de vérifier si les Juifs (étrangers ou français) ont bien souscrit aux obligations du recensement. Le même papier à en-tête sera utilisé pour des Juifs français.

Contrôle recensement [ADLA 1694W21]

Mordchay WOLIKOW n’a à notre connaissance pas été déporté.

SANDOR Maximilien, Micheline [99]

Maximilien SANDOR 1937 [ADLA 4M718]
Maximilien SANDOR 1936 [ADLA 4M718]

Maximilien dit Michel SANDOR est né le 04 novembre 1897 à Mako (Hongrie) [Père : SANDOR David et Mère : HOFFMANN Caroline]. Il est entré en France le 07 juillet 1923 par Altkirch (Haut-Rhin). Il n’est pas marié mais a une fille qu’il a reconnu : Micheline Anna née le 25 janvier 1926 à Paris (15ème arrondissement) et reconnue le 23 novembre 1929 à Paris (15ème arrondissement) [Mère : Anna KERMARREC née à Brest le 15 mars 1902 habitant en 1929, 44, rue Saint-Charles, 15ème arrondissement].

Maximilien exerce la profession d’ébéniste et est installé en tant que tel à Saint-Nazaire depuis 1936 au 21, rue Hoche.

[DAVCC 21 P 535 636]
[DAVCC 21 P 535 636]

Il cède son commerce en 1940 à Monsieur KERMARREC qui va devenir son employeur à partir du 15 novembre 1940 puis va être employé par la Kriegsmarine pour effectuer des travaux d’ébénisterie.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]

En janvier 1937, Maximilien effectue une demande de carte d’identité pour étranger. Il habite alors 33, rue Jean d’Ust (actuelle avenue de la République) à Saint-Nazaire.

Fiches cartonnées demande de carte d’identité pour étrangers [ADLA 4M718]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Maximilien se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 99.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Expulsé de Saint-Nazaire pour Angers le 23 décembre 1941, il habite dans un premier temps au 26, rue Delaage puis au 27, place de la République au 12 février 1942.

ADLA 1694W26

Maximilien est arrêté parce que Juif à son domicile d’Angers 27, place de la République après le couvre-feu vers 23 heures le 17 juillet 1942. Mme Fernande L’HOTE concubine de Maximilien ayant suivi Max à Angers mais résidant Villa Marie Alice à Penchateau au Pouliguen sera témoin de l’arrestation. Maximilien est déporté par le convoi numéro 8 du 20 juillet 1942 d’Angers à Auschwitz. Il y décède le 25 septembre 1942 (source Trochu). Il avait 44 ans.

Liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 8 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Michelin SANDOR épouse MOULARD qui réside 11, rue du 14 juillet à Couëron (Loire-Atlantique) s’adressera au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de régulariser la situation d’état civil de Maximilien et d’obtenir la carte de déporté politique ; Anna KERMARREC habitant Le Fief à Saint-Brévin les Pins fera de même dans les années 1946.

Demande de renouvellement de carte d’identité [ADLA 4M718]

Dossier d’étranger de Maximilien SANDOR [ADML 120W63]

Expulsion de Maximilien SANDOR [ADLA 1694W26]

FRECHE Léon, Lucienne, Fernand, Paulette, Gilbert, Marc [68]

Fernand FRECHE (à gauche) et Léon FRECHE ((à droite) 1944 © collection particulière

Fernand FRECHE (à gauche) et Léon FRECHE ((à droite) 1944 © collection particulière

Léon Eliaou (prénom usuel Léon) FRECHE est né en Algérie à Médéa le 12 novembre 1900, marié à Blida le 24 janvier 1924 avec Lucienne Marie Myriam FRECHE née le 22 avril 1900 à Blida ; 4 enfants (dont Fernand (27/10/1924), Paulette, Gilbert et Marc). D’Algérie, il migre tout d’abord à Paris, dans le 20ème arrondissement avenue de la Porte de Montreuil puis il décide de tenir un magasin de confection « Paris-Chic » à Saint-Nazaire au 30, rue des Caboteurs à partir de 1938.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Courrier de Saint-Nazaire et de la Région 01 avril 1939 [ADLA, presse en ligne]
Courrier de Saint-Nazaire et de la Région 01 avril 1939 [ADLA, presse en ligne]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 68.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Le 11 novembre 1940, il déclare son entreprise auprès de la préfecture de Loire-Inférieure.

Le 03 décembre 1940, les scellés sont apposés sur le commerce et un administrateur provisoire est nommé, Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire. Cet administrateur fait procéder à l’inventaire du stock et trouve un acquéreur en la personne des magasins DECRE, rue de la Marne à Nantes.

Commissariat Général aux Questions Juives AJ38/4597 dossier n°2522

Une partie de la vente servira à payer les créances en cours, à effectuer quelques versements pour subsides à Léon FRECHE et sa famille et à rétribuer M HERVOUËT qui prélève pour sa propre rémunération la somme de 21600 francs (sur les 86000 francs restants, soit 25 % du solde !!!)

Commissariat Général aux Questions Juives AJ38/4597 dossier n°2522

Léon FRECHE quitte Saint-Nazaire pour Alger en décembre 1940. Les deux frères, leurs épouses et enfants font de même [Gaston + Fanny + Charles dit Charly ; Jacques + Yvonne]

Contrôle déplacement Israélites 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Contrôle déplacement Israélites 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Juifs, Léon et son épouse, Fernand et ses frères sont obligés de fuir vers l’Algérie, puis reviennent à Saint-Etienne en 1943, ne se plaisaant pas en Algérie. Il leur est interdit de retourner en zone Nord. La famille se cachera dans une ferme à Yssingeau (Haute-Loire). De là, Fernand rejoint la résistance et participe à la campagne de libération de l’Alsace sous le commandement du Maréchal de Lattre-de-Tassigny.

Léon rouvrira Paris-Chic à la fin de la guerre dans un premier temps dans le centre Marceau, emplacement numéro 45.

Centre commercial provisoire MARCEAU Saint-Nazaire

Registres matricules militaires [Archives Nationales Outre-Mer, FR ANOM 1 RM 187 ]

ISRAEL Théodore, Suzanne [52]

Théodore (Téodoro) ISRAEL est né le 13 mars 1913 à Milan (Italie) d’origine italienne arrivé en France en 1934 et est marié avec Suzanne ISRAEL née PITCHO née le 17 mai 1916 (source Sauvage et Trochu) et parents d’un enfant né en 1939. La famille habite un garni au 9, rue de la Paix à Saint-Nazaire et exerce la profession de marchand ambulant en maroquinerie : sacs de voyage, sacs à provision…

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Théodore est recensé auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 52.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Les scellés sont apposés dans la chambre où sont entreposées les marchandises le 07 décembre 1940 et un administrateur provisoire est nommé en janvier 1941 en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire. Les marchandises sont inventoriées par Maître CAVARO, huissier de Justice, saisies puis stockées dans le garde-meubles de la salle des ventes AULNETTE à Saint-Nazaire sur pression du propriétaire qui souhaite récupérer son appartement. Celles-ci sont vendues à Madame GUILLOU, 5 rue Voltaire à Saint-Nazaire.

Lettre de Monsieur MARTIN 19 janvier 1941 [AN AJ38/4598 dossier n°2534]
Lettre de Monsieur MARTIN 19 janvier 1941 [AN AJ38/4598 dossier n°2534]

Suzanne ISRAEL apprenant la vente et se trouvant sans ressources réclame auprès du Préfet le produit de la vente. cette lettre restera sans réponse.

Lettre de Suzanne ISRAËL au Préfet de Loire-Inférieure 10 avril 1941 [AN AJ38/4598 dossier n°2534]

Elle s’adresse alors au Consulat d’Italie à Nantes pour obtenir gain de cause pour effectuer le transfert des sommes du compte de l’administrateur provisoire vers un compte italien, ce qu’elle obtiendra.

Courrier Consulat d'Italie 25 novembre 1941 [AN AJ38/4598 dossier n°2534]
Courrier Consulat d’Italie 25 novembre 1941 [AN AJ38/4598 dossier n°2534]

Théodore ISRAEL quitte Saint-Nazaire en décembre 1940 pour Paris tandis que son épouse (et enfant) quittent la ville pour Paris en février 1941. La famille ira se réfugier à Nevers au 26, quai de Loire.

Contrôle de déplacement des Israélites et contrôle de déplacement des étrangers [ADLA 1694W25 et ADLA 1803W106]

A notre connaissance, aucune personne de la famille n’a été déportée.

Documents annexes : déclaration d’entreprise juive [ADLA 1694W23]

PENHAS Avram, Anne-Marie, Robert, Bernard [51]

Avram PENHAS 1932 [ADLA 4M706]

Avram PENHAS est né à Andrinople (Turquie) en 1905. Il est marié avec Anne-Marie ROBIC née à Saint-Nazaire le 28 janvier 1904 depuis le 16 juillet 1929 (Paris, 11ème arrondissement). La famille est composée de deux enfants : l’ainé, Robert Vital Jean né le 02 avril 1929 à Paris (10ème arrondissement), reconnu lors du mariage de sa mère et Bernard Joël, le cadet, né le 26 janvier 1938 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Acte de naissance de Robert PENHAS [Archives Ville de Paris, Etat Civil]

Acte de naissance de Bernard PENHAS [Archives Saint-Nazaire]

Acte de mariage de Avram PENHAS et Anne-Marie ROBIC [Archives Ville de Paris 11M544]

Arrivé en France en 1926, Avram s’est fait naturalisé par décret n°31.421X32 en date du 29 décembre 1932. Son épouse recouvre ainsi la nationalité française qu’elle avait perdu par mariage. En août 1942, la Commission de Révision des Naturalisations enquête afin de dénaturaliser Avram PENHAS.

Police Saint-Nazaire [ADLA 1803W107]
Police Saint-Nazaire [ADLA 1803W107]

Il est au moins présent à partir de 1930 à Saint-Nazaire où il réside en 1932 69, rue de la Dermurerie puis la famille réside 25, rue Gauloise. Il exerce la profession de marchand forain. Il propose sur les marchés des articles de parfumerie et d’hygiène : parfums, lames de rasoirs, épingles à cheveux, flacons de brillantine, dentifrices, brosses à dents…

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U152]

Avram PENHAS est mobilisé en 1939-140 lors de la déclaration de guerre.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Avram PENHAS se déclare en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 51.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Suite aux mesures d’aryanisation, les scellés sont apposés sur son commerce (stock de marchandises à son domicile) le 03 décembre 1940 après qu’il ait déclaré son entreprise comme juive auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire le 11 novembre 1940.

Dans un premier temps, c’est Madame LIRZIN, 41 rue Waldeck Rousseau à Saint-Nazaire qui s’occupe de la gérance mais démissionnaire, c’est Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire qui prend la suite en avril 1941.

L’inventaire a été réalisé par Maître CAVARO, huissier près du tribunal civil de Saint-Nazaire le 05 décembre 1940.

Bien qu’Avram PENHAS ait estimé que le prix proposé était en deçà de la valeur réelle des marchandises, le stock est vendu aux Grands Magasins Nouvelles Galeries de Saint-Nazaire pour la somme de 400 francs.

Dossier d’aryanisation d’Avram PENHAS [AJ38/4593 dossier n°1776]

Se trouvant sans ressources, Avram PENHAS va trouver un emploi de manoeuvre sur un chantier de construction de l’opération Todt auprès des Autorités Allemandes puis la famille quitte Saint-Nazaire pour une « destination inconnue » fin juin 1942.

A notre connaissance, personne n’a été déporté. Robert décède le 11 septembre 2004 à Enghien-les-Bains (Val d’Oise) et Bernard s’est marié après-guerre.

Demande de renouvellement de carte d’identité d’Avram PENHAS 1932 [ADLA 4M706]

Enquête pour la dénaturalisation d’Avram PENHAS [Police Saint-Nazaire, ADLA 1803W107]

FAJNGOLD Josef, Fanny, Paulette [38]

Josef Majlech FAJNGOLD (prénom usuel Max) est né à Varsovie le 04 avril 1900. Arrivé en France en 1915, il se marie le 27 novembre 1924 avec Fanny VOVK née le 26 mai 1904 à Paris (18ème arrondissement). Le couple a deux enfants dont Paulette-Claire née le 29 mars 1928 à Paris.

Acte mariage FAJNGOLD/VOVK [Archives Mairie de Paris, en ligne]
Acte mariage FAJNGOLD/VOVK [Archives Mairie de Paris, en ligne]

Naturalisée française par déclaration en 1911, Fanny va perdre sa qualité de française suite à son mariage avec Josef. Elle refait une demande de naturalisation en 1928 qu’elle obtient et son mari obtiendra la nationalité française en 1931.

Journal Officiel de la République Française du 08 novembre 1931
Journal Officiel de la République Française du 08 novembre 1931

La loi du 22 juillet 1940 concernant la dénaturalisation des Juifs suite à la loi de 1927 va impacter fortement le couple puisque ceux-ci se voient retirer la nationalité française. Naturalisé par décret du 28 octobre 1931 (N° du dossier de naturalisation : 17422 X 31, autre dossier en relation : 63679 X 28), Joseph FAJNGOLD est dénaturalisé par la séance n° 1067 du 22 mai 1943 en commission plénière par décret du 31 décembre 1963 publié au Journal Officiel le 15 janvier 1944 [BB/27/1429]. Son épouse Fanny née VOVK naturalisé le 28 février 1928 par déclaration (N° du dossier de naturalisation : 63679 X 28 ; autre dossier en relation : 17422 X 31 A14) est dénaturalisée par la même séance n°1067 du 22 mai 1943 par décret du 31 décembre 1943 publié au Journal Officiel le 15 janvier 1944. [BB/27/1444]. Leur fille Paulette, Clavie naturalisée par la loi du 10 août 1927, art.3 (n° du dossier de naturalisation : 17422 X 31 ; autre dossier en relation : 63679 X 28) a été dénaturalisée par la même commission à la même date. [BB/27/1429]

Journal Officiel de la République Française du 15 janvier 1944, page 175

Josef exerce la profession de ferblantier au moment de son mariage et son épouse Fanny celle de sténo-dactylographe et en 1928, ils exercent tous les deux la profession de fourreurs. Il s’installent à Saint-Nazaire (au moins à partir de 1935) en tant que marchand forain en fourrure et habitent 5, rue Waldeck Rousseau à Saint-Nazaire.

Registre du commerce [ADLA 22U153]
Registre du commerce [ADLA 22U153]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, conformément à la 1ère ordonnance allemande, Josef FAJNGOLD se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 38.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Le scellés sont apposés sur le commerce le 03 décembre 1940, un inventaire est dressé par Georges CAVARO, huissier de justice et le commerce est aryanisé dans une premier temps par Mme BARILLON.

La famille FAJNGOLD qui s’est déplacée entre temps à Drancy-sur-Seine demande à toucher le produit de la vente ce qui lui sera refusé par le Préfet de Loire-Inférieure.

Le reste des marchandises non vendues par Mme BARILLON sera vendu aux enchères publiques par Monsieur MARCHAND, huissier de justice sous le contrôle de Gabriel HERVOUËT arbitre de commerce à Saint-Nazaire (nommé administrateur-provisoire suite à la démission de Mme BARILLON). Max FAJNGOLD sera radié du registre du commerce et sa licence de marchand forain sera annulée.

La famille quitte l’arrondissement au cours de l’année 1940 ou 1941, s’installe à Drancy, 15, rue du Domaine. La famille ne sera pas déportée. En 1948, elle habite toujours Drancy.

FOGEL Dan, Rajzla, Rebecca ; FOGIEL Szlama, Rywka [37]

Originaire de Pologne, Dan Uszer (prénom usuel Dan) FOGEL est né à Brzeziny (Pologne) le 07 juin 1907 [Père : FOGEL Abraham et Mère : Ardis SCHTARTZ], entré en France en 1927 et est marié avec Rajzla SMOLARSKI [Père : SMOLARSKI Lewek et Mère : FUKS Rywka] née le 28 août 1904 à Brzeziny (Pologne) et entrée en France le 17 janvier 1930. Ils se sont mariés le 22 novembre 1930 à la mairie du 18ème arrondissement et ils auront un enfant : Rebecca née à Paris en 1931 (10ème arrondissement).

Acte mariage FOGEL/SMOLARSKI [Archives Mairie de paris 18M 572_B]

Dan FOGEL exerce la profession de modéliste boulevard de la Chapelle puis se déplace sur Saint-Nazaire et créé un magasin de confection « Au tailleur de Roubaix » situé 22, place Marceau le 25 février 1934. Dan FOGEL dit Henri FOGEL et Rajzla dite Rosa FOGEL travaillent dans le magasin aidé par le frère de Dan, Szlama FOGEL, son aîné de 7 ans et habitent 24, rue de l’amiral Courbet à Saint-Nazaire.

Registre du commerce [ADLA 22U152]
Registre du commerce [ADLA 22U152]

Szlama, frère d’Henri et Rywka FOGIEL (FOGEL) habitant 28, rue de l’amiral Courbet et employé dans le commerce ambulant de son frère Place Marceau. [ADLA 4M664]

Grâce au maire de Saint-Nazaire François Blancho, Henri FOGEL obtient la nationalité française en 1938 par décret du 11 mai 1938 n°11523X37. De fait, son épouse obtient la nationalité française.

Conformément à la 1ère ordonnance allemande, il va se déclarer auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 37.

Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]

De la même manière dans le cadre des procédures d’aryanisation, il déclare son commerce au 09 novembre 1940.

Son magasin est placé sous gérance le 27 décembre 1940. Le gérant s’appelle LE PESSEC et réside 32, impasse Waldeck Rousseau à Saint-Nazaire. Ce gérant fera partie de la liste des administrateurs provisoires du département (04 avril 1942).

Henri FOGEL entre en Résistance et rejoint le maquis près de Limoges. Il rentre à Saint-Nazaire en 1945 mais la ville étant bombardée, s’installe « Villa Les Genêts » à Pornichet et rejoint Saint-Nazaire au moment de la création de la zone de chalandise provisoire du Centre Marceau où il occupe l’emplacement numéro 62.

Passionné de boxe, il participe activement au développement du club de boxe nazairien, organisant des combats professionnels. C’est lui qui sera à l’origine de la venue de Souleymane Diallo, battu en finale d’un championnat d’Europe en 1964.

En 1966, Henri FOGEL décide de changer de métier et achète un tabac-journaux à la Trébale. À l’heure de la retraite, en 1973, Henri et Rosa Fogel s’installèrent à Vallauris, sur la Côte d’Azur.

Mais Henri FOGEL, malgré une parenthèse de 33 années, n’aura pas oublié sa ville de coeur au moment de rédiger son testament. Henri Fogel, décédé le 27 septembre 2006, a fait don de la majeure partie de ses biens à la Ville de Saint-Nazaire.

Pour sa part, la Fondation pour la recherche médicale percevra une partie de la donation ainsi que le souhaitait sa fille Rebecca, décédée six ans plus tôt, en novembre 2000.

 Henri Fogel, ici à gauche, aux côtés de Robert Caudal, qui a oeuvré dans le mouvement du logement social, n'a pas oublié sa ville de coeur au moment de rédiger son testament.© Photo Ville de Saint-Nazaire
Henri Fogel, ici à gauche, aux côtés de Robert Caudal, qui a oeuvré dans le mouvement du logement social, n’a pas oublié sa ville de coeur au moment de rédiger son testament.© Photo Ville de Saint-Nazaire

BERNHEIM Lucien, Clémence [33]

Lucien BERNHEIM est le père de Marthe LEVY dont le mari tient un commerce à Saint-Nazaire. Il est né le 31 mars 1863 à Cernay (Haut-Rhin) et a par ailleurs une soeur jumelle prénommée Camille.

Acte de naissance de Lucien BERNHEIM [AD68, en ligne]
Acte de naissance de Lucien BERNHEIM [AD68, en ligne]

Il se marie le 11 janvier 1898 à Strasbourg avec Clémence LEVY née le 21 mars 1873 à Strasbourg. Lucien réside à Paris au moment de son mariage.

Acte de mariage BERNHEIM/LEVY [AD67, en ligne]

Il se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 33.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Lucien BERNHEIM est père de 4 enfants dont tous les garçons participeront à la campagne de 1940. Au moment de l’arrestation de sa fille, beau-fils et petite-fille, il écrit en septembre 1942 demandant leur libération. Par ailleurs, ils ont donc passé la ligne de démarcation entre octobre 1940 et septembre 1942 pour se réfugier dans le sud-ouest à Agen.

Tapuscrit Lucien BERNHEIM 07 septembre 1942 [ADLA 1694W25]

Aucune réponse ne sera apportée à cette lettre. Lucien BERNHEIM et son épouse ne sont pas déportés : Lucien décède le 1er mars 1952 à Saint-Mandé (sa soeur jumelle 15 jours plus tôt) et Clémence le 29 octobre 1951 à Paris (11ème arrondissement).