ROTFARB Sabine (NR)

Sabine ROTFARB 1939 [Dossier d’étranger, Archives Départementales de Loire-Atlantique 4M924]

Sabine ROTFARB est née le 15 juin 1924 à Siedlce (Pologne) et est arrivée en France en 1931. En l’état, nous ne pouvons émettre que des suppositions quant à sa présence à La Baule : est-elle venue y travailler pour faire la saison d’été ou fait-elle partie des nombreux réfugiés arrivés en septembre 1939 ?

Elle effectue une demande de carte d’identité de travailleur industriel le 15 octobre 1939.

Elle habite alors au moment de sa demande 164 avenue de Paris (actuelle avenue Ninon) dans le quartier du Guézy à La Baule puis Pension Emeraude, avenue de Chateaubriand à la Baule également.

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Elle exerce le métier de vendeuse dans un magasin tenu par Madame Surugue, avenue de la Gare (actuelle avenue de Gaulle) à La Baule.

Elle quitte La Baule le 25 juillet 1940 et arrive à Paris le 26 juillet 1940 au 7, rue des Ecouffés dans le 4ème arrondissement à Paris.

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Elle se présente le 25 juillet, 25 août, 25 septembre 1940, 29 octobre 1940 auprès de la Préfecture de police à Paris, sous direction des étrangers pour faire proroger la validité de son récépissé de carte d’identité. Ayant fait une demande de carte d’identité de travailleur industriel mais se retrouvant sans emploi, elle doit acquitter pour le 13 janvier 1941 une taxe de 100 francs (pour refaire une carte d’identité de non-travailleur) ou fournir un avis favorable des services de la main d’oeuvre étrangère justifiant donc d’un emploi.

Le récépissé est envoyé le 13 février 1941 par la Préfecture de Police de Paris, service des étrangers à la Mairie de La Baule avec demande de bien vouloir retourner le dossier de demande de carte d’identité.

La mention JUIVE sur son récépissé de carte d’identité a été apposée par  décision du 13 octobre 1940 du chef de l’administration allemande en France jusqu’au mois de novembre 1940.

Elle est arrêtée à son domicile le 16 juillet 1942 lors de la rafle dite du Vélodrome d’Hiver, puis internée sur le camp de Drancy. Elle est déportée par le convoi 11 au départ de Drancy vers Auschwitz le 27 juillet 1942.

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Lite convoi 11 DRANCY AUSCHWITZ 27 juillet 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne]

Elle est assassinée à Auschwitz le 01 septembre 1942 [DeathBook of Auschwitz, YadVashem, en ligne]rotfarbsabinedboaExtrait du Death Book of Auschwitz [Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau, en ligne]

Le docteur KREMER qui établit l’acte de décès le 09 septembre 1942 précise que Sabine ROTFARB est décédée le 01 septembre 1942 à 12h40 de mort subite. Johann Paul KREMER est affecté à Auschwitz fin août 1942 jusqu’au 20 novembre 1942 en remplacement d’un médecin absent. Il se livrera à des expérimentations scientifiques dont des injections de phénol dans le coeur, cause probable de la mort de Sabine. Durant son séjour à Auschwitz, il tient un journal analysé et commenté par Maxime STEINBERG en 2009 dont on peut retrouver la traduction à cette adresse : https://phdn.org/negation/steinberg/journal.html

Dossier de ROTFARB Sabine [DAVCC 21 P 533 084]

Danielle GOLDSTEIN à Sao Paulo (Brésil) rédigera une feuille de témoignage en mémoire de sa nièce.

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Sa soeur, Feïga ROTFARB épouse SZELPER, en 1955, effectue les démarches administratives auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Son frère Michel né le 23 avril 1919 à Siedlce est déporté par le convoi n°4 au départ de Pithiviers le 25 juin 1942

Sa mère Chaja née le 03 janvier 1882 à Siedlce est déportée par le convoi n°46 au départ de Drancy le 09 février 1943

Son père Abram né à Siedlce le 04 octobre 1874 est déporté par le convoi n°49 au départ de Drancy le 02 mars 1943

Dossier d’étranger de Sabine ROTFARB [ADLA, 4M924]

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SEE Ernest [75]

Eléments biographiques :

Ernest SEE est né le 22 octobre 1864 à Damblain (Vosges) de Raphaël SEE de profession maquignon et de Charlotte CERF, sans profession. Il s’est marié à Nancy le le 22 octobre 1891 avec Zérette LEVY née le 21 octobre 1864 à Marmoutier (Bas-Rhin).

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Etat Civil, Archives Départementales des Vosges, en ligne
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Etat Civil, Archives Départementales des Vosges, en ligne

La famille habite en 1931 au 8, rue du Général Pershing à SAINT-MIHIEL où l’on apprend qu’ Ernest exerce la profession de boucher à l’Union des Coopératives de Lorraine et habitent dans le même logement sa fille Suzanne, son gendre Max FISCHER et ses deux petits-enfants : Jacques et Pierre.

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Liste nominative du recensement de 1931 [Archives Départementales de la Meuse, en ligne]

Ernest SEE (peut-être avec Zérette son épouse) accompagne la famille FISCHER et ils vont loger dans la même villa, la villa La Pinada, allée du Parc à La Baule.

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Villa LA PINADA, allée du Parc, La BAULE ©collection particulière

Entre le 27 septembre 1940 et le 20 octobre 1940, les Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire sont sommés de se présenter à la sous-préfecture ou dans les commissariats pour s’enregistrer en tant que Juif suite à la parution de la première ordonnance allemande du 27 septembre 1940 définissant le statut du Juif et obligeant au recensement. Ernest SEE se déclare en tant que Juif (n°75) précédé par son gendre et toute sa famille.

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Arrestations et déportations :

Ernest SEE est arrêté dans la villa La Pinada avec sa fille, son gendre et ses deux petits-enfants le 16 juillet 1942 transportés dans un premier temps à Saint-Nazaire puis Nantes et Angers.

Liste provisoire des arrestations du 16 juillet 1942 [ADLA 1694W25]
Liste provisoire des arrestations du 16 juillet 1942 [ADLA 1694W25]
liste arrestations du 15 juillet 1942 transmise à la préfecture d eNantes [ADLA 1694W25]
liste arrestations du 15 juillet 1942 (document 1944) [ADLA 1694W25]

Suzanne FISCHER (49 ans) et son père Ernest SEE (77 ans) sont débarqués à Drancy. Ils seront dirigés vers le camp de Pithiviers puis déportés par le convoi numéro 35 de Pithiviers vers Auschwitz le 21 septembre 1942. Ils ont été déclarés décédés 5 jours après l’arrivée du convoi soit le 26 septembre 1942 au Journal Officiel de la République Française.

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Liste convoi numéro 8 20 juillet 1942, CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne
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Fiche d’internement d’Ernest SEE Camp de Pithiviers [Archives Nationales, Pierrefitte-sur-Seine]

FISCHER Max, Suzanne, Jacques, Pierre [74]

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à gauche, Max FISCHER et sur le marchepied de la voiture à droite Suzanne FISCHER © collection particulière Odile Dreyfuss

Eléments biographiques :

Frédéric Max FISCHER (prénom usuel Max) est né le 09 janvier 1892 à Paris (10ème arrondissement). Son père Emanuel exerce la profession de fourreur tandis que sa mère Ricke (née EISENMANN) n’exerce pas de profession. Ils habitent alors 9, Faubourg Saint-Denis (10ème arrondissement).

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Acte de naissance de Max FISCHER [Archives Municipales de la ville de Paris, 10ème arrondissement, acte d’état civil, en ligne]

Frédéric Max FISCHER est incorporé le 10 octobre 1913 pour effectuer son service militaire puis est affecté comme soldat de 2ème classe au 4ème Bataillon de Chasseurs à pied à l’entrée en guerre. Il est blessé une première fois au front le 04 octobre 1914 près de Cappy par balle de mitrailleuse à la cuisse droite. Il passe caporal le 11 décembre 1914. Il est blessé une seconde fois le 16 janvier 1915 en Belgique près d’Ypres par éclat d’obus au bas des reins. Il est fait prisonnier au camp de Munster (Allemagne) du 09 février 1916 au 12 décembre 1918. Il passe au 26ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 13 février 1919 et est renvoyé dans ses foyers le 31 juillet 1919. Il recevra des mentions, lettres de félicitations et récompenses diverses pour sa bravoure au combat.

Registre Matricule recrutement Seine de Frédéric Max FISCHER Matricule 340 [AD75, D4R1 1659]
Registre Matricule recrutement Seine de Frédéric Max FISCHER Matricule 340 [AD75, D4R1 1659]

Max Fischer se marie le 24 juin 1924 à SAINT-MIHIEL (Meuse) avec Suzanne Louise (prénom usuel Suzanne) SEE née le 22 janvier 1893 à SAINT-MIHIEL dont le père Ernest SEE exerce la profession de boucher et dont la mère Zérette (née LEVY) n’exerce pas de profession. A sa naissance, Suzanne habite rue Basse à SAINT-MIHIEL.

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Acte de naissance de Suzanne SEE [Archives Départementales de la Meuse, actes d’état civil, en ligne]

La famille habite en 1931 au 8, rue du Général Pershing à SAINT-MIHIEL : Max et son épouse Suzanne, les deux enfants (Jacques né le 19 mai 1925 à SAINT-MIHIEL et Pierre né le 26 mars 1928 à SAINT-MIHIEL). Max est représentant de commerce.

Par ailleurs, dans le même logement se trouvent Ernest SEE, le père de Suzanne qui exerce la profession de boucher à l’Union des Coopératives de Lorraine et son épouse Zérette.

La famille en 1939 habite 24, avenue des Roches à Saint-Mihiel.

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Liste nominative du recensement de 1931 [Archives Départementales de la Meuse, en ligne]

L’arrivée en presqu’île :

Les autorités militaires françaises avaient établi un plan d’évacuation des populations civiles des départements limitrophes de la ligne Maginot en cas de conflit. Les populations sont dirigées  par commune vers les zones les plus éloignées de la zone limitrophe avec l’Allemagne.

Le 05 septembre 1939, la famille FISCHER accompagnée de Ernest SEE arrive en Loire-Inférieure à La Baule plus précisément dans le quartier de La Baule-les-Pins et loge Villa La Pinada, allée du Parc.

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Villa LA PINADA, allée du Parc, La BAULE ©collection particulière

La villa est composée au rez-de-chaussée d’une entrée,  d’un salon salle à manger, d’une cuisine et d’un WC, à l’étage salle de bains et trois chambres dont deux équipées de cabinet de toilettes et au sous-sol, une quatrième chambre avec salle d’eau, WC, chaufferie et buanderie. Celle villa appartient à Monsieur Henri ISIDOR, négociant, habitant au moment de la construction au 48, bis rue d’Auteuil (16ème arrondissement). La villa a été construite en 1930 par l’entreprise Marcel RIGAUD sous la direction de l’architecte René PERRET. Dans le même temps, après un échange de terrain, les enfants de Monsieur ISIDOR faisaient construire une villa  : la villa LE PARADOU jumelle de la villa La Pinada.

Nous ne connaissons pas exactement la raison pour laquelle la famille loge dans cette villa mais il est vraisemblable que la villa a été prêtée : Henri ISIDOR et son épouse sont originaires de l’Est de la France et Henri travaille dans le même univers professionnel que Max. Par ailleurs, Maître THUILLIER dans un de ses rapports précise que : « Il m’a été confirmé par le propriétaire que les clés de ce chalet étaient restées aux mains du gardien installé, Monsieur FISCHER…« . Max FISCHER aurait été donc le gardien de la villa.

Les persécutions :

Entre le 27 septembre 1940 et le 20 octobre 1940, les Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire sont sommés de se présenter à la sous-préfecture ou dans les commissariats pour s’enregistrer en tant que Juif suite à la parution de la première ordonnance allemande du 27 septembre 1940 définissant le statut du Juif et obligeant au recensement.

ordonnance 27 septembre 1940

Le registre comme indiqué dans le courrier du sous-préfet répertorie les chefs de famille avec nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité… Ce registre de la sous-préfecture a disparu. Seule subsiste la liste dactylographiée transmise au Préfet au 08 novembre 1940. La famille FISCHER s’est fait recenser en numéro 74 sur cette liste suivi par le père de Suzanne, Ernest SEE.

Liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Liste dactylographiée du recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Par ailleurs, Maxime FISCHER ne peut plus travailler et les différentes mesures anti-sémites visant à désocialiser les Juifs s’appliquent de plein fouet : interdiction d’aller sur la plage, interdiction d’aller au cinéma, interdiction d’avoir un poste de TSF, apposition de la mention Juif sur sa carte d’identité ou son récépissé par  décision du 13 octobre 1940 du chef de l’administration allemande en France jusqu’au mois de novembre 1940 suivi de l’apposition de la mention Juif sur les cartes d’identité et cartes d’alimentation (français et étrangers) par la 8ème ordonnance allemande datée du 28 mai 1942, publiée le 01 juin 1942 et rendue obligatoire le 07 juin 1942…

La Villa La Pinada :

La villa La Pinada est pillée intégralement peu après le départ de la famille Fischer. Prévenu par la police allemande, le gendarme Henry Puren de la brigade de La Baule constate à la fois le cambriolage et le pillage de la villa. Les deux témoins interrogés affirment qu’à plusieurs reprises les soldats allemands ont visité la villa et que par ailleurs, la villa jumelle, Le Paradou appartenant à Monsieur CAILLET a également été cambriolée.

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Dossier de réquisition de la villa La Pinada AMLB 4H386
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Dossier de réquisition de la villa La Pinada AMLB 4H386

En novembre 1942, le Commissariat Général aux Questions Juives envoie un courrier au Préfet de Loire-Inférieure au sujet des biens immobiliers juifs susceptibles d’être vendus. La villa La Pinada qui appartient à Henri ISIDOR qui habite alors 48, rue d’Argenteuil à Asnières et qui est juif est flanquée d’un administrateur provisoire en la personne de Maître THUILLIER, ancien avoué habitant l’immeuble « Les Brisants » au Pouliguen au 25 novembre 1942. Il fait réaliser un inventaire en février 1943  par Pierre SIMON, huissier de justice à Saint-Nazaire accompagné de Monsieur Alexandre CHEVREL de la mairie de La Baule et d’un serrurier, Monsieur LETEXIER et un bon de réquisition au profit des troupes d’occupation est signé à compter du 1er janvier 1943 avec accord des autorités allemandes.

Démissionnaire pour « raisons de santé » Maître THUILLIER est remplacé dans son rôle d’administrateur provisoire par Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce au Tribunal de Commerce de Saint-Nazaire et qui a déjà aryanisé les 43 commerces de la presqu’île. Celui-ci fait réaliser un deuxième inventaire en février 1943 par Monsieur BATILLAT, architecte, et qui réduit la valeur du bien de 30%. pour tenter de le vendre.

Entre temps, Maître THUILLIER envoie ses honoraires au CGQJ mais qui, trouvant la note trop salée, refuse de payer.

En mars 1943, l’on s’aperçoit que la villa est occupée depuis juillet 1942 par Raymonde LEFEVRE agent de la « Gestapo », ancienne tenancière du bar Le Bec Fin à Pornichet et protégée par les services de police allemande (Ce dont Maître THUILLIER s’était aperçu, d’où la raison de sa démission). Aucun loyer ne sera versé aux administrateurs provisoires malgré leurs très nombreuses réclamations.

La villa au final ne sera jamais vendue.

[Source : dossiers d’aryanisation du Commissariat Général aux Questions Juives, Archives Nationales, Pierrefitte-sur-Seine, AJ/38/4599 dossier 8059]

Les arrestations  et déportations :

Elles ont lieu les 15, 16 et 17 juillet 1942. Un document concernant l’arrestation d’une famille à Saint-Nazaire atteste que celle-ci a été arrêtée le 14 juillet au soir. Elle est organisée en amont par les autorités françaises qui rendent compte tous les jours des arrestations en cours et matériellement, ce sont  les autorités allemandes (sans doute le GFP Geheime FeldPolizei présent à Saint-Nazaire) qui se chargent des rafles. Aucun document n’atteste de la présence de policiers ou gendarmes français lors de ces arrestations dans l’arrondissement ce qui ne veut pas dire que ceux-ci n’ont en rien participé aux arrestations ailleurs dans le département.

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Courrier du Chef d’Escadron LECOMTE au Préfet de Loire-Inférieure concernant les arrestations à Mauves et Gorges du 15 juillet 1942 [ADLA 1694W25]

Dans le même temps, le préfet de la Meuse demande des renseignements auprès de la Préfecture de Loire-Inférieure au sujet de la famille de la FISCHER où il est précisé que celle-ci a été arrêtée le 16 juillet 1942.

Contrôle Statut des Juifs [ADLA 1694W21]

La famille FISCHER et Ernest SEE ont été arrêtés à leur domicile le 16 juillet 1942. Les personnes arrêtées sont conduites par camion bâché sur Saint-Nazaire dans le quartier de Sautron puis dirigés sur Nantes avant d’être envoyées à Angers au Grand Séminaire.

Liste provisoire des arrestations du 16 juillet 1942 [ADLA 1694W25]
Liste provisoire des arrestations du 16 juillet 1942 [ADLA 1694W25]
liste arrestations du 15 juillet 1942 transmise à la préfecture d eNantes [ADLA 1694W25]
liste arrestations du 15 juillet 1942 transmise à la préfecture de Nantes [ADLA 1694W25]

La réaction de la population semble avoir été assez vive. Preuves en sont les deux commentaires que rédige le secrétaire général de la Préfecture de Loire-Inférieure dans son rapport mensuel qu’il envoie au Ministère de l’Intérieur le 01 septembre 1942 et couvrant la période juillet-août 1942.

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Rapport Préfet septembre 1942
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Rapport Préfet septembre 1942

A Angers, le départ du convoi est prévu pour le 20 juillet 1942. Une liste de 827 personnes est établie (hommes, femmes, enfants, nourrissons, vieillards, français et étrangers). Les enfants de moins de 16 ans (ou 14 ans) et les personnes de plus de 55 ans (ou 60 ans)  ne sont pas déportables à ce moment-là. 28 personnes sont rayées de la liste du convoi (enfants avec une personne adulte qui les accompagne, souvent la mère) dirigées vers le camp de la Lande à Monts près de Tours) tandis que 27 autres sont débarquées à Drancy.

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Max FISCHER (50 ans) et ses deux enfants Jacques (17 ans) et Pierre (14 ans) sont déportés par le convoi numéro 8 d’Angers vers Auschwitz le 20 juillet à 20h35.

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Liste  convoi numéro 8 Angers Auschwitz 20 juillet 1942, CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne

Le convoi numéro 8 est un convoi particulier puisque quasiment exclusivement composé d’hommes et de femmes, sans enfants, en âge de travailler. A leur arrivée le 23 juillet 1942, alors que 90% des personnes déportées des autres convois sont sélectionnées pour les chambres à gaz, la quasi-totalité des déporté(e)s rentrent dans le camp. Pas d’information concernant Jacques.

Max FISCHER est décédé à Auschwitz le 19 octobre 1942 [Death Book of Auschwitz, Yad Vashem, en ligne] et Pierre est décédé le 10 octobre 1942 [Death Book of Auschwitz, Yad Vashem, en ligne].

Suzanne FISCHER (49 ans) et son père Ernest SEE (77 ans) sont débarqués à Drancy. Ils seront dirigés vers le camp de Pithiviers puis déportés par le convoi numéro 35 de Pithiviers vers Auschwitz le 21 septembre 1942. Ils ont été déclarés décédés 5 jours après l’arrivée du convoi soit le 26 septembre 1942 au Journal Officiel de la République Française.

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Liste  convoi numéro 8 vers le Stammlager DRANCY 20 juillet 1942, CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne
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Liste  convoi numéro 8  20 juillet 1942, CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne
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Liste  convoi numéro 35 Pithiviers Auschwitz 21 septembre 1942, CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris, en ligne

En octobre 2018, le propriétaire de la villa la Pinada décide d’apposer une plaque sur la clôture de la maison en mémoire de la famille FISCHER.

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Villa La Pinada, allée du Parc LA BAULE ©collection particulière

KRISER Stefan, Emmy [34]

Eléments biographiques :

Stefan KRISER est né le 30 septembre 1880 à Léopoldsdorf (Autriche). Il est marié avec Emmy KRISER née STERN née le 12 octobre 1882 à Vienne (Autriche). Il a deux enfants : Paul Josef KRISER né le 12 octobre 1907 à Vienne (Autriche) et Hans KRISER.

Persécutions :

En France depuis 1938 sur liste de recensement, en fait Hans KRISER est entré en France le 29 juillet 1939 par le poste de Modane (Savoie) avec un laisser-passer délivré par le Consulat de France à Bratislava le 04 juillet 1939. Il est arrivé avec sa femme et sa belle-fille et avait déjà séjourné en France en 1907, à Paris en 1929 et à Nice en 1933. Avant son arrivée à La La Baule, la famille Kriser résidait à Paris.

A La Baule, Hans KRISER effectue une demande de carte d’identité d’étranger (catégorie non-travailleur) le 19 septembre 1939 et lors de cette demande un récépissé lui est donné valant titre de déjour. Il réside alors Hôtel Adelphi, rue de la Concorde à La Baule.

Hans KRISER quitte La Baule pour Paris le 27 février 1940 signalant son déplacement au commissariat de la Baule puis rentre (sans date) et récupère sa carte d’identité le 22 avril 1940.

Il se fait recenser dans l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 27 octobre 1940 (numéro 34). Il est de nationalité slovaque et réside à ce moment-là Hôtel Lutétia à La Baule puis ejoindra l’Hôtel ADELPHI, avenue de la Concorde. Le couple quitte La Baule pour Paris en novembre 1940.

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extrait liste recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Stephan KRISER est décédé le 21 janvier 1942 à huit heures du matin à Paris (16ème arrondissement) au 7bis rue Eugène Manuel. Il réside alors au 6, avenue Victor Hugo à Paris (16ème arrondissement).

Acte de décès de Stephan KRISER [Archives de Paris, 16D165]
Acte de décès de Stephan KRISER [Archives de Paris, 16D165]

Son épouse n’a pas été déportée.
[Figure dans le livre de Günther KODECK :  » Die Mitglieder der Wiener Freimaurerlogen 1869-1938″, les loges franc-maçonniques à Vienne 1869-1938]

Fiche de Stephan KRISER (Fichier Préfecture) [ADLA 1694W25]

Fiche de Stephan KRISER (Fichier Préfecture) [ADLA 1694W25]
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Changement résidence israëlites 25 octobre 25 novembre 1941 [ADLA 1694W25]
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Changement résidence israëlites 25 octobre 25 novembre 1941 [ADLA 1694W25]

Dossier d’étranger de Stefan KRISER [ADLA, 4M920]

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Dossier d’étranger d’Emmy KRISER [ADLA 4M920]