GOURVITCH Sterma [116]

Sterma GOURVITCH née PERCHITZ est née le 01 décembre 1862 à Golovtchin (Biélorussie) et est arrivée en France en 1925. Veuve, elle se fait recenser en même temps qu’Esther RAPPAPORT. Ce sont des femmes âgées, d’origine russe et elles habitent à Saint-Marc, comme Ludmilla SCHATZ, elle-même d’origine russe.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 116.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Elles quittent Sait-Marc pour Paris vers la fin octobre 1940 comme indiqué sur la liste de recensement. A notre connaissance, Sterma n’a pas été déportée.

KANTER Raymonde, [Raymond] [88]

Raymonde KANTER née FRIEDMANN est née le 20 septembre 1917 à Paris (9ème arrondissement) et est mariée sans enfants avec Salomon Raymond KANTER [Père : Maurice FRIEDMANN, tailleur et Mère : Lisa HERSCOVICI].

Acte de naissance de Raymonde FRIEDMANN [Archives Municipales de Paris, 9N171]
Acte de naissance de Raymonde FRIEDMANN [Archives Municipales de Paris, 9N171]
Acte Mariage KANTER-FRIDEMANN [Archives paris, 9M 343]
Acte Mariage KANTER-FRIDEMANN [Archives paris, 9M 343]

Elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) sous le numéro 88. Elle réside alors 50, avenue de la Gare à Pornichet dans le même lieu que le commerce d’Adèle/Rose MENDELOVICI, « Aux Armes de Bretagne ».

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Elle est arrêtée puis internée à Drancy en avril 1943 puis déportée par le convoi numéro 80 au départ de Drancy vers Bergen-Belsen le 21 juillet 1944.

Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial d ela Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial d ela Shoah, en ligne]

Il est précisé sur le carnet de fouilles de Drancy « Venant d’Austerlitz ». A la fin de 1941, le pillage de l’ensemble des propriétés juives. Baptisée « Möbel Aktion » (opération meuble), consiste à vider les appartements que les Juifs n’habitent plus du fait de leur déportation ou de leur entrée dans la clandestinité. Un nouveau service est créé sous le nom de « Dienststelle Westen » (service ouest). Mis en place au printemps 1942, dirigée par Kurt Von Behr, cette organisation identifie les logements dont les occupants juifs sont absents. Des entreprises de déménagements, réquisitionnées pour l’occasion, en vident ensuite le contenu.
La Dienststelle Westen ne dispose pas d’effectifs suffisants pour trier meubles et objets et les acheminer aux populations civiles allemandes dans les nouveaux territoires de l’Est conquis par l’Allemagne ou aux officiers et personnalités pour les plus belles pièces.

Les meubles spoliés des appartements juifs sont dans leur majorité entreposés sur le site des Entrepôts et Magasins Généraux du 43 quai de la Gare1.

A Drancy, plusieurs catégories de détenus sont temporairement exclues de la déportation. Les femmes de prisonniers de guerre sont en principe protégées par la convention de la Haye et peuvent servir d’otages dans d’éventuelles négociations diplomatiques. X’est le cas de Raymonde dont le mari est prisonnier de guerre.

Le sort des Juifs classés comme « conjoints d’aryens », « demi » ou « quart » de juif n’a lui pas encore été décidé. Les internés qui composent ces trois groupes peuvent donc être loués à la Dienststelle Westen.
Le 1er novembre, 194 juifs de Drancy y sont acheminés pour travailler à la réparation et à la manutention de ce butin.

Ce camp, situé au 43 quai de la Gare, aussi appelé « Austerlitz », du fait de la proximité avec la gare éponyme, comptera jusqu’à 400 détenus. Il sera à son tour évacué, pour Drancy, le 12 août 1944.

Le convoi 80, le dernier parti de Drancy, est en fait divisé en quatre parties et le train est un train de voyageurs. Il concerne les épouses et les enfants de prisonniers de guerre juifs :

  • le 02 mai 1944 : 70 déportés (A)
  • le 03 mai 1944 : 74 déportés (B)
  • le 21 juillet 1944 : 49 déportés (C)
  • le 23 juillet 1944 : 65 déportés (D)

« Il y avait dans ce convoi 177 femmes et 77 enfants plus 14 personnes pour d’autres raisons soit au total 258 déportés auxquels il faut rajouter une enfant née à Bergen-Belsen. Sur les 77 enfants, trois sont décédés et sur les 181 adultes, 19 à notre connaissance sont décédés pendant leur captivité ou peu de temps après.

Le camp de Bergen-Belsen avait été au printemps 1943 et devait servir à détenir des juifs en mesure de servir de monnaie d’échange. De moins de 400 internés au 01 janvier 1944, le camp passe à plus de 4000 internés le 31 juillet 1944. Pourtant le nombre des échangés resta très limité : 358 en juin qui partirent par voie ferrée à Haïfa, 136 détenteurs de passeports sud-américains qui aboutirent en Suisse en janvier 1945 et 317 juifs espagnols qui atteignirent l’ Espagne en février 1944.

Les Juifs de France furent internés dans le plus important des sous-camps de Bergen-Belsen dit  « Le Camp de l’Etoile’ parce que les internés étaient obligés de porter l’étoile jaune et d’ailleurs non sur une défroque mais sur des habits civils. Les adultes étaient astreints au travail obligatoire, surtout au commando de la chaussure. Les conditions d’alimentation pour les différents sous-camps ne sont pas exactement connues.« 

Préface rédigée par Serge KLARSFELD sur le livre d’ Albert BIGIELMAN « J’ai eu douze ans à Bergen Belsen ». Editions Le Manuscrit. Collection :  Témoignages de la Shoah 155 p.
disponible en version numérique à cette adresse : https://books.google.fr/books?id=RmfT0OvEE3sC&pg=PA20&dq=Kanter+raymonde&hl=fr&sa=X&ved=0CB0Q6AEwAGoVChMI3Nmi5Pf2yAIVAzwaCh3YIAwV#v=onepage&q=Kanter%20raymonde&f=false

Un autre convoi le convoi numéro 81 parti de Toulouse le 30 juillet 1944 va faire se diriger les femmes et les enfants vers le camp de Ravensbruck et les hommes vers celui de Buchenwald.

Raymonde KANTER est déportée par le convoi C au départ de Drancy vers Bergen Belsen, celui du 21 juillet 1944. Elle est survivante en 1945.

JACOB Marcelle, [René, Colette, Monique] [82]

Marcelle JACOB née SEXER est née à Nantes (5ème canton) le 05 mai 1889 et est marié depuis le 07 août 1919 (Paris, 16ème arrondissement) avec René JACOB né à Chartres le 06 novembre 1885. Le couple a deux enfants : Colette née le 31 janvier 1921 à Nantes et Monique née le 13 avril 1927 à Nantes également. En 1914, il est employé de commerce, en 1919 commerçant en maroquinerie Il habite Paris au moment de son mariage et le couple habite Nantes à partir de 1921.

René JACOB effectue son service militaire à compter du 08 octobre 1906 au 54ème Régiment d’Infanterie jusqu’au 24 septembre 1908 en étant promu caporal. On lui accorde un certificat de bonne conduite.

A la mobilisation de la 1ère guerre mondiale le 03 août 1914, il est réaffecté au 54ème Régiment d’Infanterie et promu dès son arrivée au grade de sergent. Il est blessé le 14 septembre 1914 à Berry au Bac avec fracture du cubitus droit par balle, lésion traumatique partielle du médian et impotence fonctionnelle du pouce droit. Il est cité une première fois à l’ordre du régiment : « Officier très brave, s’est fait remarquer par sa belle attitude au combat du 14 septembre 1914 où il a été grièvement blessé » Il rejoint l’Ecole des Elèves Aspirants de Saint-Maixent en 1916. Il est cité une seconde fois en 1917 à l’ordre du Régiment : « Au cours d’un très violent bombardement, a fait preuve du plus grand courage en se précipitant au secours de 8 blessés et en leur faisant assurer des soins ». Il sera cité une troisième fois en 1918 : « Officier courageux et dévoué possédant de rares qualités de coup d’oeil et de sang-froid, s’est particulièrement distingué lors des attaques du 04 octobre 1918 en allant sous un violent bombardement ennemi donner des ordres à des sections de mitrailleuses et assurer leur mise en place dans la parallèle de départ. » Il recevra la Croix de Guerre et sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

René JACOB tient un magasin d’articles pour fumeurs à Nantes, passage Pommeraye dénommé « Au Pacha » tandis que son épouse Marcelle, vivant au 12, rue Villès-Martin à Saint-Nazaire au moment de son mariage tient un commerce d’articles pour fumeurs/maroquinerie au 30, avenue de la Gare à la Baule. Le commerce de Marcelle n’est ouvert que l’été et toute la famille réside au 20, rue Copernic à Nantes.

Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Encart publicitaire [La Mouette, 27 septembre 1941, ADLA, Presse en ligne]
Encart publicitaire [La Mouette, 27 septembre 1941, ADLA, Presse en ligne]

Son mari étant mobilisé comme lieutenant à l’entrée en guerre en 1939 et se trouvant en Allemagne, c’est elle qui se déplace à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de la Baule) entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 et à la Préfecture de Nantes (10 octobre 1940) pour se déclarer en tant que Juif conformément à la 1ère ordonnance allemande sous le numéro 82 (pour Saint-Nazaire).

Extrait liste dactylographiée recensement Saint-Nazaire 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement Saint-Nazaire 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement Nantes [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement Nantes [ADLA 1694W25]

Les scellés sont apposés sur le commerce le 03 décembre 1940, une affichette Judische Gesellschaft/Entreprise Juive est apposée sur le commerce, un inventaire est dressé le 05 décembre 1940 et Gabriel HERVOUËT est nommé officiellement administrateur provisoire du commerce en janvier 1941 par le préfet de Loire-Inférieure DUPARD.

Inventaire du magasin [Archives Nationales, AJ38/4598 dossier n°2543]
Inventaire du magasin [Archives Nationales, AJ38/4598 dossier n°2543]

Le commerce estimé à 7000 francs est vendu après avalisation des Autorités Allemandes au prix à Monsieur Gaston PERRAUDEAU, instituteur en retraite, domicilié à Nantes 22, rue Ludovic Lelièvre et l’acte de vente est officialisé devant le notaire Joseph PATRAS à Nantes. Gabriel HERVOUËT percevra sa commission prélevé sur le prix de vente (500 francs). Les époux JACOB seront radiés du registre du commerce et du rôle de la patente et de fait se trouvent sans subsistance aucune.

Interdit de posséder une TSF qui est au nom du beau-père (Gustave), Marcelle ramène sa TSF à la sous-préfecture de Saint-Nazire le 29 septembre 1941.

Marcelle, son mari et ses enfants ne seront pas déportés.

En revanche, sa soeur Yvonne Sarah SEXER née à Nantes le 19 septembre 1894 et mariée à Nantes le 19 janvier 1920 avec Maurice René GOTSCHO déportée à Auschwitz par le convoi numéro 74 au départ de Drancy le 20/05/1944 décédée le 25/05/1944.

Son beau-frère GOTSCHO Maurice né à Paris 11ème le  10 octobre 1896, opticien, déporté à Auschwitz par le convoi numéro 74 au départ de Drancy le 20/05/1944 décédé le 25/05/1944.

Son premier neveu : GOTSCHO Bernard né à  Nantes le  31 mars 1926 déporté à Auschwitz par le convoi numéro 74 au départ de Drancy le 20/05/1944 décédé à Weimar (Buchenwald) le 07 avril 1945.

Son deuxième neveu : GOTSCHO Claude né à Nantes 18 mai 1923 déporté à Auschwitz par le convoi numéro 74 au départ de Drancy le 20/05/1944 décédé à Weimar (Buchenwald) le 07 avril 1945.


HARTMANN Robert, Simone, Colette, Jacqueline [67]

Robert HARTMANN est né le 09 septembre 1897 à Paris (8ème arrondissement) [Père : HARTMANN Charles, tapissier-décorateur et Mère : LEVY Louise] et est marié avec Simone Caroline DREYFUS (prénom usuel Simone) née le 25 septembre 1904 à Paris (10ème arrondissement) [Père : DREYFUS Georges, représentant de commerce et Mère : Andrée Blanche STERN]. Ils se sont mariés le 05 novembre 1921 à Paris (16ème arrondissement). Ils ont deux enfants : Colette Micheline née le 28 juillet 1923 à Paris (16ème arrondissement) et Jacqueline Françoise (prénom usuel Jacqueline) née le 24 novembre 1930 à Paris (16ème arrondissement).

Actes d’état civil [Mairie de Paris, en ligne]

Robert HARTMANN est incorporé dans l’armée française le 03 septembre 1917 comme canonnier dans le 3ème Régiment d’Artillerie Coloniale puis est classé dans les Services Auxiliaires pour albuminérie, asthénie cardiaque, tachycardie et est affecté le 15 mai 1918 dans la 20ème section de secrétaires d’Etat-Major puis au 19ème Escadron du Train le 05 juin 1918. La commission de réforme de Saint-Nazaire le 19 août 1918 le déclare inapte provisoirement à faire campagne.

Registre Matricule recrutement Seine de Robert HARTMANN Matricule 2679 [Archives de Paris, D4R1 1974]
Registre Matricule recrutement Seine de Robert HARTMANN Matricule 2679 [Archives de Paris, D4R1 1974]

La famille arrive dans un premier temps à Saint-Brévin l’Océan dans la Villa Le Jade le 11 octobre 1939 puis se dirige sur La Baule (date d’arrivée inconnue). Robert exerce la même profession que son père Charles, à savoir tapissier-décorateur mais en mai 1940 il s’inscrit au registre du commerce de Saint-Nazaire et ouvre un café-dancing, le Romance, au 17, avenue Georges Clémenceau à La Baule avec Jacques MANCINI, lui-même propriétaire d’un hôtel à Saint-Nazaire, l’Hôtel de Bretagne, rue Villès-Martin. Le café ferme fin juillet 1940 et Robert HARTMANN prend la direction du café La Frégate dépendant de l’Hôtel de Bretagne qu’il quittera peu de temps après suite à un désaccord avec la gérante de l’hôtel.

17, avenue Georges Clémenceau LA BAULE © collection particulière
Registre du commerce Tribunal de Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Tribunal de Saint-Nazaire [ADLA 22U153]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre, Robert HARTMANN se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire conformément à l’ordonnance allemande du 27 septembre de la même année sous le numéro 67.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Simone et Colette HARTMANN quittent la Baule pour Paris en février 1941 au 57, rue de Flandres dans le 19ème arrondissement.

Contrôle déplacement israélites [ADLA 1694W25]
Contrôle déplacement israélites [ADLA 1694W25]

La famille est arrêtée le 20 juillet 1942 à la gare d’Austerlitz, alors que munie de faux-papiers, elle est contrôlée dans le train et cherchait à gagner la zone libre. La famille est condamnée le 07 octobre 1942 par la 17ème Chambre Correctionnelle à 6 mois de prison pour usage de faux en matière de carte d’identité française. Après avoir purgés leurs peines, ils sont appréhendés par des inspecteurs de la 5ème section des Renseignements Généraux le 02 mars 1943 et internée successivement au Camp des Tourelles pour les femmes et à Fresnes pour Robert puis internée à Drancy à compter du 09 novembre 1943. Robert, sans doute malade, sera évacué sur l’hôpital Rotschild un temps avant son incarcération à Drancy.

Fiches d’internement Camp de Drancy Robert HARTMANN [Archives Nationales F9/5699/154229-154234]

Fiches d’internement Camp de Drancy Simone HARTMANN [Archives Nationales F9/5699/154240-154241]

Fiche d’internement Camp de Drancy Colette HARTMANN [Archives Nationales F9/5699/154214]

Robert, Simone et Colette HARTMANN sont déportés par le convoi numéro 62 du 20 novembre 1943 de Drancy à Auschwitz. Robert avait 46 ans, Simone 39 ans et Colette 20 ans et ils ont été exterminés à Auschwitz. Jacqueline n’a pas été déportée et a été prise en charge par le frère de Robert, Paul HARTMANN Architecte 22, rue Paul Valéry Paris (16èmr arrondissement).

Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 62 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

A l’arrivée du convoi le 23 novembre 1943, David GUERCHENSON témoigne du sort réservé à la famille : montée dans un camion, ils ont été dirigés vers les chambres à gaz d’Auschwitz.

[DAVCC Caen, 21 P 461 693]

Louise HARTMANN, la mère de Robert obtiendra, le 17 novembre 1944, un certificat attestant de la détention et de la déportation de la famille et le frère de Robert, Paul HARTMANN, architecte, 22 rue Paul Valéry, Paris (16ème arrondissement) s’occupera des démarches administratives auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. Jacqueline APFEL (qui s’est mariée) et réside au 7, rue Gustave Flaubert à Paris dans le 17ème arrondissement (en 2000) s’occupera également des certificats et attestations.

WEBERSPIEL Hersz, Laja, Jacques, Berthe, Simon, Maurice, Jules, Rachel, Georges [58]

La famille WEBERSPIEL (ou WEBERSZPIL) arrive à La Baule le 05 septembre 1939 à l’entrée en guerre. Le chef de famille Hersz né le 04 avril 1883 à Chelm (Pologne) est marié avec Laja dite Léa WEBERSPIEL née RENDLA née le 12 mai 1886 à Chelm (Pologne) et le couple a 7 enfants.

  • Samuel dit Jacques né le 12 mai 1913 à Chelm (Pologne)
  • Bajla Gittla dite Berthe née le 12 juillet 1915 à Chelm (Pologne)
  • Salomon dit André dit Simon né le 13 juin 1918 à Chelm (Pologne) marié à avec Fajga dite Félicia WEBERSPIEL née ROCHMANN née le 21 février 1915 à Michow (Pologne). Le couple a un enfant né à Saint-Nazaire le 17 avril 1940 : Paul-Emul.
  • Moszek dit Maurice né le 08 septembre 1921 à Chelm (Pologne)
  • Jules né en 1923 à Lunéville
  • Rachel dite Michèle née le 06 mai 1933 à Lunéville
  • Zalmen dit Georges né le 4 juin 1936 à Lunéville

La famille est par ailleurs accompagnée à La Baule par le frère de Hersz lui-même marié et père de trois enfants : Chyr et son épouse Jochwed et les trois enfants Marie, Régina et Anna.

Dossier d’étranger de Bajla Weberspiel [ADLA 4M939]

Au total c’est donc un ensemble de 14 personnes qui compose les structures familiales. Hersz et son épouse Léa sont présents avec cinq de leurs enfants : Salomon, Bajla, Mojzek, Rachel et Zalmen ainsi que leur belle-fille Félicia avec Paul-Emul ainsi que la famille de Chyr .

Hersz WEBERSPIEL est arrivé en France de Pologne le 13 août 1922 et exerce la profession de marchand ambulant en brocante mais à l’origine était menuisier. La famille loge au 4, rue de Lorraine à Lunéville. Deux de ses enfants exercent en 1936 une profession : Bajla est couturière et Maurice est apprenti fourreur à Paris chez Dulac au 78, avenue de Wagram et il réside au 47, rue Doudeauville dans le 18ème arrondissement.

Recensement de population [Archives Meurthe-et-Moselle 6M33 LUNEVILLE 1926 et 1936

La famille quitte Lunéville le 05 septembre 1939 pour le 39, rue Myrha à Paris (18ème arrondissement) et se dirige vers La Baule le même jour où elle loge dans les annexes de l’Hôtel Royal qui servent d’hébergement pour les travailleurs saisonniers allée Duruy et qui vont accueillir les réfugiés de l’Est de la France ou de Paris et région parisienne. La famille habitera un peu plus tard Villa Chanteclerc, avenue des Pins puis Villa Graziana, Avenue Josselin.

Les familles qui arrivent sont sans ressources et Hersz va percevoir une allocation pour réfugiés auprès de la mairie de La Baule afin de subvenir aux besoins de la famille.

Archives Municipales de La Baule 4H41
Archives Municipales de La Baule 4H41

Hersz et Laja effectuent une demande de renouvellement de cartes d’identité d’étrangers et le tampon juif est apposé sur leur récépissé à l’automne 1940.

Demandes de cartes d’identité [ADLA 4M949 et 4M946]

Au mois de mars 1940, Hersz effectue un déplacement sur Lunéville pendant 15 jours puis se déplace à Paris au 39 rue Myrha dans le 18ème arrondissement pendant environ un mois au mois d’août 1940 pour revenir à La Baule le 27 septembre 1940 dans leur nouveau logement avenue des Salines puis Villa Graziana, avenue Josselin à la Baule. Il se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 58.

Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement [ADLA 1694W25]

Son stock de marchandises de brocante est aryanisé à l’automne 1940 par Monsieur Henri RIBAUD, 31 rue de Sarrebourg à Lunéville nommé administrateur provisoire.

Eu égard à une situation financière catastrophique, il demande à être exonéré de la taxe sur les cartes d’identité et envoie dans ce sens un courrier joint à sa demande.

Dossier d'étranger de Hersz WEBERSPIEL [ADLA 4M946]
Dossier d’étranger de Hersz WEBERSPIEL [ADLA 4M946]

La famille est expulsée de la zone côtière interdite le 26 novembre 1940 d’abord sur Nantes puis expulsée du département de Loire-Inférieure et dirigée vers le département du Maine-et-Loire dans la commune de Saint-Georges-sur-Loire puis Saint-Mathurin-sur-Loire où elle arrive le 29 novembre 1940 (Herz, Léa, Maurice, Michèle, Georges, Félicia, Paul)

Contrôle déplacement Israélites décembre 1940 [ADLA 1694W25]
Contrôle déplacement Israélites décembre 1940 [ADLA 1694W25]

Sa carte d’identité lui sera expédiée suite à sa demande manuscrite.

 Dossier d'étranger de Hersz WEBERSPIEL [ADLA 4M946]
Dossier d’étranger de Hersz WEBERSPIEL [ADLA 4M946]

La famille se déplace à Ingrandes-sur-Loire le 02 décembre 1941 où elle loge boulevard de Saint-Georges. En février 1943, un arrêté préfectoral ordonne l’arrestation de la famille mais celle-ci a déjà quitté la commune pour fuir.

Familles juives arrêtées [ADML 303W294]

Hersz, Léa son épouse, Rachel leur fille, sa belle-fille Félicia et son petit-fils Paul-Emul sont arrêtés à Vierzon (Cher) le 10 août 1942 lors du passage de la ligne de démarcation, incarcérés à la prison d’Orléans, transférés le 18 août 1942 au camp de Pithiviers puis sur le camp de Drancy où ils arrivent le 22 août 1942.

Fiches d’internement de Hersz WEBERSPIEL Drancy/Pithiviers [Archives Nationales]

Fiches d’internement de Léa (Laja) WEBERSPIEL Pithiviers [Archives Nationales]

Fiches d’internement de Rachel (Michèle) WEBERSPIEL Pithiviers [Archives Nationales]

Hersz, Léa et Michèle (Rachel) sont déportés par le convoi numéro 29 de Drancy à Auschwitz le 07 septembre 1942. Léa et Rachel ont été gazées à l’arrivée du convoi. Hersz a été sélectionné pour rentrer dans la partie concentrationnaire du camp où il décède le 11 janvier 1943. Hersz avait 59 ans, Léa 56 ans et Rachel 9 ans.

Félicia et Paul, internés à Drancy depuis le 22 août 1942 sont envoyés dans le camp de Beaune-la-Rolande le 24 septembre 1942 puis réintègrent le camp de Drancy le 27 septembre 1942. Ils sont déportés par le convoi numéro 43 de Drancy à Auschwitz du 13 février 1943 et ont été gazés à l’arrivée. Félicia avait 27 ans et Paul 2 ans et demi.

Maurice (Moszek) est arrêté le 14 mai 1941 et est interné le 25 septembre 1941 au camp de Beaune-la-Rolande Baraque 19. Il est hospitalisé entre le 28 septembre 1941 et le 04 octobre 1941 et réintègre le camp.

Maurice WEBERSPIEL 1940 [ADML 120W65]
Maurice WEBERSPIEL 1940 [ADML 120W65]

En octobre 1941, l’assistance sociale du Camp de Beaune-la-Rolande appuie sa demande pour obtenir une carte d’identité.

Il est déporté par le convoi numéro 5 de Beaune-la-Rolande vers Auschwitz le 28 juin 1942. Il est décédé au camp d’Auschwitz, il avait 20 ans.

Samuel, l’ainé, né le 12 avril 1913 à Chelm (Pologne) rejoint Paris et s’engage dans un régiment étranger (DRMVE, Seine) recruté au bureau de recutement de Paris au Dépôt du Régiment de Marche de Volontaires Etrangers puis démobilisé, entre en résistance (son nom apparaît dans le livre d’Annette WIEWORKA, « Ils étaient Juifs et Résistants »). Il est membre de la compagnie RAYMANN ou RAJMANN (affiche rouge), compagnie FTP-MOI (Francs-tireurs partisans de la main d’oeuvre émigrée). Survivant en 1945.

Salomon né le 13 juin 1918 est présent en avril 1940 à La Baule pour la naissance de son fils Paul-Emul puis s’engage dans les FTPF. Survivant en 1945.

Bajla Gitla dite Berthe, Jules et Georges ne sont pas déportés.

Les quatre enfants survivants s’occuperont des démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre pour régulariser la situation d’état civil de leurs parents (Hersz et Léa) et de leurs frères et soeurs (Rachel et Maurice) et leur belle-soeur et neveu (Félicia et Paul-Emul). Ils habitent tous Paris après-guerre, Berthe s’étant mariée (épouse KASS).

Dossier d’étranger de Bajla Gitla dite Berthe WEBERSPIEL [ADLA 4M939]

Base des engagés volontaires 1939-1940 WEBERSPIEL Samuel [Ministère des armées, Mémoire des Hommes, en ligne]

Death Book of Auschwitz, Yad Vashem en ligne

Death Book of Auschwitz, Yad Vashem en ligne


KELLER Naftali, Rosa, Sara, Irène, Michel [50]

Naftal (ou Naftali) Josef KELLER est né le 01 janvier 1901 à Mostyska (Pologne) et est marié avec Reisel (prénom usuel Rosa) KELLER née GOLDSTEIN née le 21 décembre 1894 à Jaworow, Yavoriv (Pologne/Ukraine). Trois enfants vont naître de cette union : Sara née le 02 mai 1928 à Przemyśl (Ukraine), Irène née le 16 décembre 1929 à Przemyśl (Ukraine) et Michel né le 24 mars 1935 à Belfort (France).

Acte de naissance de Michel KELLER [Archives Départementales Territoire de Belfort, Etat Civil]
Acte de naissance de Michel KELLER [Archives Départementales Territoire de Belfort, Etat Civil]

La famille est arrivée en 1930 en France mais n’est pas présente à l’adresse de naissance de Michel tant en 1931 et 1936 sur les recensements de population de Belfort.

Naftali KELLER s’est engagé en tant que volontaire étranger le 05 septembre 1939 dans la Légion Etrangère à Belfort.

Base des engagés volontaires étrangers entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940 [Mémoire des Hommes, en ligne]
Base des engagés volontaires étrangers entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940 [Mémoire des Hommes, en ligne]

La famille arrive à Saint-Nazaire (sans date) où elle réside 24, rue du Dolmen (1940). Naftal exerçait la profession de marchand ambulant en confection.

Il se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 50.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Dans le cadre du processus d’aryanisation, Naftali déclare son entreprise comme juive le 11 novembre 1940.

Le Préfet de Loire-Inférieure tente d’aryaniser le commerce mais Naftali et toute sa famille ont quitté rapidement Saint-Nazaire.

Dossier d'aryanisation KELLER Naftali [AN AJ38/4600 dossier n°9552]
Dossier d’aryanisation KELLER Naftali [AN AJ38/4600 dossier n°9552]

En octobre 1940, les tampons Juif et Juive sont apposés sur les cartes d’identité ou les récépissés.

Courrier du sous-préfet aux maires des communes et commissaires  de l'arrondissement de Saint-Nazaire [Archives Municipales de Saint-Brévin, H13]
Courrier du sous-préfet aux maires des communes et commissaires de l’arrondissement de Saint-Nazaire [Archives Municipales de Saint-Brévin, H13]

La famille quitte Saint-Nazaire le 06 décembre 1940 pour Baugé (Maine-et-Loire) puis Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Changement résidence Israëlites décembre 1940 [ADLA 1694W25]
Changement résidence Israélites décembre 1940 [ADLA 1694W25]
Liste des Juifs Etrangers refoulés (sans date) [ADML 37W10]

A Saint-Georges-sur-Loire, la famille KELLER s’installe dans une petite maison de la route de Saint-Augustin, route de Segré aujourd’hui disparue. Dépourvue de ressources, elle vit des allocations pour réfugiés. Le conseil municipal donne avis favorable pour une assistance médicale gratuite pour les enfants en date du 26 octobre 1941… Michel, Sarah et Irène fréquentent les écoles publiques de garçons et filles de la commune et Sarah, par ailleurs, devient apprentie couturière chez Madame LAMBIN, elle-même couturière. Sarah va nouer avec la famille une amitié profonde, solide, indestructible. « Elle faisait les courses tous les jours pour sa famille » se souvient sa camarade de classe, qui déposait le matin le journal chez les KELLER. Même si l’arrivée d’étrangers dans le village a pu susciter quelques interrogations ou méfiances, la famille s’intègre petit à petit : Monsieur KELLER faisait partie de la société de boules du village et les enfants en toute logique se nouent d’amitié avec leurs camarades de classe qui ne l’ont jamais oubliée et ont espéré longtemps les retrouver.

Le 1er juin 1942, un décret du Commandement militaire en France (MBF) impose en zone nord le port de l’’étoile de David en tissu jaune portant l’inscription « Juif » « dès l’âge de six ans révolus » pour tous les Juifs « de plus de 6 ans et de nationalité allemande, polonaise, hollandaise, belge, française, croate, slovaque et roumaine ». En contre partie de cette étoile, les Juifs doivent remettre un point textile de leur carte d’alimentation.

Naftali est le premier de la famille à être arrêté.

En 1941 à la demande de Vichy l’administration angevine recherche les étrangers « en surnombre dans l’économie nationale ». De manière très significative l’enquête
aboutit à l’établissement d’une liste d’étrangers qui ont la particularité d’être tous Juifs ! Suit cette explication : « […] Bon nombre d’israélites étrangers expulsés du Morbihan et de la Loire-Inférieure par les autorités d’occupation, ont été répartis dans le département et sont hébergés par le service des réfugiés ; ces étrangers qui sont indigents et qui ne peuvent se livrer à aucun travail continu faute d’employeurs
et d’autorisation des services de la main-d’oeuvre, sont une charge pour la collectivité (12 F par jour en moyenne) et sont de ce fait en surnombre dans l’économie nationale. »
Mais ce rapport est suivi d’une suggestion dont les conséquences échappent – on peut l’espérer – au fonctionnaire du bureau des étrangers : « Leur séjour dans un camp de concentration serait moins onéreux que l’hébergement individuel. J’ai en conséquence l’honneur de proposer à Monsieur le préfet l’internement dans un camp de concentration des étrangers israélites figurant sur la liste ci-jointe… »
Le représentant de Vichy donne suite et, en son nom, le secrétaire général signe, le 18 septembre 1941, un arrêté d’internement au camp de Beaune-la-Rolande (Loiret) visant 8 personnes, dont 6 Polonais, tous des hommes. source : Alain Jacobzone : Les Juifs étrangers en Maine-et-Loire pendant la Seconde Guerre mondiale in Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest Anjou. Maine. Poitou-Charente. Touraine n°109-4 | 2002

Nafatali est donc arrêté à l’automne 1941 puis est déporté par le convoi numéro 5 du 28 juin 1942 de Beaune-la-Rolande vers Auschwitz. Naftali est décédé un mois après son arrivée le 20 juillet 1942 à l’âge de 41 ans.

Son épouse et les trois enfants sont arrêtés, sous les yeux des témoins saint-georgeois par des gendarmes le 26 janvier 1944 : Michel dans la cour de l’école rue du Riochet, dirigée par Monsieur Métivier, qui crie et se débat, Irène à l’école dirigée par Madame Poirier, rue des Parements, Sarah dans l’atelier de couture où elle travaillait, effondrée et qui ne comprend rien et leur mère sans doute chez elle puis internés à la prison du Pré-Pigeon à Angers qu’ils quittent le 29 janvier 1944 pour Drancy où ils sont enregistrés le 30. Sarah, la fille ainée des Keller, a jeté une carte du camion qui les emmenait de la prison du Pré-Pigeon à la gare Saint-Laud d’ Angers le 29 janvier. Cette carte est arrivée à Saint-Georges chez les Lambin :

source : [http://museedelaresistanceenligne.org/media.php?media=10502&expo=&sens=verso#album-tab]

Ils sont déportés par le convoi numéro 68 du 10 février 1944 de Drancy à Auschwitz. en même qu’ Anja SHAUL arrêtée au moment moment dans le Maine-et-Loire, que Rosa KELLER avait pris en charge à Drancy.

Rosa, 50 ans et ses enfants Sara, 15 ans, Irène, 14 ans et Michel 8 ans ont été exterminés à Auschwitz.

Listes convoi 68 et 5 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Death Book of Auschwitz [Yad Vashem, en ligne]

Après-guerre en 1946, une demande de recherche de déportés est effectuée auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre pour tenter de retrouver la famille. Marie DESBOIS (Veuve DESBOIS) de Saint-Georges-sur-Loire obtient ainsi les actes de disparition de la famille. Les mentions Mort en Déportation seront portés sur les registres d’Etat Civil et éventuellement transmis aux Ministère des Affaires Etrangères. Madame LAMBIN également de Saint-Georges sur Loire demandera des compléments d’information concernant la famille en 1998.

Une square porte désormais le nom de la famille KELLER à Saint-Georges-sur-Loire inaugurée en 2007 en présence d’Yves LAMBIN et Serge BRUNEAU, camarades de classe de Michel ainsi que du maire de la commune. Une plaque dans le cimetière rappelle également le fugace passage de la famille à Saint-Georges-sur-Loire.

WACHSBERG Jozef [43]

Jozef WACHSBERG, de nationalité polonaise, est née en 1891 à Trzebinia (Pologne), marié, 2 enfants et arrive en France le 18 mai 1940 où il se réfugie avec sa famille à La Baule en provenance d’Anvers.

Fiches Polonais/Slovaques/Allemands [ADLA 1694W25]
Fiches Polonais/Slovaques/Allemands [ADLA 1694W25]

Il se fait recenser en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de La Baule) entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 43.

Extrait liste dactylographiée 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La famille n’a à priori pas été déportée.

SCHENKER Simon, Hélène [42]

Simon SCHENKER [Kaserne Dossin, Belgique, en ligne]
Simon SCHENKER [Kaserne Dossin, Belgique, en ligne]

Simon SCHENKER est né le 03 février 1889 à Cracovie (Pologne), marié à Hélène SCHENKER née GOLDWASSER née le 08 juin 1893 à Antwerpen (Belgique). Ils ont trois enfants.

Ils habitent La Baule, réfugiés d’Anvers mais nous ignorons leur date d’arrivée en presqu’île. Néanmoins, suit sur la liste de recensement WACHSBERG Jozef, sa femme et ses trois enfants, eux-aussi réfugiés d’Anvers sur la Baule arrivés le 18 mai 1940.

Simon se fait recenser en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou le commissariat de la Baule entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 42.

Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Déporté avec son épouse par le transport XXII B de Malines, Caserne Dossin, Camp, en Belgique à Auschwitz Birkenau, camp d’extermination, en Pologne, 20/09/1943 (source Yad Vashem)

HUTTNER dit GOUTNER Eugène, Alexandre [39]

Né à Moscou le 02 juin 1900, Eugène HUTTNER dit GOUTNER est célibataire et père d’un petit garçon prénommé Alexandre né le 07 octobre 1932. Il exerce la profession d’ingénieur et est présent en France depuis août 1914. Son père se prénomme Benjamin et sa mère Raïssa GOLOBORODKO.

Benjamin, le père d’Eugène et Nathalie sa soeur, réussissent à obtenir des certificats auprès de l’Office Russe à Paris afin de régulariser leur situation administrative, la Russie de l’époque refusant d’envoyer les actes de naissance aux ressortissants ayant quitté définitivement le pays.

Archives de l’OFPRA, en ligne

Présent dans le commune du Bouscat (Bordeaux, Gironde) en février 1939, il arrive à Pornichet le 02 mars 1940 venant de Montoir de Bretagne et il loge avec son fils d’abord dans la villa Ker Clarice puis Villa Plein Soleil, chemin du Goulot à Pornichet. Il fait, en tant qu’étranger, viser ses papiers d’identité à l’arrivée dans la commune.

Visas Pièces d'identité [Archives Municipales de Pornichet 2I3]
Visas Pièces d’identité [Archives Municipales de Pornichet 2I3]

Au mois de mai 1940, il est inscrit sur le registre du recensement des étrangers de Pornichet.

Recensement Etrangers [AMPornichet 2I1]
Recensement Etrangers [AMPornichet 2I1]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il va se déclarer en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de Pornichet) conformément à la 1ère ordonnance allemande sous le numéro 39.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Sommé de quitter la zone cotière interdite en tant que Juif à l’automne 1941 par le Préfet de Loire-Inférieure, les autorités allemandes vont sursoir à l’ordre d’expulsion.

ADLA 1694W25
ADLA 1694W25

Il vient chercher sa carte d’alimentation à la Mairie de Pornichet le 06 janvier 1942 pour lui et son fils mais celui-ci est déjà parti à Paris, 23 rue Chevert dans le 7ème arrondissement chez ses grands-parents.

Carte Ravitaillement Pornichet [AMPornichet 4H107]
Carte Ravitaillement Pornichet [AMPornichet 4H107]

Eugène quitte définitivement Pornichet pour Le Havre le 07 janvier 1942 (Compagnie Française des Travaux Publics). Il décède à Londres au cours du deuxième trimestre 1983.

England and Wales Death Registration

« England and Wales Death Registration Index 1837-2007, » database, FamilySearch (https://familysearch.org/ark:/61903/1:1:QVZ7-324L : accessed 4 November 2015), Eugene Huttner, 1983; from « England & Wales Deaths, 1837-2006, » database, findmypast (http://www.findmypast.com : 2012); citing Death Registration, Ealing, London, England, General Register Office, Southport, England.

Le père d’Eugène, Benjamin HUTTNER dit GOUTNER et son épouse Raïssa sont déportés par le convoi numéro 49 de Drancy à Auschwitz le 02 mars 1943. Ils ont été exterminés à Birkenau.

HIRSCHFELD Ludwig, Elly, Eva [36]

Ludwig HIRSCHFELD est né le 21 mai 1882 à Vienne et est marié avec Elly HIRSCHFELD née GRIMM née le 16 mai 1891 à Vienne. De leur union naît un enfant : Eva HIRSCHFELD née le 03 juillet 1920 à Vienne.

Fils d’un commerçant juif de Vienne, il grandit dans la ville et fait des études scientifiques qui le mène à obtenir un diplôme en chimie en 1902/1903. Rapidement, il se tourne vers des activités d’écriture et devient tour à tour, journaliste, écrivain, critique littéraire…

Il a travaillé comme rédacteur à la « Neuen Freien Presse » , a également été rédacteur en chef du  » Monde Moderne  » et a été , chroniqueur , rédacteur d’opérettes et écrivain . A écrit le guide de Vienne  » Ce qui est en Baedeker  » , des nouvelles , acteur ( Le Masque de pierre 1921 ; Le jeu des sens , 1922) , des comédies et des opérettes (y compris La belle-mère 1926. Affaires avec l’Amérique , 1930 [ à la fois avec Paul Frank ] Voyage à l’étranger , 1932 ; Deux yeux rieurs , 1933 [à la fois avec Rudolf Österreicher ] ) . A partir de 1910 , il a dirigé avec Ferdinand Grünecker le Possentheater.

 Theaterprogramm: „Die Frau, die jeder sucht“ (1928)

Au moment de l’Anschluss, il est arrêté à Vienne ( Wien 3, Bechardgasse 17) en tant qu’écrivain juif et quitte rapidement le pays pour se réfugier en France avec son épouse et sa fille courant 1938.

La famille arrive à La Baule venant de Paris (16ème arrondissement) et loge avenue Bettine (sans précision de date). Il se fait recenser en tant que Juif auprès du commissariat de La Baule ou de la sous-préfecture de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 sous le numéro 36.

Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Il quitte La Baule pour Libourne (Gironde) en novembre 1940 puis Saint-Sauvant (Vienne) où il arrive en février 1941.

Changement de résidence des Israélites 25 octobre/25 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Changement de résidence des Israélites 25 octobre/25 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

La famille loge chez Monsieur PELA Gabriel, rue du Marchais. Réfugiée, elle va recevoir à ce titre une allocation pour réfugiés. Pour subvenir au besoin de la famille, Eva va être employée comme apprentie agricole en juin 1941 chez Auguste MACHETEAU qui lui donne des légumes en guise de salaire (!) puis chez Louis FORTUNAT au prix de 5 frs par jour en mai 1942 (!). [Note : le salaire moyen d’un ouvrier étranger est de l’ordre de 1500 francs par mois en 1939].

Ludwig HIRSCHFELD est malade et souffre d’une maladie chronique à l’estomac. Visiblement très affaibli, il consulte le médecin en juin 1941.

Archives Départementales de la Vienne 22U369
Archives Départementales de la Vienne 22U369

Une circulaire émanant du Secrétariat général à la police prévient les préfets de zone libre que les Juifs étrangers entrés en France après 1936 « seront transportés en zone occupée avant le 15 septembre ». Durant les mois de septembre et d’octobre 1942 les opérations visant à arrêter les Juifs se poursuivent : la famille HIRSCHFELD est arrêtée et internée le 12 octobre 1942 avant d’être envoyée sur Drancy le 15 octobre 1942

 Archives Départementales de la Vienne 22U369
Archives Départementales de la Vienne 22U369

La famille est déportée par le convoi numéro 42 du 06 novembre 1942 de Drancy à Auschwitz et a été exterminée : Ludwig avait 60 ans, son épouse Elly 41 ans et leur fille Eva 22 ans.

Liste convoi 42 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Aucune feuille de témoignage n’a été déposée sur le site de Yad Vashem et aucune demande d’obtention du statut de déporté politique n’a été effectuée. Les actes de décès ont été rectifiés tardivement soit en 2019.

Fichier Juif de la Préfecture de la Vienne [22U369]