LEVY Armand, Marthe, Simone [26]

Simone LEVY février 1939 [La Baule-les-Pins, CDJC, Memorial de la Shoah, en ligne]
Simone LEVY février 1939 [La Baule-les-Pins, CDJC, Memorial de la Shoah, en ligne]

La famille LEVY est présente au moins depuis 1891 à Saint-Nazaire puisque Eugène LEVY s’y installe pour créer un commerce de confection à partir de 1896/1897, commerce qui sera repris en 1925 par son fils Armand LEVY.

Armand LEVY est né à Saint-Nazaire le 20 février 1888 [Père : LEVY Eugène]. Il épouse Marie-Marthe (prénom usuel Marthe) BERNHEIM le 20 février 1925 à Paris (11ème arrondissement de Paris. Armand a alors 36 ans et Marthe 25 ans (née le 26 juillet 1899, Paris, 11ème arrondissement, [Père : BERNHEIM Lucien, miroitier et Mère : Clémence LEVY]). Ils auront une fille, Simone née dans le 16ème arrondissement à Paris le 18 janvier 1926.

Acte de naissance LEVY Armand [Archives Municipales Saint-Nazaire]
Acte de naissance LEVY Armand [Archives Municipales Saint-Nazaire]
[DAVCC Caen, 21 P 477428]

A l’âge de ses vingt ans, il effectue son service militaire d’une durée de 2 ans : incorporé au 65ème Régiment d’infanterie en 1909 en tant que soldat de 2ème classe, il passe au 51ème Régiment d’Artillerie à Nantes en 1911 puis au 2ème Canonnier. Il termine son service militaire le 24 septembre 1911 en ayant obtenu un certificat de bonne conduite et en étant passé soldat de 1ère classe.

Le 3 Août 1914, il est rappelé pour participer à la 1ère guerre mondiale et se trouve en sursis d’appel à l’usine Martin Bloch à Amiens : les premiers conscrits à être envoyés sur le front sont d’abord les classes 1914 (ceux qui sont nés en 1894) puis au fur et à mesure des besoins en hommes sur le front, on rappelle les classes antérieures, d’où sa position de sursis en 1914. Il rejoint le 82ème Régiment d’Artillerie le 30 juin 1916 puis au 89ème Régiment d’Artillerie Lourde en janvier 1917 où il passe brigadier le 24 février 1917 (son frère Léopold est dans le même régiment de juin 1917 jusqu’en janvier 1918). Il est proposé pour une réforme temporaire en janvier 1918 pour « Bronchite chronique, laryngite suspecte et emphysème (contractée au service). Il séjourna ainsi à l’Hôtel de l’Europe à Pau en 1918 et 1919.

Registre Matricule Armand LEVY n° matricule 2977 [ADLA, en ligne]
Registre Matricule Armand LEVY n° matricule 2977 [ADLA, en ligne]

Armand reprend l’activité de son père Eugène en 1925 et créé le magasin « Maison Modèle » . Il est enregistré à ce titre sur le registre de commerce auprès du Tribunal de Commerce de Saint-Nazaire. Le magasin est situé 13, rue Villès-Martin.

Registre Tribunal de commerce [22U147]
Registre Tribunal de commerce [22U147]
Magasin du Tailleur LEVY situé à l'angle du 13, rue Villès Martin et de la rue des Quatre Vents [AMSN in "Raconte-nous Saint-Nazaire : quelques pas dans nos souvenirs]
Magasin du Tailleur LEVY situé à l’angle du 13, rue Villès Martin et de la rue des Quatre Vents [AMSN in « Raconte-nous Saint-Nazaire : quelques pas dans nos souvenirs]
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
La boutique est à droite [Maison... Articles...]
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
La boutique est à droite [Maison… Articles…]
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
La boutique est à gauche juste après la Librairie de la Marine
Maison Modèle angle Rue des Quatre-Vents/Rue Villès-Martin © collection particulière Patrick Pauvert
La boutique est à gauche juste après la Librairie de la Marine
Eugène LEVY devant la devanture Maison Modèle (les 4 personnes autour de lui ne sont pas identifiées) in Albert Morinière ; Saint-Nazaire Images d’Autrefois ; Mémoire d’une ville]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Armand LEVY se déclare à la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 26. Les parents de son épouse Marthe (Lucien et Clémence BERNHEIM) sont également présents au 13, rue Villès-Martin au moment du recensement de l’automne 1940 et se feront également recenser.

Extrait Liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait Liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Le commerce sera aryanisé par Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire.

La famille n’est pas arrêtée à la mi-juillet 1942 mais est arrêtée le 15 août 1942 puis incarcérée à la prison de Saint-Nazaire pendant trois jours jusqu’au 18 août 1942 avant d’être dirigée sur le camp de La Lande à Monts près de Tours.

Un rapport de la police municipale administrative de Saint-Nazaire de mai 1952 décrit les circonstances de la persécution de la famille.

[DAVCC Caen, 21 P 477428]
Fichier De Brinon [DAVCC Caen, 22 P 3084]
Fichier De Brinon [DAVCC Caen, 22 P 3084]

La famille est transférée du camp de La Lande vers Drancy le 05 septembre 1942.

Apprenant l’arrestation de la famille, Lucien BERNHEIM, le père de Marthe LEVY écrit au Préfet de Loire-Inférieure pour tenter de libérer « sinon toute la famille, tout au moins la femme et l’enfant« . Cette lettre restera sans réponse.

Courrier de Lucien BERNHEIM au Préfet de Loire-Inférieure 07 septembre 1942 [ADLA 1694W25]

Armand LEVY fait partie de la catégorie C1 en tant que cadre du camp puis passe à la catégorie B de ceux qui sont immédiatement déportables. Marthe est affectée à l’infirmerie du camp où elle administre les vivres et les effectifs. Elle se rend à l’Hôpital Rotschild le 24 octobre 1942 et réintègre le camp de Drancy le 19 janvier 1943.

La famille est déportée par le convoi numéro 62 du 20 novembre 1943 de Drancy à Auschwitz.

Armand LEVY est décédé à Auschwitz, il avait 55 ans et son épouse Marie Marthe 44 ans.

Après guerre, c’est Henriette LEVY (née LEVY) 20, rue Contrescarpe à Nantes, soeur d’Armand, qui effectue les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin d’obtenir dans un premier temps les certificats de non-rentré, puis certificats de déportation, certificats de déportés politiques et actes de décès. Des enquêtes sont menées pour connaître et vérifier les dates d’arrestation et de déportation.

Elle transférera l’activité commerciale de la « Maison Modèle » juste après-guerre au 142, avenue de Paris (actuelle avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny) à La Baule dont elle s’occupera en 1945 et 1946 puis le magasin sera loué à Madame GARBER de 1946 à 1949. L’activité commerciale cesse à cette date.

[DAVCC Caen, 21 P 477428]
[DAVCC Caen, 21 P 477428]

Lors de l’évacuation du camp d’Auschwitz entre le 17 et le 21 janvier 1945, les détenus aux alentours de 59000 sont jetés sur les routes dans ce qu’on appelle « les marches de la mort ». Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques entrent dans Auschwitz y découvrant plus de 6000 prisonniers dont la plupart sont malades ou mourants. L’enquête concernant Simone LEVY en septembre 1945 relate « qu’elle a été libérée par les Russes à Auschwitz, dernières nouvelles il y a 5 mois » [c’est à dire en mars 1945].

[DAVCC Caen, 21 P 478220]

En l’absence d’informations, la famille a été déclarée décédée 5 jours après la date de départ du convoi soit le 25 novembre 1943.

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