NATANSON Moïse, Aline, Nelly (NR)

Moïse NATANSON 1933 [4M949]
Moïse NATANSON 1933 [ADLA, 4M949]
Rosa WITMAN
Rosa WITMAN
Aline SCHARAPAN
Aline SCHARAPAN
Nelly SCHARAPAN
Nelly SCHARAPAN

Moïse NATANSON (prénom usuel Maurice) est réfugié avec sa fille Aline et sa petite-fille Nelly au Clion-sur-Mer entre 1939 et 1940.

Né le 15 avril 1883 à Odessa [Père : Chaya NATANSON né en 1850 à Odessa et Mère : Fenia BASKIN née également à Odessa en 1854], Moïse a suivi des études d’Art en Russie, en Espagne puis en France et exerce la double profession de photographe et d’artiste peintre. Il avait fuit l’Ukraine pour émigrer en Europe occidentale suite aux pogroms dans la ville d’Odessa. Il vit une relation amoureuse avec Rosa WITMAN, plumassière de profession puis marchande ambulante en bonneterie et de cette relation va naître Aline (né le 19 juin 1913, Paris 14ème arrondissement). Le couple ne vivra pas ensemble mais Moïse s’occupera toujours de sa fille qui sera par ailleurs assez proche de sa mère.

Aline, sténo-dactylo de profession, va se marier le 19 décembre 1935 à Paris (11ème arrondissement) avec Félix SCHARAPAN de profession fourreur. Peu de temps après naît en 1936 Nelly. Félix SCHARAPAN fait son service militaire à partir de 1937 d’une durée de deux ans, sera de suite incorporé dans le 68ème Régiment d’Infanterie de Forteresse, 2ème bataillon, sera fait prisonnier de guerre et sera incarcéré pendant toute la durée de la guerre en Allemagne.

Au début de la guerre, Aline vit avec sa petite-fille et sa mère à Paris dans le 18ème arrondissement. Moïse quant à lui décide de quitter la capitale le 26 septembre 1939 et se rend au Clion-sur-Mer avec sa fille Aline et certainement sa petite-fille Nelly avec peut-être Rosa. La famille vit dans un premier temps dans la villa Ker Germaine rue de Malmy puis Villa Ker Carlos dans la même rue. La famille quitte le Clion-sur-Mer au cours du printemps 1940, peut-être après, mais avant septembre/octobre 1940.

Suite aux mesures antisémites concernant les commerces juifs, le commerce de bonneterie de Rosa est aryanisé, le stock de marchandises est vendu et dépourvue de ressources, elle va, par l’intermédiaire du dispensaire située à côté de chez elle, garder des enfants chez elle et ainsi pouvoir subvenir à ses besoins. Aline va trouvez un emploi de sténo-dactylo à l’UGIF (Union Générale des Israélites de France) organisme créé à l’initiative du gouvernement de Vichy pour regrouper les différentes associations communautaires d’entraide pour ainsi mieux les contrôler mais également contrôlée par les Autorités Allemandes.

Moïse est arrêté à son domicile dans son atelier parisien peu de temps avant la rafle du Vel d’Hiv du 17 et 18 juillet 1942 puis interné à Drancy. Il s’attendait à son arrestation et avait déjà préparé une petite valise pressentant les évènements qui allaient arriver. Il avait emmené avec lui à Drancy des fusains et va réaliser le portrait de sa petite file Nelly à partir d’une photographie qu’il avait emmenée avec lui. Dans le train qui le mène à Auschwitz, il jettera le dessin par la fenêtre qui parviendra miraculeusement à la famille.

Liste convoi numéro 12 du 29 juillet 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi numéro 12 du 29 juillet 1942 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Il décède le 03 septembre 1942 à Auschwitz, il avait 59 ans.

Moïse NATANSON Auschwitz Death Registers, The State Museum Auschwitz-Birkenau
Moïse NATANSON [Auschwitz Death Registers, The State Museum Auschwitz-Birkenau]

Aline, sa fille, sera arrêtée dans les locaux de l’UGIF où elle travaille comme sténo-dactylo au 29 rue de la Bienfaisance à Paris, elle est dénoncée puis internée à Drancy le 30 juillet 1943. Lors de son internement à Drancy, Aline SCHARAPAN porte le matricule 3.619. Le 28 septembre 1943, elle est affectée au service de la buanderie comme laveuse. En novembre 1943, elle fait partie des internés catégorie C3. Elle est déportée vers Bergen-Belsen en juin 1944. Elle réussit à s’évader du train.

Juste après l’arrestation de sa mère, Rosa et Nelly se cachent dans une chambre de bonne et Nelly sera envoyée en province et restera cachée en Sarthe jusqu’à la Libération.

Ma mère est arrêtée, donc là je vais le soir dans la chambre de bonne et là c’est le moment où les enfants commencent à être en danger. Donc il y a des organisations dont l’OSE, merci l’OSE, un organisme de secours aux enfants qui existe toujours aujourd’hui d’ailleurs, qui est organise des colonies de vacances, etc., qui a fait un travail énorme et qui a mis en place des structures de cache d’enfants et qui sous-traitaient avec d’autres organismes, bon enfin, bon. Et c’est comme ça que, ça j’ai su après, l’OSE ça je mélange un peu ce que j’ai appris plus tard mais sur le moment si je reviens à cette période, moi petite enfant de six ans, je ne savais rien de tout ça. Je sais simplement qu’un monsieur vient, je ne me rappelle même pas avoir quitté ma grand-mère et je me retrouve dans un train. Je ne me rappelle avoir quitté ma grand-mère. Je veux dire, la mémoire est sélective et je pense qu’elle est bien faite aussi parce que je ne me rappelle pas le fait que j’ai quitté Paris, je ne me rappelle pas de ça.C’est-à-dire que le traumatisme, je pense aurait été tellement fort qu’on tire rideaux, la mémoire ne fonctionne plus, elle se bloque et ça me protège, de souffrir ou de la folie ou quelque chose comme ça parce que je ne me rappelle, j’ai dit au revoir au monsieur. Forcément, après j’ai su que c’était un monsieur Landeau qui faisait les passes et qui est venu, mais je ne me rappelle pas d’un monsieur qui est venu me chercher, je ne me rappelle pas avoir été dans un train, mais bien évidemment j’ai dû prendre le train pour aller dans Sarthe parce que ça je sais que c’était dans Sarthe. Mais je ne me rappelle pas physiquement du fait. Tout s’est brouillé, c’est-à-dire que je me rappelle très bien que j’avais quatre ans, mon grand-père me peignait, ça ma mémoire fonctionne, où j’étais plus âgée où il se passe des choses physiques que ma mémoire a occultées. Donc on peut faire vraiment des analyses sur le fonctionnement de la mémoire, là je pense. Bon, tout ça c’est une parenthèse qui est peut-être aussi, a son intérêt quand même.

Entretien avec Antoine VITKINE du 30 septembre 2005. Le vidéogramme de cet entretien est en ligne à cette adresse : https://entretiens.ina.fr/memoires-de-la-shoah/Scharapan/nelly-scharapan/biographie

Dossier d’étranger de Moïse NATANSON [ADLA 4M949]

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