MECHOULAM Gilbert, Beky (NR)

Beky MECHOULAM 1936 [ADLA 4M938]

Beky MECHOULAM et son mari Gilbert sont réfugiés à La Baule entre septembre 1939 et août 1940.

Beky MECHOULAM née DE TOLEDO est née le 08 avril 1914 à Andrinople et est la soeur d’Elise MECHOULAM également réfugiée à La Baule. Elle est mariée avec Gilbert MECHOULAM né le 16 novembre 1908 à Constantinople. Gilbert est le frère d’Edouard et les deux soeurs ont donc épousé les deux frères. Le couple n’a pas d’enfant. Par ailleurs Bension et Boucca DE TOLEDO résident également en tant que réfugiés à la Baule dans la même rue.

Gilbert et Beky arrivent en même temps qu’ Elise et Edouard le 03 septembre 1939 et logent dans la même villa : Villa Fantaisie avenue Saint-Georges. Beky exerce la profession d’aide-comptable aux Etablissements CLARTEX 17, rue de l’Echiquier à Paris (10ème arrondissement).

Dossier d'étranger de Beky MECHOULAM [ADLA 4M938]
Dossier d’étranger de Beky MECHOULAM [ADLA 4M938]

La famille quitte La Baule pour Paris au cours du mois de novembre/décembre 1939 pour Paris puis retourne à La Baule au moment de l’exode le 04 juin 1940. La famille décide de quitter la France, quitte la Baule le 25 août 1940 et rejoint Marseille par Nîmes. Elle passe en Espagne par le poste de Cerbère en octobre 1942 (comme sa soeur et son beau-frère). La famille n’a pas été déportée. Ils rejoignent le Maroc où ils vont passer le restant de la guerre et migrent vers les Etats-Unis à bord du paquebot Marques De Comillas parti de Vigo (Portugal) le 08 septembre 1945 à destination de Philadelphie où il arrive le 04 octobre 1945. Les époux font escale au Mexique et rejoignent le frère de Gilbert, Félix qui habite Mexico.

Félix qui avait fortune au Mexique, fréquentant les têtes couronnées de quelques pays européens, avait promis un travail rémunérateur à Gilbert. En lieu et place du travail rémunérateur, Félix lui avance la somme pour l’achat de quelques tapis qu’il devra vendre sur les marchés. Déçu par l’attitude de son frère, les époux rejoignent la France peu de temps après.

Dossier d’étranger de Beky MECHOULAM [ADLA 4M938]

MECHOULAM Edouard, Elise, Henri (NR)

Elise MECHOULAM 1939 [ADLA 4M938]
Elise MECHOULAM 1939 [ADLA 4M938]
Henri MECHOULAM 1939 [ADLA 4M938]
Henri MECHOULAM 1939 [ADLA 4M938]

Edouard, Elise et Henri MECHOULAM sont réfugiés à La Baule entre septembre 1939 et août 1940. Edouard MECHOULAM est issue d’une famille juive séfarade de Constantinople. Le nom Mechoulam en langue hébraïque a plusieurs sens : « accompli, fait » ou quelquefois le sens de « parfait » lui est également donné. Le père d’Edouard, fait fréquenter ses sept enfants dont Edouard dans des écoles francophones via l’Alliance Israëlite. Très laïque, profondément francophile, la famille n’est que très peu religieuse respectant au mieux les deux principales fêtes juives : Kippour et Pessa’h et est bercée dans la culture juive via la nourriture préparée par un membre de la famille.

Le père d’Edouard avait à Constantinople un commerce d’import/export de poissons et de caviar, caviar qu’il traitait avec la Russie. Les affaires marchent mal et il émigre en France dans les années 1920 par bateau et réside à Enghien-les-Bains (Val d’Oise). Profondément épris de culture française (tous ses enfants fréquenteront des écoles françaises en Turquie) et maitrisant parfaitement la langue, l’installation en France et à Paris/Région Parisienne va donc de soi.

Recensement de population Enghien-les-Bains [Archives Départementales du Val d'Oise, 9M512]
Recensement de population Enghien-les-Bains [Archives Départementales du Val d’Oise, 9M512]

Edouard est l’aîné de la famille né le 25 août 1901 à Constantinople [Père Isaak MECHOULAM et Mère : Victoria (prénom usuel Victorine) AZARIA]. Suivent Félix né le 25 janvier 1905, Gilbert né le 16 novembre 1908, Mathilde née le 13 octobre 1910, Henri (décédé jeune), Daisy née le 10 octobre 1914 et Daniel né le 23 novembre 1916.

Au moment de l’obtention d’une nouvelle pièce d’identité, l’employé de préfecture chargé de l’enregistrer lui rétorque : « Ah mais Mechoulam, ça fait pas très français comme nom, on va changer le m en n ». Edouard sur ses papiers d’identité portera dorénavant le nom de MECHOULAN et c’est le seul de la famille à avoir eu son nom changé ainsi.

Edouard exerce la profession de voyageur de commerce en lampes, plutôt lampes industrielles ou automobiles pour les Etablissements Clartex, 17, rue de l’Echiquier à Paris dans le 10ème arrondissement.

Il se marie avec Elise MECHOULAM (née DE TOLEDO née le 27 février 1908 à Andrinople [Père : Salomon DE TOLEDO né en 1881 à Andrinople (en turc : Dedeağaç) et Mère : Oro COHEN née en 1890 à Andrinople] tandis que son frère Gilbert se marie avec la soeur d’Elise : Beky. Deux des frère MECHOULAM se sont donc mariés avec les deux soeurs DE TOLEDO. Le couple a un enfant : Henri né le 19 décembre 1932 à Boulogne-sur-Seine. La famille réside habituellement à Paris.

La famille arrive le 03 septembre 1939 à La Baule et loge villa Fantaisie, avenue Saint-Georges. Elle est rejointe par la soeur d’Elise, Beky et son mari Gilbert. Par ailleurs également réfugiés en 1939 Bension et Boucca DE TOLEDO et qui habitent dans la même rue [il semblerait d’après les informations dont nous disposons qu’il s’agit du frère de Salomon de TOLEDO].

Elle en repart le 30 août 1940 à destination de Paris puis prend la décision de fuir la France informée par un commissaire de police, ami de la famille, des persécutions antisémites à venir. La famille fait donc ses bagages en deux heures, prend le train et voyage en wagon-couchette. Au passage de la ligne de démarcation, le Feldgendarm chargé de contrôler les papiers d’identité confond hellénique et helvétique et ils réussissent à passer sans véritable autorisation la ligne. Ils se dirigent dans un premier temps sur Lyon à l’automne 1940 puis sur Saint-Didier-au-Mont-D’or le 23 novembre 1940 où ils sont hébergés/cachés par la famille DESMARETS pendant 1 an et demi.

Note : [Les époux sont de nationalité grecque : suivant les dates de naissance et les multiples conflits armés entre la Grèce et la Turquie, une personne née à Constantinople ou plus largement en Turquie peut suivant les cas être de nationalité turque ou grecque, ce qui est le cas de la famille MECHOULAM, Isaac, le père d’Edouard étant lui de nationalité turque].

Un ami à Madrid leur fait délivrer une supplique pour devenir sujet espagnol et ils obtiennent un passeport collectif pour pouvoir fuir vers l’Espagne.

Monsieur DESMARETS, ancien combattant de la guerre de 14 et amputé des deux jambes les emmènera à la gare pour quitter la banlieue lyonnaise le 31 août 1942 pour la frontière espagnole (à Cerbère) qu’elle franchit en octobre 1942. La famille reste en Espagne 1 an et demi, ne trouve pas de travail et vit des subsides versés par le JOINT. Informés par une personne de la famille d’une promesse de travail au Maroc, ils quittent l’Espagne mais la désillusion est totale : ils vivront le restant de la guerre dans des conditions très difficiles étant hébergés dans un box de garage.

A la fin de la guerre, la famille rentre en France. Henri qui a eu une scolarité plus que chaotique et hachée passera son baccalauréat puis différents diplômes universitaires, sera enseignant en lycée puis chercheur au CNRS.

Isaak et Victoria MECHOULAM, les grands-parents d’Henri, qui s’étaient réfugiés à Cognac, seront arrêtés par la police française à leur domicile, rue de l’Echassier, internés à Poitiers, transférés sur Drancy puis déportés par le convoi 46 du 09 février 1943.

C’est Edouard qui s’occupera après-guerre des formalités administratives auprès du Ministère des Anciens Comattants et Victimes de Guerre.

Dossier d’étranger d’Elise MECHOULAM [ADLA 4M938]

MECHOULAM Isaac, Luna (NR)

Isaac MECHOULAM 1936 [ADLA 4M946]

Isaac et son épouse sont réfugiés à La Baule entre septembre 1939 et avant le recensement des Juifs sur l’arrondissement de Saint-Nazaire (septembre/octobre 1940).

Isaac MECHOULAM est né le 10 mai 1875 à Constantinople [Père : Jacob MECHOULAM et Mère : Rima GRABAÏ] et est marié depuis le 18 septembre 1928 (Paris, 11ème arrondissement) avec Luna (prénom usuel Fanny) née AVNAÏM [Père : Jacob AVNAÏM et Mère : Clara ?] née le 06 juin 1875 à Constantinople. Le couple a 5 enfants présents au recensement de 1926 : Jacques né en 1904, Albert ou Avram né en Turquie en 1905, Benoît né en 1913, Victor né à Paris le 02 juillet 1916 (11ème arrondissement) et Claire née à Paris le 01 juin 1919 (11ème arrondissement). En 1926, Jacques est mécanicien aux Etablissements La Nouvellière, Albert mécanicien également aux Etablissements Gautheron, Benoît, tapissier aux Etablissements Victor dans le 11ème, Victor apprenti-tapissier. En 1936, Avram est toujours mécanicien aux Etablissements Gautheron, Victor exerce la profession de tapissier chez Platanier dans le 18ème arrondissement et Claire est sténo-dactylo aux Etablissements Béchu dans le 12ème arrondissement.

La famille réside depuis au moins depuis 1926 au 48, rue Basfroi dans le 11ème arrondissement à Paris.

Recensement 1936 Quartier de la Roquette [Archives de Paris, D2M8]
Recensement 1936 Quartier de la Roquette [Archives de Paris, D2M8]

Isaac exerce diverses professions (inconnues) puis devient manutentionnaire/employé de commerce chargé des écritures comptables aux établissements Salem frères (import et export d’articles en tissus) à partir de1923 à Paris au 38, rue de Cléry dans le 2ème arrondissement.

 Dossier d'étranger d'Isaac MECHOULAM [ADLA 4M946]
Dossier d’étranger d’Isaac MECHOULAM [ADLA 4M946]

Isaac et Luna arrivent à La Baule le 11 septembre 1939 et logent Villa Ker Gilberte Avenue Ninon à La Baule, Edouard et Gilbert les ayant précédés de quelques jours. Les propriétaires de la villa qui résident à Saint-Nazaire proposent donc leur maison à la location suite à un appel du maire de la Baule pour accueillir les réfugiés.

Villa Ker Gilberte, Avenue Ninon, La Baule
Villa Ker Gilberte, Avenue Ninon, La Baule

Ils quittent la commune de La Baule pour celle de Pornichet le 3 janvier 1940 où ils vont résider 121, avenue de Mazy.

Visas Arrivées/Départs Etrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]
Visas Arrivées/Départs Etrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]

Ils quittent Pornichet le 22 juillet 1940 pour Paris et Isaac ne récupère pas sa nouvelle carte d’identité dont il avait effectué la demande en décembre 1939. Par ailleurs, malgré les attestations demandées et fournies par son employeur afin d’obtenir une carte d’identité de travailleur industriel, la Préfecture de Loire-Inférieure lui délivre une carte d’identité de non-travailleur, ce qui l’empêche par définition de continuer à occuper son emploi. Il continuera à justifier de son identité par le récépissé qui lui a été fourni.

Isaac MECHOULAM est interné à Drancy le 07 juillet 1944.

Carnet de fouilles d'Isaac MECHOULAM [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles d’Isaac MECHOULAM [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Il est déporté par le convoi numéro 77 du 31 juillet 1944 à destination d’Auschwitz.

Liste convoi 77 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]
Liste convoi 77 [CDJC, Mémorial de la Shoah en ligne]

Isaac MECHOULAM a été assassiné à Auschwitz, il avait 69 ans.

Ni son épouse, ni ses enfants n’ont été déportés.

Dossier d’étranger d’Isaac MECHOULAM [ADLA 4M946]

LIFSZYC Halina (NR)

Halina LIFSZYC 1939 [ADLA 4M938]

Halina LIFSZYC est réfugiée à La Baule entre le 07 novembre 1939 et début septembre 1940.

Halina LIFSZYC est née à Sosnowiec (Pologne) le 21 juin 1906 et arrive à La Baule le 28 novembre 1939 en provenance de Paris où elle loge Villa Fleur de Lys avenue Delanoue. Elle se déplace un mois au mois de décembre 1939 et quitte définitivement La Baule à l’automne 1940. Elle n’a à notre connaissance pas été déportée.

Villa Fleur de Lys Avenue Delanoue  © collection particulière
Villa Fleur de Lys Avenue Delanoue © collection particulière

Dossier d’étranger d’Halina LIFSZYC [ADLA 4M938]

LEVY Jacqueline (NR)

Sara Jacqueline (prénom usuel Jacqueline) est réfugiée à La Baule en 1939.

Sara Jacqueline 1939 [ADLA 4M938]
Sara Jacqueline 1939 [ADLA 4M938]

Jacqueline LEVY est née le 16 avril 1919 à Buenos Aires [Père : Roger LEVY et mère : DREYFUS Sophie née au Havre le 07 janvier 1895]. Son père est décédé au Havre et Sophie LEVY élève donc seule sa fille qui se remariera en 1938 avec Jean GRUMBACH.

Elle arrive à La Baule le 28 août 1939 où elle habite Villa Les Mouettes Avenue Bouchardat. Elle est élève des Beaux-Arts à Paris et suit des cours de dessin. Elle quitte La Baule à partir de novembre 1939 pour une destination qui nous est inconnue. Elle n’a à priori pas été déportée.

Dossier d’étranger de Sara Jacqueline LEVY [ADLA 4M938]

KRAMMER Sophie, Maurice (NR)

Sophie KRAMMER 1933 [ADLA 4M946]
Sophie KRAMMER 1933 [ADLA 4M946]
Sophie KRAMMER [DAVCC 21 P 470 404]
Sophie KRAMMER [DAVCC 21 P 470 404]

Maurice et Sophie KRAMMER sont réfugiés à La Baule depuis le 09 août 1939 qu’ils quittent le 03 août 1940 pour Paris.

Maurice KRAMMER est né le 26 juillet 1881 à Botosani (Roumanie) [Père Henri KRAMMER et Mère Yette HENTLER] et est marié avec Sophie OSMU née le 15 janvier 1885 à Alexandrie [Père : Judas OSMU et Mère : Sarah LEVY].

Bulletin de mariage de Maurice KRAMMER et Sophie OSMU [DAVCC 21 P 470 404]
Bulletin de mariage de Maurice KRAMMER et Sophie OSMU [DAVCC 21 P 470 404]

Le couple loge à La Baule dans un premier temps Villa Florette puis au 10, place du Marché chez Mr CAQUINEAU. Ils résident en 1936 au 18, rue Oberkampf à Paris dans le 11ème arrondissement où Maurice exerce la profession de marchand de meubles. En 1942, ils résident 28, rue Pastourelle (3ème arrondissement).

Recensement 1936 Saint-Ambroise 11ème [Archives de Paris, D2M8_592]
Recensement 1936 Saint-Ambroise 11ème [Archives de Paris, D2M8_592]

Au mois de décembre 1939, ils effectuent une demande de renouvellement de carte d’identité auprès du commissariat de police de La Baule.

Sophie KRAMMER est arrêtée le 07 octobre 1942 au passage de la ligne de démarcation ou à Paris le 27 septembre 1942, les circonstances de l’arrestation restant imprécises, transférée et internée à Drancy à compter du 07 octobre 1942 puis déportée de Drancy vers Auschwitz par le convoi numéro 42 du 06 novembre 1942. Elle a été exterminée à Auschwitz à l’âge de 57 ans.

Liste convoi 34

Maurice n’a pas été déporté et décède le 24 avril 1946 à Paris. Le frère de Sophie, Robert, s’adressera après-guerre au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre pour régulariser la situation d’Etat Civil de son beau-frère au nom de la mère de Sophie, Sarah.

Dossier d’étranger de Sophie KRAMMER [ADLA 4M946]

Dossier d’étranger de Maurice KRAMMER [ADLA 4M946]

De TOLEDO Bension, Boucca (NR)

Bension DE TOLEDO 1936 [ADLA 4M939]
Bension DE TOLEDO 1936 [ADLA 4M939]
Boucca DE TOLEDO 1936 [ADLA 4M939]
Boucca DE TOLEDO 1936 [ADLA 4M939]

Bension et Boucca DE TOLEDO sont réfugiés à La Baule entre au moins novembre 1939 et le 27 décembre 1939 où ils rejoignent Nice munis d’un sauf-conduit.

Bension est né le 18 avril 1870 à Andrinople [Père : Yechaia DE TOLEDO et Mère : Léa CANETTI] et est marié avec Boucca PINHAS née le 16 août 1880 à Andrinople [Père : Avram PENHAS et Mère : Doudou MITRANI]. De nationalité espagnole, le couple réside habituellement au 2 place de la Porte de Bagnolet à Paris dans le 20ème arrondissement.

Recensement 1936 20ème arrt [Archives de Paris, en ligne]
Recensement 1936 20ème arrt [Archives de Paris, en ligne]

Ils résident à La Baule Villa Ker Germaine avenue Saint-Georges qu’ils quittent fin décembre 1939. Ils n’ont à priori pas été déportés.

Villa Ker Germaine Avenue Saint-Georges © collection particulière

Dossier d’étranger de Bension DE TOLEDO [ADLA 4M939]

Dossier d’étranger de Boucca DE TOLEDO [ADLA 4M939]

CHAJMOVICZ Henda, Jacob (NR)

Henda CHAJMOVICZ 1939 [ADLA 4M938]
Henda CHAJMOVICZ 1939 [ADLA 4M938]

Henda CHAJMOVICZ est réfugiée à La Baule en 1939-1940. De son nom de jeune fille KIWELEWICZ, elle est née le 15 décembre 1911 à Lubez comme son mari Jacob né le 08 décembre 1901 [Père : Szymon CHAJMOVICZ et Mère : Michla EPSTEIN]. Ils résident en 1936 à Paris, 158, rue Montmartre dans le 2ème arrondissement à Paris. Ils ont deux enfants sans doute nés après 1936.

Recensement 1936 Paris (2ème arrondissement [Archives de Paris, en ligne]
Recensement 1936 Paris (2ème arrondissement [Archives de Paris, en ligne]

Ils exercent tous les deux la profession de marchands ambulants et résident à La Baule d’abord Villa Les Lys, avenue des Mélèzes puis Villa Louis Suzanne allée Jeanne. Ils quittent La Baule avant le recensement de septembre/octobre 1940 pour Paris au 158, rue Montmartre où Henda se présente au commissariat de son arrondissement pour récupérer sa carte d’identité.

Dossier d’étranger d’Henda CHAJMOVICZ [Archives Départementales de Loire6atlantique, 4M938]

Jacob CHAJMOVICZ est arrêté pour je cite : « En surnombre dans l’économie nationale » et interné à compter du 14 mai 1941 au camp de Beaune-la-Rolande puis il est déporté par le convoi numéro 5 de Beaune-la-Rolande à Auschwitz du 28 juin 1942. Il est survivant et décède en 1982 à Rueil-Malmaison. Henda n’est pas déportée.

Liste convoi n°5 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi n°5 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Groupe d’internés, parmi lesquels Jacques Chajmowicz et Joseph Goldberg, au camp de Beaune-la-Rolande (Loiret). France, 1941-1943 [CDJC, Mémorial de la Shoah, CIII_319 ]
Jacques CHAJMOWICZ en haut 6ème à droite

BROMBERG Rywka, Wolff, Salomon (NR)

Rywka BROMBERG 1939 [ADLA 4M937]

Rywka BROMBERG est réfugiée à La Baule au moins à partir d’octobre 1939 et au moins jusqu’au mois de mai 1940.

Rywka BROMBERG née HENDELSMAN est née le 17 décembre 1908 à Sterdyń (Pologne) et réside en 1939-1940 Villa Raymonde Suzanne Avenue des Mohicans à La Baule en tant que réfugiée. Elle réside habituellement 35-37, rue de la Folie-Méricourt à Paris (11ème arrondissement). Le tampon « Juive » a été apposée à l’automne 1940. Elle est mariée avec Volf BROMBERG né en 1905 qui exerce la profession de patron tricoteur dans le 11ème arrondissement. Le couple a un enfant en 1936 : Salomon né en Pologne en 1931.

Recensement 1936 quartier Saint-Ambroise Rywka BROMBERG [Archives de Paris, D2M8_592]
Recensement 1936 quartier Saint-Ambroise Rywka BROMBERG [Archives de Paris, D2M8_592]

La famille n’a pas été déportée.

Dossier d’étranger de Rywka BLOMBERG [ADLA 4M937]

BEILIN Léon, Ida (NR)

Léon BEILIN est propriétaire d’une villa, la villa « Le Symbole » en haut de l’avenue de la Pierre-Percée. Il est le cousin de Nathan BEILIN juif recensé sur la commune du Pouliguen.

Né le 15 décembre 1890 à Staro Tolotchin (Staro = vieux) , actuelle Talachyn en Biélorussie, ville de la province de Moguilev [Père : Max BEILIN et Mère : Haya ESTRIN], il est marié depuis le 09 avril 1914 (Paris, 4ème arrondissement) avec Ida BIELOTITZKI née le 13 mars 1891 à Karatyn (Russie) [Père : Moïse BIELOTITZKI et Mère : Néhama BIELOTITZKI]. Les deux époux sont de nationalité russe et ont comme témoins de leur mariage entre autre son cousin Nathan BEILIN et son beau-frère Isaac GOUREVITCH.

Acte de mariage de Léon BEILIN et Ida BIELOTITZKI [Archives Municipales de Paris, 4M247]

Le couple a trois enfants : une fille Renée née en 1917 mariée à un français, ingénieur électricien, ancien combattant ; un fils Albert né en 1919 au Vésinet, infirme (paralysie générale) et une fille Yveline née en 1923 à Paris.

Recensement 1936 Le Vésinet [Archives Départementales des Yvelines, 9M960]

En mars 1931, Léon BEILIN demande un certificat de notoriété auprès de l’Office des Réfugiés Russes, demande renouvelée en mai 1933. En effet, les autorités russes refusaient d’envoyer à leurs ressortissants les actes de naissance indispensables pour de nombreuses démarches administratives en France et en particulier dans le cas des naturalisations. Dans le cas de Léon, le certificat a été fourni en 1933 pour modification de sa carte d’identité (et vraisemblablement raison identique en 1931).

Actes de notoriété de Léon BEILIN [Archives de l’OFPRA, en ligne]

Léon BEILIN est propriétaire de la villa « Le Symbole » juste en face de l’ancienne gare construite en 1881 par l’architecte Georges Lafont et  » Lafont forme une cohorte d’architectes qui reprendront son style et cette villa servira de référence imaginaire pour les autres réalisations » [Alain CHARLES in Inventaire du Patrimoine des Pays de la Loire : maisons dites villas balnéaires (https://www.patrimoine.paysdelaloire.fr/linventaire/detail-notices/IA44000832/)]. Il habite en résidence principale au 48, route de la Plaine au VESINET.

La villa est réquisitionnée au moins à partir d’avril 1942 par les Autorités Allemandes qui occupent les lieux (Wehrmacht) jusqu’en Juillet 1942. Le 18 juillet 1942 (et donc au lendemain de la rafle sur la presqu’île du 15, 16 et 17 juillet 1942), la villa est cette fois-ci séquestrée au titre de biens israélites par le Maire de La Baule et c’est Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire qui devient administrateur provisoire sur nomination du préfet et qui transmet l’arrêté de nomination au Commissariat Général aux Questions Juives à Paris. Entre temps, le 04 août 1942, les Autorités Allemandes ont nommé Maître Alain RUBEAUX également sur proposition du Préfet, notaire au Pouliguen, administrateur du bien et devient de facto la seule personne de référence.

Archives Municipales de La Baule [4H389]

En effet, la villa « Le Symbole » appartient à une personne de nationalité russe et qui devient après juin 1941 et la rupture du pacte germano-soviétique suite au déclenchement le 22 juin 1941 de l’opération Barbarossa et de la guerre germano-soviétique puissance belligérante à l’Allemagne. Les Autorités Allemandes par l’intermédiaire du MBF (Militärbefehlshabers in Frankreich) vont publier une ordonnance (31 juillet 1941) afin que les Autorités Françaises dressent la liste des propriétés ennemies (dont les Russes) avant le 01 septembre 1941.

Troisième ordonnance allemande du 31 juillet 1941 [ADLA 1694W20]

La villa est donc réquisitionnée par les Autorités Allemandes et la Wehrmacht l’occupe jusqu’au 16 novembre 1942. Puis, à cette date, les Autorités Allemandes placent dans la villa Mme LAGAGNIER (épouse de Monsieur LAGAGNIER, villa Georges Henriette, avenue du Maréchal Foch à La Baule) pour la partie habitation et Monsieur FRETEL, gérant du restaurant Pen-Bé » pour la partie garage. Deux familles, les familles LEROY et BOISARD, occuperont également la villa à partir de décembre 1942. La Wehrmacht la réoccupera à partir du 15 février 1944 laissant 15 jours aux occupants pour évacuer les lieux.

Archives Municipales de La Baule [4H389]

Léon BEILIN exerçait la profession de bijoutier avec ses deux cousins Nathan et Elie. Ils créeront les comptoirs CARDINET.

Convoqué pour un examen de situation sur sa nationalité russe, il est arrêté au commissariat de police du Vésinet (Seine-et-Oise) le 01 juillet 1941. Le 30 juin 1941, la délégation générale du gouvernement dans les territoires occupés envoie un télégramme aux préfets de la zone occupée portant instruction pour l’arrestation et l’internement des ressortissants russes et toutes personnes en relation avec eux faisant suite à l’envahissement de la Russie par l’Allemagne à partir du 22 juin 1941, opération militaire ayant pour nom de code opération Barbarossa.

Archives Départementales de l’Oise, 33W8253/2 in « HUSSER Beate, BESSE Jean-Pierre, LECLERE-ROSENZWEIG Françoise Fronstalag 122 Compiègne-Royallieu : un camp d’internement allemand dans l’Oise 1941-1944 ; Archives Départementales de l’Oise]
[Dossier Léon BEILIN, DAVCC 21P422867]

Léon BEILIN est transféré au camp de Royallieu à Compiègne. Ce camp ouvert en juin 1941 et exclusivement administré par les autorités allemandes sert de camp de transit et de réserves d’otages. Les temps d’internement peuvent être dans certains cas assez longs.

Suite à son arrestation et son internement, Ida va tenter de le faire libérer et relance l’administration préfectorale en avril 1942 à ce sujet sans succès.

[Dossier Léon BEILIN, DAVCC 21P422867]

Léon BEILIN est transféré à Drancy le 07 septembre 1942 cette fois-ci en tant que Juif puis déporté par le convoi numéro 34 du 18 septembre 1942 pour AUSCHWITZ.

Fiches d’internement du camp de Drancy [Archives Nationales, F9/5678]

Liste convoi [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Ida va tenter par tous les moyens de retrouver son mari : elle se déplace pour obtenir un certificat d’internement qui lui sera remis le 20 juin 1945.

Par ailleurs, elle écrit à un journaliste du Journal « Libres » en août 1945 pour tenter de retrouver son mari qui d’après les informations orales dont elles disposent aurait été transféré au camp de Blechammer puis en janvier 1945 devant l’avance des troupes soviétiques, sur le camp de Gross-Rosen/Buchenwald puis Bergen-Belsen.

[Dossier Léon BEILIN, DAVCC 21P422867]

En l’absence d’informations, Léon BEILIN sera déclaré « Mort en déportation » le 23 septembre 1942 (5 jours après le départ du convoi) à Auschwitz. Isaac GOUREVITCH, témoin de leur mariage, sera déporté par le convoi 70 du 27 mars 1944.