ALEXANDRE Adolphe, Janine, Pierre, Martine (NR)

Adolphe et Janine ALEXANDRE [CDJC, Memorial de la Shoah, Paris]
Adolphe et Janine ALEXANDRE [CDJC, Memorial de la Shoah, Paris]
Martine ALEXANDRE [CDJC, Memorial de la Shoah, Paris]
Martine ALEXANDRE [CDJC, Memorial de la Shoah, Paris]

Adolphe ALEXANDRE est né le 27 juin 1889 à Tours (Indre-et-Loire) [Père : ALEXANDRE Hipolyte décédé en 1918 et marié avec Camille GOMPEL née à Bionville (Meurthe-et-Moselle) le 14 avril 1868] qui réside à Paris, 6 avenue du Colonel Bonnet à Paris (16ème arrondissement). Adolphe est l’ainé de la famille et a cinq frères et soeurs Germaine épouse de Charles ELIAS demeurant à Paris, Jeanne, Lucienne, Paulette et Jacques, tous célibataires en 1943 et demeurant à Tours. Hippolyte et Camille avaient fait l’acquisition d’un terrain et d’une petite villa en 1899 en copropriété avec monsieur ALPHEN, directeur des magasins Paris-Angoulème. En 1904, il est procédé à un partage et la petite villa nommée Villa Kerfontaine leur revient en 1904. Composée de garages dans le jardin avec deux chambres d’appoint au-dessus des garages , elle est constituée au rez-de chaussée d’un salon, salle à manger, cuisine et WC et à l’étage, 3 chambres la villa est sise allé des Ifs (angle de l’allée des Ifs et avenue des Evens). Adolphe et Janine Fortunée DREYFUS née à Paris le 12 août 1902 ont deux enfants : Pierre André Hippolyte (prénom usuel Pierre) né le 06 mai 1925 (Paris, 16ème arrondissement) et Martine Berthe (prénom usuel Martine) née le 16 septembre 1939 à La Baule et habitent à Neuilly-sur-Seine 17, rue de Chartres. Il s’étaient mariés le 10 juin 1924 à Paris (17ème arrondissement). Adolphe a été exempté (n°184) de service militaire en 1909 et exerçait la profession d’agent commercial pour une société de minerais ou métaux.

Actes de naissance d’Adolphe ALEXANDRE et Janine DREYFUS et acte de mariage [Archives Départementales d’Indre-et-Loire et Archives Municipales de Paris, en ligne]

Martine ALEXANDRE naît au Pavillon Broca, avenue Isabelle. Cette maternité fût créée dans les années 30 par le docteur DUBOIS (maire de La Baule de 1945 à 1970). C’est la tante de Martine qui effectue la déclaration de naissance en mairie : Germaine ELIAS résidant également Villa Ker Fontaine.

Pavillon BROCA dite Clinique DUBOIS avenue Isabelle La Baule
Pavillon BROCA dite Clinique DUBOIS avenue Isabelle La Baule
Acte de naissance de Martine ALEXANDRE [Mairie de La Baule, état civil]
Acte de naissance de Martine ALEXANDRE [Mairie de La Baule, état civil]

Nous ne connaissons pas la date d’arrivée à La Baule de la famille mais elle est présente en septembre 1939 puisque Martine y naît. La villa Ker Fontaine est aryanisée dans un premier temps par Maître THUILLIER, docteur en droit Immeuble Les Brisants au Pouliguen en novembre 1942 puis remplacé en mai 1943 par Gabriel HERVOUËT arbitre de commerce à Saint-Nazaire. La villa est en mauvais état : les multiples incursions nocturnes l’ont fortement dépréciée. Le 1er février 1943, la Kommandantur de La Baule annonce que la villa est mise à la disposition du groupe Collaboration.

dossier d'aryanisation Camille ALEXANDRE [Archives Nationales, AJ38/4600 dossier n°8603]
dossier d’aryanisation Camille ALEXANDRE [Archives Nationales, AJ38/4600 dossier n°8603]

La famille quitte La Baule avant le recensement de septembre/octobre 1940 pour rejoindre vraisemblablement son domicile parisien. La famille est arrêtée par la Police Allemande au passage de la ligne de démarcation aux alentours de Tours le 25 juillet 1942 puis internée au Camp de la Lande à Monts (près de Tours).

1300 lettres et cartes soit parce que censurées, soit parce qu’arrivées après le transfert des internés vers Drancy en particulier n’ont pas été distribuées à leurs destinataires et sont archivées au YIVO à New York. En toute logique, les services postaux français auraient du renvoyer les courriers. Ce ne fut pas le cas. L’ensemble des biens appartenant aux internés du camp de La Lande laissés en déshérence (dont certainement les lettres) sont transmis au service social de l’UGIF, pour en particulier, fournir le vestiaire des internés du camp de transit de Drancy. C’est à Isaac LEWENDEL que l’on doit l’explication de la raison pour laquelle ces lettres sont à New York : https://www.uncampdejuifsentouraine.com/le-long-voyage-des-lettres
C’est un historien Juif d’origine Polonaise, Szajko Friedman, Zosa Szajkowski[2] de son nom de plume, qui est au centre d’important transfert d’archives « privées » françaises aux Etats-Unis à la fin de la guerre. Etudiant à la Sorbonne dans les années 20, il trouve un refuge temporaire en France où il s’engage dans la Légion étrangère à la déclaration de guerre. Blessé le 15 juin 1940, il est évacué et se retrouve à l’hôpital de Carpentras.
Avide chercheur, sensibilisé par la montée du Nazisme, il découvre alors un certain nombre d’anciens documents juifs dans les communautés locales. Avec l’aide d’amis, il réussit aussi à faire passer des documents de Paris vers la zone libre. Avant son départ pour les Etats-Unis à la fin de 1940, il se débrouille pour transférer une partie de ces archives à New York. Il s’engage alors dans l’armée américaine en 1943 et revient en Europe avec les renseignements militaires.
En 1944, avec la permission de ses chefs, Szajko retourne à Marseille récemment libérée où il retrouve les documents qu’il avait cachés et obtient de l’armée américaine de les expédier aux États Unis. Il en fut de même avec les archives de l’Alliance Israélite Universelle et celles de l’UGIF à Paris. C’est parmi ces collections déposées à YIVO que se trouvaient les « lettres non-remises de La Lande ». Un bon nombre d’autres fonds d’origine française ont probablement, eux aussi, été « sauvés » par Zosa Szajkowski et ont, de ce fait, franchi l’Atlantique au cours de la reprise en main agitée de la France par le gouvernement provisoire du général de Gaulle.

01 – Lettre de G. JEROME à A. ALEXANDRE du 4 septembre 1942 [Lettre n°379]

De G. JEROME Paris à Monsieur A. ALEXANDRE Baraquement n°20 Camp d’internement de LA LANDE par MONTS (Indre-et-Loire) [Lettre dactylographiée datée du 4 septembre 1942 postée le même jour à 19 heures à Paris au bureau de poste de la rue d’Enghien (10ème arrondissement)

4 septembre 1942

Cher Monsieur Alexandre,

Toujours en l’absence de Mr Pierre et, avec son autorisation j’ai ouvert votre lettre du 2 courant.

J’ai remis à Mr Guilbaud, la sienne, et transmis toutes vos amitiés.

Nous sommes contents de voir que votre séjour là-bas n’est pas aussi rigoureux que nous l’avions tout d’abord supposé, et que vous pouvez vous procurer par les petits colis bien entendu ce que vous pouvez avoir besoin. Cependant bien que nous voudrions vous être très agréables, je crois qu’il faut, c’est un bon conseil de tous, il faut être raisonnable… vous savez les difficultés que l’on rencontre pour se procurer la moindre chose, et plus ça va, pire c’est ?

En ce qui me concerne, j’essaye de penser à tout, et j’ai ri, lorsque je vous lisais, disant que les papiers avaient été destinés justement à ce que je pensais…

Il n’est pas possible de vous abonner au P.P., les abonnements ne peuvent être assurés que pour le 15 novembre, alors mieux vaut je crois, vous l’adresser chaque jour sous bande. Je commencerai lundi.

Aujourd’hui, j’ai vu des petites marmites en aluminium je crois avoir bien fait de vous en prendre, ce n’est pas tout à fait la marmite de soldat, cette dernière est plus grande, mais c’est de ça comme pour le reste. Je vous les adresse ce jour, au nom de Martine, car il y a pour elle la pharmacie demandée.

J’ai fait la commission auprès de Mr Foulon pour vos peaux de mouton, mais il ne peu se charger de faire faire des gilets. Quant aux oreillers, je lui ai dit aussi.

Afin que votre carte de tabac vous parvienne plus sûrement, je l’ai envoyée à Mme Rateau en recommandé, c’est donc elle qui vous la portera avec le bulletin de radiation des contributions indirectes.

Impossible de trouver de l’alcool solidifié, dès que nous en trouverons les uns ou les autres, nous le prendrons pour vous l’expédier à la première occasion.

J’ai reçu ce matin une lettre de Mme Rateau, à qui j’avais transmis tous les doubles : lettres et détails de paquets, afin qu’elle soit au courant lorsque vous seriez ensemble. Car elle me dit qu’elle partira Samedi, couchera à Tours si au Mans elle a une correspondance, mais de toute façon elle ira seule.

Je lui avais bien transcrit les heures de visite, c’est donc bien à 2 heures que vous pourrez la voir.

J’ai de bonnes nouvelles de mon mari, je vous remercie, il n’est toujours pas question de retour.

Tous ici me chargent de vous transmettre bons souvenirs et amitiés auxquels je me joins et, que vous voudrez bien partager avec Madame Alexandre et votre petite Poupée, à toutes deux je souhaite une meilleure santé et espère qu’avec les pommades envoyées, les vilains boutons et démangeaisons ne dureront pas, et qu’à l’heure actuelle elles sont toutes deux vers la guérison.

Ci-joint un détail du colis adressé à Martine ce jour.

Paquet poste du 4 septembre
Ce colis contient :
2 marmites individuelles aluminium
2 tubes INOTYOL
0.250 gr talc de Venise
2 rouleaux de gaze
1 boite gargarismes de Luchon

NDLR : Cette lettre nous permet de situer dans quelle baraque du camp était logée la famille (Baraque 20). Mr Pierre : il s’agit du fils d’Adolphe et Janine.

Plan du camp de La Lande [Archives Nationales F7/15059]

2 – Carte de Pierre ALEXANDRE à A. ALEXANDRE du 4 septembre 1942 [Carte n°379]

De M Pierre Alexandre chez Mad Franck à Thuy par Thônes Hte Savoie à M Alexandre camp d’internement de La lande par Monts Indre et Loire [Carte datée du 4 septembre]

Le 4 septembre
Mes chers parents adorés
J’espère que vous êtes toujours en bonne santé ainsi que notre petite Martine. Je suis ici merveilleusement bien, la nourriture est abondante et Odette est très gentille pour moi. Je vais rentrer dans un lycée à la rentrée. Je ne sais encore où, soit à Guyon-Valay où mon ami [illisible] qui est de mes amis un très grand ami pour moi, soit comme le désire mon tuteur (Gilles) à Montluçon. Vous ne pouvez pas savoir comme il est dur pour moi d’avoir un « tuteur » car je vous aime tant, mais heureusement, ce n’est que momentané et il m’en fallait bien un pour signer les papiers.
Je m’ennuie après vous et ma pensée ne vous quitte pas, vous, qui êtes tout ce que j’ai de plus [cher] au monde. Je prie le bon dieu qui je sais un jour vous aidera. Dois-je vous envoyer des colis, quelque chose qui vous fera plaisir.
Tout le monde est très chic pour moi : Manon, Gisèle et Nadine, grand-mère, le [illisible], Odette, tante [illisible], mes amis. A bientôt, je vous embrasse très tendrement. Votre fils qui vous adore.
Pierre

3 – Carte de Mme LARFRANI à Mr et Mme ALEXANDRE du 10 septembre 1942 [Carte n°38]

De Mme Larfrani 3 boulevard de Paris Casablanca Maroc à Mr Mme Alexandre Camp de la lande Monts Indre-et-Loire [Carte du 10 septembre 1942 envoyée le ? 1942 du service des Postes de Casablanca]

Mes très chers,
Par petite [Illisible] je viens d’avoir votre adresse et sachant combien notre [illisible] est possible, je viens prendre de vos nouvelles ainsi que de petite Martine. Coment est-elle cette bonne chérie. Nous avons assez souvent des nouvelles de notre Pierre ce [illisible] est bien à plaindre et si cela ne [illisible], j’aimerai le prendre avec nous mais malheureusement en ce moment l’entrée au Maroc est très très difficile et très surchargée de population [illisible] on ne laisse plus venir personne. J’ai eu des nouvelles de notre Jack le pauvre se fait [illisible] des soucis pour nous tous. Je lui ait écrit mais les lettres sont très longues (illisible] parvenir la dernière a mis deux mois à arriver à Casa. jean est aux environs de Casa [illisible] la femme de mes amis Retourné.

4 – Carte de M Pierre ALEXANDRE à Mr ALEXANDRE du 11 septembre 1942 [Carte n°419]

De M Pierre Alexandre chez Madame Franck à Thuy par Thônes Ste Savoie à M Alexandre Camp d’internement La Lande par Monts Indre et Loire

[illisible]
J’espère que vous êtes toujours bien portant [carte déchirée coin droite] [et que la] vie pour vous n’est pas trop dure. Je suis chez Odette … semaines et delà rentrerait dans un lycée comme … dire. je suis ici merveilleusement bien et entouré d’amis charmants qui sont pour moi adorables. D’ailleurs, tout le monde l’est, sauf quelques-uns dont je me rappellerais. Je veux parler de Gilles mais enfin ne vous inquiétez pas pour ça. Ma pensée ne vous quitte pas et je voudrai tellement vous savoir libres. Mais il faut espérer des jours meilleurs. La vie est dure mais il faut du courage pour surmonter tout ça? Pensez-vous que Martine soit bientôt relâchée. Je voudrais tellement la savoir à l’abri. Je prie toujours pour vous et suis sûr que le bon dieu vous rendra grâce ! Priez le aussi et je vous jure qu’il vous écoutera. A bientôt mes chéris je vous embrasse des milliers de fois [illisible]. Votre fils qui vous adore mais qui a tellement de chagrin.
Pierre

5 – Carte de M Pierre ALEXANDRE à Mr ALEXANDRE du 11 septembre 1942 [Carte n°039]

De M Pierre Alexandre chez Mad Franck à Thuy par Thônes Ste Savoie à M Alexandre Camp d’internement La Lande par Monts Indre et Loire [Carte du 14 septembre 1942 postée le jour même en Haute-Savoie].

Je reste chez Odette jusqu’au 21 septembre et de là, j’irai peut-être quelques jours à Vichy voir une ancienne amie de mémé Berthe et de là je passerai 2 ou 3 jours avec Guy près de mon ami [illisible]. Puis je rentrerai à Clermont au lycée.
Je vous dirai plus tard mes impressions, pour le moment je suis assez content car je serai inscrit à un point fixe et occupé. J’essayerai de rentrer au 1er, je travaille depuis 1 mois pour mais j’ai quand même perdu mon 3ème trimestre de 2° et pourvu que je réussisse, sans cela je serai obligé de redoublé ce qui m’ennuierais beaucoup. Ayez beaucoup de courage tous les 2 Que papa m’écrive de temps en temps. J’admire toujours ma petite maman et beaucoup d’amis sont comme moi. Ai beaucoup d’espoir. Bientôt nous serons tous 4 heureux. Je vous embrasse tous les 3 affectueusement de ton fils qui vous adore et qui ne vous quitte pas. [illisible].
Pierre

6 – Carte de Mme LAMBERT à Madame Jeanine ALEXANDRE du 15 septembre 1942 [Carte n°040]

De Mme Manon Lambert 28 av. Jean Mermoz Pau Bsses Pyrénées à Madame Jeanine Alexandre Camp d’internement La Lande Monts Indre et Loire [Carte du 15 septembre 1942 postée le 16 septembre à Pau].

15 sept.
Ma chère petite Jeanine. J’ai de vos nouvelles par Pierre et j’espère que votre chère petite Martine est guérie de ses boutons. Je pense beaucoup à vous tous et vous souhaite surtout une bonne santé et que le temps ne se refroidisse pas trop. Nous allons bien, Fred profite de la saciété d’un lapin qu’il nourrit. Je pense aux lapins qu’avait Pierre. Nous vous envoyons tous à tous deux nos sincères affections et baisers à la chère petite.
Sincèrement cotre
Manon

7 – Lettre de Simone ? à Madame ALEXANDRE du 16 septembre 1942 [Lettre n°472]

De Simone ? à Baraque n°20 Madame Alexandre Camp de la Lande par Monts Indre et Loire [Lettre datée du 16 septembre envoyée le même jour du bureau de poste de la Rue Singer à Paris 16ème arrondissement]

Mercredi 16 Sept.
Ma petite Janine
Bien reçu la lettre me donnant de vos nouvelles. Je suis consternée de savoir ta fille souffrante. Nous sommes sans cesse par la pensée avec vous.
Je suis encore une fois tante depuis 10 jours d’une belle petite fille dans le ménage « Georges », ils sont ravis car ainsi ils ont fils et fille !
J’ai vu Yvonne D. mardi, je lui ai donné ton adresse. Bien entendu nous avons beaucoup parlé de vous.
Plus de nouvelles de Pierrot ni de Suzy ni de Gilles. Cependant, elle m’avait téléphoné à son passage.
Maman est très souffrante en ce moment, mes inquiétudes recommencent.
A bientôt de tes nouvelles ma petite Janine, et crois à notre affection.
Simone

La famille ALEXANDRE sont transférés du camp de La Lande pour Drancy où ils arrivent le 05 septembre 1942. Pierre (17 ans en 1942) n’est pas arrêté.

Fiches d’internement camp de Drancy [Archives Nationales F9/5676 et F9/5742]

Roger-Emile GOMPEL, lui-même interné, témoignera de la présence d’Adolphe ALEXANDRE à Drancy.

[DAVCC 21 P 417 472]
[DAVCC 21 P 417 472]

La famille est déportée par le convoi numéro 48 de Drancy à Auschwitz du 13 février 1943. Ils ont été exterminés : Adolphe avait 53 ans, son épouse 40 ans et leur petite fille 4 ans et demi.

Liste convoi 63 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi 63 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Feuilles de témoignage [Yad Vashem, en ligne]

Journal Officiel de la République Française
Journal Officiel de la République Française

Pierre effectuera les démarches auprès du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre après-guerre afin d’obtenir les certificats de disparition, de décès et les cartes de déportés politiques de sa famille.

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