SARFATI Haïm, Victoria, Léon, Elio, Nisso (NR)

Haïm SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Victoria SARFATI 1936 [ADLA 4M719]
Elio SARFATI 1936 [ADLA 4M719]

Haïm SARFATI est marchand forain depuis le début des années 30 sur la place de Saint-Nazaire aidé par ses fils dans la zone de chalandise du département. Né le 01 décembre 1883 à Constantinople [Père : Yuda SARFATI et Mère : Clara ESKENAZI), il est marié avec Victoria SARFATI née SALTI née également à Constantinople le 01 juin 1890 [Père : Nissim SALTI et Mère : Luna PIZANTI]. Tous leurs enfants naissent également à Constantinople : Léon né le 05 avril 1914, Alio né le 03 janvier 1921 et Nisso né en 1925.

La famille est arrivée en France par l’Italie avec un passeport collectif délivré à Milan en 1929, se rend dans un premier temps à Paris puis arrive sur Saint-Nazaire au début des années 1930 vers 1932. Ils exercent la profession de marchands ambulants d’abord sur les marchés de La Baule puis sur ceux de Saint-Nazaire en particulier sur celui de la place Marceau et logent donc près de l’endroit où ils travaillent : 9, rue de la Paix de 1932 à 1935 puis 24, rue du Dolmen de 1936 à 1939.

Registre du commerce [ADLA 22U152]
Registre du commerce [ADLA 22U152]

La famille quitte Saint-Nazaire dans l’année 1939 (destination inconnue) mais vraisemblablement dans les Alpes Maritimes.

La trajectoire d’Elio SARFATI

Elio SARFATI réside chez ses parents Haïm et Salti Victoria à Cannes dans les Alpes Maritimes, 107 rue d’Antibes. Célibataire, il est alors sans profession. Au bureau de recrutement de Nice, il est décrit ainsi : yeux bleus gris, cheveux châtains, mesurant 1,72 m et pesant 64 kg. Le 9 avril 1940, il s’engage volontairement à l’Intendance Militaire de Nice. Dirigé sur le GCI d’Arles, il est affecté à la 15e Compagnie. Le 13 juillet 1940, il réintègre la vie civile et rentre chez ses parents à Cannes où il serait commerçant.Le 12 juin 1943, il est arrêté par la Gestapo, dans le train entre Perpignan et Palau-del-Vidre dans les Basses-Pyrénées en compagnie d’Anne Schlanberger, Jean Requiston, Staehling de Saint-Raphaël et le passeur Rosso, ainsi que le fils de ce dernier. Ils tentaient de passer la frontière espagnole pour rejoindre les FFL. D’abord emprisonné à Perpignan, Élyo Sarfati est transféré au camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne (Oise) où il reçoit le numéro 16081. Il s’y retrouve en même temps que Jean Requiston et ils font la connaissance de Pierre Gaty (40441). Ensemble, ils sont déportés par le convoi du 17 au 19 janvier 1944 vers le camp de concentration de Buchenwald. C’est le sixième transport entre ces deux camps avec 1 942 détenus dont 1 506 Français. Élyo Sarfati devient le matricule 39654 et se déclare étudiant pendant la période de quarantaine où il est dépouillé de tout, vacciné et fiché. Très vite, le 10 février 1944 il est affecté au tant redouté Kommando de Dora avec 250 hommes. Pierre Gaty raconte qu’il travaille au terrassement pour la construction du camp de baraques et que, atteint de dysenterie, il doit se rendre au Revier. Effectivement, logé au Block 23, il y est enregistré le 26 février 1944. De là, Élyo Sarfati est sélectionné pour le convoi de 1 000 détenus de Dora jugés « inaptes au travail » par les SS et dirigé, le 27 mars 1944, vers Bergen-Belsen. Arrivé le lendemain, il y est ré-immatriculé 770. Ses parents et son frère reçoivent deux lettres de lui : une datée du 28 juin 1944 et une du 9 août. Selon les renseignements donnés en 1947 par Roger Trochet (28044) et Michel Fliecx (28190), Élyo Sarfati est décédé dans ce camp de phtisie galopante en novembre 1944. Selon les archives, il apparaît pourtant sur une liste de déportés vivants à Bergen-Belsen datée du 29 novembre 1944. Élyo Sarfati est en fait décédé à Bergen-Belsen le 8 décembre 1944. Source Dictionnaire Dora, notice d’Elyo SARFATI rédigée par Joëlle Helleboid-Allouchery : Bu7/2-9/9 (Buchenwald) ; DAVCC ; GedenkbuchBB ; © Arolsen Archives, 2019.

Elio SARFATI [YadVashem, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolesen, en ligne]
Enveloppe BAD AROLSEN de Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]
Fiche d’enregistrement du camp de Mittelbau-Dora d’Elyo SARFATI [ItsBadArolsen, en ligne]

Une feuille de témoignage sera déposée en sa mémoire par son frère en 1999.

A notre connaissance, les parents et frères d’Elio n’ont pas été déportés mais nous ignorons en l’état ce qui s’est passé entre 1939, date de leur départ de Saint-Nazaire et leur arrivée dans les alpes AMritimes et 1944.

Fiches cartonnées dossier d’étranger d’Haïm SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Victoria SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger de Léon SARFATI [ADLA 4M719]

Fiches cartonnées dossier d’étranger d »Elio SARFATI [ADLA 4M719]