ALEXANDER Blanche (120)

Blanche ALEXANDER née HAUSER est la mère d’Yvonne ROSS. Née à Toulon le 19 mars 1867, elle suit la famille ROSS à Calais puis à Saint-Nazaire où elle réside avec toute la famille au 10 place des Halles.

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, elle se fait recenser auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire sous le numéro 120.

Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]
Recensement arrondissement de Saint-Nazaire [ADLA 1694W25]

A notre connaissance, Blanche ALEXANDER n’a pas été déportée.

BEHAR Mardochée, Victoria, Léa [NR]

Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
Victoria, Mardochée et ? BEHAR collection particulière
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardoché et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
A gauche Victoria BEHAR, 3ème et 4ème à droite : Mardochée et Léa BEHAR [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Mardochée dit Marcel BEHAR est né le 18 mai 1889 à Jérusalem [Père : Nissim BEHAR et Mère : Léa ELIEZER] et est marié avec Victoria FUENTES née le 15 décembre 1897 à Constantinople (Turquie) [Père : Nissim FUENTES et Mère : Léa YANNI]. Le couple a trois enfants : Isidore né le 01 juillet 1920 à Marseille (il sera reconnu lors du mariage de Mardochée et Victoria le 03 avril 1924 à Paris (11ème arrondissement), Albert né en 1925 à Maubeuge et Léa née le 01 juillet 1927 à Maubeuge.

Acte de naissance d'Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance d’Isidore BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
 Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]
Acte de naissance de Léa BEHAR [Archives Municipales de Marseille]

La famille BEHAR est réfugiée du Nord de la France (source : « Mémorial des Victimes de la Persécution Allemande en Loire-Inférieure 1940-1945 » – Jean-Pierre SAUVAGE et Xavier TROCHU – Archives Municipales de Nantes) et arrive au Pouliguen (date d’arrivée inconnue). Elle y avait déjà séjourné déjà avant-guerre pour des raisons médicales. La famille n’est pas recensée en Loire-Inférieure et est retournée quelque temps après à Mers-les-Bains au 13, rue Nationale.

Mardochée BEHAR est arrêté le 04 janvier 1944 avec son épouse Victoria et leur fille Léa puis la famille est transférée au camp de Drancy le 06 janvier 1944 venant d’Abbeville.

Fiches du camp de Drancy [Archives Nationales F9/]

La famille BEHAR sera déportée par le convoi numéro 66 au départ de Drancy vers Auschwitz le 20 janvier 1944 et sera déclaré décédé à Auschwitz le 25 janvier 1944.

Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]
Liste convoi 66 [CDJC, Mémorial de la Shoah, Paris]

Différentes feuilles de témoignage seront déposées sur le site de Yad Vashem en mémoire de la famille.

Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]
Feuille de témoignage Yad Vashem [en ligne]

Les deux frères de Léa, Albert et Isidore ne sont pas arrêtés. Isidore est déjà marié avec Honorata OLEK née le 20 octobre 1919 à Czekowice (Pologne) mariage célébré à Maubeuge (Nord) le 24 avril 1937. Elle est également arrêtée puis internée à Drancy à partir du 06 janvier 1944 avec sa fille Victoria Suzanne dite Tinouka née en 1937. Elles seront toutes deux libérées le 31 janvier 1944.

Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Carnet de fouilles Drancy [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Témoignage oral d’ Y. née BEHAR

Honorata et Victoria (Tinouka) vont être arrêtées et transférées à Drancy et y rester pendant quatre mois. Honorata est d’origine polonaise et catholique. Elle est arrêtée par erreur. Elle m’a juste dit que les conditions là-bas étaient miséreuses.

Honorata (et sa fille Victoria dit Tinouka) sont enregistrés à Drancy sous le numéro 11005.

« En 1943, la Gestapo vient arrêter mon oncle Albert à Mers-les-Bains mais il est parti à la pêche. A la place, il arrête Isidore qui va partir en Allemagne faire le STO. Ils ne m’ont jamais rien raconté et ils n’ont jamais voulu en parler et je n’ai que peu de souvenirs.

« Tout ce que je sais, c’est qu’après la guerre, tout le monde arrive au Pouliguen parce que Victoria (Tinouka) est malade et on nous conseille d’aller habiter au bord de la mer au Pouliguen. Nous, on connaissait rien au Pouliguen. Isidore était tout le contraire de son frère Albert, très discret. On a habité Villa Le Lotus au Pouliguen pendant longtemps [Rue du Moulin]. On était locataires mais on a changé plusieurs fois de maisons.

Isidore exerçait la profession de marchand de tissus sur les marchés mais il ne faisait pas de linge, c’était son frère (Albert) qui faisait le linge. C’était un landier. Il vendait au baratin. Il faisait le marché du Pouliguen, de Pornichet, du Croisic… « .

Victoria dite Tinouka BEHAR se mariera au Pouliguen en 1958.

FAJGENBAUM Herman, Louise [153]

Herman FAJGENBAUM [Musée de Malines, CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Herman FAJGENBAUM [Musée de Malines, CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

Herman FAJGENBAUM (FEIGENBAUM) est né le 22 novembre 1898 à Binswangen (Allemagne) et est marié avec Louise KRATZ née le 15 mai 1903 à Dusseldorf (Allemagne). Tous deux sont de nationalité yougoslave et sont arrivés dans un premier temps en Belgique en mars 1933. Au moment de l’invasion de la Belgique, ils se réfugient en France. Il se dirigent vers Pornic où ils effectuent tous les deux une demande de carte d’identité en juillet 1940 auprès de la mairie de Pornic. Ils habitent alors 29, rue de Paimboeuf.

Demande de carte d’identité d’Herman FAJGENBAUM [Archives Municipales de Pornic I5]
Demande de carte d’identité de Louise FAJGENBAUM [Archives Municipales de Pornic I5]

Herman et Louise FAJGENBAUM ont été rajoutés de manière manuscrite sur la liste simple du recensement du 27 septembre / 20 octobre 1940 des Juifs de l’arrondissement de Saint-Nazaire sous le numéro 153.

Liste recensement [ADLA 1694W25]
Liste recensement [ADLA 1694W25]

Ils sont dirigés sur le Maine-et-Loire où ils résident aux Ponts-de-Cé. Il est déporté de Drancy vers Auschwitz le 02 septembre 1943 par le convoi n°59.

Liste convoi 59 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]
Liste convoi 59 [CDJC, Mémorial de la Shoah, en ligne]

A priori son épouse n’a pas été déportée.

MENDELOVICI Marcel, Anna, Jacqueline [96]

Les familles MENDELOVICI sont arrivées en 1937 sur la commune de Pornichet. Certains vont tenir un commerce « Aux Armes de Bretagne » à Pornichet et « A la Rose d’Or » à La Baule, d’autres vont continuer à exercer leurs métiers de marchands forains, soit en confection, soit en maroquinerie.

Marcel (de son vrai prénom Marcu) est le 4ème de la fratrie et est né le 05 janvier 1905 à Iassy (ou Jassy) à l’Est de la Roumanie et est arrivé en France en 1910. Il est marié avec Anna GOLDENBERG née le 04 décembre 1910 à Paris (18ème arrondissement) depuis le 09 avril 1931 (Paris, 18ème arrondissement). Marcel au moment de son mariage exerce la profession de maroquinier tandis qu’Anna exerce celui de modiste. David, le frère aîné, est le témoin du mariage. Une petite fille va naître, Jacqueline, le 11 mars 1932. A son arrivée à Pornichet, Marcel et sa famille habitent Villa Babiole, Avenue Collet puis habiteront avenue du Boisrenard Villa Bon Papa. Marcel continue à y exercer sa profession de marchand forain en maroquinerie tandis qu’Anna exerce la profession de marchande foraine en bonneterie (principalement des manteaux et articles de confection pour dames) à partir de janvier 1939.

Villa Bon Papa, avenue Boisrenard, Pornichet
Villa Bon Papa, avenue Boisrenard, Pornichet
Registre du commerce Tribunal de commerce de Saint-Nazaire [ADLA 22U153]
Registre du commerce Tribunal de commerce de Saint-Nazaire [ADLA 22U153]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Marcel se déclare en tant que Juif auprès de la Sous-préfecture de Saint-Nazaire ou mairie de Pornichet sous le numéro 96.

Liste recensement au 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]
Liste recensement au 08 novembre 1940 [ADLA 1694W25]

Dans le cadre du « désenjuivement de l’économie française », les scellés sont placés sur le commerce (c’est à dire sur la pièce servant de lieu de stockage des marchandises) au 05 décembre 1940 et un administrateur provisoire est nommé en la personne de Gabriel HERVOUËT, arbitre de commerce à Saint-Nazaire.

Dossier d'aryanisation  Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]
Dossier d’aryanisation Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]

L’inventaire dressé fait état de 26300 francs de marchandises et le commerce est vendu au prix en moins de trois mois à Monsieur Lucien GUILLOT négociant mais de profession photographe né le 24 juillet 1879 à Choisy-le-Roi [marié à Blanche DIVER née le 24 février 1881 à Charleville] qui doivent par ailleurs attester qu’ils ne sont pas Juifs et qu’ils n’ont « aucune attache israélite ». Ils résident tous les deux à Saint-Jacques de la Lande en Ile-et-Vilaine.

Dossier d'aryanisation  Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]
Dossier d’aryanisation Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]
Dossier d'aryanisation  Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]
Dossier d’aryanisation Commissariat Général aux Question Juives [AN, AJ38/4598, dossier n°2537]

A la demande d’Anna, et conformément au paragraphe 5 de l’ordonnance allemande du 26 avril 1941, des subsides mensuels d’absolue nécessité vont lui être versés (16000 francs).

En octobre 1941, Anna et sa fille Jacqueline vont percevoir leurs cartes d’alimentations auprès de la mairie de Pornichet et vont quitter la commune pour se cacher et se rendre en Savoie sur la commune du Sappey (Haute-Savoie) avec de nombreux autres membres de la famille. [la trajectoire complète des familles Mendelovici au Sappey]

Distribution des cartes d'alimentation [Archives Municipales de Pornichet, 4H107]
Distribution des cartes d’alimentation [Archives Municipales de Pornichet, 4H107]

Marcel a déjà quitté Pornichet depuis septembre 1941 et va passer clandestinement la ligne de démarcation avec Ejzik BENDLER d’origine polonaise (né le 24 février 1894 à Zaklików ) sur la commune de La REOLE (département de la Gironde). Ils sont assignés à résidence à Béziers. Marcel avait en effet rejoint son frère Raoul, lui même maroquinier dans cette ville. Il réussit à trouver du travail chez Robert SOUQUES, manufacture de maroquinerie qui lui fournit une attestation provisoire.

 [Archives Départementales de l'Hérault,  Fonds de la Préfecture, 83W6]
[Archives Départementales de l’Hérault, Fonds de la Préfecture, 83W6]

Il décide de rejoindre an avril/mai 1942 sa femme et sa fille au Sappey pour organiser leur fuite vers le Sud de la France. En août 1942, Anna et Jacqueline rejoignent Béziers au domicile de Rose MENDELOVICI, 2 rue Ricciotti tandis que Marcel les rejoint un peu plus tard en septembre 1942. Aucun membre de la famille ne sera ni arrêté, ni déporté.

Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d'identité [Archives Municipales de Pornichet, 2I2]
Enregistrement des dossiers de demandes de cartes d’identité [Archives Municipales de Pornichet, 2I2]

Dossier d’étranger de Marcel MENDELOVICI [Archives Départementales de l’Hérault, Fonds de la Préfecture, 83W6]

Dossier d’étranger de Marcel MENDELOVICI [Archives Départementales de l’Hérault, Fonds de la Sous-Préfecture, 12W31]

BLOCH Aron [106]

Aron BLOCH est né le 26 décembre 1879 à Cernay (Haut-Rhin) [Père : Samuel BLOCH et Mère : Sara Sophie LEVY].

Acte de naissance d'Aron BLOCH [Archives Départementales du Haut-Rhin, en ligne]
Acte de naissance d’Aron BLOCH [Archives Départementales du Haut-Rhin, en ligne]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, il se déclare en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire ou mairie de La Baule sous le numéro 106.

Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]
Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

Il est célibataire, exerce la profession de Directeur de la Société Générale Foncière et réside avenue des Tilleuls à La Baule. A notre connaissance, Aron n’a pas été déporté.

LEVY Joseph [95]

Joseph LEVY s’est fait recenser entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940 en tant que Juif sous le numéro 095 auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire. Il exerçait la profession de marchand forain en bonneterie sur les marchés du Pouliguen et de La Turballe depuis mars 1939, profession qu’il lui sera interdite d’exercer (à compter du 1er juillet 1941, interdiction à un juif d’être voyageur de commerce, marchand ambulant, vendeur de billets de la Loterie Nationale, etc..)

Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

Ses deux frères résidant à Libourne ne sont pas déclarés comme juifs et de ce fait une demande d’enquête est demandée pour savoir si Joseph LEVY, lui, s’est bien déclaré.

S’il est vrai qu’il s’est bien déclaré comme tel, il ne l’est pas eu égard aux statuts des juifs des 03 octobre 1940 et du 02 juin 1941.

Joseph LEVY est né à Ixelles (Belgique) le 06 octobre 1910 [Père : David LEVY, négociant née à Constantinople et Mère : Marie-Jeanne COLLEYER]. Les grands-parents paternels de Joseph sont Juifs mais ses grands parents-maternels ne le sont pas. Il a donc moins de trois grands-parents juifs et il sera rayé de la liste de recensement le 15 avril 1942 et échappera à la déportation.

source : https://search.arch.be/fr/rechercher-des-archives/resultats/inventaris/rabscan/eadid/BE-A0541_006757_006696_DUT/inventarisnr/IRS-13-029886436/level/file/scan-index/6/foto/541_9999_999_2359031_000_0_0006

Ses deux frères résidant à Libourne ne sont pas déclarés comme juifs et de ce fait une demande d’enquête est demandée pour savoir si Joseph LEVY, lui, s’est bien déclaré.
S’il est vrai qu’il s’est bien déclaré comme tel, il ne l’est pas eu égard au statut des juifs du 03 octobre 1940 et du 02 juin 1941.

ADLA 1694W23

Un courrier de la sous-préfecture au préfet de Nantes du 11 janvier 1941 précise la situation de Joseph LEVY. Il sera rayé de la liste de recensement le 15 avril 1942 et échappera à la déportation.

Il continuera d’exercer sa profession jusqu’en 1958 en presqu’île.

reguitre du commerce

Contrôle de statut des Juifs [ADLA 1694W21]

CAHEN Pierre, Jeanne [25]

Pierre CAHEN est né le 30 mai 1889 à Nancy [Père : Jules Hayem CAHEN, inspecteur général de la compagnie d’assurances « Le Soleil » et Mère : Berthe BERNARD]. Il est marié depuis le 31 octobre 1935 [Paris, 16ème arrondissement] avec Jeanne Emilienne FAUCHARD [Père : Vital Aldéric FAUCHARD, agriculteur et Mère : Marie-Augustine PAUMARD] née le 10 janvier 1900 à Saint-Georges-le-Fléchard (Mayenne). Un des témoins du mariage est Jules BERNARD, résidant 150, rue de l’Université à Paris, lui-même membre du Conseil d’Administration des Forges et Aciéries du Nord et de l’Est dite Forges de Trignac et vice-président des Forges. Pierre CAHEN exerce la profession d’Ingénieur tandis que Jules BERNARD exerce la profession d’Industriel, tous deux étant Chevaliers de la Légion d’Honneur et décorés de la Croix de Guerre. Nous ne connaissons pas la date d’arrivée en Pierre CAHEN et de son épouse en presqu’île mais il est probable que Pierre CAHEN rejoint son ami Jules BERNARD.

Actes d’Etat Civil de Pierre CAHEN et de Jeanne FAUCHARD (naissance, mariage) [Archives Départementales et Archives de la Ville de Paris]

Entre le 27 septembre et le 20 octobre 1940, Pierre CAHEN se fait recenser en tant que Juif auprès de la sous-préfecture de Saint-Nazaire (ou mairie de La Baule) sous le numéro 25. Il occupe alors la profession de Directeur du Groupement Industriel d’Armement et réside à La Baule, avenue du Limousin.

Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]
Liste dactylographiée du recensement [ADLA 1694W25]

Nous n’avons que peu d’informations les concernant et ils n’ont à priori pas été déportés.