ABRAMOWICZ Jacques, Hélène, Adjel ; MARCHEWSKI Israël [NR]

Ajdel ABRAMOWICZ vivait maritalement avec Israël MARCHEWSKI. Adjel était née le 01 septembre 1913 à Kutno, district de Lodz, Pologne et son conjoint le 03 mai 1897 à Pińczów (Pologne). Ils habitaient 15 rue des Vignerons à Vincennes. Leurs enfants, Hélène, 4 ans, était née à Paris (4ème arrondissement) le 09 avril 1938 tandis que Jacques, le cadet, 2 ans, est né à Saint-Nazaire le 04 octobre 1939 à l’Hôpital et c’est Henri ALLANET, directeur économe, qui effectue la déclaration de naissance auprès des services de l’Etat Civil de la Mairie de Saint-Nazaire. Adjel déclare reconnaître Jacques à la mairie de Vincennes un peu plus tard le 17 décembre 1940, commune où ils sont arrivés après 1936.

Ils ont été arrêtés lors de la rafle dite du Vel’d’Hiv’ du 16 et 17 juillet 1942 puis transférés sur le camp de Pithiviers le 21 juillet 1942. Israël, le père transféré de Pithiviers à Drancy le 25 août 1942 a été déporté une semaine plus tard par le convoi n° 13 de Pithiviers à Auschwitz le 31 juillet 1942 ; Adjel, la mère est transférée de Pithiviers vers Drancy le 02 août 1942 et déportée le lendemain par le convoi n° 14 de Pithiviers vers Auschwitz le 03 août 1942. Quant aux enfants Hélène et Jacques, ils ont été déportés à priori et selon Serge Klarsfeld dans le Mémorial des Enfants par le convoi n° 20 du 17 août 1942 de Pithiviers vers Auschwitz. Il manque une page dans la liste de déportation. Mais Il semble, d’après les informations dont nous disposons, qu’ils aient tous les deux rejoints Drancy le 25 août 1942 pour être déportés par la suite.

Aucune demande de rectification de statut n’a été effectuée auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre. Il faut attendre 2013 pour que les actes de décès soient établis pour transcription à l’état civil.

FISCHER Otto [98]

Otto FISCHER est né le 08 septembre 1895 à Znojmo (Znaïm) en Tchécoslovaquie [Père : FISCHER Friedman et Mère : WEINBERGER Amalie]. Célibataire, il exerce la profession de maître d’hôtel mais également à La Baule, il va exercer la profession d’interprète. Il habite Villa Les Saisons, avenue de la Pierre Percée comme la famille SPITZER dont l’épouse Bedrichka exerce également la même profession et qui est de même nationalité, tchécoslovaque. En France depuis 1939, sa date d’arrivée sur La Baule est inconnue.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Otto FISCHER se déclare auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de la Baule) sous le numéro 98 en tant que Juif.

Extrait liste recensement Saint-Nazaire 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement Saint-Nazaire 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Il est par ailleurs recensé auprès la Préfecture de Loire-Inférieure en tant ressortissant slovaque.

Recensement Allemands/Slovaques/Autrichiens/Polonais [ADLA 1694W25]
Recensement Allemands/Slovaques/Autrichiens/Polonais [ADLA 1694W25]

Otto FISCHER est interné au camp de concentration des nomades, route de Limoges à Poitiers le 15 juillet 1941 puis transféré au camp de La Motte-Beuvron le 03 mars 1942 puis transféré le 27 juillet 1942 au camp de Pithiviers (en même temps que la famille SPITZER).

Registre d’écrou Camp de Poitiers – route de Limoges [Archives Départementales de la Vienne [109W311]

Liste des internés israélites et transfert [Archives Départementales du Loir-et-Cher, 629W9]

Otto FISCHER est arrêté et déporté par le convoi numéro 13 de Pithiviers à Auschwitz le 31 juillet 1942 (en même temps que la famille SPITZER).

Liste convoi 13 Pithiviers Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne]
Liste convoi 13 Pithiviers Auschwitz [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne]

Otto FISCHER a été enregistré dans le camp d’Auschwitz-Birkenau et décède le 31 août 1942 à 21h00, un mois après son arrivée dans le camp. Il avait 46 ans.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Johann Paul KREMER, docteur en médecine, est affecté en tant que médecin à Auschwitz du 30 août au 20 novembre 1942 pour remplacer un médecin qui fait défaut à cause d’une maladie. Menant des recherches anatomiques sur les détenus les plus faibles et pratiquant ainsi des injections de phénol dans le coeur, il établit également des certificats de décès. Pour Otto FISCHER, la cause de la mort inscrite est celle d’une insuffisance myocardique sans préciser si cette insuffisance est naturelle ou provoquée par les expérimentations du « docteur » KREMER.

[DAVCC Caen, 21 P 254188]
Certificat de décès [DAVCC Caen, 21 P 254188]

En 2014, l’Office National des Anciens Combattants attribue la mention Mort en Déportation sur son acte de décès rédigé à la même date.

SPITZER Eugène, Bedrichka, Lucie [97]

Eugène SPITZER est né le 24 janvier 1896 à Ostrava (Tchécoslovaquie) Il est marié avec Bedrichka SPITZER née UNGER née le 01 février 1905 à Karvina (Tchécoslovaquie). Le couple à une fille Lucie née le 16 août 1925 à Ostrava. Eugène exerce la profession d’électricien et Bedrichka celle de sténo-dactylographe.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Eugène SPITZER se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de La Baule) sous le numéro 97. La famille réside alors Villa Les Saisons, 3, avenue de la Pierre Percée à La Baule.

Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]

Il est par ailleurs recensé auprès la Préfecture de Loire-Inférieure en tant ressortissant slovaque.

recensement Allemands/Slovaques/Polonais/Autrichiens [ADLA 1694W25]
recensement Allemands/Slovaques/Polonais/Autrichiens [ADLA 1694W25]

Son épouse exerce la profession d’interprète à la Kommandantur à La Baule et la famille SPITZER habite dans la même villa qu’Otto FISCHER, célibataire, lui-même interprète, recensé juste après.

La famille quitte La Baule pour Libourne entre le 26 octobre et le 25 novembre 1940.

Contrôle de déplacement des étrangers [ADLA 1804W106]
Contrôle de déplacement des étrangers [ADLA 1804W106]

La famille est arrêtée (date inconnue) puis internée au camp de concentration des nomades, route de Limoges à Poitiers le 15 juillet 1941 puis transférée (en même temps qu’Otto FISCHER) au camp de La Motte-Beuvron (Loir-et-Cher) le 09 mars 1942 puis transférée le 27 juillet 1942 vers le camp de Pithiviers.

Registres d’écrou du Camp de Poitiers – route de Limoges [Archives Départementales de la Vienne 109W311]

Liste des internés Israëlites et transfert [Archives Départementales de la Vienne, 629w9]

La famille est déportée par le convoi numéro 13 de Pithiviers à Auschwitz le 31 juillet 1942.

Liste convoi 13 Pithiviers [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Liste alphabétique déportation [Its Bad Arolsen]
Liste alphabétique déportation [Its Bad Arolsen]

Eugène SPITZER est sélectionné pour rentrer dans le camp et décède le 30 août 1942, un mois après son arrivée, il avait 46 ans. Le « docteur Meyer » qui rédige l’acte de décès à Auschwitz précise qu’Eugène serait décédé d’un arrêt cardiaque subit. Son épouse est décédée à l’âge de 40 ans et leur fille Lucie à l’âge de 16 ans sans précision de date.

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]
Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Les actes de décès seront officialisés en 2015 par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.