MAGNUSZEWSKI [Abram], Ruchla, Joseph, Charlotte (NR)

Charlotte MAGNUSZEWSKI est née à Saint-Nazaire le 09 décembre 1939 à l’Hôpital, boulevard Gambetta. C’est le directeur économe, Jean GUITTON qui effectuera la déclaration de naissance auprès des services d’Etat Civil de la Mairie. [Père : MAGNUSZEWSKI Abraham, Azriel né le 03 novembre 1911 et Mère : ROZENFELD Ruchla née le 16 avril 1905]. Elle a par ailleurs un frère Joseph né le 30 janvier 1934. Abram, Ruchla et Joseph sont nés à Brzeziny, district de Łódź, Pologne et la famille est arrivée en France après 1934. Abram est tailleur et la famille réside en 1939 11, passage du Mont-Cenis dans le 18ème arrondissement à Paris dans le quartier de Clignancourt.

Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]
Courrier Saint-Nazaire et Région 16 décembre 1939 [ADLA presse en ligne]

La famille est arrêtée à son domicile lors de la rafle dite du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942. Les hommes et femmes célibataires ainsi que les couples sans enfant sont dirigés sur le camp de Drancy tandis que les familles sont dirigées sur les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Abram est déporté par le convoi numéro 6 du 17 juillet 1942 de Pithiviers à Auschwitz tandis que son épouse et les deux enfants sont déportés par le convoi 24 du 26 août 1942 de Pithiviers à Auschwitz.

Un document portant la mention MAGNUSZEWSKI Abram (sans date de naissance), français, existe dans le base de données d’ITS Bad Arolsen [Personal Files (male) – Concentration Camp Mauthausen]. Au 7 avril 1945, Abram est au Block 4 et serait décédé le 09 avril 1945 pour je cite « Myocardite ». [Informations à vérifier auprès de la DAVCC, Caen].

Abram MAGNUSZEWSKI [ITSBadArolsen 1603857]
JORF n°2121 du 13 septembre 2014
JORF n°2121 du 13 septembre 2014

Les mentions « Mort en déportation » seront apposés sur les actes de décès des enfants en 2014 et, en l’absence d’information, les dates de décès seront fixées 5 jours après le départ du convoi. Ruchla avait 37 ans, Joseph avait 8 ans et Charlotte avait 2 ans et demi.

SPIRO Elisabeth, [Eugène] (NR)

Elisabeth SPIRO est réfugiée à partir du 06 septembre 1939 à l’Hôtel-Pension Hermitage avenue des Evens à Pornichet arrivant de Paris au 31, rue de la Faisanderie (Paris, 16ème arrondissement) accompagnée en même temps de la famille CHAPIRO qui loge au même endroit.

Visas Arrivées/Départs Etrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]
Visas Arrivées/Départs Etrangers [Archives Municipales de Pornichet 2I3]

Les parents d’Elisabeth, Samuel et Irma SAENGER sont arrivés un peu plus tôt sur la presqu’île et logent à La Baule avenue des Evens dans la villa Les Anémones.

Elisabeth dite Lily qui avait fui l’Allemagne dès 1935 avec son mari Eugen SPIRO (peintre) s’était installée dans un premier temps à Paris puis à partir de 1940 Biarritz puis Sanary-sur-Mer où ils rejoignent nombre d’intellectuels ou artistes allemands ayant fui le régime nazi.

Elisabeth née SAENGER est née à Uccle en Belgique le 01 mai 1898 et a par ailleurs une soeur Magadelene née en 1907 à Berlin. Elisabeth est pianiste de concert comme sa soeur. Irma leur mère est une violoniste virtuose qui avait baigné dans un univers musicial depuis sa plus tendre enfance.

Acte de naissance d'Elisabeth SAENGER [Archives Etat civil, Belgique, en ligne]
Acte de naissance d’Elisabeth SAENGER [Archives Etat civil, Belgique, en ligne]

Elle est mariée avec Eugène SPIRO mais il n’est pas présent en presqu’île en 1939-1940. Eugène SPIRO est né le 18 avril 1874 à Breslau (Allemagne mais actuelle Pologne : Wrocław) et est un illustre et prolifique peintre et graphiste. Formé à lécole des Beaux-Arts de Breslau puis à l’académie des Beaux-Arts de Munich, la famille voyage beaucoup dans de multiples pays d’Europe. Il réalisera entre autre les portraits d’ Elisabeth et de sa soeur. Le couple a un enfant : Peter né le 16 mai 1918 à Berlin.

source : http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/bsb00004662/images/index.html?id=00004662&fip=217.237.113.238&no=&seite=130

Eugène SPIRO, son épouse Elisabeth ainsi que les familles SAENGER et CHAPIRO ont suivi la même filière, celle de Varian FRY à Marseille qui entre août 1940 et l’automne 1941 sauva entre 2 et 4000 Juifs des milieux artistiques ou anonymes (recherche en cours). Les éléments d’information (non consultés) se trouvent aux Archives de la Bibliothèque Nationale Allemande à Francfort dont un affidavit du 30 août 1940 émanant du Emergency Rescue Committee, New York (https://portal.dnb.de/opac.htm?method=showFullRecord&currentResultId=betRef%3D116488271%26any&currentPosition=0)

Elle quitte la France pour rejoindre le Portugal et s’embarquer à bord du SS Thome au départ de Lisbonne le 06 mai 1941 en ayant obtenu un visa via la HICEM de Marseille et qui leur aura par ailleurs réglé le voyage pour rejoindre Baltimore le 18 mai 1941.

Elisabeth SPIRO se remarie avec José CHAPIRO et décède le 23 avril 1990. Eugene SPIRO se remarie avec Lily JACOBY et décède à New-York le 26 septembre 1972. Peter SPIRO, qui deviendra ingénieur, rédigera une biographie en 2010 et en particulier sur la période allemande de l’entre-deux-guerres. il décède en Angleterre en mars 2018.

CHAPIRO Joseph, Miguel, Renate (NR)

Joseph ou José CHAPIRO et ses deux enfants Miguel et Renata-Maria (prénom usuel Renate) sont réfugiés à partir du 06 septembre 1939 à l’Hôtel-Pension Hermitage avenue des Evens à Pornichet arrivant de Paris au 8, avenue Daniel Lesueur (Paris, 7ème arrondissement).

Ils se signalent d’abord en tant qu’étrangers auprès de la mairie de Pornichet puisque tout étranger qui se déplace en France doit se signaler auprès de la mairie ou du commissariat de la commune qu’il quitte et dans laquelle il arrive.

Visas des Etrangers Arrivées/Départs [Archives Municipales de Pornichet [2I3]
Visas des Etrangers Arrivées/Départs [Archives Municipales de Pornichet [2I3]

Joseph, journaliste, écrivain, romancier, traducteur, homme de lettres comme il se définit lui-même est né à Kiev le 19 novembre 1893 d’abord marié avec Adrienne CHAPIRO née JUNGER dont il est divorcé. Miguel, l’aîné de ses enfants est né le 29 janvier 1923 à Dresde et Renate le 26 mai 1930 à Berlin.

La Staat Bibilothek de Berlin conserve une importante documentation sur Joseph CHAPIRO dont une partie de sa correspondance avec Gerhardt HAUPTMANN, auteur dramatique à cette adresse : https://digital.staatsbibliothek-berlin.de/

Joseph CHAPIRO réside successivement en Allemagne, à Berlin, puis à partir de 1933 en Espagne jusqu’au début de la guerre puis à Paris (date probable d’arrivée 1935, recherche en cours). En Espagne, en 1935, Adrienne CHAPIRO réalise l’illustration photographique d’un article consacré aux fêtes de Maïmonide dans lesquelles son mari interviendra. [Moïse MAÏMONIDE est un illustre rabbin du 12ème siècle auteur entre autre de la Mishné Torah, encyclopédie en 14 volumes abordant sous différents thèmes les manières dont les Juifs doivent observer les préceptes religieux dans la vie quotidienne].

La famille n’est pas présente au moment du recensement de septembre/octobre 1940 et les familles CHAPIRO, SPIRO et SAENGER ont suivi la même filière, celle de Varian FRY à Marseille qui entre août 1940 et l’automne 1941 sauva entre 2 et 4000 Juifs des milieux artistiques ou anonymes (recherche en cours). Les éléments d’information (non consultés) se trouvent aux Archives de la Bibliothèque Nationale Allemande à Francfort dont un affidavit du 30 août 1940 émanant du Emergency Rescue Committee, New York (https://portal.dnb.de/opac.htm?method=simpleSearch&cqlMode=true&reset=true&referrerPosition=0&referrerResultId=idn%3D118616250%26any&query=idn%3D116488271)

La famille quitte définitivement l’Europe par Lisbonne en prenant le paquebot SS THOME le 06 mai 1941 et qui arrive à Baltimore le 18 mai 1941. Ils avaient obtenu leurs visas auprès du Consulat des Etats-Unis à Lisbonne le 04 avril 1941. C’est son ex-épouse Adrienne, restée à Lisbonne, qui lui sert de référence à l’entrée aux Etats-Unis.

Présents également à Pornichet au même moment, dans le même logement à Pornichet et sur le paquebot Elisabeth SPIRO qui deviendra sa future épouse.

Joseph CHAPIRO décède à New-York en 1962. Sa fille Renate décède en 1946 ou 1948 à New-York. Miguel après des études au MIT obtient un doctorat au département d’ingénierie acoustique à Harvard.

Il est considéré comme l’un des pères fondateurs d’un domaine appelé acoustique structurale, qui traite de l’interaction des milieux fluides et des structures élastiques vibrantes. Il a ensuite cofondé Cambridge Acoustical Associates, une firme de consultants bien connue qui a effectué des travaux révolutionnaires pour l’US Navy et le programme spatial de la NASA, entre autres. Un des points forts de sa carrière a été de développer un système de surveillance du carburant pour un environnement en apesanteur sur les missiles Atlas de la NASA en 1960-61. Avec son collègue de la CAA, Klaus Kleinschmidt, Miguel a également inventé un bloc de maçonnerie insonorisant et porteur qui pourrait être produit en série et qui a été utilisé dans de nombreux sites industriels et projets de travaux publics à travers le monde. En 1972, il est co-auteur, avec David Feit, du premier manuel dans son domaine, Sound, Structure and their Interaction, qui reste en usage aujourd’hui… Il décède le 04 avril 2012 source : notice nécrologique de Miguel CHAPIRO

LICHTMACHER Gabriel, Aneta, Rosine (NR)

La famille LICHTMACHER est réfugiée à Pornichet depuis le 04 septembre 1939 à la villa Adriana et repart à Paris le 10 septembre 1939 où elle réside 2, square Blanchet dans le 12ème arrondissement.

Recensement 1936 [Archives de Paris, 2M8]
Recensement 1936 [Archives de Paris, 2M8, en ligne]

Gabriel LICHTMACHER est né le 17 août 1897 à ? (Russie) [Père : Jossel LICHTMACHER et Mère : Feiga REIZE] et est marié depuis le 02 septembre 1926 à Paris (3ème arrondissement) avec Berthe DAVID née le 10 mars 1904 à Paris (4ème arrondissement) [Père : Leib DAVID et Mère : Aneta dite Annette ROSENTHAL]. Au moment de son mariage en 1926, il exerce la profession d’imprimeur puis devient représentant de commerce dans l’imprimerie de Monsieur Marcu LUPU 117 rue de Turenne, témoin par ailleurs de son mariage. Gabriel et Berthe ont un enfant : Rosine née le 17 janvier 1934.

Ils se sont mariés religieusement le lendemain à la synagogue Nazareth dans le 3ème arrondissement à Paris.

L'Univers Israélite 03 Septembre 1926 [BNF, Gallica en ligne]
L’Univers Israélite 03 Septembre 1926 [BNF, Gallica en ligne]

Aucun membre de la famille ne sera déporté. Gabriel qui a fait une demande de naturalisation en 1947 sera naturalisé par décret publié au Journal Officiel du 02 mai 1948.

Leib et Annette DAVID, les parents de Berthe, seront déportés par le convoi numéro 48 du 13 février 1943 de Drancy à Auschwitz. Ils ont été gazés à leur arrivée à l’âge respectivement de 68 et 65 ans.

WOLINETZ Vladimir, Fanny, Paulette, Olga (NR)

Vladimir WOLINETZ [Yad Vashem, en ligne]
Vladimir WOLINETZ [Yad Vashem, en ligne]

Vladimir est réfugié à Pornichet dans la Villa Ker Jean-Lou, avenue Louise à partir du 04 septembre 1939 avec son épouse et sans doute avec ses enfants Paulette Hugette (prénom usuel Paulette) née le 03 mai 1925 à Paris (16ème arrondissement) et Olga née le 23 juillet 1926 à Paris (16ème arrondissement) en provenance du 8, avenue de Suffren à Paris (7ème arrondissement) où il y exerce la profession d’antiquaire (au n°67) depuis au moins 1936. La famille quitte Pornichet avant le recensement de septembre/octobre 1940.

Registre d'arrivée des Etrangers [AM Pornichet, I3]
Registre d’arrivée des Etrangers [AM Pornichet, I3]
Recensement 1936 Gros Caillou Avenue de Suffren (16ème) [Archives de Paris, en ligne]

Vladimir est né le 19 août 1900 à Odessa en Ukraine (Russie) et est marié avec Fanny ZERY née le 06 avril 1901. Vladimir est présent au moins depuis 1925 en France avec son épouse.

Il est déporté par le convoi numéro 78 parti de Lyon le 11 août 1944 vers Auschwitz-Birkenau. Il est décédé le 18 ou 19 janvier 1945 (recherche en cours).

JORF du 11 janvier 2003
JORF du 11 janvier 2003

Sa fille Olga déposera une feuille de témoignage en mémoire de son père en 2000. Paulette et Fanny ne sont pas déportées.

Feuille de témoignage [Yad Vashem en ligne]
Feuille de témoignage [Yad Vashem en ligne]

BORENHEIM Albert, Sarah, Maxime [NR]

Né le 25 janvier 1916 à Varsovie, dans une famille juive de Pologne, Albert BORENHEIM combattit dans les Brigades Internationales de l’armée républicaine espagnole et fut blessé. Son rapatriement eut lieu le 13 octobre 1938. Il était certainement membre de la sous-section juive du Parti communiste. Il était marié à Sarah, née PARKIET le 15 juin 1920 à Varsovie (Pologne). Le couple vécut à Saint-Nazaire où Albert BORENHEIM travailla probablement sur les chantiers navals (date d’arrivée à Saint-Nazaire inconnue). Dans cette ville, Sarah accoucha d’un enfant, Maxime, né le 16 septembre 1939 et reconnu par ses père et mère le 09 octobre 1939. Ils vinrent à une date inconnue habiter 5-7 rue Corbeau à Paris (10ème arrondissement).

Acte de naissance de Maxime BORENHEIM [Archives Municipales de Saint-Nazaire]


La Section spéciale de recherches (SSR) des Renseignements généraux était chargée, depuis 1937, de la surveillance des étrangers. Louis Sadosky, responsable du rayon « allemand » et « polonais », fut nommé responsable du rayon « juif », une création qui rompait avec le principe de la nationalité. Il fit d’Albert Borenheim un « Propagandiste des théories soviétiques, suspect et dangereux pour l’ordre public ».
Arrêté et interné le 19 août 1941 à la caserne des Tourelles (10ème arrondissement), Albert BORENHEIM fut transféré immédiatement le 22 août au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs.

En représailles à la mort de quatre soldats, le MBF (Militärbefehlshaber in Frankreich) fait fusiller 95 otages, dont 69 au Mont-Valérien. Aux communistes jusque-là principalement visés, les Juifs sont ajoutés. Ainsi, la définition idéologique des autorités allemandes des responsables des attentats, les « judéo-bolcheviques », est complétée. Pour renforcer encore ces représailles, le MBF annonce la déportation « vers l’Est » de 1 000 Juifs et de 500 jeunes communistes.

Liste des 69 fusillés au Mont-Valérien le 15 décembre 1941

Perec ACKERMANN ; Marcel FEZANDELLE ; Hermann SCHIPKE ; Isaac GRINBAUM ; Serge BOULLE ; Igor GOLDFARB ; Henri BANNETEL ; Hirch MEJEROWICZ ; Albert BORENHEIM ; Jacob FLAMM ; Alje ZAJDORF ; Moritz SINGER ; Marcel BOCZAR ; Meir ZAUBERMAN ; Francis CRENO ; Israël ESZENBAUM ; Mordka BLAT ; François CARCEDO ; Jean DAMICHEL ; Fabius FINKIELMAN ; Simon NADEL ; Julien BERTHIER ; Pierre BOISSON ; Samuel ZEMBROWSKI ; Daniel PERDRIGE ; Jean SELIGMANN ; Beirel FEILER ; Gabriel PERI ; Szama KNAPAJS ; Victor COURTOUT ; Roger BERNE ; Jacob FELDMAN ; Joseph FRYDMAN ; Nathan FUKS ; Israël MARDFELD ; Nachim SPERLING ; Huma CAISMAN ; Isaac KLAJNFINGER ; Hirsch BELLER ; Désiré PUCET ; Nysyme ALTERLEJB ; Israël BURSZTYN ; Gabriel BIGOT ; Paul ANDREITCHOUK ; Bernard FISCHEL ; Asrail GOUREVITCH ; Serge MAKAROFF ; Israël GOLDSTEIN ; Israël ITZKOWITCH ; Israël JAKUBOWIEZ ; Eugène LE CORRE ; Jankiel ACKERMANN ; Noech KALWARJA ; Aron SZCYPIOR ; Elia ZYSMAN ; Froïm FELDMAN ; Icek BRATSZTAJN ; Wolf BURSZTYN ; Joseph GRINBLAT ; Chil GRINOCH ; Henri PROU ; Alexandre TURPAULT ; Moïse HELLER ; Samuel KOREMBLUM ; Elie SALOMON ; Charles WEINBERG ; Elie BRITAN ; Isaac GOUREVITCH ; Mayer MLYNARZ ; Berck ZLOTYKAMIEN ; René DREYFUS.

Désigné comme otage, il fut passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien à 10h50 du matin. Étant de nationalité polonaise, la mention « Mort pour la France » ne fut pas accordée par le ministère des Anciens Combattants.
Son épouse Sarah et Maxime trois ans furent déportés le 11 février 1943 par le convoi n° 47 à Auschwitz (Pologne) où ils moururent.

Liste convoi 47 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Les mentions « Mort en Déportation » seront apposés respectivement en 2015 et 2017 sur les actes de décès.

Journal Officiel n° 0126 du 30 mai 2017
Journal Officiel n° 0126 du 30 mai 2017
Journal Officiel n° 0004 du 06 janvier 2015
Journal Officiel n° 0004 du 06 janvier 2015
Acte de décès d’Albert BORENHEIM

Des feuilles de témoignage concernant Albert BORENHEIM seront déposées sur le site de Yad Vashem

source principale : https://maitron.fr/spip.php?article17296

Archives de la Préfecture de Police BA 2439, KB 95.
DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty).
Annette Zaidman, Mémoire d’une enfance volée (1938-1948), préface S. Klarsfeld, Éd. Ramsay, 2004.
Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009.
Serge Klarsfeld, Le livre des otages, ÉFR, 1979.
Site Internet Mémoire des Hommes.
Site Internet CDJC.

NETTER Jean (NR)

Né dans une famille d’origine juive le 12 décembre 1904 à Paris (10ème arrondissement), fils de Georges, docteur en médecine, et de Marguerite, née Caen, sans profession, Jean Nathan NETTER devint ingénieur au terme de ses études à l’École Centrale des Arts et Manufactures, promotion 1928. Célibataire, il travaillait aux chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire.

Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]
Acte Naissance Jean NETTER [Archives de Paris, 10N350]

Jean NETTER n’est pas recensé sur l’arrondissement de Saint-Nazaire entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940. En revanche, conformément à l’ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF, Commandant militaire allemand en France) du 13 août 1941, il remet son poste de TSF le 27 septembre 1941 au Commissariat Central de Saint-Nazaire.

À la fin de l’année 1940 se forma le réseau Georges-France 31. Jean Netter en fit partie avec le grade de lieutenant comme René ROSS. Il transmettait des renseignements sur les chantiers navals bretons et la base sous-marine de Lorient (Morbihan). Ces informations transitaient par la zone libre avant de gagner l’Angleterre.
La Police de sécurité et du service de renseignements de la SS (Sipo-SD), appelée communément la Gestapo, l’arrêta le 15 janvier 1942 à son domicile au 39 rue du Béarn à Saint-Nazaire. Transféré dans le quartier allemand de la prison de Fresnes, il fut interrogé, certainement torturé. Il comparut le 12 novembre devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Sur son dossier, les Allemands écrivirent « Juif ». Il fut condamné à mort pour « espionnage ». Le 27 novembre 1942 à 16 h 32, il fut passé par les armes au Mont-Valérien le même jour que René ROSS.
Son inhumation eut lieu dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son nom figure sur le Livre d’Or de l’association des Centraliens à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
Le réseau Georges-France 31 fut homologué du 1er septembre 1940 au 1er janvier 1943.
Il fut déclaré Mort pour la France le 20 février 1950.

Acte décès Jean NETTER 21 octobre 1944 [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés [AMSN 1W63]
Liste des nazairiens fusillés 25 octobre 1944 [AMSN 1W63]

https://maitron.fr/spip.php?article166363, notice NETTER Jean, Nathan par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 octobre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

SOURCES : DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 3, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, R. Laffont, 2006. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (Xe arr.) et Saint-Nazaire.

À la Une

MATALON Corinne, André, Marcelle [NR]

Marcelle MATALON 1939 [ADLA 4M940]
Marcelle MATALON 1939 [ADLA 4M940]
Corinne MATALON [ADLA 4M940]
Cormicse MATALON 1939 [ADLA 4M940]

Marcelle MATALON, son frère André et leur mère Cormicse (?) (prénom usuel Corinne) sont réfugiées à Pornichet Villa Sainte-Thérèse, avenue Lucie depuis le 6 septembre 1939 pour Marcelle et Corinne, depuis le 21 septembre 1939 pour André.

Corinne née VITERBO née le 12 septembre 1881 à Constantinople est veuve depuis le 23 septembre 1938 puisque son mari Albert né le 14 septembre 1875 à Salonique [Père : Samuel MATALON et Mère : Julie Errera] est décédé à Garches (Seine-et-Oise). La famille habite au 53 bis, rue Boulainvilliers dans le quartier de la Muette dans le 16ème arrondissement à Paris.

L'Excelsior 25 septembre 1938
L’Excelsior 25 septembre 1938

Corine et Marcelle (née le 01 juin 1912 à Constantinople), qui effectuent un renouvellement de cartes d’identité en novembre 1939, rejoignent Paris pour trois mois en février 1940 puis rentrent sur Pornichet le 19 mai 1940 mettant quatre jours pour venir de Paris. Début août 1940, elles rejoignent définitivement leur domicile parisien, pas d’informations pour André (né le 20 janvier 1905 à Salonique). Ni Corinne, ni André, ni Marcelle n’ont été déportés.

Dossier d’étranger de Cormicse MATALON [ADLA 4M940]

Dossier d’étranger de Marcelle MATALON [ADLA 4M940]

MORDUCOVITCH Max, Sophie, [Helen, Anne-Marie] (NR)

Max MORDUCOVITCH [ALDA 4M946]
Max MORDUCOVITCH 1933 [ADLA 4M946]
Max MORDUCOVITCH 1940 [ALDA 4M946]
Max MORDUCOVITCH 1940 [ADLA 4M946]
Sophie MORDUCOVITCH [ALDA 4M946]
Sophie MORDUCOVITCH 1940 [ADLA 4M946]

Sophie et Max MORDUCOVITCH résidant à Paris en 1936 au 3, boulevard Suchet dans le 16ème arrondissement sont réfugiés à La Baule en 1939 Villa Ciléos, allée des Tamaris.

Recensement 1936 [Archives de Paris,D2M8]
Recensement 1936 [Archives de Paris,D2M8]

Max MORDUCOVITCH (prénom : Marcus Adolphovitch mais prénom usuel Max) est né à Petrograd (Saint-Petersbourg) le 05 octobre 1875 [Père :MORDUCOVITCH Adolphe et Mère : ARONSON Helen] et est marié avec Sophie MESS née le 11 février 1885 à Radziłów (à l’Est de la Pologne près de Bialystok). Ils effectuent une demande de carte d’identité pour étranger auprès du commissariat de police de La Baule le 28 novembre 1939.

Max MORDUCOVITCH exerçait la profession d’agent général pour la Flotte Volontaire Russe. Cette compagnie maritime de la marine marchande russe établissaient des relations commerciales en utilisant des navires marchands en temps de paix mais à l’occasion pouvait transformer ses navires en croiseurs auxilliaires en temps de guerre. Créée en 1878 avec l’appui du Tsarévitch puis de l’empereur Alexandre II, elle acquit des navires au nombre de 7 grâce aux dons qui affluaient de toute la Russie vers Moscou et Saint-Petersbourg, les bénéfices de la compagnie ne servant qu’à l’entretien et à l’accroissement de la flotte. Elle transportait en temps de paix à la fois marchandises et passagers et fut largement subventionnée par le gouvernement russe. Elle avait établi une ligne de choix avec l’Extrême-Orient. Max MORDUCOVITCH s’installa donc à Shangaï au moins avant 1910 et jusqu’en 1920 où vit le jour sa fille : Hélène née le 23 septembre 1912.

Archives de l’OFPRA [OR30]

La famille quitte Schangaï (Chine) à bord de l’Empress of Russia le 18 mars 1920 et qui arrive à Vancouver le 29 mars 1920.

Puis la famille rejoint la France (au minimum à partir de 1925, recherche en cours) et s’installe à Paris Boulevard Suchet (au n°45 puis au n°3).

Hélène, leur fille, se marie à Paris le 23 octobre 1935 (Paris, 16ème arrondissement) avec Simon LEHMANN mais le couple divorce 4 ans plus tard le 22 novembre 1939. De cette union naîtra une fille : Anne-Marie.

Mariage MORDUCOVITCH/LEHMANN [Archives de Paris, 16M270]
Mariage MORDUCOVITCH/LEHMANN [Archives de Paris, 16M270]

Nous ne savons pas si Hélène et Anne-Marie les accompagnent à La Baule. Sophie et Max quittent La Baule le 02 février 1940 pour se rendre à Cannes dans la Villa Paradis Boulevard d’Italie. Max décède à Cannes le 06 octobre 1940. Nous ignorons ce qui se passe entre l’automne 1940 et la fin de la guerre mais la famille, à notre connaissance, n’a pas été déportée.

Le Figaro 13 octobre 1940
Le Figaro 13 octobre 1940

Dossier d’étranger de Max MORDUCOVITCH [ADLA 4M946]

Dossier d’étranger de Sophie MORDUCOVITCH [ADLA 4M946]

FEIST Lucien (NR)

source : La Baule Sepia

Lucien FEIST est bijoutier-joaillier à La Baule dans les magasins du casino sur l’Esplanade du même nom et habite Paris au 25, avenue Niel dans le 17ème arrondissement. Le commerce ouvrira en 1924 et cessera son activité à La Baule en 1928.

Registre du commerce [ADLA 22U147]

Né le 26 juillet 1882 à Paris (14ème arrondissement), il est le fils de Frédéric FEIST lui-même bijoutier et Brunette SALOMON. En 1914, il est mobilisé pendant la 1ère guerre mondiale au 146ème régiment d’Infanterie de Caen puis détaché à l’Usine REWALD à Boulogne-Billancourt. Il passe au 21ème régiment d’Infanterie Coloniale en 1917 puis est démobilisé en 1919.

Registre Matricule [Archives de Paris, D4R1]

Célibataire, sans enfant, il adopte le 10 mars 1942 Maurice SILVERMAN à Grasse (Alpes- Maritimes) et est présent lors de l’adoption. Son fils adoptif, sera fait prisonnier de guerre en 1940 et interné au Kriegsgefangenen-Mannschafts-Stammlager (Stalag VII A). Lucien FEIST n’a pas été déporté.