FLORES Haïm, Tauba [134]

Haïm dit Victor FLORES est né le 07 avril 1897 à Constantinople [Père : Nissim FLORES et Mère : Zumbul BEHAR] et est le benjamin d’une famille composée en tout de 7 enfants. Il est marié depuis le 01 octobre 1918 [Paris, 11ème arrondissement] avec Tauba (prénom usuel Thérèse) REISELSON née le 18 août 1900 à Varsovie [Père : Joudel REISELSON et Mère : Rachel BARTMANN]. Le couple a deux enfants.

Haïm FLORES a sa soeur aînée Luna FLORES née en 1878 qui est mariée avec Salomon SISSA, dont le fils ainé se nomme Raphaël SISSA. Les deux familles sont toutes les deux présentes à la Baule, Jules REISELSON, le père de Tauba FLORES également.

Acte de mariage [Archives de Paris, 11M485]

Haïm dit Victor FLORES exerce la profession de marchand ambulant et décide, le temps de la saison, de tenir un commerce de bonneterie nouveautés au 56 bis avenue de la Gare « A la Tentation » à l’été 1936. Il habite par ailleurs au 52, rue Anatole France à Levallois-Perret.

Registre du commerce Saint-Nazaire [22U152]
Registre du commerce Saint-Nazaire [22U152]
56 bis, avenue de la Gare La Baule

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Haïm FLORES se déclare en tant que Juif à la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou commissariat de la Baule) sous le numéro 134 suite à la première ordonnance allemande du 27 septembre 1940. Au moment du recensement la famille FLORES et la famille SISSA habitent ensemble Allée des Houx puis la famille FLORES va habiter la « Villa Sécurité », 7 allée des Camélias à La Baule.

Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Extrait liste dactylographiée recensement 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Cette même ordonnance allemande obligeait les commerçants à apposer une affichette « Judisshe Gesellchaft/Entreprise Juive » sur la devanture du commerce.

Extrait ordonnance allemande du 27 septembre 1940 [ADLA 1694W20]
Extrait ordonnance allemande du 27 septembre 1940 [ADLA 1694W20]

Thérèse FLORES va refuser d’apposer l’affichette obligatoire sur la devanture du magasin et va être condamnée à trois jours de prison.

La Mouette 13 octobre 1940 [ADLA, presse en ligne]
La Mouette 13 octobre 1940 [ADLA, presse en ligne]

Suite à la deuxième ordonnance allemande du MBF du 18 octobre, Haïm FLORES déclare son commerce auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire.

Déclaration d’entreprise juive [ADLA 1694W23]

Suite aux mesures d’aryanisation visant à « désenjuiver l’économie française », les scellés sont apposés sur le magasin le 04 décembre 1940, un inventaire est dressé le lendemain (qui estime la valeur du stock à 76000 francs) et un administateur provisoire est nommé en janvier 1941 en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire.

Il reçoit plusieurs propositions d’achat : Monsieur Martin pour la somme de 62000 francs, les Nouvelles Galeries de Saint-Nazaire pour la somme de 26200 francs (!) et la société la Chateleine à Nantes pour la somme de 24000 francs (!!).

Dossier d'aryanisation de Haïm FLORES [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n°2538]
Dossier d’aryanisation de Haïm FLORES [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n°2538]

Finalement, le commerce est vendu pour la somme de 65000 francs à Monsieur ARCHERITEGUY commerçant à Pont-Aven (et qui avait par ailleurs acheté les commerces des MENDELOVICI). Les époux FLORES toucheront un subside du produit de la vente. Ils seront rayés du registre du commerce et du rôle de la patente et ne peuvent donc plus travailler. Gabriel HERVOUËT touchera la somme de 4500 francs prélevée sur le prix de la vente à titre de rémunération. [Le salaire moyen d’un ouvrier est de l’ordre de 1200 francs par mois en 1940].

Dossier d'aryanisation de Haïm FLORES [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n°2538]
Dossier d’aryanisation de Haïm FLORES [Archives Nationales AJ38/4598 dossier n°2538]

La famille FLORES (ainsi que la famille SISSA et REISELSON] quitte la La Baule pour Levallois-Perret (Reiselson pour Paris) entre le 26 novembre et le 25 décembre 1940.

Contrôle de déplacement des Israélites [ADLA 1694W25]
Contrôle de déplacement des Israélites [ADLA 1694W25]

Aucun membre de la famille ne sera à notre connaissance déporté. La famille FLORES fera une demande de récupération de son commerce à la fin de la guerre en mai 1945, le dossier étant toujours en cours d’instruction en février 1962.

Par ailleurs, en 1960, la famille est présente à La Baule et réside dans l’ancienne villa qu’elle occupait la « Villa Sécurité » au 7, allée des Camélias à La Baule. A leur départ, dans le courant des mois de novembre/décembre 1940, la villa est réquisitionnée par les Autorités Allemandes qui pillent la maison et la vide de tout mobilier. En 1942, celle-ci est louée. Par ailleurs le véhicule appartenant à la famille avait lui aussi été réquisitionné (et transformé en camionnette). La famille en 1958 entamera une procédure d’indemnisation concernant ces biens.

Table alphabétique Hypothèques Hypotheques [ADLA 2Q23236]
Table alphabétique Hypothèques Hypotheques [ADLA 2Q23236]

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s